Bonjour, j'ai une question sur un corpus composé des textes "Le Philosophe scythe" de La Fontaine et "Les Caractères" (le chapitre "Des biens de fortunes" de La Bruyère.
La question est de trouver quel regard les deux auteurs portent sur les passions et l'aspiration au bonheur dans ces deux textes mais je n'arrive pas à définir mes parties comme je voudrais, si vous pouviez me donner quelques pistes, ça m'aiderait beaucoup, merci d'avance ! 🙂
La Bruyère, Des biens de fortune :
Chrysippe, homme nouveau, et le premier noble de sa race, aspirait, il y a trente années, à se voir un jour deux mille livres de rente pour tout bien: c’était là le comble de ses souhaits et sa plus haute ambition; il l’a dit ainsi, et on s’en souvient. Il arrive, je ne sais par quels chemins, jusques à donner en revenu à l’une de ses filles, pour sa dot, ce qu’il désirait lui-même d’avoir en fonds pour toute fortune pendant sa vie. Une pareille somme est comptée dans ses coffres pour chacun de ses autres enfants qu’il doit pourvoir, et il a un grand nombre d’enfants; ce n’est qu’en avancement d’hoirie: il y a d’autres biens à espérer après sa mort. Il vit encore, quoique assez avancé en âge, et il use le reste de ses jours à travailler pour s’enrichir.
Laissez faire Ergaste, et il exigera un droit de tous ceux qui boivent de l’eau de la rivière, ou qui marchent sur la terre ferme: il sait convertir en or jusques aux roseaux, aux joncs et à l’ortie. Il écoute tous les avis, et propose tous ceux qu’il a écoutés. Le prince ne donne aux autres qu’aux dépens d’Ergaste, et ne leur fait de grâces que celles qui lui étaient dues. C’est une faim insatiable d’avoir et de posséder. Il trafiquerait des arts et des sciences, et mettrait en parti jusques à l’harmonie: il faudrait, s’il en était cru, que le peuple, pour avoir le plaisir de le voir riche, de lui voir une meute et une écurie, pût perdre le souvenir de la musique d’Orphée, et se contenter de la sienne.
Les passions tyrannisent l’homme; et l’ambition suspend en lui les autres passions, et lui donne pour un temps les apparences de toutes les vertus. Ce Tryphon qui a tous les vices, je l’ai cru sobre, chaste, libéral, humble et même dévot: je le croirais encore, s’il n’eût enfin fait sa fortune.
L’on ne se rend point sur le désir de posséder et de s’agrandir: la bile gagne, et la mort approche, qu’avec un visage flétri, et des jambes déjà faibles, l’on dit: ma fortune, mon établissement.
Pour parler du travail que j'ai déjà fait, je pensais faire une partie sur les passions présentées et les personnages choisis pour les symboliser et dans une seconde partie, parler du point de vue des auteurs, qu'ils intègrent dans le texte mais ça ne me plait pas du tout c'est pour ça que j'aimerais bien qu'on me donne quelques pistes, juste histoire de m'orienter .. 🙂