L'actualité nous informe de l'existence d'un politique grec du nom de Yanis Varoufakis. Je ne crois pas que la lettre "V" appartienne à l'alphabet grec ancien. Existe-t-elle dans la langue grecque moderne ? Si oui, se prononce-t-elle à la française ?
Du son "V" en langue grecque
14 réponses
En fait, c'est l'ancien son "b" qui est devenu "v" en grec byzantin et moderne, tout en gardant la graphie β.
κατεβαίνω (descendre) se prononce [katévèno]
Par contre, le grec moderne a "recréé" un son "b" qu'il graphie μπ. Le fameux nom Zorbas s'écrit ainsi Ζορμπάς.
Le nom de l'homme politique que vous citez s'écrit Γιάνης Βαρουφάκης.
Je me permets de modifier l'intitulé de votre sujet pour plus de rigueur : ce n'est de la lettre v, qu'il s'agit, mais du son [v].
κατεβαίνω (descendre) se prononce [katévèno]
Par contre, le grec moderne a "recréé" un son "b" qu'il graphie μπ. Le fameux nom Zorbas s'écrit ainsi Ζορμπάς.
Le nom de l'homme politique que vous citez s'écrit Γιάνης Βαρουφάκης.
Je me permets de modifier l'intitulé de votre sujet pour plus de rigueur : ce n'est de la lettre v, qu'il s'agit, mais du son [v].
Merci.
Le son [ b ] s'écrit donc avec deux lettres… La langue grecque ne va pas en se simplifiant ! 🙂 Pourquoi le choix de ces deux consonnes μ et π ? J'ai du mal à faire le passage entre la prononciation [ mp ] de l'ancien μπ et la prononciation [ b ] du μπ moderne.
Je vois aussi que la lettre η ne se prononce plus [ è ] mais [ i ].
Le son [ b ] s'écrit donc avec deux lettres… La langue grecque ne va pas en se simplifiant ! 🙂 Pourquoi le choix de ces deux consonnes μ et π ? J'ai du mal à faire le passage entre la prononciation [ mp ] de l'ancien μπ et la prononciation [ b ] du μπ moderne.
Je vois aussi que la lettre η ne se prononce plus [ è ] mais [ i ].
Oui, toute graphie double est conventionnelle : le ch du mot cheval le montre bien.
Oui, le grec byzantin a connu une évolution phonétique importante. Le trait le plus marquant est l'iotacisme : les sons anciens notés η, ι, υ, οι ont tous abouti à "i" ; de ce fait, d'anciennes oppositions phoniques se sont vues annihilées et des homonymies se sont créées. Mais la langue, qui est un système (au sens saussurien) s'est rééquilibrée autrement.
Ce que je disais du son "b", devenu "v" vaut aussi pour le son "d", passé à "dh" (le son anglais que l'on entend dans le mot the). En linguistique, on appelle cela un changement corrélatif. Ainsi δίνω (donner) se prononce "dhino".
En revanche, le grec moderne s'est redonné un son "d" qu'il graphie ντ ; ντύνομαι (s'habiller) se prononce "dinomè"
Oui, le grec byzantin a connu une évolution phonétique importante. Le trait le plus marquant est l'iotacisme : les sons anciens notés η, ι, υ, οι ont tous abouti à "i" ; de ce fait, d'anciennes oppositions phoniques se sont vues annihilées et des homonymies se sont créées. Mais la langue, qui est un système (au sens saussurien) s'est rééquilibrée autrement.
Ce que je disais du son "b", devenu "v" vaut aussi pour le son "d", passé à "dh" (le son anglais que l'on entend dans le mot the). En linguistique, on appelle cela un changement corrélatif. Ainsi δίνω (donner) se prononce "dhino".
En revanche, le grec moderne s'est redonné un son "d" qu'il graphie ντ ; ντύνομαι (s'habiller) se prononce "dinomè"
Je suis surprise par toutes ces choses.
Les grecs d'aujourd'hui lisent-ils le grec ancien selon la prononciation moderne ?
Est-ce que l'enseignement du grec ancien est obligatoire pour tous les élèves grecs ?
Les grecs d'aujourd'hui lisent-ils le grec ancien selon la prononciation moderne ?
Est-ce que l'enseignement du grec ancien est obligatoire pour tous les élèves grecs ?
Oui, ils s'efforcent de lire le grec ancien suivant la prononciation érasmienne. Il serait du reste impossible de prononcer des formes comme λύοιμι (*li-i-mi).
L'enseignement du grec ancien est obligatoire dans le cycle équivalent au collège, mais il est très formel et les bons manuels font défaut. Beaucoup de textes sont en fait étudiés en traduction.
J'ai oublié le troisième changement affectant les consonnes.
Le son "g" est passé à "gh" (je ne sais comment l'illustrer) ou "y" devant les voyelles "é" et "i" tandis que s'est instauré un nouveau "g" graphié γκ
Ainsi Γάλλος (Français) se prononce "ghallos" tandis que γέφυρα (pont) se prononce "yéfira" (je précise que le r est roulé). Quant à γκρίζος (gris, mot emprunté), il se prononce "grizos".
L'enseignement du grec ancien est obligatoire dans le cycle équivalent au collège, mais il est très formel et les bons manuels font défaut. Beaucoup de textes sont en fait étudiés en traduction.
J'ai oublié le troisième changement affectant les consonnes.
Le son "g" est passé à "gh" (je ne sais comment l'illustrer) ou "y" devant les voyelles "é" et "i" tandis que s'est instauré un nouveau "g" graphié γκ
Ainsi Γάλλος (Français) se prononce "ghallos" tandis que γέφυρα (pont) se prononce "yéfira" (je précise que le r est roulé). Quant à γκρίζος (gris, mot emprunté), il se prononce "grizos".
Merci pour toutes ces infos intéressantes.
Oui, toute graphie double est conventionnelle : le ch du mot cheval le montre bien.Le "η" (êta) semble avoir pris le timbre "i" , au moins dans l'usage vulgaire, dès l'époque impériale romaine. C'est du moins ce qu'on peut observer chez Pétrone (LXI-LXII) à propos de l'hapax " matauitatau" ou "ita" "sonorise" le "η" à l'intiale du dieu grec au génitif Hracleous.
Oui, le grec byzantin a connu une évolution phonétique importante. Le trait le plus marquant est l'iotacisme : les sons anciens notés η, ι, υ, οι ont tous abouti à "i" ; de ce fait, d'anciennes oppositions phoniques se sont vues annihilées et des homonymies se sont créées. Mais la langue, qui est un système (au sens saussurien) s'est rééquilibrée autrement.
Ce que je disais du son "b", devenu "v" vaut aussi pour le son "d", passé à "dh" (le son anglais que l'on entend dans le mot the). En linguistique, on appelle cela un changement corrélatif. Ainsi δίνω (donner) se prononce "dhino".
En revanche, le grec moderne s'est redonné un son "d" qu'il graphie ντ ; ντύνομαι (s'habiller) se prononce "dinomè"
cordialement
L'explication de ce terme est loin de faire l'unanimité… Voir à ce sujet l'article suivant :
https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bude_0004-5527_1983_num_1_3_1202
Mais de fait, Michel Lejeune estime que l'évolution du η est à dater de l'époque hellénistique. Comme les limites de cette période varient suivant les régions, c'est assez imprécis.
https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bude_0004-5527_1983_num_1_3_1202
Mais de fait, Michel Lejeune estime que l'évolution du η est à dater de l'époque hellénistique. Comme les limites de cette période varient suivant les régions, c'est assez imprécis.
Jacques: merci pour la référence. En effet il n'y a pas unanimité sur l'explication, le décodage de cet hapax. Mes informations proviennent d'un article de Louis DEROY, Etudes Classiques, janvier 1988. Cela nous éloigne du sujet mais dans son article L. Deroy offre ceci d'intéressant que, contrairement aux autres , il garde l'hapax en l'état sans y changer la moindre lettre.
cordialement
cordialement
Bonjour à tous!
Mais il y a quand même des cas où le « δ» se prononce « d », comme dans « Αλέξανδρος»… Comment savoir quand employer l’un ou l’autre..?
Mais il y a quand même des cas où le « δ» se prononce « d », comme dans « Αλέξανδρος»… Comment savoir quand employer l’un ou l’autre..?
Bonjour.
Je suppose que tu veux parler de ce qu'a dit Yvain en 2015 ?
Je suppose que tu veux parler de ce qu'a dit Yvain en 2015 ?
Ce que je disais du son "b", devenu "v" vaut aussi pour le son "d", passé à "dh" (le son anglais que l'on entend dans le mot the). En linguistique, on appelle cela un changement corrélatif. Ainsi δίνω (donner) se prononce "dhino".
En revanche, le grec moderne s'est redonné un son "d" qu'il graphie ντ ; ντύνομαι (s'habiller) se prononce "dinomè"
Exact!
Non, en fait, vous n'avez pas la réponse à votre question avec mes explications précédentes. La spirantisation du [δ] est nette devant une voyelle. Dans le mot Αλέξανδρος, le delta se prononce bien [d] du fait de l'environnement consonantique. La graphie du mot est conservatrice ; normalement, on écrit -ντρ- le groupe [ndr], comme dans άντρας (grec classique ἀνδρός, gén. de ἀνήρ) ; il y a parfois des doublets, comme αντρειά/ανδρειά.



