En confrontant les différents textes, vous montrerez quels sont les effets produits par les scènes d

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je me suis inscrit sur ce site pour m'entraîner pour le bac de français car j'ai quelques difficultés et je voudrais que vous m'aidiez 🙂

Donc là, j'ai fait la question préalable du corpus et j'aimerai que vous me critiquiez et me corrigiez 🙄

Merci d'avance à toutes les personnes qui auront pris le temps de me lire et de m'aider 😀

Le corpus :

L'Abbé Prévost, Manon Lescaut (1731)
La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens.
Gustave Flaubert, L'Éducation sentimentale (1869)
Ce fut comme une apparition :

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. " Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle ?

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

- " Je vous remercie, monsieur. "

Leurs yeux se rencontrèrent.
Albert Cohen, Belle du Seigneur (1968)
Il lui sourit, et elle eut un tremblement, baissa les yeux. Atroce, ce sourire sans dents. Atroces, ces mots d'amour hors de cette bouche vide. Il fit un pas en avant, et elle sentit le danger proche. Ne pas le contrarier, dire tout ce qu'il voudra, et qu'il parte, mon Dieu, qu'il parte.


- Devant toi, me voici, dit-il, me voici, un vieillard, mais de toi attendant le miracle. Me voici, faible et pauvre, blanc de barbe, et deux dents seulement, mais nul ne t'aimera et ne te connaîtra comme je t'aime et te connais, ne t'honorera d'un tel amour. Deux dents seulement, je te les offre avec mon amour, veux-tu de mon amour?

- Oui dit-elle, et elle humecta ses lèvres sèches, essaya un sourire.

- Gloire à Dieu, dit-il, gloire en vérité, car voici celle qui rachète toutes les femmes, voici la première humaine !


Ridiculement, il plia le genou devant elle, puis il se leva et il alla vers elle et leur premier baiser, alla avec son noir sourire de vieillesse, les mains tendues vers celle qui rachetait toutes les femmes, la première humaine, qui soudain recula, recula avec un cri rauque, cri d'épouvante et de haine, heurta la table de chevet, saisit le verre vide, le lança contre la vieille face. Il porta la main à sa paupière, essuya le sang, considéra le sang sur sa main, et soudain il eut un rire, et il frappa du pied.


- Tourne-toi, idiote ! Dit-il.

Elle obéit, se tourna, resta immobile avec la peur de recevoir une balle dans la nuque, cependant qu'il ouvrait les rideaux, se penchait à la fenêtre, portait deux doigts à ses lèvres, sifflait. Puis il se débarrassa du vieux manteau et de la toque de fourrure, ôta la fausse barbe, détacha le sparadrap noir qui recouvrait les dents, ramassa la cravache derrière les rideaux.


- Retourne-toi, ordonna-t-il.

Dans le haut cavalier aux noirs cheveux désordonnés, au visage net et lisse, sombre diamant, elle reconnut celui que son mari lui avait, en chuchotant, montré de loin, à la réception brésilienne.


- Oui, Solal et du plus mauvais goût, sourit-il à belles dents. Bottes ! Montra-t-il, et de joie il cravacha sa botte droite. Et il y a un cheval qui m'attend dehors ! Il y avait même deux chevaux ! Le second était pour toi, idiote, et nous aurions chevauché à jamais l'un près de l'autre, jeunes et pleins de dents, j'en ai trente-deux, et impeccables, tu peux vérifier et les compter, ou même je t'aurais emportée en croupe, glorieusement vers le bonheur qui te manque ! Mais je n'ai plus envie maintenant, et ton nez est soudain trop grand, et de plus il luit comme un phare, et c'est tant mieux, et je vais partir ! Mais d'abord, femelle, écoute ! Femelle, je te traiterai en femelle, et c'est bassement que je te séduirai, comme tu le mérites et comme tu le veux. A notre prochaine rencontre, et ce sera bientôt, en deux heures je te séduirai par les moyens qui leur plaisent à toutes, les sales, sales moyens, et tu tomberas en grand imbécile amour, et ainsi vengerai-je les vieux et les laids, et tous les naïfs qui ne savent pas vous séduire, et tu partiras avec moi, extasiée et les yeux frits !
Question :
En confrontant les différents textes, vous montrerez quels sont les effets produits par les scènes de rencontre.

Objet d'Étude :
Le personnage de roman, du XVIIième siècle à nos jours


La question préalable :

Les trois textes du corpus vont aborder les rencontres amoureuses des protagonistes, cependant ces moments diffèrent sur certains aspects mais se rapprochent également sur d'autres. Par conséquent, quels sont les effets produits par les scènes de rencontre?

Tout d'abord, on peut voir que les personnages sont "foudroyés" par la femme qu'ils aperçoivent et qu'on voit défilé tout leurs sentiments à son égard : "Elle me parut si charmante que […] je me trouvai enflammé tout d'un coup" ; "Ce fut comme une apparition […] Jamais il n'avait vu cette splendeur" ; "nul ne t'aimera et ne te connaîtra comme je t'aime".
Puis, ils la décrive : "Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi" ; "Elle était assise, au milieu du banc, toute seule […] elle leva la tête […] Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses" ; "elle eut un tremblement, baissa les yeux". le champ lexical du regard est omniprésent.

On constate ensuite que les approches diffèrent entre les textes. En effet, dans le texte de Cohen la femme est terrifié par l'homme et leur rencontre est violente : "[Elle] saisit le verre vide, le lança contre la vieille face […] - Tourne-toi, idiote ! Dit-il.". Elle est perdue face à cette situation ce qui la mène à accepter la proposition du vieillard: "veux-tu de mon amour?". Mais c'était une mascarade et l'homme qui se cachait derrière le vieillard montre son vrai visage et commence à lui lancer des injures.
Cependant dans les deux autre textes, la rencontre se passe délicatement : "elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée" ; "Leurs yeux se rencontrèrent". Dans le texte de Flaubert, le protagoniste passe même pour un sauveur en sauvant le châle de son amoureuse et en est remercier : " Je vous remercie, monsieur. "

Pour conclure, la rencontre est un moment essentielle de la vie du couple car il s'en rappelleront toute leur vie et dans les 3 textes les approches sont, certes, diffèrentes mais toutes mémorables et sont, par conséquent, une bonne base pour leur vie future. Mais notons quand même que les sentiments créés sont très différent mais tout autant efficace. Dans le texte de Prévost, l'homme est rassuré et la femme est heureuse ; dans celui de Flaubert, il est amoureux et elle est impressionnée ; et dans celui de Cohen, l'homme est énervé et la femme terrorisée.

Personne pour me donner son avis ? 😐


Personne peut me donner ne serait-ce qu'un avis rapide ? :/
Bonjour,
Je passe aussi le bac de français 🙂 Je trouve que ta réponse à la question de corpus est bien organisée. Je trouve que la façon dont tu t'exprimes est agréable à lire. Si je pouvais écrire de cette façon j'en serais ravie.