Arabismes (emprunts de l’arabe / berbère) chez Camus

Littérature

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Est-ce que qn connaît un passage/une phrase dans un de ses romans ou Albert Camus s'est servi d'une expression de l'arabe/berbère dialectal?
Pas que je sache…
Sans doute, à côté de la question …
"A Alger, on ne dit pas « prendre un bain » mais « se taper un bain ». N'insistons pas. On se baigne dans le port et l'on va se reposer sur des bouées. Quand on passe près d'une bouée où se trouve déjà une jolie fille, on crie aux camarades : « Je te dis que c’est une mouette ». Ce sont là des joies saines. Il faut bien croire qu'il constitue l'idéal de ces jeunes gens puisque la plupart continuent cette vie pendant l'hiver et, tous les jours à midi, se mettent nus au soleil pour un déjeuner frugal. Non qu’ils aient lu les prêches ennuyeux des naturistes, ces protestants de la chair (il y a une systématique du corps qui est aussi exaspérante que celle de l'esprit). Mais c'est qu'ils sont « bien au soleil ». On ne mesurera jamais assez haut l'importance de cette coutume pour notre époque. Pour la première fois depuis deux mille ans, le corps a été mis nu sur des plages. Depuis 20 siècles, les hommes se sont attachés à rendre décentes l'insolence et la naïveté grecques, à diminuer la chair et compliquer l’habit. Aujourd'hui et par-dessus cette histoire, la course des jeunes gens sur les plages de la Méditerranée rejoint les gestes magnifiques des athlètes de Délos. Et à vivre ainsi près des corps et par le corps, on s'aperçoit qu'il a ses nuances, sa vie et, pour hasarder un non-sens, une psychologie, qui lui est propre. L'évolution du corps comme celle de l'esprit a son histoire, ses retours, ces progrès et son déficit. Cette nuance seulement : la couleur. Quand on va pendant l'été au bain du port, on prend conscience d'un passage simultané de toutes les peaux du blanc au doré, puis au brun, et pour finir à une couleur tabac qui est à la limite extrême de l'effort de transformation dont le corps est capable. Le port est dominé par le jeu de cubes blancs de la Kasbah. Quand on est au niveau de l'eau, sur le fond blanc cru de la ville arabe, les corps déroulent une frise cuivrée. Et, à mesure qu'on avance dans le mois d'août et que le soleil grandit, le blanc des maisons se fait plus aveuglant et les peaux prennent une chaleur plus sombre. Comment alors ne pas s'identifier à ce dialogue de la pierre et de la chair à la mesure du soleil et des saisons ?"

L’été à Alger (Noces)
Oui, à côté, puisque ces expressions sont des usages relevant de la langue française. Dans Le premier homme, il y a le fameux "A benidor" de la grand-mère du narrateur, mais il ne s'agit pas plus ici d'arabe ou de berbère.
Les rapports entre Camus et les populations indigènes d'Algérie ont toujours été passionnément discutés. C'est un terrain mouvant sur lequel je ne m'aventurerai pas…