Iphigénie à Aulis : la fille rebelle devient soumise

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12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je viens de lire avec grand plaisir la tragédie « Iphigénie à Aulis » d'Euripide. Je l'ai tellement aimée, que - je l'avoue - j'ai lu les derniers quatre cents vers à haute voix ! Eh bien, malgré tout, je ne me peut laisser d'être un petit peu deçu. Je ne peut souffrir qu'Iphigénie - cette fille rebelle, qui ose affronter son père et déclare que, pour elle, la vie la plus misérable est préférable à la mort la plus glorieuse - change d'avis à la fin et se livre au sacrifice volontairement. Or, on le sait, les idées d'Iphigénie semblent contraires aux idéaux gréco-romains quant à la glorification/expiation par la mort (on ne saurait laisser de penser à Lucrétia…), mais je ne m'attendais pas à un tel bouleversement des choses ! Bref, comment peut-on interpréter ce changement ? C'est Iphigénie, au début erronée, qui s'en rend compte et qui devient aussi un exemple de vertu ou s'agit-il d'autre chose ? Est-ce une innovation d'Euripide ou le mythe a toujours était ainsi ?
Bonsoir,
Du fait que je ne prise guère Euripide, je vais vous donner un avis partial. Comme vous l'avez remarqué, Agamemnon, mais surtout Iphigénie, sont capables de changer d'avis dans la minute. Et il faut se garder de faire trop de psychologie à leur égard. Euripide est passé par l'école des rhéteurs et ce qui lui importe, c'est de faire donner par ses personnages des arguments vraisemblables, bien que totalement opposés à ce qu'ils soutenaient l'instant d'avant. Il n'y a même pas parfois la plus élémentaire des "soudures" : "J'ai réfléchi", dit simplement Iphigénie… Comme dit je ne sais plus qui (je n'invente pas la citation), Euripide est un philosophe (je dirais un sophiste) qui a choisi la tragédie pour s'exprimer. Quant à ses parties chorales : ineptes !
Quand je lis Euripide, j'aime encore plus Sophocle, que je vous conseille de lire (ainsi qu'Eschyle).
Maintenant, attendez d'autres avis ! 😀
marcosoliveirahelena a écrit :Je viens de lire avec grand plaisir la tragédie « Iphigénie à Aulis » d'Euripide. Je l'ai tellement aimée, que - je l'avoue - j'ai lu les derniers quatre cents vers à haute voix !
Bonjour,

L'avez-vous lue dans le texte grec, ou dans une traduction dans votre langue ?
Chère Marie Hervé,
Non, je ne l'ai pas lue dans l'original. En fait, j'ai lu une belle traduction française et maintenant je m'apprête à la comparer avec une portugaise. Au grec, je n'y ai jeté un coup d'oeil que dans un passage que j'ai trouvé particulièrement subversif… Malheureusement, je dois pour l'instant me concentrer sur l'allemand et l'italien (circonstances de la vie…) et je n'ai que très peu de temps pour le grec. Ma connaissance de cette langue reste encore très résiduelle.
Ouf ! Vous m'avez fait peur… !
J'étais prête à vous verser beaucoup d'argent pour connaître votre secret ! 😀
Et si je vous dis le mien, combien seriez-vous prête à me donner ?
Si j'étais Marie Hervé, je profiterais de l'offre… Le portefeuille n'est pas gros, mais s'ouvre aisément…
Et si je vous dis le mien, combien seriez-vous prête à me donner ?
Votre proposition m'intéresse, à deux conditions :

1. qu'il ne s'agisse pas du secret des bacheliers qui bachottent une liste de textes à présenter à l'examinateur jusqu'à savoir les traductions par coeur

2. qu'il ne s'agisse pas du secret du laboureur de La Fontaine, très coûteux en temps, aux résultats très aléatoires et plus en adéquation avec les possibilités de l'élève qu'avec les efforts fournis

Entre ces deux secrets, en connaissez-vous un troisième ?

😀
marcosoliveirahelena a écrit :Je viens de lire avec grand plaisir la tragédie « Iphigénie à Aulis » d'Euripide. Je l'ai tellement aimée, que - je l'avoue - j'ai lu les derniers quatre cents vers à haute voix ! Eh bien, malgré tout, je ne me peut laisser d'être un petit peu deçu. Je ne peut souffrir qu'Iphigénie - cette fille rebelle, qui ose affronter son père et déclare que, pour elle, la vie la plus misérable est préférable à la mort la plus glorieuse - change d'avis à la fin et se livre au sacrifice volontairement. Or, on le sait, les idées d'Iphigénie semblent contraires aux idéaux gréco-romains quant à la glorification/expiation par la mort (on ne saurait laisser de penser à Lucrétia…), mais je ne m'attendais pas à un tel bouleversement des choses ! Bref, comment peut-on interpréter ce changement ? C'est Iphigénie, au début erronée, qui s'en rend compte et qui devient aussi un exemple de vertu ou s'agit-il d'autre chose ? Est-ce une innovation d'Euripide ou le mythe a toujours était ainsi ?
Le sujet est vaste… Voici quelques références qui pourraient vous être utiles: https://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/18/Iphigenie.htm Puis: Jacqueline de Romilly, L'évolution du pathétique, d'Eschyle à Euripide", Les Belles Lettres, 1980.
Jacqueline de Romilly, La tragédie grecque", P.U.F, 1973.
Marie Hervé a écrit :
Et si je vous dis le mien, combien seriez-vous prête à me donner ?
Votre proposition m'intéresse, à deux conditions :

1. qu'il ne s'agisse pas du secret des bacheliers qui bachottent une liste de textes à présenter à l'examinateur jusqu'à savoir les traductions par coeur

2. qu'il ne s'agisse pas du secret du laboureur de La Fontaine, très coûteux en temps, aux résultats très aléatoires et plus en adéquation avec les possibilités de l'élève qu'avec les efforts fournis

Entre ces deux secrets, en connaissez-vous un troisième ?

😀
1° En effet, ce n'est pas la traduction qu'il faut savoir par cœur, mais les textes eux-mêmes.
2° Le travail est peut-être un trésor, mais moi, je ne l'aime pas, surtout quand il prend la forme du supplice du tripalium. La Fontaine non plus, qui disait avoir fait deux parts de son temps,
…dont il souloit passer
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire.


Sérieusement (et gratuitement). Il faut assurer les bases avec une bonne méthode, puis se lancer dans la pratique du "petit latin/grec" le plus tôt possible, sans chercher à "traduire", sauf quand on devra se former aux épreuves de langues anciennes.
J'ai appliqué ce principe pour le grec dès la Troisième. Mon professeur ne m'en avait nullement parlé, vu qu'il était pour la méthode "analytique". Une fois, je me suis fait exclure d'un cours pour avoir mal répondu à ce professeur qui prétendait que je n'avais pas travaillé mon texte parce que celui-ci était vierge de toute marque d'analyse (crochets, parenthèses, encadrés etc…). Chez moi, j'avais tout simplement cherché à le lire et à le comprendre. Je n'y étais pas parvenu totalement, mais j'étais en bonne voie - c'était, je m'en souviens, un extrait de l'Anabase de Xénophon. En latin, ça marchait moins bien, mais j'appliquais le même principe que j'avais "réinventé", en quelque sorte. Devant tout texte, je me suis toujours dit : ce texte a un sens, je dois parvenir à le décrypter sans autre secours qu'une lecture attentive au fil du texte et, bien sûr, le dictionnaire, mais le moins possible.
Sur moi, cette méthode a marché : je peux dire que je lis actuellement le grec ancien cursivement et pratiquement aussi le latin, qui peut d'ailleurs s'avérer beaucoup plus hermétique que le grec, contrairement à ce qu'on croit. Mais - bémol à ce qui pourrait paraître un tantinet fanfaron -, les textes que je lis, je les relis en fait : je les connais déjà pour la plupart. Si l'on exhumait une nouvelle tragédie de Sophocle ou un vingt-cinquième chant de l'Iliade, peut-être serais-je obligé de poster ici des demandes d'éclaircissement ! J'ai aussi du mal avec Aristote, mais en français aussi. Il faut dire que la philo et moi…
Voilà, Marie Hervé, cela fera 0 euro.
Merci pour cette longue réponse. Et son prix, que, après discussion, je suis sûre de faire baisser encore… 😀 Elle m'amène à réfléchir (une fois n'est pas coutume 😂 )…
Je me suis lancée dans le latin avec la méthode Bezard pour acquérir les rudiments de cette langue. Maintenant je traduis avec assez de facilité Epitome historiae graecae de Lantoine. En traduisant un chapitre tous les deux jours, j'ai dépassé la moitié du livre. Ensuite j'ai programmé la traduction de Selectae profanis scriptoribus historiae de Heuzet.

Un jour sur deux, en alternance avec le latin, j'apprends les rudiments du grec avec le Premier manuel de grec (Hellas I) de Georgin. Au programme, ensuite, Ἐπιτομὴ τῆς τῶν Ἑλλήνων ἱστορίας de Mouchard. Son texte en grec me semble proche de celui de Lantoine. Si trop de choses m'échappent, je me replongerai dans Georgin, en passant à son Second manuel de grec (Hellas II ) avant de reprendre Mouchard.

Après ce petit latin et ce petit grec, j'irai rendre visite à un auteur classique. Peut-être César et Xénophon. Esope me tente aussi. Mais ça, ce n'est pas pour demain… j'aime rêver !
Mais si, vous y arriverez. Mais reprenez les textes d'étude que vous dites, lisez-les et relisez-les jusqu'à ce que leur lecture vous paraisse naturelle ; surtout ne picorez pas à droite et à gauche pour reconstituer une phrase française.