Version latine - La clé des songes selon Cicéron

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18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, tout d'abord je vous remercie d'avoir prit le temps de faire attention à ce sujet
J'ai une version à rendre en latin , nommé La clé des songes, j'ai essayé tant bien que mal de traduire en français mais je n'y arrive absolument pas , c'est pourquoi je demande de l'aide.
Voici le sujet : VERSION : LA CLE DES SONGES :
Vir quidam constituerat ludis interesse cursuque cum optimis athletarum certare. Ecce in
somnio se ipse vidit quadrigis vectum. Quo somnio commotus, postero die, amicis suadentibus,
ad nobilem conjectorem properavit. Ille autem : « Profecto, inquit, tu vinces. Equi enim, currum
celeriter trahentes, certam victoriam tuam significant ». Qua re audita, athleta tamen alterum
conjectorem non minus insignem adit atque eum de certaminis exitu interrogat. Ille autem
respondit : “Profecto tu vinceris. Nonne tu ipse in somnio vidisti quattuor ante te procedentes” ?
Voilà quelques mots que j'ai réussit à traduire
Quidam : un certain , un
Vir : Homme
Constituerat : décider (plus-que-parfait , 3e pers du singulier)
Ludis : se moquer de , tromper (présent, 2e pers du singulier)
Interésse : interêt
Crusùque : sauvage (je ne suis pas sûr pour celui-là)
Cum : comme
Optimis : meilleur , parfait ( Datif ou Ablatif , il peut être masculin, féminin ou neutre)
Somnium : songe
Quadrigae : quadrige
Suàdeo: conseiller
Conjéctor : devin
Significo : signifier
alter : deuxième

Je vous remercie d'avoir lu ma demande d'aide .

et merci d'avance pour vos réponses !
Bonjour, voici quelques pistes…
Ludis : Vient de ludus,i!
Interésse :est le verbe qui se construit avec le datif dans le sens de "participer à"
Crusùque : cursu et non crusu"….
cum: ici c’est la préposition avec ablatif.
j'ai essayé tant bien que mal de traduire en français mais je n'y arrive absolument pas
Avant d'essayer de traduire, et de chercher des mots dans un lexique, il vaut mieux en faire la construction, en repérant les verbes, les sujets…de cette façon =>

Vir quidamconstituerat ludis interesse cursuque cum optimis athletarum certare. Ecce in
somnio se ipsevidit quadrigis vectum. Quo (= et eo) somnio commotus, postero die, (amicis suadentibus), ad nobilem conjectorem properavit. Ille autem : « Profecto, inquit, tuvinces. Equi enim, currum celeriter trahentes, certam victoriam tuam significant ». (Qua re audita), athleta tamen alterum conjectorem non minus insignem adit / atque eum de certaminis exitu interrogat. Ille autem respondit : “Profecto tuvinceris. Nonne tu ipse in somnio vidisti quattuor ante te procedentes” ?
En italique, les sujets et ce qui s'y rapporte.
Soulignés, les verbes. (bien identifier les temps)
Merci beaucoup pour votre aide , je suis désolé c'est la première fois que je fais une version , c'est vrai que mettre en évidence les verbes et les sujets peut vraiment s'avérer utile , merci pour cette méthode
De toute manière, il ne faut pas commencer par chercher tous les mots dans le dictionnaires, car vous ne savez pas dans quel sens tel ou tel mot va être employé, vu que ces sens peuvent être très nombreux. Par contre, quelques bases grammaticales sont nécessaires, ainsi que la lecture fréquente de phrases simples afin d'acquérir des automatismes, comme en langues vivantes.
C'est ainsi que vous devriez voir immédiatement que vir et quidam sont en relation, que l'ensemble constitue vraisemblablement le sujet de constituerat…
Voici ce que propose Morisset dans sa grammaire :

PHRASE APRES PHRASE :

A. Première lecture :

1. Souligner d'un trait les verbes à un mode personnel.
2. Encadrer les mots subordonnants (pronoms relatifs, adverbes relatifs, conjonctions de subordination, mots interrogatifs introduisant une proposition interrogative indirecte)

B. Deuxième lecture :

1. Limiter par un trait vertical les propositions subordonnées à un mode personnel.
2. La proposition principale apparaissant clairement, doubler le trait de soulignement du verbe principal.
3. Encadrer de chevrons < … > les propositions infinitives.
4. Encadrer de crochets [ … ] les propositions participiales (= ablatifs absolus).

C. Traduction littérale :

Traduire en suivant l'ordre des propositions
Traduire CHAQUE PROPOSITION de cette manière :
1. Traduire verbe et sujet, relever le cas appelé par le verbe
2. Traduire le complément appelé
3. Traduire les autres compléments
4. Traduire les groupes complétant les noms (épithètes, compléments du nom, appositions)

D. Traduction définitive :

- Ne pas bouleverser l'ordre du texte.
- Découper une phrase longue pour l'alléger.
Surtout, surtout, faire des hypothèses de lecture :

de quoi s'agit-il ? (le titre donné arbitrairement par les auteurs de l'exercice indiquent qu'il s'agit d'oniromancie) ;
qui intervient ? (on relève les noms au nominatif qui indiquent qui fait quelque chose) ;
que se passe-t-il ? (on relève les verbes et les COD);
On affin ensuite par l'analyse grammaticale, et on ne traduit que lorsque que l'on a compris.
Jamais la méthode traditionnelle - et obsolète aujourd'hui - indiquée par Marie Hervé ne m'a donné accès au sens d'un texte qui "résistait"…
Oh que non !
Jamais la méthode traditionnelle - et obsolète aujourd'hui - indiquée par Marie Hervé ne m'a donné accès au sens d'un texte qui "résistait"…
Voilà qui est clair et sans appel ! 😀 Donc… faute de dire à Seiiys ce qu'il aurait pu faire, je lui ai rappelé, involontairement, ce qu'il ne fallait surtout pas faire : suivre les conseils de Morisset !

Me concernant, ce qui me gêne le plus dans la traduction, ce n'est pas la grammaire, c'est la pauvreté de mon vocabulaire latin. Et quand le texte est un extrait d'une oeuvre inconnue, alors là je patauge un bon moment.
Dans un autre fil, je parlais récemment de la méthode Bezard, méthode ancienne (1923) aussi. Pourtant cette méthode me convient très bien. Cet auteur propose dans un premier temps le vocabulaire que l'élève va découvrir dans la version qui suivra. Il demande à l'élève de mettre en mémoire ce vocabulaire et de n'attaquer la version que lorsque celui-ci sera retenu à la perfection. Le nouveau vocabulaire proposé va se ranger dans des rubriques dont le titre est le mot qui est ou pourrait être l'origine étymologique la plus probable. Le travail de mémorisation est facilité par ce procédé. Traduire le texte proposé est alors un jeu d'enfant. En effet le stock de mots appris éclaire parfaitement le sens du texte. Les ombres qui pourraient subsister sont résolues par l'analyse grammaticale. D'autre part, les versions proposées sont toutes issues du même récit. L'élève sait toujours d'où il vient, où il est et où il va. C'est une méthode très rassurante et encourageante.
Sans doute est-ce une meilleure méthode, mais un peu artificielle puisque l'élève est sûr que les mots ont ce sens et pas un autre dans le texte qu'il va "traduire"…
Ce qu'il ne faut pas confondre, me semble-t-il, c'est la compréhension et la traduction. Quand vous lisez un texte dans une langue étrangère que vous connaissez bien, traduisez-vous les mots ? Pour vous exprimer dans cette langue, faites-vous du "thème" ? Peut-être un peu inconsciemment, mais pas pour l'essentiel de ce que vous avez à dire.
Pourquoi ne pas faire de même avec la lecture du latin ? Certes, les langues anciennes sont complexes, non pas tant par leur grammaire (certaines langues vivantes ont des grammaires tout aussi complexes) qu'à cause de la polysémie des mots et de leur ordre parfois déroutant. Il faut aussi tenir compte du fait que les textes anciens sont travaillés, "littéraires", et que la façon dont les idées s'y trouvent exprimée perturbent souvent nos habitudes - d'où le caractère formateur des langues anciennes, soit dit en passant.
Pour cela, il faut bien sûr acquérir des bases grammaticales et connaître le sens le plus courant d'un certain nombre de mots, ce qui peut être fait à partir de textes simplifiés, de "méthodes" d'apprentissage, de confrontations de textes authentiques avec leur traduction littérale (méthode actuellement recommandée dans l'apprentissage du latin).
Ensuite, il faut se lancer dans le "petit latin/grec" afin de développer le processus d'analyse mentale qui préside à toute lecture. Quand on lit, on fait tout ce que vous dites, mais on le structure dans son esprit, on le hiérarchise et on comprend (quel plaisir de sentir cette compréhension immédiate jaillir d'un maquis de mots qu'on pensait à jamais impénétrable !) ; on ne "picore" pas par-ci par-là des mots pour les assembler et les traduire "méthodiquement" avant d'avoir perçu intellectuellement leurs rapports, avant de les avoir compris. Traduire viendra après, c'est un exercice de français, d'ailleurs fort complexe, mais très formateur (encore un argument en faveur des langues anciennes).
Et l'idéal, c'est de comprendre en gardant le fil de la phrase, sans désarticuler celle-ci par une "analyse" déstructurante qui fait perdre de vue les intentions stylistiques ou poétiques de l'auteur (car analyser, c'est aussi banaliser, selon moi).
Voici comment je fais, comment j'ai (presque) toujours fait :
Dans le texte du demandeur, je lis "vir quidam" : je pense "nominatif" donc sujet (ce pourrait être un attribut, je le percevrai en relisant) ; je tombe sur constituerat : je pense "avait décidé" . Ensuite interviennent les hypothèses de lecture dont parle Délia : "un certain homme avait décidé quoi ? ou de faire quoi ?" Je tombe sur ludis interesse : je reconnais l'infinitif et le sens du verbe. Je sais que "ludis" désignent les jeux de gladiateurs. Si je l'ignore, je passe car le mot suivant, terminé par -que m'indique qu'il va être question d'autre chose. Je reconnais un ablatif dans le mot cursu : "par la course" ?, je le range dans ma tête ; cum optimis : vocabulaire courant : "avec les meilleurs" "athletarum" m'arrête éventuellement (pas aujourd'hui ! ) mais "athlètes" avec "course" et "jeux", c'est cohérent. Tiens, un infinitif : ah oui, je n'ai pas oublié "interesse", suivi de "-que". Je cherche le sens du mot dans le dico : "chercher à obtenir l'avantage, lutter, combattre". Tiens, tout cela est cohérent. Je relis ma phrase une fois, deux fois, ça y est ! je n'ai même pas à contrôler la construction certare cum aliquo indiquée dans le Gaffiot… (Un jour d'examen, je regarderai mieux car une consultation trop rapide m'a parfois valu des déboires).
J'ai été obligé de traduire pour éclairer ma démonstration, mais tout cela se fait évidemment dans ma pensée (ou ce qui en tient lieu). Et je ne traduis pas, je n'écris pas, je passe à la suite pendant que le souvenir de ma phrase est frais. Car il y a un grand principe en lecture de texte :
Le texte est porteur d'un sens que je dois découvrir.
S'il ne signifie rien, c'est que je me trompe.


Ouf ! Je n'ai pas le courage de me relire, il y a sûrement des coquilles ou des fautes, veuillez m'en excuser.
Tout d'abord je tiens à tous vous remercier pour cette importance accordée à mon sujet , comme je l'ai dit dans mon précédent message, c'est la première fois que je fais une version , et j'ai commencé les cours de latin en plein milieu d'année. Je comprends maintenant qu'il y a une certaine "méthode" beaucoup plus subtile que dans les autres langues que j'apprends. En effet , grâce à vous , je me suis rendu compte que je ne peux pas simplement traduire mot à mot. Je pense que je ne suis pas encore prêt pour ce genre d'exercice puisque j'ai un vocabulaire très restreint et des automatismes qui ne sont pas encore bien mis en place. Je vais essayer de faire ce que je peux pour ce devoir , et me préparer aux prochains en revoyant certaines bases de français , et en approfondissant certaines connaissances en latin (déclinaisons , temps des verbes , etc).
Voilà, en tout cas merci beaucoup et j'espère pouvoir réussir la prochaine fois !
Jamais la méthode traditionnelle - et obsolète aujourd'hui - indiquée par Marie Hervé ne m'a donné accès au sens d'un texte qui "résistait"..
Eh bien, je regrette, je ne vois pas pourquoi tu dis cela Jacques. Au cours de mes études, j'ai utilisé cette méthode et aucun texte latin de difficulté raisonnable ne m'a résisté.
On lit le texte, on identifie peu ou prou sa structure et cela éclaircit quand même bien les choses.
Evidemment, on ne cherche d'abord rien dans le lexique, mais c'est quand même un premier pas que de comprendre la construction d'un texte avant de le traduire.
Evidemment, il faut déjà avoir quelques bases et savoir reconnaître un verbe d'un nom.
Seilys : Je vais essayer de faire ce que je peux pour ce devoir
Fais déjà ce que je te dis. Tu verras que tu avanceras.
Mais tu dis que c'est ta première version…
Evidemment, si tu n'as aucune notion de latin, je comprends ton embarras.
Sans doute est-ce une meilleure méthode, mais un peu artificielle puisque l'élève est sûr que les mots ont ce sens et pas un autre dans le texte qu'il va "traduire"…
Merci Jacques pour votre longue réponse riche en enseignement. Cette méthode nécessite un bagage lexical minimum, ce qui me manque et … m'encourage à l'enrichir jour après jour : Bezard était dans le vrai. Dans la préparation du vocabulaire de ses versions, Bezard propose tous les sens principaux des mots. C'est à l'élève de faire son choix. Il insiste sur l'étymologie du mot latin afin que l'élève pressente le sens d'un mot présent dans la version, qu'il n'aurait pas encore rencontré ou, plus vraisemblablement, qu'il aurait oublié.

Je retiens cette façon de cueillir les mots liés par le sens, définissant le thème traité, façon que vous illustrez clairement par votre exemple : comprendre avant de traduire… Merci encore.
Je retiens cette façon de cueillir les mots liés par le sens, définissant le thème traité, façon que vous illustrez clairement par votre exemple : comprendre avant de traduire… Merci encore.
C'est là qu'est l'os…
Mes élèves me faisaient remarquer judicieusement qu'ils ne pouvaient pas déterminer le champ lexical… puisqu'ils ignoraient le vocabulaire ! Pour lire le texte, il faut avoir du vocabulaire mais pour avoir du vocabulaire, il faut lire les textes… Si bien que je leur faisais faire des listes : noms au nominatif (réponse à la question quis), mots à l'accusatif (réponse à la question quem/quid), verbes…On peut alors déterminer le champ lexical, et ainsi de suite…
Je me méfie des listes. Par contre, j'utilise beaucoup l'oral : phrases reprises et enrichies par le procédé de la "boule de neige" afin de développer le vocabulaire actif, textes appris par cœur, groupement des mots en familles, sensibilisation au sens premier des mots (dont les divers sens des dictionnaires ne sont en fait que des traductions)…
Brigadier, répondit Pandore, brigadier, vous avez raison !
Mais nous parlons méthode de version, et non acquisition de vocabulaire.
Vous n'aimez pas les listes, mais sous quelle autre forme présenter les résultats d'un relevé grammaticalo-lexical ? La disposition en colonne n'est-elle pas la plus simple ?
Si, bien sûr ; je pensais que vous parliez de l'acquisition du vocabulaire.