L'étoile a pleuré rose…L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'homme saigné noir à ton flanc souverain.
j'aimerais avoir quelque précision sur le sens de se poème…car certain mots comme "mammes vermeilles".Je l'ai choisi pour mon anthologie mais je n'ai pas tout compris.
Merci
Oui je l'ai avais vus mais pas compris …
il me faut une explication clair..courte que je me souvienne!*
qui soit précise mais pas trop non plus juste qui m'explique
se qu'il a voulu faire passer.
Rimbaud avait fait beaucoup de latin, il francise donc souvent des mots, ici mamme qui n’est autre que la francisation de mamma en latin : mamelle.
Il était fatalement tombé sur le poème d’Horace in anum libidinosam, à la vieillarde libidineuse dans lequel il est écrit Sed incitat me pectus et mammae putres, littéralement, mais ta poitrine et tes mammes flasques m’excitent.
Dans le Bateau ivre, il parle de mers virides, virides étant la francisation de l’adjectif latin viridis, vert, ce qu’il confirme par le vers : l’eau verte pénétra ma coque de sapin.
Ici, ces mamelles vermeilles renvoient à la beauté féminine dans la belle jeunesse.
Quant au sens global, il ne peut venir que de votre propre perception à interpréter ces images juxtaposées. Il paraît clair déjà qu’il parle à quelqu’un : tes oreilles, tes seins, tes mammes, ton flanc, et ce quelqu’un est manifestement une femme. Dans le site proposé, on évoque Vénus, ce qui est assez crédible. Cette femme manifestement nue est vue sous toutes les coutures : de ta nuque à tes reins donc de dos ; à tes mammes donc de face ; à ton flanc, donc de côté. Elle est perçue comme isolée dans la Nature : l’étoile, l’infini, la mer, avec ses couleurs lumineuses : rose, blanc, rousse. Puis arrive l’homme qui probablement succombe au charme mais qui le paiera de sa vie (a saigné noir). Veut-il dire par là que ce sont les femmes qui poussent les hommes à la guerre et à s’entre-tuer pour elles ? C’est assez possible, l’idée que sans la femme il n’y aurait pas de guerre est probablement très antique.
À bientôt
Gilles
En effet on peut penser à la guerre de Troie, où d'ailleurs intervient Vénus lors du concours de beauté des trois déesses devant Pâris
En effet, Rimbaud évoque de manière implicite Hélène de Troie et le Prince Páris au dernier vers de "L'Étoile a pleuré rose…".
L'idée de "chute" est présente, après la description de la beauté merveilleuse de la déesse Vénus au cours des trois premiers vers; "chute" un peu modifié, toutefois: c'est l'homme qui saigne, à coté de la belle femme qu'il a tenté d'assûrer exclusivement pour lui-même.
Mais pourquoi Rimbaud a-t-il écrit "…saigné noir…"?
Le " sang noir " est une ocurrence pathologique (vomito negro), présente dans la "fièvre jaune", que fait le malade vomir des petites pelotes de sang noir.
Pendant la vie de Rimbaud, des nombreux cas de fièvre jaune ont été enrégistrés aux ports maritimes de Brest et Saint-Nazaire.
Tom Bawden bonjour,
Vous répondez 9 ans plus tard ?
Bonjour Floreale, je vous remercie pour intervenir.
Vous avez entière raison, c'est tard, c'est trop tard pour répondre, dans ce cas.
En passant, Floréal n'était-il le nom d'un mois du calendrier républicain pendant la Révolution?
Salutations.
Le mois de floréal était le huitième mois du calendrier républicain français.
Il correspondait, à quelques jours près (selon l'année), à la période allant du 20 avril au 19 mai
Merci beaucoup, Laoshi.
En outre, on sait que Fabre d'Églantine tirait le nom floréal "de l'épanouissement des fleurs d'avril en mai", dans le contexte d'une idéologie révolutionnaire agricole et rural, selon son report a La Convention.
Malheureusement, l'auteur des noms du calendrier républicain fut condamné avec Danton, et les deux ont été guillotinés
le 17 germinal de l'an II, sans bouquets des fleurs.
Le calendrier républicain étant abandonné en 1806, le mois floréal s'enfuit avec lui.