Cet été je me suis mis à étudier le grec ancien (j'ai déjà passé mon examen de latin et je me suis dis que ce serait bon de me dédier aussi un petit peu au grec, bien que j'aie encore besoin d'améliorer beaucoup ma maîtrise du latin). En tout cas, au Portugal les livres de grec se font rares ; presque plus personne ne l'étudie. J'ai découvert un dictionnaire bilingue dans une librairie d'occasion - et ce fut une chance ! Je crois même qu'il y en a pas d'autre (enfin, il y en aura ailleurs, mais non pas d'un autre auteur). Le livre date de 1951 et ça sent le moisi - ce qui n'est pas du tout un problème pour moi qui travaille depuis longtemps avec une vieille édition du Gaffiot ; par ailleurs, les images de la vieille édition m'ont été précieuses lorsque j'ai dû décrire et l'architecture et les fonctions de l'amphithéâtre et du cirque romains (au Portugal l'examen de latin comporte aussi une petite question de culture). Alors, comment un autodidacte étudiera-t-il le grec ancien dans de telles conditions ? Eh bien, j'ai acheté une grammaire et deux petits livres (dans cette même librairie d'occasion) en grec - d'Hérodote et d'Euripie. Je me suis soudain aperçu que ça n'avait pas été le meilleur choix, et pourtant, de temps à autre, j'y jette un coup d'oeil et j'en traduis (péniblement, certes) quelques phrases… Parfois, c'est du Nouveau Testament ou du Platon - ce fut le cas aujourd'hui. Je me suis beaucoup amusé à lire le dialogue Ion et j'ai cru que ce serait une bonne idée que d'en lire quelques morceaux dans l'original (j'ai oublié de dire : j'ai trouvé une belle édition bilingue commentée dans la bibliothèque près de chez moi et la traduction portugaise était bien plaisible à lire). Or, je vous citerai donc le passage sur lequel je travaille pour l'instant (je tiens à vous préciser que je suis encore un débutant - trop hâté peut-être, mais certes fort curieux aussi). Vous le connaîtrez et c'est au tout début de l'ouvrage, c'est pourquoi je m'abstiendrai de vous citer plus de texte (taper sur ordinateur l'alphabet grec prend trop de temps et est fatigant, même sur Lexilogos). Et le contexte est connu : Ion vient d'arriver et Socrate lui pose quelques questions sur ce ῥαψῳδῶν ἀγών dans lequel le premier aura pris part et non pas sans succès…
ΣΩ. Τí οὖν; ἠγωνíζου τι ἡμῖν; καì πῶς τι ἠγωνíσω;
ΙΩΝ. Τὰ πρῶτα τῶν ἄθλων ἠνεγκáμεθα, ὦ Σώκρατες.
Les verbes, quel effroi ! La première forme do verbe agônidzomai est simple à identifier (augment + thème + désinence de P2 à l'imparfait), mais la deuxième reste une véritable énigme pour moi. Pourriez-vous m'aider là-dessus ? Et ces τí et τι, sont-ils bien le pronom interrogatif et le pronom indéfini, n'est-ce pas? Si vous le vouliez bien, vous pourriez aussi me parler un tout petit peu du choix des temps verbaux en l'occurrence (j'aime énormément relire le livre de Mme de Romilly, Petites leçons sur le grec ancien, et elle en parle abondamment là-bas ; par ailleurs, les explications qu'elle (et Monique Trédé bien entendu) nous procure sur les particules sont, à mon humble avis, très révélatrices ; enfin, j'avais déjà contacté un peu avec ce monde des particules (Cicéron en fait quelques usages ingénieux avec ses uero et ses quidem, mais surtout avec ses autem et ses tamen en corrélation ; quoique le latin ne soit pas une langue où les particules aient une place tellement importance, ces quelques expériences de lecture des textes latins m'ont dévoilé quelque peu ce monde où la pensée de l'auter se révèle malgré les contraintes syntaxiques), mais rien n'est comparable au grec !
Merci d'avance !
ΣΩ. Τí οὖν; ἠγωνíζου τι ἡμῖν; καì πῶς τι ἠγωνíσω;
ΙΩΝ. Τὰ πρῶτα τῶν ἄθλων ἠνεγκáμεθα, ὦ Σώκρατες.
Les verbes, quel effroi ! La première forme do verbe agônidzomai est simple à identifier (augment + thème + désinence de P2 à l'imparfait), mais la deuxième reste une véritable énigme pour moi. Pourriez-vous m'aider là-dessus ? Et ces τí et τι, sont-ils bien le pronom interrogatif et le pronom indéfini, n'est-ce pas? Si vous le vouliez bien, vous pourriez aussi me parler un tout petit peu du choix des temps verbaux en l'occurrence (j'aime énormément relire le livre de Mme de Romilly, Petites leçons sur le grec ancien, et elle en parle abondamment là-bas ; par ailleurs, les explications qu'elle (et Monique Trédé bien entendu) nous procure sur les particules sont, à mon humble avis, très révélatrices ; enfin, j'avais déjà contacté un peu avec ce monde des particules (Cicéron en fait quelques usages ingénieux avec ses uero et ses quidem, mais surtout avec ses autem et ses tamen en corrélation ; quoique le latin ne soit pas une langue où les particules aient une place tellement importance, ces quelques expériences de lecture des textes latins m'ont dévoilé quelque peu ce monde où la pensée de l'auter se révèle malgré les contraintes syntaxiques), mais rien n'est comparable au grec !
Merci d'avance !



