Chers tous,
Actuellement étudiante en dernière année de licence de journalisme, je réalise un reportage sur l'héritage de Marcel Pagnol dont j'apprécie beaucoup les oeuvres. Pour ce faire, j'adorerais discuter ici de votre ressenti sur ses écrits, si vous l'aviez étudié en cours en étant plus jeune…
Dans le cadre de mon reportage, je souhaiterais également poser quelques questions sur leur ressenti avec Pagnol avec quelques volontaires, afin de l'illustrer. C'est un travail scolaire, qui ne sera pas publié dans la presse 🙂
En vous remerciant par avance,
"HISTOIRES DE PAGNOLIE - Retour aux Sources de Marcel Pagnol - " de B. Lizé
https://sites.google.com/site/histoiredepagnolie/Bien que ton sujet soit l'héritage, comme floréale je ne peux m'empêcher de penser aux sources, et notamment à Giono.
Cela dit j'apprécie assez Pagnol - au sens large, comme écrivain, dramaturge et cinéaste. Je veux bien répondre à des questions 😀
À l'époque où j'ai fait mes études, on n'étudiait pas Marcel Pagnol.
On le lisait pour se distraire.
On l'écoutait en famille.
Et Marius Fanny et César faisaient pleurer ou rire dans les chaumières du petit peuple. "Humain. Trop humain."
Trop facile, trop simplet pour les vrais intellectuels. Et cet accent ridicule !
Le plus grand compliment que l'on pouvait faire à des admissibles de Marseille, c'était : "Cette année vos élèves n'ont pas trop l'accent."
Héritage de Pagnol ?
Je ne vois pas.
Pendant longtemps , on a hésité à reprendre ses pièces avec d'autres acteurs, tant il semblait cantonné à son époque et aux comédiens qui avaient contribué à son succès.
Puis des films ont été réalisés par d'autres avec plus ou moins de bonheur. Les rôles des pièces cultes ont été repris par d'autres comédiens.
Il semble quand-même que la région PACA et Marseille en particulier puissent exploiter ce patrimoine exceptionnel.
Randonnées dans les collines où eurent lieu les tournages, maison de l'écrivain, musée, statuaire : il y a beaucoup à faire pour mettre en valeur la richesse de cet héritage. On pourrait envisager des parcours Pagnol, sentiers de mémoire pour les marcheurs, propositions de circuits culturels reliant les lieux devenus symboliques.
Il reste aussi les reprises des pièces - j'en ai vu de très acceptables par des troupes locales : c'est tout de même plus authentique que Plus belle la vie dont moins d'un acteur sur cent est issu de la région !
Au plan littéraire, la vraie reconnaissance pourrait venir avec une édition dans la Pléiade.
Il y aura probablement des manifestations autour du centenaire (de la naissance de tel ou tel, de la pièce, du livre, du film…).
Quant aux films originaux et aux meilleures reprises, ce sont pour la plupart des classiques que l'on peut revoir à tout âge.
D'origine provençale, j'ai toujours entendu ma famille porter Pagnol au pinacle.
Mais ce qui nous séduisait était moins "l'opérette marseillaise" que
- le cinéaste, dramaturge de Merlusse, Cigalon, du Schpountz, de Topaze…
- le délicieux conteur des souvenirs,
- le poète tragique inspiré par la fatalité antique dans ses récits,
- le grand humaniste, ami de Dom Norbert Calmels…
Tout ce qui a été négligé par ceux qui ont vu en lui un écrivain à succès.
Pour moi Pagnol reste un écrivain populaire au meilleur sens du terme, et la portée de son oeuvre dépasse le cadre provençal qui l'a vu naître.
On pourrait envisager des parcours Pagnol, sentiers de mémoire pour les marcheurs, propositions de circuits culturels reliant les lieux devenus symboliques.
Cela existe déjà et les paysages sont fort agréables.
Chez moi aussi, Pagnol était déifié.
Mais pas à l'école.
Pour ma part, comme professeur, j'ai quand même fait lire lire
Topaze en troisième Et j'ai conseillé
La gloire de mon père à mes jeunes élèves.
Et j'ai conseillé La gloire de mon père à mes jeunes élèves.
Je dirais même plus : je l'ai mis à mon programme !
P.S. Pierre Fresnay était alsacien, ce qui n'en fait pas un trop mauvais Marius !
La gloire de mon père fut mon premier "livre pour les grands", j'avais fini la période du Club des cinq.
Aaaaah, la scène de la dictée dans Topaze !
(Il dicte en se promenant). « Des moutons… Des moutons… étaient en sûreté… dans un parc ; dans un parc. (Il se penche sur l'épaule de l’Élève et reprend.) Des moutons… moutonss... (L’élève le regarde ahuri.) Voyons, mon enfant, faites un effort. Je dis moutonsse. Étaient (il reprend avec finesse) étai-eunnt. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas qu'un moutonne. Il y avait plusieurs moutonsse. » 😂