Bonsoir,
Comme ce n'est pas un devoir scolaire, j'espère que cette catégorie convient. Je voulais simplement vous demander si mon interprétation (le but n'est pas de faire un commentaire littéraire) est correcte et/ou si vous y voyez d'autres idées.
Il s'agit de "Son bras droit, dans un geste aimable de douceur" (1870) de Verlaine.
Siltex14
Comme ce n'est pas un devoir scolaire, j'espère que cette catégorie convient. Je voulais simplement vous demander si mon interprétation (le but n'est pas de faire un commentaire littéraire) est correcte et/ou si vous y voyez d'autres idées.
Il s'agit de "Son bras droit, dans un geste aimable de douceur" (1870) de Verlaine.
Son bras droit, dans un geste aimable de douceur,Alors voilà :
Repose autour du cou de la petite soeur,
Et son bras gauche suit le rythme de la jupe.
A coup sûr une idée agréable l'occupe,
Car ses yeux si francs, car sa bouche qui sourit,
Témoignent d'une joie intime avec esprit.
Oh ! sa pensée exquise et fine, quelle est-elle ?
Toute mignonne, tout aimable, et toute belle,
Pour ce portrait, son goût infaillible a choisi
La pose la plus simple et la meilleure aussi :
Debout, le regard droit, en cheveux ; et sa robe
Est longue juste assez pour qu'elle ne dérobe
Qu'à moitié sous ses plis jaloux le bout charmant
D'un pied malicieux imperceptiblement.
Ce texte est un poème de quatorze vers qui sont des alexandrins. Tous ces alexandrins sont répartis en rimes féminines et rimes masculines qui sont des rimes plates ou suivies. Nous pouvons supposer qu'il s'agit d'une danse intime entre Mathilde et de Paul Verlaine, le poète, car le poème a été écrit alors qu'ils venaient de se marier. En effet, ils sont en union, comme en témoigne la division parfaite, presque symbolique du poème en deux, l'homme qui mène la danse avec les sept premiers vers comme le montre l'allitération en [r], et les sept derniers vers sont offerts à sa belle et tendre comme le montre l'assonance en [ou].Merci d'avance
I – Une danse maritale
Tout d'abord, nous pouvons voir que cette danse semble mener vers le lit conjugal. En effet, nous remarquons le champ lexical du corps humain dans la première partie du poème : « bras », « cou », « bras », « yeux », « bouche », ce qui montre une certaine sensualité. De plus, nous pouvons imaginer un jeu de mot avec les bras ce qui amènerait cette sensualité vers une érotisation du texte. En effet, nous pouvons nous demander la raison du choix du bras droit, alors que le poète aurait simplement pu commencer par le bras gauche. Il est possible que le jeu de mot soit « bras droit », « bras adroit », son bras est adroit, il est sensuel autour du cou de sa femme. Cette idée est accentuée avec la rime signifiante douceur/sœur. Ensuite, le second bras, le « bras gauche », est, justement, « gauche », maladroit, lorsqu'il est situé sur la jupe de sa belle, il y a donc une plus grande sensualité, idée également renforcée avec la rime signifiante jupe/occupe. Cette danse est le moment propice pour le poète pour penser à sa future danse nocturne et voluptueuse. En effet, il semble très heureux de danser avec sa femme, en témoigne le champ lexical « idée agréable », « pensée exquise ». De plus, tous ses sens semblent être en éveil avec le goût « bouche », le toucher « repose », la vue « ses yeux » ce qui est corrélé avec la phrase exclamative « Oh ! » et la phrase interrogative « Quelle est-elle ? ». Enfin, il appelle sa femme « la petite sœur » car il l'a rencontrée grâce à son ami Charles de Sivry, et Mathilde Mauté est la petite sœur de Charles, âgée de 16 ans.
II – Consentie par la mariée
Tout d'abord, Mathilde Mauté nous est décrit comme n'importe quelle femme, une femme « simple », avec « toute mignonne » ce qui rappelle l'idée de petite sœur, puis ensuite c'est « tout aimable » désignant le poète, et juste après, « toute belle » semble montrer une progression chez la femme du poète. Elle n'est plus une enfant quand le poète est entré dans sa vie. Néanmoins, même s'il s'agit d'une femme simple « la pose la plus simple », le superlatif « toute » montre l'importance de cette femme pour Verlaine tout comme « meilleure ». Le poète nous explique également que sa femme, pour la danse possiblement représentée par « ce portrait », a su s'habiller de la meilleure façon qu'il soit « la meilleure » pose ; avec une certaine rigueur, domination qui rééquilibre la danse menée par Paul. Le poète a donc figé ce moment de danse tel un photographe impressionniste. De plus, il y a un contraste entre le corps et l'esprit de la jeune femme – comme le mari –, elle se tient debout, elle a le regard droit mais en cheveux. Cela signifie que, premièrement, Verlaine est au milieu de ses pensées avec « Toute mignonne, tout aimable, et toute belle » et de surcroît, elle se perd dans toutes ses pensées amoureuses avec le regard en cheveux. Par ailleurs, la jeune femme semble comprendre et consentir aux désirs de son époux. En effet, elle dérobe délibérément sa robe pour dévoiler son charmant pied, de ce fait, les deux bras auparavant dévoilés, Verlaine peut l' « embrasser ».
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