Questions sur la licence de lettres classiques

La filière littéraire

135 réponses · Page 3 / 7

Bonjour!

Je suis enseignant en Grec ancien à Paris X - Nanterre.

Les étudiants qui ont étudié et le grec et le latin au lycée sont de moins en moins nombreux. Très souvent, donc, les étudiants de "Lettres classiques" commencent l'apprentissage d'une des deux langues (grec ou latin) à l'Université. Nous avons également des étudiants qui débutent dans les deux langues anciennes. C'est tout à fait possible, à condition d'avoir une réelle motivation. Les cours d'apprentissage à l'Université permettent à chacun, quel que soit son parcours antérieur, d'atteindre très vite le niveau requis.

Je vous signale, au passage, l'existence d'une nouvelle formation en lettres classiques à Nanterre, à partir de la rentrée 2008. Forts du succès de la "Licence Humanités", nous ouvrons dès l'an prochain la licence "Humanités classiques", qui sera unique en France. Cette licence sera présentée aux portes ouvertes de l'Université, le 19 mars 2008. Une présentation abrégée est déjà disponible sur le site de l'Académie de Versailles: https://www.ac-versailles.fr/

N'hésitez pas à me poser des questions!

Christophe Bréchet
Bonsoir!

J'ai évoqué un peu vite le parcours d' "Humanités classiques" de Paris X - Nanterre dans le message précédent. Voici une description plus précise de ce parcours, pour celles et ceux d'entre vous qui seraient intéressé(e)s.

Le parcours « Humanités classiques », unique en France, sera lancé à la rentrée 2008. C'est un parcours de la "Licence Humanités", qui existe, elle, depuis deux ans à Nanterre, et qui connaît un véritable succès (109 inscrits cette année).

Le parcours « Humanités classiques » a pour ambition de donner une nouvelle impulsion aux études anciennes, en conciliant deux objectifs. Il entend former de véritables spécialistes de l’Antiquité en associant toutes les disciplines qui participent à son étude (Philologie, Littérature, Philosophie, Histoire et Histoire de l’Art), mais aussi et surtout réinscrire les langues anciennes au cœur d’une véritable culture humaniste, tournée vers l’Europe et la compréhension du monde contemporain.

Depuis deux ans, la Licence « Humanités » (parcours général) fait une large place aux racines antiques des cultures française et européenne, en proposant à tous ses étudiants, au cours des 6 semestres :
-10h de cours fondamentaux en « Littérature ancienne », sur textes traduits (S1 : « Introduction aux cultures de l’Antiquité » et « Introduction au théâtre antique » ; S3 : « Rhétorique, éloquence et persuasion dans l’Antiquité » ; S5 : « Mythologies antiques » et « De l’Antiquité au Moyen-Âge »).
-8h de cours fondamentaux en « Histoire ancienne ».
-6h de cours fondamentaux en « Philosophie ancienne ».

Le parcours « Humanités classiques » renforce cette formation classique fondamentale en proposant chaque semaine, au lieu des 2 heures de langue ancienne du parcours général (grec ou latin, au choix), 8h de langues anciennes (4h de grec ancien et 4h de latin), du S1 au S6, sans que cela entraîne une surcharge horaire pour l’étudiant ou une perturbation de l’architecture générale de la Licence Humanités. En effet, l’étudiant est dispensé des 2h de langues anciennes pour non spécialistes, de certains cours de Littérature ancienne sur textes traduits (remplacés par des cours de Littérature ancienne en langue originale) et des cours de Philosophie moins directement liés à sa formation. Les créneaux horaires libérés permettent à l’étudiant de suivre des cours en langues anciennes pour spécialistes. J'ajoute que le parcours a été conçu pour accueillir tous les lycéens qui le souhaitent, y compris ceux qui débutent dans les deux langues anciennes.

L’étudiant du parcours « Humanités classiques » recevra ainsi une formation complète en Langues, Littérature, Histoire et Philosophie anciennes : loin du cloisonnement disciplinaire, il maîtrisera tous les savoirs qui participent à la connaissance de l’Antiquité.

Soucieux de montrer comment les langues anciennes ont contribué à la formation de l’identité et de la culture européennes à toutes les époques, le parcours « Humanités classiques » met également l’accent sur la transmission de l’héritage antique, de l’Antiquité au Moyen-Âge et à la Renaissance, sur les enjeux de cette transmission et sur la fécondité de l’héritage antique. Différents enseignements fondamentaux permettent d’étudier ce phénomène dans sa globalité :
-un enseignement de 2h destiné à éclairer la transition de l’Antiquité au Moyen-Âge.
-4h de Littérature médiévale et renaissante
-2h d’Histoire de la philosophie médiévale et renaissante
-8h d’Histoire médiévale
L’étude des prolongements de l’Antiquité, trop souvent absente des parcours traditionnels en Lettres classiques, donne un sens profond à l’apprentissage des langues anciennes, en les replaçant au cœur de l’humanisme européen. Elle permettra en outre aux étudiants qui se destinent à l’étude du Moyen-Âge et de la Renaissance de mettre à profit leur culture classique.

La désaffection croissante des Licences de Lettres classiques en France n’est pas étrangère à la réticence des bacheliers à s’engager dans un cursus trop éloigné des enjeux du monde actuel. La force du parcours « Humanités classiques » est de concilier une formation classique élargie, qui permette à l’étudiant de passer les concours de recrutement de l’enseignement ou de s’engager dans un Master Recherche, et une nécessaire ouverture sur le monde actuel. Loin de cantonner l’étudiant dans l’étude des langues anciennes ou dans un dialogue permanent entre les Anciens et les Modernes, le parcours « Humanités classiques » insère en effet les langues anciennes dans une formation pluridisciplinaire complète, résolument tournée vers l’actualité et vers l’Europe. La pratique soutenue d’une langue vivante (4h hebdomadaires, soit le double de ce qui est exigé dans les autres Licences de Lettres) est destinée à ouvrir l’étudiant sur d’autres cultures et à faciliter sa mobilité en Europe et dans le monde. Il étudiera également les XXe et XXIe siècles sous les angles historique, littéraire et philosophique, pour mieux comprendre les enjeux du monde actuel et apporter des réponses adéquates aux défis qu’il pose.

L’étudiant d’ « Humanités classiques » y sera d’ailleurs fort bien préparé, par le profil qui sera le sien au terme de la Licence. Il pourra faire valoir sa maîtrise de la langue française, des langues anciennes et d’une langue vivante ; sa culture générale ; sa maîtrise de trois champs disciplinaires (l’Histoire, la Littérature et la Philosophie) ; ses capacités d’analyse et de synthèse, ainsi que ses compétences rédactionnelles et son habitude des exercices académiques ; sa sensibilité aux phénomènes d’évolution et de rupture. A ces multiples compétences s’ajouteront les acquis professionnels des différents modules de professionnalisation offerts dans le cadre de la Licence Humanités. L’étudiant qui ne se destine pas à la préparation des concours (CAPES ou Agrégation de Lettres classiques), à un Master (Recherche ou Professionnel) ou aux métiers de la culture et du patrimoine pourra faire valoir ce profil complet dans de multiples domaines.

Enfin, il faut souligner la souplesse de ce parcours, qui est de nature à rassurer les bacheliers. Plusieurs choix s’offrent à l’étudiant du parcours « Humanités classiques » à la fin de la deuxième année. Dans la mesure où il a suivi tous les enseignements de Lettres et d’Histoire, il peut choisir, en troisième année :
-l’Option « Lettres classiques ».
-l’Option « Lettres modernes ».
-l’Option « Histoire ».
C’est là un atout supplémentaire de ce parcours : les deux premières années d’ « Humanités classiques » permettent à l’étudiant d’acquérir une solide culture classique avant de se diriger, en troisième année, vers une Option « Lettres modernes » ou « Histoire », ou de rester dans l’Option « Lettres classiques ».

Voilà, vous savez tout!

La Licence "Humanités classiques" sera présentée plus amplement lors des journées Portes Ouvertes de Paris X - Nanterre, le mercredi 19 mars 2008 (15h30, Amphi B2).

Christophe Bréchet
Co-Directeur du Département de Grec de Paris X - Nanterre
Reponsable du parcours "Humanités classiques"
Bonjour,

Nous venons de créer une page sur le site des Départements de Grec et de Latin de Paris X - Nanterre pour présenter le nouveau parcours "Humanités classiques" (avec un nouveau livret à télécharger). Voici le lien :
https://dep-lettresclassiques.parisnanterre.fr/

N'hésitez pas, si vous avez des questions!

CB
Effectivement ce que propose Nanterre est très intéressant et je regrette de n'avoir pas fait mon Bac deux ans plus tôt pour pouvoir suivre ce cursus !

J'ajouterai juste par rapport à la question qui était posée précédemment que commencer le latin et le grec débutant est tout à fait faisable : je connais plusieurs personnes qui l'ont fait et réussissent très bien avec mention aux partiels.
Comme les cours sont vraiment concentrés sur la langue, l'apprentissage se fait beaucoup plus vite que dans le secondaire, où l'on mêle les apprentissages de la langue et de la civilisation (ce dernier prend d'ailleurs souvent le pas sur la langue).

Il ne faut donc pas avoir peur !

Lancez-vous 😉
Bonjour à tous et à toutes!
Je suis en terminale et je voudrais poursuivre en Lettres Classiques: le latin et le grec sont vraiment mes deux passions! Par ailleurs, j'adore lire! J'aimerais poursuivre en fac, mais la plupart des personnes de mon entourage me conseillent de plutôt me diriger vers une classe préparatoire… Dès lors, je ne sais plus ni quoi faire ni quoi penser. Quelles sont les différences fondamentales entre prépa et fac? Y a-t-il vraiment différence de "niveau"? Par ailleurs, que pensez-vous de l'université Paris IV pour ce qui en est des Lettres Classiques?
Merci beaucoup! 🙂
Lolypop, la première chose à noter, c'est qu'on n'a pas forcément "le choix" entre la fac et la prépa ! Pour entrer en classe prépa, il faut faire un dossier, et on est sélectionné en fonction de ses résultats et des appréciations des profs.
Sinon, la différence, c'est que si tu fais une première année de lettres classiques, tu ne feras QUE du latin, du grec et du français, alors qu'en prépa littéraire tu continueras à faire aussi les autres matières littéraires : histoire, philo… Et a priori, on est plus encadré en prépa, on fait beaucoup de devoirs et les profs sont très stricts. Et comme ce sont déjà les "meilleurs" élèves qui sont sélectionnés, ça permet d'atteindre un très bon niveau en deux ans.
Bref, les exigences sont fortes et l'ambiance est souvent très "compétitive" puisque les classes préparatoires sont faites pour préparer le concours de Normale Sup. Certaines personnes ont du mal à supporter cette ambiance, d'autres adorent ça, ça dépend vraiment des gens et des prépas !
J'ai fait mes études de Lettres Classiques à Nanterre (après deux ans de prépa) et j'ai vraiment apprécié : c'est vrai que c'était un peu pénible de prendre le RER aux heures de pointe (lol), et il y avait beaucoup d'heures de cours… Mais il y avait des super profs, on a beaucoup travaillé, et ensuite beaucoup de gens (y compris moi) ont réussi les concours pour être prof de lettres classiques en collège, lycée, et même à la fac ! Et puis d'autres ont fait autre chose : une fille travaille à la Cinémathèque française, un garçon est administrateur d'un théâtre à Grenoble… Il faut arrêter de dire que ces études mènent au chômage !! Si on est passionné, on arrive toujours à quelque chose avec ces études-là !
Ca remonte à une dizaine d'années maintenant ! mais j'ai vu sur la page "Humanités à Nanterre" qu'il y avait toujours des études classiques là-bas
Bon courage, et surtout fais ce qui te plaît le plus, sans avoir peur de l'avenir.
Merci beaucoup Atarax, ton commentaire me fut vraiment utile 🙂
Je penche de plus en plus vers la fac… 🙂
Bonjour Lolypop,

Pour les lycéens qui souhaitent se consacrer aux études classiques, il y a deux solutions : 1) une classe prépa littéraire, où ils feront, en plus du grec, du latin et du français, de l'histoire et de la philosophie, notamment; 2) une Licence de Lettres classiques, principalement consacrée à l'étude du grec, du latin et du français. La différence principale est dans le nombre de disciplines qui interviennent dans votre formation intellectuelle. La classe prépa est davantage pluridisciplinaire.

La seconde différence est dans l'optique : les CPGE préparent aux concours d'entrée aux ENS, les filières universitaires, non. Tout le travail d'un (hypo)khâgneux est tendu vers le concours, et cela impose un certain rythme de travail. Mais cela ne veut pas dire qu'on fait davantage de latin et de grec en prépa, au contraire : à la fac, les étudiants consacrent plus d'heures à l'étude des langues et civilisations anciennes, et ont des cours spécialisés (comme la linguistique) qui n'existent pas en prépa.

Des formations nouvelles permettent tout de même de sortir de ce dilemme entre faculté de Lettres et Classe prépa littéraire. A Nanterre, par exemple, nous avons abandonné la traditionnelle Licence de Lettres classiques pour un cursus pluridisciplinaire unique en France : les Humanités classiques. Voici le lien pour télécharger un descriptif complet, avec les enseignements et les débouchés : https://dep-lettresclassiques.parisnanterre.fr/

Cette formule permet d'acquérir une solide formation pluridisciplinaire, comme en Classe prépa, tout en faisant autant d'heures de latin-grec que dans une traditionnelle Licence de Lettres classiques. Les avantages des deux systèmes sont ainsi conciliés.

N'hésitez pas à me poser des questions, si vous le voulez!

CB
Bonsoir tout le monde,

L'étude des langues anciennes m'intéresse et je constate maintenant avec regret que j'aurais aimé poursuivre l'étude du latin dans le secondaire et j'ai maintenant le désir de me mettre au grec, à la fois ancien et moderne.

La licence "Humanités classiques" de l'université de Nanterre est décidément très intéressante, mais malheureusement n'a pas l'air d'être proposée en téléenseignement. Est-ce d'ailleurs une évolution possible ? Je profite de la présence de M. Bréchet sur le forum pour poser la question ici. Je constate d'ailleurs que les licences en lettres classiques sont peu enseignées par correspondance, pour l'instant je n'ai trouvé que deux universités le faisant : Toulouse et Montpellier. Je trouve ça assez dommageable. Bien sûr on trouve souvent des offres de formation à l'usage des grands commençants, mais non diplômantes.

Je n'ai pas la possibilité de suivre une formation continue, ayant un travail, c'est pourquoi je m'intéresse tout particulièrement à la chose. L'idéal aurait été pour moi que le département des Sciences de l'Antiquité d'Aix-en-Provence - d'où je suis originaire - le propose, mais ce n'est apparemment pas le cas. C'est d'autant plus dommage qu'est proposée une option de sanskrit !

En tout cas c'est encourageant de voir que d'autres personnes ont ce désir de se tourner vers les langues et les cultures anciennes, surtout quand comme moi elles n'ont aucune formation en la matière !
Bonsoir, Deliquescence, et merci de votre intérêt pour la Licence "Humanités classiques"!

Pour l'instant, nous attendons la rentrée 2009-2010 et le lancement de la version 2 de la Licence Humanités (avec ses deux parcours), pour envisager de proposer cette licence à distance. Nous avons déjà rencontré les responsables du Télé-enseignement, à Nanterre, qui se sont montrés très intéressés. Il faut à présent mener des études pour voir si une telle formation à distance serait plébiscitée ou non, car proposer une licence à distance représente un coût énorme, pour une Université.

Pour le parcours général de la Licence Humanités, les choses sont assez simples à mettre en place. Plusieurs Licences sont déjà proposées à distance à Nanterre : Lettres modernes, Philosophie, Histoire. Les cours fondamentaux de la Licence Humanités étant les mêmes que ceux des différentes disciplines associées, il suffirait de mutualiser.

En revanche, il n'existe actuellement que des cours d'option en latin ou en grec, dans ces différentes Licences. Pour "Humanités classiques", il faudrait donc créer de nombreux cours pour spécialistes, sur les trois années. Du même coup, la réalisation est plus complexe.

En tout cas, nous expérimentons d'ores et déjà de nouvelles façons d'enseigner les langues anciennes à distance. J'assure depuis plusieurs années le cours d'apprentissage de la langue grecque dans la Licence de philosophie à distance, sans manuel, et les résultats sont concluants.

Cela nous encourage à aller plus loin!

CB
Merci pour ces éclaircissements. Je me doutais bien que cette licence étant toute nouvelle il faut attendre qu'elle trouve une formule stable et qu'elle fasse ses preuves au sein de la formation continue avant d'éventuellement la proposer en enseignement à distance. Cela dit j'ai la nette impression que la formation en lettres classiques n'est pas du tout favorisée par les universités. Il est vrai que la conjoncture ne s'y prête pas, mais c'est tout de même tout un pan de notre culture. Une des solutions devant cette désaffection est très sûrement de proposer un cursus pluridisciplinaire comme le votre, car il évite de se cloisonner dans un cursus restreint et est formateur. C'est décidément une belle initiative, j'espère qu'elle sera couronnée de succès !
Bonjour, je tombe par hasard sur ce fil , que j'ai parcouru, et mon attention a été attirée par les messages de Lolypop et Déliquescence. Bravo de vouloir faire du grec et du latin, dans une société qui méprise de plus en plus les lettres. Il faudrait que ce genre de désirs d'études chez des jeunes , qui n'ont pas forcément suivi dès le début la voie se sache plus, dans la société du marketing" de la "com" et du "management".
Ensuite, je voudrais vous faire partager mon expérience, si ça peut vous aider. J'ai fait du latin au lycée, jusqu'en terminale, pas de grec. Puis après diverses tribulations, je suis entré dans la vie active, et j'ai continué à étudier pour le plaisir. La philo notamment et cela m'a amené à m'intéresser au grec, que j'ai appris seul avec le soutien de l'association Connaissance Hellénique. J'ai été tellement conquis que je me suis remis aux lettres, plusieurs années après, que j'ai repris le latin, tout en travaillant. Je me suis inscrit à la Sorbonne j'allais peu aux cours , du fait de mon métier, mais la licence n' a été qu'une formalité, grâce aux langues anciennes, la maîtrise encore plus car je ne faisais que du grec (le mémoire + les certificats), et c'est là que je me suis aperçu que la parcours proposé par Connaissance Hellénique amenait à un bon niveau. Lire des auteurs, en traduire des passages, était avant tout un violon d'Ingres . Mais plus tard encore ( je fais une ellipse narrative, car je bossais depuis 20 ans ) j'ai eu comme beaucoup de gens un coup de lassitude de mon métier (je gagnais pourtant bien ma vie en comparaison :/) et je suis devenu prof (de lettres classiques bien entendu 🙂)

Le fait d'étudier les lettres en général et les langues anciennes en particulier , bien en dehors de toute visée professionnelle, m'a apporté beaucoup dans ma vie personnelle et professionnelle antérieure : une capacité à apprendre que n'avaient plus certains de mes collègues (il est faux de dire qu'on régresse naturellement, enf ait c'est une question de gymnastique), une curiosité et une culture générale qui grandissait, car cela amène par ricochet à des tas de questionnements et de savoirs, une facilité à apprendre d'autres langues , au point que je me suis offert le plaisir d'apprendre l'italien et le grec moderne, pour l'agrément supplémentaire de mes voyages. 🙂..

Faites ces études si vous le pouvez, ne paniquez pas en vous disant qu'il est difficile de suivre des cours. Si vous aimez, avec peu de documents, mais une bonne méthode, un travail non abrutissant mais très régulier, vous y arriverez, et même si vous n'êtes pas professeurs, vous n'êtes pas dans le cul de sac que l'on vous dépeint parfois : ouverture sur tous les concours de la fonction publique d'Etat, sur ceux de la fonction publique territoriale (secteur de la culture en expansion), dans tous les métiers de rédaction en général (plus personne ne sait écrire, ce n'est pas une blague, j'étais dans un métier où tout le monde avait fait des études supérieures et peinait à rédiger)
Bonjour
J'aimerais faire un licence de lettre classique par correspondance, car je travaille et j'ai une petite fille en bas âge, mais je me pose la question si j'aurai assez de temps pour étudier, j'ai fait cinq ans de grec ancien au lycée seulement j'ai eu mon bac il y a 9 ans maintenant.
Lire des livres pour moi n'est pas un problème, je lis déjà beaucoup.
Je voulais savoir si il y avait beaucoup de travail à fournir dans cette filière, car je ne veux pas avoir la déception de devoir abandonner, si je n'arrive pas à tout concilier, travail, études et vie familiale.
j'ai pensé faire un Du de grec ancien car j'adorais cette matière au lycée (j'ai dû me battre pour pouvoir la conserver jusqu'au bac.)
mais le professeur de grec ancien de l'université de Montpellier m'a fait remarquer que ce diplôme était pour des débutants absolus et m'a conseillé de commencer directement en deuxième année.
Si des personnes ont déjà connu ce cas de figure j'aimerais connaitre leur expérience.
Bonjour, je suis dégoûtée, j'ai envie de faire des études de lettres classiques mais j'ai arrête le latin l'année dernière (en 2nd) à cause d'une prof qui était toujours sur mon dos. De plus, je ne fait pas non plus de grec… comment faire? ai-je une chance de pouvoir suivre cette voie ci?
j'aimerais bien aussi savoir comment ça se passe, ce qu'on fait… on m'a dit qu'il y avait une très bonne ambiance et une solidarité vraiment importante, est-ce vrai?

je suis à moitié terrifié pour l'instant car si je ne peux pas suivre ce cursus, je ne sait pas du tout quoi faire
( j'ai fait un bac L, c'est peut être un tout petit + pour être prise malgré tout dans l'école, non?)
Bonsoir,

Avoir étudié une des deux langues anciennes au lycée est un plus, bien évidemment, mais les cursus sont désormais aménagés pour les étudiants qui débutent en grec ancien et en latin. Il faut simplement être suffisamment motivé pour faire face à l'apprentissage intensif et accéléré des deux langues.

Si vous voulez des détails sur le cursus, regardez par exemple ce que nous faisons à Paris X - Nanterre.

C. Bréchet
Directeur du Département de Grec ancien de Nanterre
Pour ma part j'ai commencé l'étude du Grec et du Latin cette année, en hypokhagne, et de même je suis tombé sous le coup de la passion ! J'avais rarement ressenti un tel enthousiasme pour une discipline, mais là ! Quel mine ! Quel pays de cocagne ces langues anciennes !

Enfin voilà, maintenant vient le jour du passage en khagne, et on me conseille fortement, si je veux passer bien sur, de prendre l'option lettres modernes (ce qui ne me dérange pas en soi car j'aime tout autant la littérature "moderne").
Mais les enjeux sont assez importants: abandonner les langues anciennes ? Difficile, trop difficile.

Alors voilà ma question: est-ce que d'un DEUG, voire d'une licence (au cas où je khube) de lettres modernes, il serait possible de passer en lettres classiques (sachant que j'aurais pratiqué un peu le latin en lettres modernes, et suivi une petite option grec de 2H en khagne) ? Qu'en pensez vous donc ?

Et de même, est-il vrai qu'on passe aisément de lettres classiques à lettres modernes, ou bien faut-il faire des démarches interminables et désespérantes auprès des administrations des facultés ?

Si quelqu'un me répond, je l'en remercie bien vivement. Ah oui et puis également (je m'adresse ici aux profs de lettres classiques du fait de leur expérience), qu'en est-il de la "condition" de prof de lettres classiques; j'entends, vu le petit nombre de postes à pourvoir chaque année dans cette discipline, est-il tout de même assez aisé d'obtenir une quelconque mutation au bout de quelque temps, ou bien reste-t-on bloqué 15 ans dans le même college ou lycée, sous pretexte qu'aucun autre poste ne se libère ?

Je dis cela connaissant une professeur de russe qui attend depuis trente ans de pouvoir etre mutée en vain, tout le circuit étant parfaitement vérouillé du fait du très faible nombre de postes qui existent en France…(si je me souviens bien…2 postes au CAPES cette année ? ); quoique peut-être s'y prend elle mal qu'en sais-je on aura peut-être tot fait de generaliser et d'effrayer tous les russisants passionés - allez, j'arrete là mon laius pragmatisant.
En ce qui concerne les facs, tout dépend des UFR et de chaque université. En général, les cours de français sont communs, donc les gens sont en contact, ce qui peut faciliter le passage d'une filière à l'autre.

Dans l'enseignement, la situation des profs de lettres classiques n'est pas la même que celles des profs de matières très rares. D'abord, beaucoup de collèges et de lycées gardent une petite classe de latin ouverte (ne serait-ce que pour faire chic). Ensuite, le prof de lettres classiques peut enseigner le français, il n'y a donc pas besoin de lui remplir tout son emploi du temps avec les options rares que sont devenues les langues anciennes. Du coup, il existe un très grand nombre de postes "lettres classiques" qui comportent beaucoup de français et un tout petit peu de latin et/ou de grec. Ainsi, on peut changer d'établissement sans trop de difficultés et surtout, on a le plus souvent tout son service dans le même établissement (dans les matières rares, l'emploi du temps du prof est en général réparti sur plusieurs collèges/lycées).
Bonjour Thibaudet,
Passer de Lettres Classiques à Lettres Modernes est beaucoup plus facile que l'inverse ! Car si tu as simplement fait "un peu" de latin et de grec, cela ne suffira pas - à moins d'avoir atteint un niveau excellent, auquel cas tu réussiras sans problèmes les épreuves complémentaires qu'il te faudra passer pour "valider" les matières "classiques".
Mais généralement, le niveau de langues anciennes que l'on atteint en Lettres Modernes n'a rien a voir avec celui des Lettres Classiques de la même année.
Par contre, en Lettres Classiques on fait aussi beaucoup de français, au même niveau que les Modernes ; pour passer en Lettres Modernes tu auras sans doute quelques épreuves à repasser (ancien français, phonétique historique peut-être ?), mais rien d'aussi lourd je pense que dans l'autre sens. Donc, le bon calcul, c'est une filière "classique" !
Bonne continuation
Bonsoir Thibaudet,

Pseudolus a parfaitement raison : passer de Lettres classiques à Lettres modernes est simple, l'inverse, non.

Certaines formations facilitent encore les passages. C'est le cas du parcours "Humanités classiques", à Nanterre. Dans ce parcours, tout en se spécialisant en grec et en latin, l'étudiant fait autant de Lettres et d'Histoire que dans le parcours général de la Licence Humanités, si bien qu'après deux ans, il peut choisir l'option qu'il veut : Lettres classiques, Lettres modernes ou Histoire. En fonction de son choix de troisième année, il pourra ensuite accéder au Master disciplinaire correspondant.

Bref, une formation classique reste une valeur sûre!

CB Le livret de la formation "Humanités classiques" (qui est la voie retenue pour former à Nanterre des étudiants en lettres classiques) est désormais téléchargeable sur le site de la Licence Humanités.

Il suffit de cliquer sur "Formation", puis sur "Parcours Humanités classiques".

Vous verrez ainsi comment est conçu ce nouveau parcours, destiné à relancer les études classiques.

CB
Thibaudet, ton cas ressemble en tout point à celui d'une jeune fille qui était en hypokhâgne cette année dans mon lycée (Fermat pour ne pas le nommer).
Après, en ce qui concerne ton problème… le niveau demandé en lettres classiques étant différent de la prépa à la fac (du moins en licence), je te conseillerais d'y aller si tu veux absolument continuer dans cette voie. Si tu es motivé(e), tu progresseras sans doute très vite.
Mais bon, c'est bien normal - sans mauvais jeu de mots - aussi de vouloir passer en khâgne… bref, bon courage !