Baudelaire, Danse macabre

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour !
L'oral de français arrivant je révise mes textes, et en particulier les poèmes de Baudelaire appartenant à la section tableau parisien.
Je but sur le poème "Danse Macabre" quels sont les principaux axes de lecture ? Certes la mort est très largement évoquée comme l'angoisse des Hommes mais pourriez-vous m'en indiquer d'avantages ?
Merci d'avance,
a bientôt !
DANSE MACABRE

À ERNEST CHRISTOPHE

Fière, autant qu’un vivant, de sa noble stature,
Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,
Elle a la nonchalance et la désinvolture
D’une coquette maigre aux airs extravagants.

Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?
Sa robe exagérée, en sa royale ampleur,
S’écroule abondamment sur un pied sec que pince
Un soulier pomponné, joli comme une fleur.

La ruche qui se joue au bord des clavicules,
Comme un ruisseau lascif qui se frotte au rocher,
Défend pudiquement des lazzi ridicules
Les funèbres appas qu’elle tient à cacher.

Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé,
Oscille mollement sur ses frêles vertèbres.
Ô charme d’un néant follement attifé !

Aucuns t’appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L’élégance sans nom de l’humaine armature.
Tu réponds, grand squelette, à mon goût le plus cher !

Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Éperonnant encor ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

Au chant des violons, aux flammes des bougies,
Espères-tu chasser ton cauchemar moqueur,
Et viens-tu demander au torrent des orgies
De rafraîchir l’enfer allumé dans ton cœur ?

Inépuisable puits de sottise et de fautes !
De l’antique douleur éternel alambic !
À travers le treillis recourbé de tes côtes
Je vois, errant encor, l’insatiable aspic.

Pour dire vrai, je crains que ta coquetterie
Ne trouve pas un prix digne de ses efforts ;
Qui, de ces cœurs mortels, entend la raillerie ?
Les charmes de l’horreur n’enivrent que les forts !

Le gouffre de tes yeux, plein d’horribles pensées,
Exhale le vertige, et les danseurs prudents
Ne contempleront pas sans d’amères nausées
Le sourire éternel de tes trente-deux dents.

Pourtant, qui n’a serré dans ses bras un squelette,
Et qui ne s’est nourri des choses du tombeau ?
Qu’importe le parfum, l’habit ou la toilette ?
Qui fait le dégoûté montre qu’il se croit beau.

Bayadère sans nez, irrésistible gouge,
Dis donc à ces danseurs qui font les offusqués :
« Fiers mignons, malgré l’art des poudres et du rouge,
Vous sentez tous la mort ! Ô squelettes musqués,

Antinoüs flétris, dandys à face glabre,
Cadavres vernissés, lovelaces chenus,
Le branle universel de la danse macabre
Vous entraîne en des lieux qui ne sont pas connus !

Des quais froids de la Seine aux bords brûlants du Gange,
Le troupeau mortel saute et se pâme, sans voir
Dans un trou du plafond la trompette de l’Ange
Sinistrement béante ainsi qu’un tromblon noir

En tout climat, sous tout soleil, la Mort t’admire
En tes contorsions, risible Humanité,
Et souvent, comme toi, se parfumant de myrrhe,
Mêle son ironie à ton insanité ! »
Bonjour !
Pour mon oral de français, j'ai comme lecture analytique "Danse Macabre" de Baudelaire, et je me demandais si je pouvais ouvrir sur la Danse Macabre de Saint-Saëns ? Ou avec la peinture "Danse Macabre" de Rob Harrison, puisque la mort est représentée comme féminine dans ce tableau également… vos avis ?
Bien sûr, Saint-Saëns peut être une bonne ouverture.
Je t'en propose une autre qui me semble aussi intéressante car elle remonte aux origines de ce thème: la "danse macabre" est un motif artistique et religieux qui vient du moyen-âge. (voir même de l'antiquité) Une des plus belles fresques de danse macabre se trouve à la Chaise-Dieu en Auvergne. https://www.google.com/search?num=10&hl=en&authuser=0&site=imghp&tbm=isch&q=danse%20macabre&oq=danse%20macabre&biw=1024&bih=545&sei=YnLEUeyxMsSthQeQnIGQAQ#safe=off&hl=en&authuser=0&site=imghp&tbm=isch&sa=1&q=danse+macabre+la+chaise+dieu+le+laboureur&oq=danse+macabre+la+chaise+dieu+le+laboureur&gs_l=img.3…4561.10270.3.10700.35.25.0.5.5.1.254.3585.5j16j4.25.0…0.0…1c.1.17.img.wApOn3Rcopk&bav=on.2,or.r_cp.r_qf.&bvm=bv.48293060,d.ZG4&fp=cb4660ef1290b638&biw=1024&bih=545&facrc=_&imgdii=_&imgrc=4LstDOspC7osJM%3A%3BGqVzh9lETkL_JM%3Bhttp%253A%252F%252Fupload.wikimedia.org%252Fwikipedia%252Fcommons%252Fc%252Fce%252F01_La_Chaise-Dieu_-_La_danse_macabre_1.JPG%3Bhttp%253A%252F%252Fcommons.wikimedia.org%252Fwiki%252FFile%253A01_La_Chaise-Dieu_-_La_danse_macabre_1.JPG%3B1600%3B1200 ( ici la photo du laboureur)
De plus dans les Tableaux Parisiens, le 9ème poème s'intitule Le Squelette laboureur, le rapport avec la danse macabre est évident 🙂
Ah, les ouvertures, les ouvertures…
Pourquoi oublier Villon et les strophes CLXI à CLXIV ?

Villon médite sur les ossements entassés dans le charnier des Innocents, à Paris. (Aujourd'hui détruit, mais les ossements sont toujours visibles dans le lieu dit les Catacombes) :
Quand je considère ces têtes
Entassées en ces charniers,
Tous furent maitres des requestes…