Figures de style à l’oral du bac de français

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

Comme le bac approche, je m'entraine en ce moment à l'oral sur des lectures de ma liste. En essayant de relever des défauts, j'ai remarqué que je ne citais presque jamais de figures de style. On m'a déjà dit que dans un commentaire composé, il faut absolument citer des figures de style, au moins une, mais j'aimerais savoir si on est pénalisé aussi à l'oral (il n'y a bien sûr pas autant de temps d'analyse, donc en d'autres termes, est-ce que je dois apprendre par coeur des figures de style des textes que je présente, vu que j'ai souvent du mal à en trouver ?…).

Merci !

Ps: Je passe le bac (s) en candidat libre
Oui, il faut appuyer tes explications sur l'écriture du texte. Il n'est pas obligatoire de trouver des figures de style ultra techniques et savantes pour réussir, mais il faut nommer des procédés d'écriture (sinon tu tombes dans la paraphrase et au lieu de l'analyse) : champs lexicaux, énumérations, métaphores, répétitions, analyse de la ponctuation, des temps verbaux, etc.
Très bien, merci !

J'aimerais avoir votre avis sur un cas concret : là, c'est un plan sur un texte d'Indiana de George Sand, avec la problématique suivante : comment George Sand fait-elle passer à travers le personnage d’Indiana une remise en question du mariage tel qu’il est conçu à son époque ?
Quand son mari l’aborda d’un air impérieux et dur, il changea tout d’un coup de visage et de ton, et se trouva contraint devant elle, maté par la supériorité de son caractère. Il essaya alors d’être digne et froid comme elle ; mais il n’en put jamais venir à bout.

— Daignerez-vous m’apprendre, madame, lui dit-il, où vous avez
passé la matinée et peut-être la nuit ?

Ce peut-être apprit à madame Delmare que son absence avait été
signalée assez tard. Son courage s’en augmenta.

— Non, monsieur, répondit-elle, mon intention n’est pas de vous le dire.

Delmare verdit de colère et de surprise.

— En vérité, dit-il d’une voix chevrotante, vous espérez me le cacher ?

— J’y tiens fort peu, répondit-elle d’un ton glacial. Si je refuse de vous répondre, c’est absolument pour la forme. Je veux vous convaincre que vous n’avez pas le droit de m’adresser cette question.

— Je n’en ai pas le droit, mille couleuvres ! Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi ? qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille ? Prétendez-vous m’ôter la barbe du menton ? Cela
vous sied bien, femmelette !

— Je sais que je suis l’esclave et vous le seigneur. La loi de ce pays vous a fait mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus
fort, et la société vous le confirme ; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire. Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur elle ! c’est comme si vous vouliez manier l’air et saisir le vide !

— Taisez-vous, sotte et impertinente créature ; vos phrases de roman nous ennuient.

— Vous pouvez m’imposer silence, mais non m’empêcher de penser.

— Orgueil imbécile, morgue de vermisseau ! vous abusez de la pitié qu’on a de vous ! Mais vous verrez bien qu’on peut dompter ce grand caractère sans se donner beaucoup de peine.

— Je ne vous conseille pas de le tenter, votre repos en souffrirait, votre dignité n’y gagnerait rien.

— Vous croyez ? dit-il en lui meurtrissant la main entre son index et son pouce.

— Je le crois, dit-elle sans changer de visage.

Ralph fit deux pas, prit le bras du colonel dans sa main de fer, et le fit ployer comme un roseau en lui disant d’un ton pacifique :

— Je vous prie de ne pas toucher à un cheveu de cette femme.

Delmare eut envie de se jeter sur lui ; mais il sentit qu’il avait tort, et il ne craignait rien tant au monde que de rougir de lui-même. Il le repoussa en se contentant de lui dire :

— Mêlez-vous de vos affaires.

Puis, revenant à sa femme :

— Ainsi, madame, lui dit-il en serrant ses bras contre sa poitrine pour résister à la tentation de la frapper, vous entrez en révolte ouverte contre moi, vous refusez de me suivre à l’île Bourbon, vous voulez vous séparer ? Eh bien, mordieu ! moi aussi…

— Je ne le veux plus, répondit-elle. Je le voulais hier, c’était ma volonté ; ce ne l’est plus ce matin. Vous avez usé de violence en m’enfermant dans ma chambre : j’en suis sortie par la fenêtre pour vous prouver que ne pas régner sur la volonté d’une femme, c’est exercer un empire dérisoire. J’ai passé quelques heures hors de votre domination ; j’ai été respirer l’air de la liberté pour vous montrer que vous n’êtes pas moralement mon maître et que je ne dépends que de moi sur la terre. En me promenant, j’ai réfléchi que je devais à mon devoir et à ma conscience de revenir me placer sous votre patronage ; je l’ai fait de mon plein gré. Mon cousin m’a accompagnée ici, et non pas ramenée. Si je n’eusse pas voulu le suivre, il n’aurait pas su m’y contraindre, vous l’imaginez
bien. Ainsi, monsieur, ne perdez pas votre temps à discuter avec ma conviction ; vous ne l’influencerez jamais, vous en avez perdu le droit dès que vous avez voulu y prétendre par la force. Occupez-vous du départ ; je suis prête à vous aider et à vous suivre, non pas parce que telle est votre volonté, mais parce que telle est mon intention. Vous pouvez me condamner, mais je n’obéirai
jamais qu’à moi-même.

— J’ai pitié du dérangement de votre esprit, dit le colonel en haussant les épaules.

Et il se retira dans sa chambre pour mettre en ordre ses papiers, fort satisfait, au dedans de lui, de la résolution de madame Delmare, et ne redoutant plus d’obstacles ; car il respectait la parole de cette femme autant qu’il méprisait ses idées.

George Sand, Indiana (III, 21)
Voilà mon plan :

A) Mise en scène du mariage de l'époque :
1) Description du colonel ("impérieux et dur"/recours à la violence et aux insultes)
2) Image du mari borné (utilisation des clichés : "qui porte une jupe/barbe du menton")
3) Indiana reconnait que la loi fait de son mari le maitre ("Je sais que je suis l'esclave et vous le seigneur …")

B) Une nouvelle conception s'oppose à ce mariage traditionnel
1) Même si Indiana reconnait que la loi donne le droit à son mari de la contrôler, elle revendique une liberté de penser ("mais sur ma volonté .." + tirade sur la volonté)
2) Si le colonel dans sa 2ème réplique ("mille couleuvres etc…") semble affirmer que sa domination sur Indiana vient d'une loi naturelle ("barbe au menton, etc…), l'héroïne indique clairement que cette loi est faite par les hommes ("la loi de ce pays", "cherchez donc une loi") et qu'elle est donc illégitime.
3) C'est une victoire d'Indiana qui a affirmé sa liberté et finit même par donner des ordres au colonel ("Ne perdez pas votre temps/Occupez-vous du départ")

Dans cette analyse, je ne mentionne aucune figure de style. Je serais donc sanctionné ? Est-ce que cela vous parait être de la paraphrase ?

Merci !

Personne ? 😞
Oui car tu fais de la paraphrase.
Garde la même chose mais justifie par des procédés d'écriture précis : emploi de l'impératif pour ton B3), champ lexical de la sévérité, phrases exclamatives, questions rhétoriques qui montrent l'indignation, répétition, antithèse (par exemple entre "esclave" et "seigneur"), énumération qui marque la soumission ("lier mon corps, garrotter mes mains…")
Par exemple quand tu écris "tirade sur la volonté", que vas-tu dire ? si tu la résumes, c'est de la paraphrase. Tu dois analyser comment elle est écrite.
bonjour,
Outre la paraphrase que je ne décèle pas car il ne s'agit que d'un plan, il me semble percevoir du moins dans les titres quelques contresens sur le texte.
Indiana reconnait que la loi fait de son mari le maitre ("Je sais que je suis l'esclave et vous le seigneur …"). Ce seul titre, par exemple, sans explication supplémentaire est pour moi équivoque.
Puisque la question est : Comment George Sand fait-elle passer à travers le personnage d’Indiana une remise en question du mariage tel qu’il est conçu à son époque ?, le commentaire ne pourrait-il pas se concentrer sur une études des deux personnages en présence ?
Un couple fort peu conventionnel à vrai dire, comme l'était George Sand elle-même.
Disons qu'une phrase comme celle-ci : "Si le colonel dans sa 2ème réplique ("mille couleuvres etc…") semble affirmer que sa domination sur Indiana vient d'une loi naturelle ("barbe au menton, etc…), l'héroïne indique clairement que cette loi est faite par les hommes ("la loi de ce pays", "cherchez donc une loi") et qu'elle est donc illégitime" me laisse penser que le commentaire va tourner à la paraphrase.
Très bien, merci ! Je vais essayer d'adapter et de faire moins de paraphrase.
"Delmare verdit de colère et de surprise. "-> hyperbole
"Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions "->accumulation
"Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur elle" ->gradation croissante
Voilà ce que j'ai trouvé bien je ne sois pas sûre de moi. A vérifier.
Bonne chance !