Bonsoir à tous,
Tout d'abord, je voudrais m'excuser d'avance des fautes de frappe que je ferai sûrement : j'écris sur mon téléphone, ce qui est loin d'être comfortable.
Je voulais vous faire part d'un problème qui pèse lourd sur ma vie, et ce d'autant plus que je ne peux en parler à mon entourage, tant cela peut paraitre absurde et incompréhensible.
J'ai fait 2 ans de prépa B/L dans un lycée à relativement bons résultats, mais en province. Malgré les inévitables coups de blues passagers, j'ai très bien vécu ces années. Je m'y suis réveillé intellectuellement et émotionnellement. J'y ai tissé mes premières véritables amitiés.
Tout a basculé au moment des oraux. J'ai été admissible aux 3 ens, alors que quasi tous mes amis proches ne l'ont pas été. Le début d'une solitude qui me pèse encore. J'ai été un bon élève de prépa, toujours dans les top 10 des concours blanc, mais mon admissibilité a créé une surprise comparative : ce n'était pas que je sois admissible qui a surpris, mais le fait que je le sois alors que d'autres, pourtant au dessus de moi dans l'année, ne le soient pas.
Il faut savoir que je suis arrivé en prépa sans objectif clair. Progressivement, j'ai réglé le curseur sur les ENS, mais sans en devenir malade, et sans trop savoir quelle discipline je voulais poursuivre après. C'est toujours le cas.
Là encore, les oraux ont tout changé. En particulier ceux d'Ulm. Je savais que je voulais Ulm en priorité. Mais en allant sur place pdt les oraux, je suis tombé amoureux de l'endroit. Et j'ai senti à quel point j'étais proche du but.
Évidemment, j'ai raté ces oraux. Grosse déprime. À ce stade, je m'en suis rendu compte : j'avais besoin d'intégrer Ulm bien plus que je ne le pensais. Une ambition, un hubris que je ne me connaissais pas grandissait en moi.
Amer, j'ai enchainé avec les lraux de Cachan. J'étais sur de les avoir raté. Puis ceux de Lyon, auxquels je ne suis pas allé, car épuisé psychologiquement de 3 semaines d'oraux. Et surtout, parce que je me suis rendu compte que… Je veux Ulm ou rien.
Le calcul était simple : je ne vais pas aux oraux de Lyon, et de tte façon je ne serai pas pris à Cachan. Dès lors, je cuberai pour avoir Ulm, que j'ai raté de peu. Et là, tout s'effondre. J'apprend que je suis admis à Cachan. Bien sûr, dans un premier temps ça me fait chaud au coeur : réussir qqch est toujiurs appréciable. Mais très vite, le dilemme pénètre mon esprit, et me tourmente des nuits entières : maintenant que j'ai la garantie d'avoir une école, est-ce raisonnable de cuber ?
Le raisonnement est d'autant plus complexe qu'un élément extra scolaire est entré en jeu. Ma copine, elle, a été prise à Paris… À ulm, sur dossier ! Cuber implique de ne pas aller à Paris, et ainsi la séparation.
J'ai demandé conseil. Mes parents, mes professeurs, mes amis, m'ont tous conseillé d'aller à Cachan. Cachan c'est déjà très bien, cuber c'est risqué, disaient-ils. Sans doute avaient-ils raison. Mais sans doute aussi sous-estimaient-ils l'hubris germé en moi. Comment pouvais-je accepter de renoncer à ce rêve, alors qu'il me restait une chance de le réaliser ? Ne pas saisir cette opportunité, n'était-ce pas ouvrir le chemin à des mois voire des années de regrets ?
De plus, j'avais une impression d'inachevé. La prépa n'avait pas fini de tout m'apprendre, et moi je n'avais pas fini de montrer tout ce dont j'étais capable. Je n'ai jamais été bon en rien, ni en sport, ni avec les gens, ni avec les filles, je ne suis pas très beau, no très drole… Tout ce que je sais faire, ce en quoi je peux exceller, c'est ma scolarité. Je suis le "petit génie" de ma famille depuis tout petit. J'ai donc des choses à prouver. J'ai besoin de montrer qu'il y a un domaine où je peux être le meilleur. Et pas le quasi meilleur. Partir aussi précocement, c'était me résigner, me trahir.
Et pourtant, toutes ces pensées que j'ai eues, que j'ai encore, n'ont servi à rien. Je suis allé à Cachan. Je me suis plié aux conseils "raisonables" de mes proches. J'ai abandonné l'affaire. J'ai même pendant un moment réussi à me convaincre que c'était une bonne chose. Après tout, j'allais en grande école, je quittais la galère de la prépa, et retrouvais ma copine dans la capitale.
J'ai vite déchanté. Ma rentrée a été abominable. Tout d'un coup, les choses sont devenues tragiquement réelles. Voyage, recherche de logement, déménagement, inscriptions, premiers cours, premiers contacts avec la promo… À chacune de ses étapes, je me disais : ç'aurait pu être à Ulm, dans l'é ole de mes rêves, dans la quartier latin que je faisais tout ça. Pas dans une école où je ne suis rentré qu'à reculons, dans le trou qu'est le campus de Cachan.
Moi qui pensais que la rentrée me ferait oublier tous ces tourments absurdes… Bien au contraire, je suis aujourd'hui au fond du trou. Les cours ne me plaisent que moyennement. Mes amis, qui sont tous restés cuber en prépa, me manquent. Ils m'envient d'avoir intégré, mais ne se doute t pas d'à quel point je les envie. Les gens de ma promo ne sont pas méchants, mais ils sont ellement fades par rapport â ma classe de khâgne !
D'autres facteurs viennent aggraver les choses. En particulier ma copine, qui est à Ulm. Je ne suis pas jaloux d'elle, dans le sens où je ne lui en veux pas de vivre mon rêve. Je n'ai aucun ressentiment envers elle, je l'aime trop pour ça, et je n'ai pas perdu la raison à ce point. Simplement, chaque fois que je la vois, elle me rappelle ce à côté de quoi je passe. Elle me raconte, les grandes confs auxquelles elle assiste, les crands professeurs qu'elle rencontre, les excellents courts qu'elle reçoit, la vie étudiante dynamique, la pédagogie libre et ouverte qui fait la beauté d'Ulm (la pédagogie à Cachan est au contraire très encadrante… Je dirais même étouffante. Je ne la jalouse pas, je l'envie.
Bref, je ne me plais pas du tout à Cachan. Pour une grande variété de raisons. D'abord, des raisons irrationnelles : c'est une école affreusement moche, affreusement mal gérée, qui rayonne bcp moins qu'Ulm et ne satisfait pas mon besoin de prestige. Mais d'autres raisons, plus réfléchies, entrent en jeu. Les cours ne me plaisent pas. La pédagogie y est étouffante. Les laboratoires de recherche associés en sociologie ne me plaisennt pas di tout (et comme je me destine à la recherche, j'aurais bien aimé bé'éficier d'une insertion précoce dans des labos travaillant sur des thèmes qui m'intéressent, et sui sont vrmt reconnus dans le monde). Les profs non plus. Le choix des disciplines est trop étroit : je fais de la socio, mais Cachan n'a pas de département de lettres, ni de philo, ni de sciences cognitives, disciplines Ue j'aurais voulu continuer ou commencer dans les meilleures conditions à Ulm.
Autant vous dire que je regrette ce choix. J'aurais du cuber. J'aurais encore de l'espoir et de la fougue dans l'âme. Or j'ai l'impression d'avoir pris 30 ans en un été. Mon âme est ridée, j'ai l'impression d'être passé à coté de ma vie. Ne rigolez pas, en me répondant que ce n'est "qu'une école". En prépa, une école est toujours plus qu'ine école, et pour moi en particulier.
J'ai l'impression d'avoir commis l'erreur de ma vie. Je suis perdu, malheureux, je dors tout le temps pour ne plus penser à ça, mais c'est la première chose qui me vient en tête en le réveillant. Je n'exagère pas.
Que pensez-vous de cette histoire ? Suis-je ridicule ? Connaissez-vous des gens dans cette situation ? Vous même ? Que devrais-je faire ? En ce moment je songe à quitter l'école et cuber l'an prochain… Est-ce fou ? Connaissez-vous des gens qui l'ont fait ?
Excusez le pavé, j'avais besoin de parler semble-t-il, je n'avais pas prévu d'en dire autant… Merci d'avance de vos réponses !
Tout d'abord, je voudrais m'excuser d'avance des fautes de frappe que je ferai sûrement : j'écris sur mon téléphone, ce qui est loin d'être comfortable.
Je voulais vous faire part d'un problème qui pèse lourd sur ma vie, et ce d'autant plus que je ne peux en parler à mon entourage, tant cela peut paraitre absurde et incompréhensible.
J'ai fait 2 ans de prépa B/L dans un lycée à relativement bons résultats, mais en province. Malgré les inévitables coups de blues passagers, j'ai très bien vécu ces années. Je m'y suis réveillé intellectuellement et émotionnellement. J'y ai tissé mes premières véritables amitiés.
Tout a basculé au moment des oraux. J'ai été admissible aux 3 ens, alors que quasi tous mes amis proches ne l'ont pas été. Le début d'une solitude qui me pèse encore. J'ai été un bon élève de prépa, toujours dans les top 10 des concours blanc, mais mon admissibilité a créé une surprise comparative : ce n'était pas que je sois admissible qui a surpris, mais le fait que je le sois alors que d'autres, pourtant au dessus de moi dans l'année, ne le soient pas.
Il faut savoir que je suis arrivé en prépa sans objectif clair. Progressivement, j'ai réglé le curseur sur les ENS, mais sans en devenir malade, et sans trop savoir quelle discipline je voulais poursuivre après. C'est toujours le cas.
Là encore, les oraux ont tout changé. En particulier ceux d'Ulm. Je savais que je voulais Ulm en priorité. Mais en allant sur place pdt les oraux, je suis tombé amoureux de l'endroit. Et j'ai senti à quel point j'étais proche du but.
Évidemment, j'ai raté ces oraux. Grosse déprime. À ce stade, je m'en suis rendu compte : j'avais besoin d'intégrer Ulm bien plus que je ne le pensais. Une ambition, un hubris que je ne me connaissais pas grandissait en moi.
Amer, j'ai enchainé avec les lraux de Cachan. J'étais sur de les avoir raté. Puis ceux de Lyon, auxquels je ne suis pas allé, car épuisé psychologiquement de 3 semaines d'oraux. Et surtout, parce que je me suis rendu compte que… Je veux Ulm ou rien.
Le calcul était simple : je ne vais pas aux oraux de Lyon, et de tte façon je ne serai pas pris à Cachan. Dès lors, je cuberai pour avoir Ulm, que j'ai raté de peu. Et là, tout s'effondre. J'apprend que je suis admis à Cachan. Bien sûr, dans un premier temps ça me fait chaud au coeur : réussir qqch est toujiurs appréciable. Mais très vite, le dilemme pénètre mon esprit, et me tourmente des nuits entières : maintenant que j'ai la garantie d'avoir une école, est-ce raisonnable de cuber ?
Le raisonnement est d'autant plus complexe qu'un élément extra scolaire est entré en jeu. Ma copine, elle, a été prise à Paris… À ulm, sur dossier ! Cuber implique de ne pas aller à Paris, et ainsi la séparation.
J'ai demandé conseil. Mes parents, mes professeurs, mes amis, m'ont tous conseillé d'aller à Cachan. Cachan c'est déjà très bien, cuber c'est risqué, disaient-ils. Sans doute avaient-ils raison. Mais sans doute aussi sous-estimaient-ils l'hubris germé en moi. Comment pouvais-je accepter de renoncer à ce rêve, alors qu'il me restait une chance de le réaliser ? Ne pas saisir cette opportunité, n'était-ce pas ouvrir le chemin à des mois voire des années de regrets ?
De plus, j'avais une impression d'inachevé. La prépa n'avait pas fini de tout m'apprendre, et moi je n'avais pas fini de montrer tout ce dont j'étais capable. Je n'ai jamais été bon en rien, ni en sport, ni avec les gens, ni avec les filles, je ne suis pas très beau, no très drole… Tout ce que je sais faire, ce en quoi je peux exceller, c'est ma scolarité. Je suis le "petit génie" de ma famille depuis tout petit. J'ai donc des choses à prouver. J'ai besoin de montrer qu'il y a un domaine où je peux être le meilleur. Et pas le quasi meilleur. Partir aussi précocement, c'était me résigner, me trahir.
Et pourtant, toutes ces pensées que j'ai eues, que j'ai encore, n'ont servi à rien. Je suis allé à Cachan. Je me suis plié aux conseils "raisonables" de mes proches. J'ai abandonné l'affaire. J'ai même pendant un moment réussi à me convaincre que c'était une bonne chose. Après tout, j'allais en grande école, je quittais la galère de la prépa, et retrouvais ma copine dans la capitale.
J'ai vite déchanté. Ma rentrée a été abominable. Tout d'un coup, les choses sont devenues tragiquement réelles. Voyage, recherche de logement, déménagement, inscriptions, premiers cours, premiers contacts avec la promo… À chacune de ses étapes, je me disais : ç'aurait pu être à Ulm, dans l'é ole de mes rêves, dans la quartier latin que je faisais tout ça. Pas dans une école où je ne suis rentré qu'à reculons, dans le trou qu'est le campus de Cachan.
Moi qui pensais que la rentrée me ferait oublier tous ces tourments absurdes… Bien au contraire, je suis aujourd'hui au fond du trou. Les cours ne me plaisent que moyennement. Mes amis, qui sont tous restés cuber en prépa, me manquent. Ils m'envient d'avoir intégré, mais ne se doute t pas d'à quel point je les envie. Les gens de ma promo ne sont pas méchants, mais ils sont ellement fades par rapport â ma classe de khâgne !
D'autres facteurs viennent aggraver les choses. En particulier ma copine, qui est à Ulm. Je ne suis pas jaloux d'elle, dans le sens où je ne lui en veux pas de vivre mon rêve. Je n'ai aucun ressentiment envers elle, je l'aime trop pour ça, et je n'ai pas perdu la raison à ce point. Simplement, chaque fois que je la vois, elle me rappelle ce à côté de quoi je passe. Elle me raconte, les grandes confs auxquelles elle assiste, les crands professeurs qu'elle rencontre, les excellents courts qu'elle reçoit, la vie étudiante dynamique, la pédagogie libre et ouverte qui fait la beauté d'Ulm (la pédagogie à Cachan est au contraire très encadrante… Je dirais même étouffante. Je ne la jalouse pas, je l'envie.
Bref, je ne me plais pas du tout à Cachan. Pour une grande variété de raisons. D'abord, des raisons irrationnelles : c'est une école affreusement moche, affreusement mal gérée, qui rayonne bcp moins qu'Ulm et ne satisfait pas mon besoin de prestige. Mais d'autres raisons, plus réfléchies, entrent en jeu. Les cours ne me plaisent pas. La pédagogie y est étouffante. Les laboratoires de recherche associés en sociologie ne me plaisennt pas di tout (et comme je me destine à la recherche, j'aurais bien aimé bé'éficier d'une insertion précoce dans des labos travaillant sur des thèmes qui m'intéressent, et sui sont vrmt reconnus dans le monde). Les profs non plus. Le choix des disciplines est trop étroit : je fais de la socio, mais Cachan n'a pas de département de lettres, ni de philo, ni de sciences cognitives, disciplines Ue j'aurais voulu continuer ou commencer dans les meilleures conditions à Ulm.
Autant vous dire que je regrette ce choix. J'aurais du cuber. J'aurais encore de l'espoir et de la fougue dans l'âme. Or j'ai l'impression d'avoir pris 30 ans en un été. Mon âme est ridée, j'ai l'impression d'être passé à coté de ma vie. Ne rigolez pas, en me répondant que ce n'est "qu'une école". En prépa, une école est toujours plus qu'ine école, et pour moi en particulier.
J'ai l'impression d'avoir commis l'erreur de ma vie. Je suis perdu, malheureux, je dors tout le temps pour ne plus penser à ça, mais c'est la première chose qui me vient en tête en le réveillant. Je n'exagère pas.
Que pensez-vous de cette histoire ? Suis-je ridicule ? Connaissez-vous des gens dans cette situation ? Vous même ? Que devrais-je faire ? En ce moment je songe à quitter l'école et cuber l'an prochain… Est-ce fou ? Connaissez-vous des gens qui l'ont fait ?
Excusez le pavé, j'avais besoin de parler semble-t-il, je n'avais pas prévu d'en dire autant… Merci d'avance de vos réponses !



