Jean-Christophe Rufin, L’Abyssin

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je me suis récemment fait plaisir dans une librairie en y achetant de nombreux ouvrages dont le choix n'était, pour une fois depuis bien longtemps, dicté par aucun impératif d'ordre professionnel ou estudiantin. Pour le dire autrement, je me suis enfin mis à lire ce que je voulais et non plus les livres au programme de tel cours ou concours. En l'occurrence, mon choix s'est alors porté - entre autres ouvrages - sur le premier roman de Rufin qui a pour titre L'Abyssin.

J'avais envie de découvrir un auteur récent et j'avais entendu parler de celui-ci en termes élogieux. De plus, sa riche carrière me l'avait rendu intriguant (médecin, diplomate, académicien…). Lorsque j'eus regardé l'importance du rayonnage qui lui est consacré dans cette librairie, je me dis qu'il allait m'être bien difficile de faire un choix parmi ses quelques dix gros romans. Finalement, après avoir lu attentivement toutes les quatrièmes de couverture - ce que je ne fais jamais - mon choix se porta sur son premier, me disant que s'il me plaisait, je pourrais toujours lire les autres dans un ordre plus ou moins chronologique.

L'Abyssin est donc le premier roman de Rufin, qui reçut lors de sa publication en 1998 le prix Goncourt du premier roman. Il s'agit d'un roman assez épais (700 pages) au sujet historique. Jean-Baptiste Poncet en est le personnage principal. Il est choisi par l'Ambassadeur de France au Caire pour aller, suite à la demande de Louis XIV et du Pape, tenter de créer une Ambassade entre l'Abyssinie (de ce que j'ai compris, ancien nom d'une région de l'actuelle Ethiopie) et Versailles dans le but final de christianiser cette région du monde. Le choix se porte sur lui non pas pour ses talents de diplomate mais pour ses connaissances en médecine (on retrouve ici des thèmes que l'on suppose chers à l'auteur dans la mesure où ils sont proches de lui : la médecine, la diplomatie) puisque le Négus, roi d'Ethiopie, est atteint d'un mal jugé incurable par tous les médecins l'ayant ausculté. Telle est l'accroche, plutôt émoustillante il me semble.

Cependant, je n'ai pas aimé l'ouvrage et j'avais envie d'en discuter un peu avec des lecteurs qui l'auraient croisé avec plaisir ou déplaisir, que je sache si mon impression est partagée ou si je suis passé à côté de quelque chose.
La langue y est plutôt belle, le style fluide, le galbe et le rythme des phrases agréables. Certaines formulations sont précises et dénotent un psychologisme assez raffiné C'est probablement là, c'est-à-dire dans le style de l'auteur, la force du livre encore qu'au bout de quelques centaines de pages, on arrive à s'en lasser tant se style se renouvelle peu et peut sonner creux. Par ailleurs, comme dit plus haut, l'amorce - historiquement fondée - n'est pas dépourvue d'intérêt. Elle est même exaltante pour qui aime les récits historiques très romancés, à la Dumas un peu.
Mais il y a cette histoire d'amour invraisemblable qui vient malheureusement se greffer sur ce fond historique et qui vient tout gâter par la place qu'elle prend. Elle en devient l'enjeu majeur de l'intrigue, une histoire presque ridicule tant elle cherche, en se révoltant aux moeurs de son temps, à se conformiser aux moeurs d'aujourdh'ui : Elle est noble, pas lui, comment pourraient-ils s'aimer en toute liberté ?

J'insisterai encore un peu sur l'intrigue, disant qu'elle ne nécessite certainement pas 700 pages pour être racontée, qu'elle est infiniment trop diluée et que les nombreuses longueurs y sont peut-être dramatiquement la seule chose qui soit approfondie.


Comme je suis très déçu par ce livre que, comme j'ai tâché de vous le faire comprendre, j'attendais avec impatience pour ce qu'il ne répondait à aucun impératif extérieur de lecture, j'ai voulu partagé cette impression et, peut-être en discuter avec vous, vous qui peut-être avez eu le plaisir ou le déplaisir de côtoyer cet ouvrage. Suis-je passé à côté d'un élément essentiel ? Est-il représentatif de son auteur ? Qu'y avez-vous aimé si vous l'avez aimé ? Bref, qu'en avez-vous pensé ?
J'insisterai encore un peu sur l'intrigue, disant qu'elle est infiniment trop diluée et que les nombreuses longueurs y sont peut-être dramatiquement la seule chose qui soit approfondie.
C'est un prétexte pour parler de l'Abyssinie au XVIIe siècle. L'important, ce sont les longueurs ! Principe des Jules Verne ou du tour de France de deux enfants.
Peut-être est-ce là l'explication. Sauf que sur les cinq parties du roman - égales en épaisseur - une seule se déroule en Abyssinie. D'ailleurs, si je comprends bien ton principe (faire une pause dans la narration afin de mieux regarder autour de soi ce qui se passe), ce n'est pas celui-ci qui fait l'objet de longueurs. Les longueurs ici concernent les épisodes narratifs eux-mêmes, des voyages racontés parfois jour après jour sans que rien d'important ne s'y passe.