Je me suis bien persuadé depuis longtemps qu’une intransigeance apparente pourra ne plus rien être qu’une conviction absolue (et renouvelée à chaque preuve) dans ses idées. Je veux tout simplement dire avec cela que les vraies intentions humaines s’obscurcissent à cause de plusieurs facteurs qui leur sont extérieurs ; parmi ceux-là, l’on retrouve aisément le temps ! Or, je me suis posé une question pareille aujourd’hui. Mais n’allons pas si vite en besogne et lisons le texte qui m’a servi de départ à mes réflexions :
« Quand Socrate eut pris place : Plut à Dieu, dit-il, que la sagesse, Agathon, fut quelque chose qui pût passer d'un esprit dans un autre, quand on s'approche, comme l'eau qui coule à travers un morceau de laine d'une coupe pleine dans une coupe vide! S'il en était ainsi, ce serait à moi de m'estimer heureux d'être auprès de toi, dans l'espérance de me remplir de l'excellente sagesse que tu possèdes ; car pour la mienne, c'est quelque chose de bien médiocre et de fort équivoque : ce n'est qu'un songe; la tienne, au contraire, est une sagesse magnifique , et qui donne les plus belles espérances, ayant déjà jeté à ton âge le plus vif éclat, témoin avant-hier les applaudissements de plus de trente mille Grecs. » (Platon, Le Banquet, 175 D-E, traduction de Victor Cousin)
Je m’interroge si Socrate est ici profondément humble ou s’il cache quelque chose de pédagogique derrière ces mots auxquels une citation infidèle pourrait porter attente en ce qui tient à la philosophie elle-même ? Ces mots relèvent-elles de cette conviction dont je parlais tout à l’instant ?
« Quand Socrate eut pris place : Plut à Dieu, dit-il, que la sagesse, Agathon, fut quelque chose qui pût passer d'un esprit dans un autre, quand on s'approche, comme l'eau qui coule à travers un morceau de laine d'une coupe pleine dans une coupe vide! S'il en était ainsi, ce serait à moi de m'estimer heureux d'être auprès de toi, dans l'espérance de me remplir de l'excellente sagesse que tu possèdes ; car pour la mienne, c'est quelque chose de bien médiocre et de fort équivoque : ce n'est qu'un songe; la tienne, au contraire, est une sagesse magnifique , et qui donne les plus belles espérances, ayant déjà jeté à ton âge le plus vif éclat, témoin avant-hier les applaudissements de plus de trente mille Grecs. » (Platon, Le Banquet, 175 D-E, traduction de Victor Cousin)
Je m’interroge si Socrate est ici profondément humble ou s’il cache quelque chose de pédagogique derrière ces mots auxquels une citation infidèle pourrait porter attente en ce qui tient à la philosophie elle-même ? Ces mots relèvent-elles de cette conviction dont je parlais tout à l’instant ?



