Bonsoir,
Je viens vers vous pour solliciter votre aide à propos d'un texte : "Clown" de Soprano.
Siltex14
Je viens vers vous pour solliciter votre aide à propos d'un texte : "Clown" de Soprano.
Vous ferez le commentaire littéraire du texte de Soprano "Clown" (2014) :Si cela vous est possible et ne vous dérange pas, je voudrais bien que vous me donniez votre avis sur mon plan et sur sa pertinence.
Désolé ce soir je n'ai pas le sourire
Je fais mine d'être sur la piste malgré la routine
J'ai le maquillage qui coule,
mes larmes font de la lessive
Sur mon visage de clown (mon visage de clown)
Je sais bien que vous n'en avez rien à faire
De mes problèmes quotidiens, de mes poubelles de mes colères
Je suis là pour vous faire oublier,
Vous voulez qu'ça bouge
Ce soir je suis payé,
Je remets mon nez rouge
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Désolé les enfants si ce soir je n'suis pas drôle
Mais ce costume coloré me rend ridicule et me colle
J'me cache derrière
Ce sourire angélique depuis longtemps
Je ne sais plus m'en défaire,
Mais qui suis-je vraiment ?
J'ai perdu mon chemin,
Avez-vous vu ma détresse ?
J'ai l'impression d'être un chien
Qui essaie de ronger sa laisse
Mais ce soir la salle est pleine,
Vous voulez que ça bouge
Donc je nettoie ma peine,
Et remets mon nez rouge
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Suis-je seul à porter ce masque ? Suis-je seul à faire semblant ?
Ce costume qu'on enfile tous les jours
Dis-moi est-il fait sur mesure ?
Ou nous va-t-il trop grand ?
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Lalalalala lalala lala
Désolé ce soir je n'ai pas le sourire
J'ai le maquillage qui coule,
mes larmes font de la lessive
Sur mon visage de clown (mon visage de clown)
I – Un artiste désabusé qui avanceMerci beaucoup d'avance.- champ lexical du cirque : « piste », « clown », « enfants », « salle »
- a) Un clown étrange dans un cirque
- champ lexical de la joie : « sourire », « drôle »
- champ lexical des couleurs : « maquillage », « nez rouge », « coloré »
- champ lexical du déguisement : « visage », « costume », « masque »
- des termes qui n'ont cependant aucun lien : « lessive », « poubelles »- il s'excuse avec l'anaphore « désolé », « problèmes », « colères », « costume me rend ridicule » « j'ai perdu »
- b) Un clown victime
- rythme ternaire : « de mes problèmes quotidiens, de mes poubelles, de mes colères »
- ce qui renvoie également au lyrisme car si l'on étudie l'assonance en [e] de ce vers, cela donne : « Aime », « Elle » « Erre » : il s'agirait d'une errance en amour
- De plus, si l'on inverse les syllabe de l'épanaphore « De mes » : cela donne « M'aide » : il appelle à l'aide comme le montre également l'assonance en [è] qui peut vouloir dire « Eh ! » pour interpeller la population
- Ses problèmes quotidiens seraient également d'ordre maritale
- La comparaison avec le chien montre qu'il est piégé dans ce cercle infernal : « sa laisse » et sa solitude : « laisse » : fait penser « délaissé » et sa solitude le « ronge »
- Une victime qui se « noie dans la mer dees larmes » en paraphrasant Marbeuf, elle n'avance pas, elle est trop peiné comme en témoigne le verbe d'état être : « je suis payé », « je n'suis », « la salle est », « je suis là »- omniprésence du je : « j'ai pas le sourire », « je fais mine », « j'ai le maquillage », « mes larmes », « mon visage », « je sais », « mes problèmes », « mes poubelles », « mes colères », « je suis là », « je suis payé », « je remets »
c) Un clown lyrique qui avance
présence du « tu » : « dis-moi »
- champ lexical de la tristesse : « je n'ai pas le sourire », « maquillage qui coule », « mes larmes », « problèmes », « poubelles », « colères », « pas drôles », « peines », « seul », « je n'ai pas le sourire », « coule », « larmes »
- Vers hétéromètriques
- Lyrisme accentué par les allitérations enet en [v] « Désolé les enfants si ce soir je n'suis pas drôle » et « Avez vous vu ma détresse ».
- De nombreuses questions rhétoriques : « Mais qui suis-je vraiment », « Avez-vous vu ma détresse »,
- Champ lexical du mouvement : « coule », « bouge », « ronger » « bouge » « enfile »,
II – Dans une société différente ?- le fait qu'il s'agisse d'une chanson prouve que le sujet n'est pas seulement un clown mais un chanteur
a) Un véritable chanteur aux allures de poète
- le refrain qui revient prouve cela : « la la la la » ainsi que la dernière strophe
- la piste fait penser à la scène où chante l'artiste
- thème déjà utilisé par une série nommée « The Sopranos » où le personnage principal s'exprime : « I have to be the sad clown: laughing on the outside, crying on the inside »
- plusieurs poètes ont également usité du thème du clown figure de l'artiste : « Le saut du tremplin » de Banville, « Clown » de Michaux, ou encore « Le vieux saltimbanque » de Baudelaire
- une allusion à Orphée : « j'ai perdu mon chemin » : le chemin des enfers, « ce sourire angélique » : contradiction avec les enfers, « depuis longtemps » et l'amour avec « dis-moi » alors qu'Orphée ne devait pas parler à Eurydice- la « routine » : la société n'avance pas, elle stagne
- b) Une société critiquée
- il exclue toutefois les enfants à travers « Désolé les enfants »
- Le vers « Je suis là pour vous faire oublier » : veut probablement réellement signifier : « Je suis las de vous faire oublier ».
- cette immobilité est appuyé par la répétition de « Ce soir » et « Je remets »
- elle ne pense qu'à elle : « Je suis là pour vous faire oublier » : elle veut oublier ses problèmes, mais ne pense pas à ceux des autres
- une société matérialiste : « Ce soir, je suis payé »
- Rapport dominant/dominé : « Vous voulez » « Je remets »
- On note une similarité de construction et en même temps une antithèse au niveau de 2 vers : « Je sais bien que vous n'en avez rien à faire / De mes problèmes quotidiens, de mes poubelles de mes colères » et « Ce sourire angélique depuis longtemps / Je ne sais plus m'en défaire »
- la rime signifiante : « salle est pleine » « ma peine »
- elle ne laisse aucune liberté : les vers sont de plus en plus courts vers les questions rhétoriques « Suis-je seul » (16 syllabes), « Ce costume qu'on enfile » (décasyllabes) « Dis-moi » (octosyllabe), « Ou nous va-t-il » (hexasyllabe) : la société ne le laisse dire tout ce qu'il pense- La solitude exprimée dans les répétions anaphorique « Suis-je » montre une solitude commune
- c) Un problème commun, universel
- Dans la deuxième proposition « Ou nous va-t-il trop grand » : l'adverbe d'intensité montre que c'est celle-ci : le costume est trop grand comme les "grandes ailes blanches" de L'Albatros de Baudelaire
- Ceci est appuyé par l'alternance entre la 1ère personne du singulier et du pluriel : « Suis-je », « qu'on enfile », « Dis-moi », « Ou nous »
- Le vers « Ce costume qu'on enfile tous les jours » montre que des personnes cachent leur tristesse pour ne pas se plaindre au travail (« Ce costume ») ou bien « tous les jours ».
- les gens se cachent : « je fais mine » (changer de visage : « faire grise mine »), « maquillage », « j'me cache »
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