Bonjour, je suis toute nouvelle sur ce forum. J'aurais besoin de votre aide pour m'aider à trouver un plan (pour un commentaire composé) pour l'oeuvre suivante : On purge Bébé ! Acte I, (scène 7) de Georges Feydeau.
Merci beaucoup.
Julie. - Oh!… tu ne peux même pas faire ça pour ton fils?
Follavoine, tout en repoussant le verre que Julie présente obstinément à ses lèvres. - "Pour mon fils! Pour mon fils!" Il est aussi bien le tien!
Julie. - Voilà! Toutes les corvées, alors? (Tout en posant le verre sur le coin du bureau.) Oui, toutes les corvées! Tu trouves que je n'ai pas fait assez pour lui depuis qu'il est né?… et surtout avant?… tu trouves que ce n'est pas suffisant de l'avoir porté pendant neuf mois dans mes flancs!…
Elle passe devant Toto, et descend un peu à gauche.
Follavoine, agacé. - Ah! là! "dans tes flancs!" Qu'est-ce que tu vas chercher: "Dans tes flancs"?
Il s'assied à son bureau.
Toto. - Maman!
Julie. - Quoi?
Toto. - Pourquoi c'est toi qui m'as porté dans tes flancs! pourquoi c'est pas papa?
Julie, soulevant Toto et le portant sur le canapé sur lequel elle s'assied également. - Ah! pourquoi… parce que, ton père!… S'il avait fallu compter sur lui!… mais comme il savait que ce devait être moi… alors!
Follavoine, à Chouilloux. - Je vous demande un peu si c'est des choses à dire à un enfant!
Toto. - T'avais qu'à prendre un autre monsieur.
Follavoine, furieux. - Voilà: "T'avais qu'à prendre un autre monsieur!" C'est charmant!
Julie. - Oh! tu sais, un homme ou un autre!…
Toto. - Ah! ben, j'serai pas comme ça!
Julie, l'embrassant. - Chéri, va! Au moins tu as du coeur, toi!
Follavoine, à Chouilloux. - C'est insensé, monsieur Chouilloux! C'est insensé!
Chouilloux. - Mais non, c'est charmant! (Se levant, en considérant Toto de loin.) Les enfants ont de ces réflexions!
Julie, à Toto. - Tu vois la différence entre un père et une mère! Ton père ne veut même pas se purger pour toi!
Toto. - Ca m'est égal! J'veux pas qu'il se purge!
Follavoine, descendant jusqu'au canapé. - Ehé!… Tu entends! Il est plus raisonnable que toi.
Chouilloux, descendant également vers Toto. - Ehé!… Il ne veut pas qu'on fasse boire son papa!
Toto, indiquant Chouilloux avec son doigt. - Je veux qu'on fasse boire le monsieur!
Bonjour Asalia,
L'image numérisée est inexploitable.
Si tu veux un coup de main, il faudrait nous envoyer le texte, après l'avoir passé par un OCR, ou du moins nous donner les références exactes : acte, scène, début et fin.
bonsoir, je rajoute le paragraphe expliquant cette scène :
Follavoine reçoit Chouilloux, personnalité avec qui il doit conclure une affaire importante : un marché de pots de chambre en porcelaine destinés à l'armée française… Au même moment, sa femme Julie cherche à faire boire un purgatif à Toto, leur fils de sept ans. Mais le père refuse de montrer l'exemple…
merci de votre aide pour le plan de cette pièce.
Bonsoir Asalia,
Cette scène de vaudeville est très caractéristique de la manière habile de Feydeau. Elle est aussi révélatrice de son pessimisme quant à la vie de couple. Rappelons qu'il est mort solitaire, séparé de sa femme et de ses enfants.
1 - Les caprices d'un enfant (mais est-ce vraiment un enfant que ce petit monstre qui jubile de mettre ses parents en difficulté sous couvert de remarques faussement innocentes ?) qui impose peu à peu sa volonté, qui est révélateur des tensions du couple.
2 - Une dispute de couple à partir de propos anodins amplifiés.
Défauts du père.
Défauts de la mère.
Exploitation comique.
3 - La mécanique se dérègle jusqu'au coup de théâtre final où le client (potentiel) est entraîné dans le maelstrom.
Apparente et courte victoire du père.
Retournement de situation.
Variante de l'arroseur arrosé : le père n'aurait pas dû, dans sa querelle, prendre à témoin un étranger.
C'est une scène comique traditionnelle : un couple bourgeois se dispute. Pourtant Feydeau y apporte une touche personnelle et originale par l'introduction de l'absurdité. Des paroles en l'air (mais qui reflètent bien la personnalité de chacun) sont reprises, amplifiées jusqu'à produire un emballement de l'intrigue. Il y a ainsi une visée morale puisque toutes les fautes, tous les écarts sont immédiatement sanctionnés. C'est le dérèglement du langage qui pousse les protagonistes vers ces situations absurdes qu'ils n'ont pas vraiment voulues. Cette capacité de nuisance du langage annonce un peu le théâtre d'Ionesco.
Bonsoir Jean-Luc
Merci de votre aide. Je ne vois pas trop ce que veut dire la 3e partie. Je ne suis qu’en seconde.
Bonne soirée.
Bonsoir Asalia,
Tu as pu percevoir que toute la scène préparait le retournement final.
Au début, tu as un invité que le père veut soigner pour obtenir un contrat juteux.
Les deux parents se disputent en présence d'un étranger qui est spectateur.
Dans son désir de l'emporter sur sa femme, le père prend à témoin ce fameux invité qu'il aurait mieux valu tenir en dehors des débats. Cette stupide solidarité masculine, le fils va la faire payer très cher puisqu'il exige que ce soit l'étranger qui prenne la potion.
La mécanique s'emballe car le fils (le bébé), personnage accessoire (pour la conduite de l'intrigue) chez les gens normaux, devient à cause de la faiblesse de ses parents le maître du jeu. A l'ordre raisonnable bourgeois qui préexiste au début de la pièce succède un univers clos soumis aux caprices de l'enfant.
As-tu compris ?
Bonjour,
Merci de votre réponse. La seule chose que je ne comprends plus à présent c'est le sens du mot "mécanique". Pourriez-vous m'expliquer simplement ce qu'il signifie ? Merci. Jean-Luc, peux-tu répondre à ma question ? Merci (message précédent pour "mécanique").
A +
Bonsoir Asalia,
« Mécanique » peut prendre deux sens :
-- le premier est celui de l'enchaînement des péripéties dans une intrigue. Une pièce de théâtre part d'une situation initiale, perturbée par un ou des événements extérieurs, lesquels se poursuivent sous forme de péripéties pour aboutir à un nœud puis à un dénouement.
-- le second fait référence à l'univers comique et à la définition du rire donnée par Bergson :
«Ce n'est plus de la vie, c'est de l'automatisme installé dans la vie et imitant la vie. C'est du comique.»
«Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique.»
Le rire naît le plus souvent de la perte du caractère humain : Les répétitions, les actions irréfléchies, les accélérations du rythme…
Tu perçois ici que les personnages réagissent mécaniquement en fonction de leurs défauts de caractère et que le rythme de la comédie s'accélère…
Bonjour a tous,
Je poste ici car j'ai un problème pour repondre correctement à une question. Cette question est : A qui s'adressent successivement Julie,Follavoine,Chouilloux? Qui mène le jeu ? En quoi est-ce comique ?
Cette question est sur la scène 7 de la piece de théâtre "On purge bébé"
Voici le texte :
Julie. - Oh!… tu ne peux même pas faire ça pour ton fils?
Follavoine, tout en repoussant le verre que Julie présente obstinément à ses lèvres. - "Pour mon fils! Pour mon fils!" Il est aussi bien le tien!
Julie. - Voilà! Toutes les corvées, alors? (Tout en posant le verre sur le coin du bureau.) Oui, toutes les corvées! Tu trouves que je n'ai pas fait assez pour lui depuis qu'il est né?… et surtout avant?… tu trouves que ce n'est pas suffisant de l'avoir porté pendant neuf mois dans mes flancs!…
Elle passe devant Toto, et descend un peu à gauche.
Follavoine, agacé. - Ah! là! "dans tes flancs!" Qu'est-ce que tu vas chercher: "Dans tes flancs"?
Il s'assied à son bureau.
Toto. - Maman!
Julie. - Quoi?
Toto. - Pourquoi c'est toi qui m'as porté dans tes flancs! pourquoi c'est pas papa?
Julie, soulevant Toto et le portant sur le canapé sur lequel elle s'assied également. - Ah! pourquoi… parce que, ton père!… S'il avait fallu compter sur lui!… mais comme il savait que ce devait être moi… alors!
Follavoine, à Chouilloux. - Je vous demande un peu si c'est des choses à dire à un enfant!
Toto. - T'avais qu'à prendre un autre monsieur.
Follavoine, furieux. - Voilà: "T'avais qu'à prendre un autre monsieur!" C'est charmant!
Julie. - Oh! tu sais, un homme ou un autre!…
Toto. - Ah! ben, j'serai pas comme ça!
Julie, l'embrassant. - Chéri, va! Au moins tu as du coeur, toi!
Follavoine, à Chouilloux. - C'est insensé, monsieur Chouilloux! C'est insensé!
Chouilloux. - Mais non, c'est charmant! (Se levant, en considérant Toto de loin.) Les enfants ont de ces réflexions!
Julie, à Toto. - Tu vois la différence entre un père et une mère! Ton père ne veut même pas se purger pour toi!
Toto. - Ca m'est égal! J'veux pas qu'il se purge!
Follavoine, descendant jusqu'au canapé. - Ehé!… Tu entends! Il est plus raisonnable que toi.
Chouilloux, descendant également vers Toto. - Ehé!… Il ne veut pas qu'on fasse boire son papa!
Toto, indiquant Chouilloux avec son doigt. - Je veux qu'on fasse boire le monsieur!
Pour repondre a qui mène le jeu et en quoi est-ce comique je peux me debrouiller mais j'ai un soucis pour le debut de la question à savoir : A qui s'adressent successivement Julie,Follavoine,Chouilloux?
En effet je ne sais pas s'il faut dire que ceux-ci s'adressent à toto ou s'il faut dire à qui ils s'adressent dans cet extrait ( par exemple Julie s'adressent a follavoine puis a toto).
Merci de votre aide.
je pense qu'on te demande de relever l'énonciation dans l'extrait :
à qui s'adressent les personnages
ta deuxième proposition donc
à l'un puis à l'autre
attention c'est du théâtre… ne pas oublier le public !
j'ai un doute justement car aprés qui mène le jeu c'est toto donc peut être que la question est centré sur le personnage de toto.
Qu'en pensez vous ?