Voltaire et Rousseau : l’éducation des enfants

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Rousseau a publié en 1762 un traité sur l'éducation des enfants: L'Emile ou De L'Education. Or Rousseau a abandonné 5 de ses enfants. Voltaire le critique et écrit en 1766: "Voyez Jean Jacques Rousseau, il traîne avec lui la belle demoiselle Levasseur, sa blanchisseuse, âgée de cinquante ans, à laquelle il a fait trois enfants, qu'il a pourtant abandonnés pour s'attacher à l'éducation du seigneur Émile".
Une petite question me trouble: Pouquoi Voltaire a-t-il écrit 3 enfants et non 5 ?
Plusieurs femmes ?
Eh oui, il est bon de rappeler l'Histoire. Rousseau a même prétendu qu'il s'agissait là d'un « acte citoyen ». 😀
Quand on pense qu'on nous enseignait Rousseau au lycée, tout en passant sous silence cet « épisode » de sa vie. Idéologie, idéologie… :/
Mais où est la vérité ?
https://www.dogma.lu/txt/FB-RousseauFemme.htm
Car s’il devenait possible de croire que les aveux qu’il a faits de l’abandon de ses enfants sont faux, ce sont tous les aveux des Confessions qui deviendraient, soudain, questionnables. Aurait-il menti […] ? On le voit : la question de savoir si J. J. Rousseau a réellement abandonné ses enfants constitue beaucoup plus qu’un détail biographique négligeable
Un auteur qui considère que l'abandon de 5 enfants est un détail biographique négligeable (par rapport à l'authenticité des propos des Confessions), euh, comment dire… ? :/ D'autres se sont faits fustiger pour avoir parlé de détail.


Cette dame semble avoir bien étudié la biographie de Rousseau, mais elle paraît quelque peu partiale. Quant à réviser la synthèse existante parue dans La Pléiade, il faudra beaucoup de preuves pour la remettre en question sérieusement.


Même à supposer que l'une des deux autres hypothèses soit valable :
Il y a d’une part ceux qui […] suggèrent qu’il était impuissant, que les enfants sont de Thérèse et que ces aveux sont là pour masquer cet handicap dont il avait honte […]
… même dans ce cas il y aurait abandon sans reconnaissance de paternité et aujourd'hui cela ne serait pas jugé joli joli.

Ce qui choque le plus, ce n'est même pas cette série d'actes, mais plutôt qu'ils soient le fait d'un donneur de leçons, à la façon ne nos hommes politiques qui s'érigent en défenseurs de la probité et dont on découvre qu'ils sont corrompus, malhonnêtes…


Rien ne semble avoir changé, finalement. 😀
Si je comprends bien, Rousseau serait aujourd'hui plus estimable s'il n'avait lui-même évoqué ce sujet dans ses écrits et ses lettres. Conclusion : pour être estimable cachez votre part d'ombre.
Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.
Pour répondre à la question : en 1761 (lettre à la Maréchale) cinq enfants sont mentionnés. On peut donc penser que Voltaire n'avait en 1766 qu'une connaissance partielle de la chose. Sans doute des ragots qu'il glanait avidement ci et là dans les salons.
Cela étant, il est bien mal placé le bougre pour s'ériger en donneur de leçon. Ce n'était pas, pour ce que j'en sais, un Monsieur la vertu.
De là à dire qu'il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre… 😂
freddy.lombard a écrit :Eh oui, il est bon de rappeler l'Histoire. Rousseau a même prétendu qu'il s'agissait là d'un « acte citoyen ». 😀
Quand on pense qu'on nous enseignait Rousseau au lycée, tout en passant sous silence cet « épisode » de sa vie. Idéologie, idéologie… :/
Je te trouve un peu dur envers Rousseau … 🙂
D'une part, il y a toujours le risque d'appliquer à tort des catégories de pensée actuelles pour juger des événements passés ( en particulier quand tu dis '' aujourd'hui ça ne passerait pas '' … Des historiens ont bien montré que l'enfant sous l'ancien régime n'a pas du tout le même statut - hyper protégé - qu'il a aujourd'hui, et qu'il était monnaie courante que des actes qu'on jugerait aujourd'hui indécents aient lieu. Défaut d'anachronisme, donc. D'autre part, pourquoi ne pas croire en la sincérité de l'homme quand il déclare que leur vie aurait été pire, s'il ne les avait pas confié à '' l'éducation publique '' ? Et enfin, je crois que tu ne distingues pas l'homme et l'oeuvre, ce qui est pourtant vital dans ce genre de situation ( on parle plus souvent du cas Céline pour éviter cet écueil, consistant à critiquer biographiquement l'oeuvre d'un homme ).
L'auteur de l'article mis en ligne rappelle que Rousseau veut être jugé comme auteur et comme homme, il n'est donc pas illégitime de passer sa vie au crible, même si depuis le Contre Sainte-Beuve nous savons que l'auteur n'est pas l'homme.
Quelle est la démarche de l'auteur ? Cette démarche rappelle le célèbre plaidoyer :
Mon chien n'a pas pu vous mordre… — Rousseau n'a pas pu abandonner ses enfants…
il est toujours attaché… — c'était pas ses enfants…
d'ailleurs, je n'ai pas de chien… — d'ailleurs Rousseau n'a pas abandonné d'enfants…


Je note que Rousseau proclame hautement qu'il a eu cinq enfants qu'il a portés à l'Assistance qui alors s'appelait les Enfants trouvés. Même si ce n'est pas la vérité objective (et je ne vois pas pour ma part de raisons d'en douter), c'est sa vérité subjective.
Je note aussi que ces avocats auto-proclamés ne cherchent pas à disculper madame de Tencin de l'abandon de son propre fils. Est-ce parce que cet abandon est de notoriété publique, indiscutable ? Est-ce par ce que la réputation d'une femme ne vaut pas la réputation d'un homme ?
Ces bons avocats ne s'attardent pas non plus sur l'épisode du ruban volé, comme s'ils négligeaient la gravité du fait. Ce n'est pas la chose, mais le procédé : le ruban n'a pas grande valeur marchande, mais le vol domestique est puni de mort. Au XVIIIe, on pend pour un mouchoir ou un torchon : voler ses maitres est impardonnable. Rousseau risquait sa tête, on comprend qu'il l'ait défendue, à la façon du Winston de 1984 : pas à moi, faites-le à Julia ! On comprend ses remords…
J’ignore ce que devint cette victime de ma calomnie ; mais il n’y a pas d’apparence qu’elle ait après cela trouvé facilement à se bien placer : elle emportait une imputation cruelle à son honneur de toutes manières. Le vol n’était qu’une bagatelle, mais enfin c’était un vol, et, qui pis est, employé à séduire un jeune garçon : enfin, le mensonge et l’obstination ne laissaient rien à espérer de celle en qui tant de vices étaient réunis. Je ne regarde pas même la misère et l’abandon comme le plus grand danger auquel je l’ai exposée. Qui sait, à son âge, où le découragement de l’innocence avilie a pu la porter ! Eh ! si le remords d’avoir pu la rendre malheureuse est insupportable, qu’on juge de celui d’avoir pu la rendre pire que moi !
Je note pur finir que tout le monde s'acharne sur Thérèse : c'est une débile, elle trompait Rousseau, et puis quoi, être fille-mère, ce n'est pas déshonorant…
Personne ne remarque, d'ailleurs, que c'est Rousseau qui vivait du travail de Thérèse…
En tous cas, la débile analphabète a su montrer ce dont elle était capable quand, après la mort de Rousseau, elle a sommé le marquis de Girardin de lui restituer les manuscrits du grand homme : sé patavou… écrit-elle vigoureusement dans une lettre que l'on peut voir à l'Abbaye de Chââlis.
Thérèse n'a rien pu garder de sons compagnon, ni les enfants, ni les œuvres inédites..
Je te suis totalement sur le défaut d'anachronisme, si souvent et si abusivement pratiqué pour valider nombres de thèses actuelles. J'ai en effet émis un sentiment, une réaction personnelle d'aujourd'hui par rapport à quelque chose qui s'est passé il y a longtemps.

Sur la distinction entre l'œuvre et l'homme, en revanche, si je suis prêt à pardonner de nombreux défauts, il y en a qui me font éviter certains auteurs ou artistes. Là aussi, je me laisse guider par ma conscience, mais c'est un choix assumé. 🙂
@ delia

Non tout le monde ne s'acharne pas sur Thérèse. Ainsi dans "plaidoyer pour Thérèse Levasseur" Charly GUYOT s'efforce de faire la part des choses.
S'il est bien vrai que la convention a pu récupérer les manuscrits de Rousseau, il est aussi vrai que le motif de Thérèse n'était pas des plus nobles. Elle s'est empressée de demander une pension qu'elle a d'ailleurs obtenue.
Quant au Marquis au comportement pas très noble non plus, mettez vous à sa place : il n'était pas pressé d'être raccourci.

Quant à l'impuissance de Rousseau il semble qu'il était affecté du même mal que Louis XVI qui a quand même eu de mémoire deux enfants.

Tout ce blabla sort d'une mémoire défaillante. Me corriger si je me trompe.
Vous, vous ne figurez pas au nombre des défenseurs de Thérèse !
S'il est bien vrai que la convention a pu récupérer les manuscrits de Rousseau, il est aussi vrai que le motif de Thérèse n'était pas des plus nobles
La Convention ? En 1778 ?
Rousseau est mort à Ermenonville, chez le marquis de Girardin, lequel s'est empressé de faire main basse sur les manuscrits de Rousseau. Thérèse, en sa qualité de veuve estimait avoir un droit moral. S'il n'est pas noble de vouloir faire argent des œuvres de son concubin, dépouiller une pauvre femme sans appui ne l'est pas non plus…
Elle s'est empressée de demander une pension qu'elle a d'ailleurs obtenue
.
Vous avez quelque chose contre les pensions de reversion ? donc, à vos yeux, liquider son dossier de pension n'est pas noble…
Quant au Marquis au comportement pas très noble non plus, mettez vous à sa place : il n'était pas pressé d'être raccourci.
Mais qui aurait voulu raccourcir le marquis de Girardin en 1778 ?
Pour mieux enfoncer Thérèse qui ne vous a rien fait, vous tenez des propos incohérents.


A Louis XVI, maintenant !
Quant à l'impuissance de Rousseau il semble qu'il était affecté du même mal que Louis XVI qui a quand même eu de mémoire deux enfants.
Louis XVI a eu quatre enfants, et loin d'être impuissant, il était au contraire surpuissant : rien n'est petit chez les grands, et Louis XVI mesurait un mètre 90. Ce qui effrayait Marie-Antoinette… on la comprend.
Abordez la chose crûment, quelles étaient les méthodes de régulation des naissances nécessitées par les lois de succession ou autres, quel était l'intérêt pour les rois, les nobles, les bourgeois… où l'élimination n'était pas exception… on trucidait, étouffait, les mortes en couche sont légions !?… Faiseuses d'anges !… ou chez les moins nantis et les gueux où l'abandon était fustigé… Qui pensa vraiment à blâmer les parents du petit Poucet ?… Voltaire, ce gros hypocrite, en avait meilleure connaissance que nous. Rousseau ne pouvait-il rêver d'un monde meilleur ? 😞
Merci à tous pour vos réponses et commentaires, j'ai lu tout ça attentivement. 😀 😉
@ Delia

J'ai pris soin de rappeler ma mémoire chancelante.

Après vérification dans l'ouvrage cité, la pension fut accordée en décembre 1790 (1200 livres) par l'assemblée constituante.
Quant à Girardin, il a bien senti le vent tourné. La terreur commencera en 1792.

Sur la pension de réversion : mais elle avait touchée des subsides par ailleurs bien avant 1790 avec l'appui de Bally (son concubin) qui savait écrire, lequel salopard n'était d'ailleurs pas dans cette affaire désintéressé.

Notons tout de même que Thérèse ne doit sa pension qu'à un Rousseau qui sentant sa fin proche, inquiet du devenir de Thérèse quand il ne serait plus, lui proposa le mariage auquel il s'était toujours refusé auparavant. Tout ça pour souligner qu'il a peut-être abandonné ses enfants mais qu'il n'était pas totalement dépourvu de morale.

Louis XVI : je ne sais le nombre d'enfants, mais au temple il restait après l'exécution du roi, Antoinette, son fils,le futur Louis XVII et sa fille (seule à sortir vivante). Mais peu importe le nombre, si le roi avec son problème (phimosis) a pu procréer alors Rousseau, s'il est démontré qu'il souffrait du même mal, le pouvait probablement aussi. C'est tout ce que j'ai voulu rappeler (paternité ou pas).

En résumé, ce que j'ai écrit reste globalement vrai puisque je m'étais bien gardé de mettre des dates.
On peut vouloir estimer une oeuvre en évaluant aussi l'écrivain et sa vie selon les lois les plus récentes de la société mais dans ce cas il y aura de la place dans les bibliothèques.

Pour ce qui est de la question posée, il est normal que la personne concernée donne une information plus précise qu'un simple contemporain.
Pour ce qui est de l'abandon d'enfant, il ne me semble pas que cela soit considéré comme un délit à l'époque de Rousseau. IL y a diverses raisons pour cela.

Rousseau s'est intéressé à l'éducation. Il n'a pas d'expérience sur le sujet mais c'est banal d'écrire sur ce que l'on ne connait pas. Les écrivains ont des questions en tête et ils peuvent même écrire des utopies.

IL y a une sorte de silence autour des abandons d'enfants et cela même de nos jours. Tout comme dans le passé des institutions prennent la relève. Ce qui est très rare c'est qu'un homme dise qu'il a abandonné un enfant. IL est à peine moins rare qu'il se vante de ne pas payer une pension alimentaire (alors qu'en France il y a toujours dans les 40 % de pensions impayées).
Portia a écrit : mais c'est banal d'écrire sur ce que l'on ne connait pas.
Vous avez entièrement raison. Beaucoup ont écrit sur la mort, qui n'étaient pas morts. Enfin je crois ! 😉
paulang a écrit :@ Delia

J'ai pris soin de rappeler ma mémoire chancelante.

Après vérification dans l'ouvrage cité, la pension fut accordée en décembre 1790 (1200 livres) par l'assemblée constituante.
Quant à Girardin, il a bien senti le vent tourné. La terreur commencera en 1792.

Sur la pension de réversion : mais elle avait touchée des subsides par ailleurs bien avant 1790 avec l'appui de Bally (son concubin) qui savait écrire, lequel salopard n'était d'ailleurs pas dans cette affaire désintéressé.
Donc vous persistez à juger que demander sa pension est une action basse et dépourvue de noblesse, que vous reprochez à Thérèse…
Tous ces détails sont étrangers au fait que je rappelais : Girardin s'est emparé des manuscrits de Rousseau dès sa mort, survenue en 1778, et Thérèse les lui réclame vertement, preuve qu'elle avait du caractère et du bon sens. Girardin a gardé les manuscrits : ego nominor leo
paulang a écrit :Notons tout de même que Thérèse ne doit sa pension qu'à un Rousseau qui sentant sa fin proche, inquiet du devenir de Thérèse quand il ne serait plus, lui proposa le mariage auquel il s'était toujours refusé auparavant. Tout ça pour souligner qu'il a peut-être abandonné ses enfants mais qu'il n'était pas totalement dépourvu de morale.

Louis XVI : je ne sais le nombre d'enfants, mais au temple il restait après l'exécution du roi, Antoinette, son fils,le futur Louis XVII et sa fille (seule à sortir vivante). Mais peu importe le nombre, si le roi avec son problème (phimosis) a pu procréer alors Rousseau, s'il est démontré qu'il souffrait du même mal, le pouvait probablement aussi. C'est tout

En résumé, ce que j'ai écrit reste globalement vrai puisque je m'étais bien gardé de mettre des dates.
Ce n'est pas globalement vrai puisque Louis XVI ne souffrait d'aucun phimosis.
Quand vous mettez du latin traduisez svp. J'ai assez de mal avec le français pour m’encombrer d'une langue morte et bien morte. Les manuscrits (les confessions, je crois) lui ont été restituées puisque Thérèse les a remis elle même le 26 septembre 1794 à la convention.

Pour ce qui est de la demande de pension, le sexe des gens n'entre pas en considération dans mes avis. La connerie et aussi la bassesse, étant les choses les mieux partagées du monde, on peut en conclure qu'elles atteignent à la virgule près l'homme et la femme dans les mêmes proportions.

Phimosis : Eh bien, il faudra que les historiens s'entendent. Pour ma part, je n'ai pas ausculté l’intéressé, pas plus que Rousseau, d'ailleurs. 🙂
Quand vous mettez du latin traduisez svp. J'ai assez de mal avec le français pour m’encombrer d'une langue morte et bien morte.
Quia ego nominor leo = parce que moi, je me nomme lion.
Le droit du plus fort.

Allons, allons… Le latin n'est pas si mort que ça !

Alea jacta est… Dura lex, sed lex… Alter ego… Casus belli… Persona grata…
Ad vitam æternam… A fortiori… De visu… Ex æquo… In extenso… In extremis… In vitro… Ipso facto… Manu militari..
Sine qua non… Sine die… Urbi et Orbi…
Et cetera !

Vous n'y comprenez rien non plus ? 😜
Excellent Jehan, je vais faire le test sur quelques jeunes autour de moi, et je verrai combien de locutions latines ils comprennent sur ces 17 qui nous sont familières. 🙂