Bonjour, j'ai Phèdre en œuvre intégrale pour l'oral du Bac de français et au cours de mes révisions, et je me pose cette question :
En quoi Phèdre fait-elle preuve d'hybris et plus généralement quel est son crime ?
Il n'y a pas d'orgueil ni de démesure chez Phèdre.
Elle est simplement aveuglée par sa passion.
Son crime est de convoiter le fils de son mari.
Il n'y a pas à proprement parler d'inceste, mais simplement une relation scandaleuse et adultère.
Par la suite, sa jalousie va la conduire à mentir et à condamner à mort l'objet de son désir.
Il n'y a pas à proprement parler d'inceste, mais simplement une relation scandaleuse et adultère
Plutôt, il n'y a aucune relation, puisque Hippolyte est indifférent aux charmes de Phèdre.
Phèdre éprouve la tentation de l'inceste,
l'inceste du second type : Thésée est l'époux de Phèdre et le père d'Hippolyte donc il y a interdit entre Phèdre et Hippolyte. Phèdre étant la sœur d'Ariane, l'union de Thésée et Phèdre est bel et bien un inceste du second type… mais ce point n'est pas abordé dans la pièce.
Merci beaucoup Jean-Luc et Delia pour vous réponses mais :
Il n'y a pas d'orgueil ni de démesure chez Phèdre.
Elle est simplement aveuglée par sa passion.
Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas hybris parce que Phèdre est condamnée par Vénus à aimer passionnément Hippolyte d'un amour non-réciproque. Or elle tente de séduire Hippolyte en lui avouant son amour, par-là, ne fait-elle pas preuve d'hybris puisqu'elle cherche plus que la simple passion unilatérale à laquelle elle était condamnée ?
PS : J'ai vu en cours de grec ancien que l'hybris était la démesure dans le sens où le personnage cherche à avoir plus que la part attribuée par le destin.
wikipedia a écrit :L’hybris (aussi écrit hubris, du grec ancien ὕϐρις / húbris) est une notion grecque que l'on peut traduire par « démesure ». C'est un sentiment violent inspiré par les passions, et plus particulièrement par l'orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance, et la modération. Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime. Elle recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée[1].
Phèdre ne manifeste pas d'orgueil, mais elle ne résiste pas à sa passion désordonnée. On pourrait alors parler d'hybris au sens large. Il faut remarquer qu'elle a conscience de son "crime", de son jugement inéluctable par son père… ce qui irait aussi dans le sens de la notion large.