Anthologie poétique sur le thème poésie et musique

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Pour la rentrée qui revient à grands pas dans moins d'une semaine, je doit réaliser une petite anthologie en français. Le thème est "poésie et musique".
Depuis ce matin, j'ai longuement recherché des poèmes sur ce texte, sachant qu'il doit y en avoir un pour chaque mouvement poétique majeur.

J'ai déjà trouvé 3 poèmes, correspondants aux mouvements du romantisme, du symbolisme, et un de Baudelaire, que mon professeur nous demande d'étudier comme un mouvement à part.

Mais il en reste 7 sur lesquels je bloque, mes recherches ne m'ont pas satisfait.
Voici la liste des mouvements pour lesquels il me manque un poème :

Au XVIe siècle, La Pléiade

Au XVIIe siècle, Classicisme et Baroque

Au XVIIIe siècle, poème au choix (quelque soit le mouvement)

Au XIXe siècle, Parnasse

Au XXe siècle, surréalisme

Au XXIe siècle, au choix

J'espère que vous aurez compris là où j'ai besoin de votre aide, et que je recevrai des idées de poèmes le plus vite possible.

Merci d'avance pour toute réponse ! 🙂

ps : j'ai bien cherché sur ce forum, mais les poèmes proposés correspondaient aux époques pour lesquelles j'avais déjà trouvé un poème !
L' Alouette de Jacques Peletier du Mans ( 1517-1582)

La Solitude de Saint-Amant (1594-1661) Au creux de cette grotte fraîche …

A Madame Lullin de Voltaire (1694-1778) Hé quoi ! Vous êtes étonnée …

La nuit de mai d'Alfred de Musset (1810-1857) Poète, prends ton luth et me donne un baiser

A la musique d'Arthur Rimbaud

De la musique avant toute chose de Paul Verlaine

Fantaisie de Gérard de Nerval

Mille ans après de Leconte de Lisle (1818-1894)

Chanson de André Hardellet (1911-1974)

La Chambre dans l'espace de René Char (1907-1988)

Air du temps de Louis Aragon (1897-1982)

Une petite cantate de Barbara

La valse à mille temps de Jacques Brel

Les saisons dans tes oreilles de André Pieyre de Mandiargues

La Voix de Philippe Jaccottet Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante …
Bonjour, Je dois preparer une anthologie poetique sur la musique et j'ai vu que Floreal avait indique le poeme A Madame Lullin de Voltaire comme un texte correspondant a ce theme. J'aime beaucoup Voltaire et ce texte et je voudrais l'utiliser pour mon anthologie pour laquelle j'ai deja developper les poemes de Baudelaire La Musique et La sonate au clair de Lune de Alain Hannecart, mais j'ai du mal a voir comment ce poeme de Voltaire a un lien avec le theme de la musique en dehors de la Muse qui fredonne des vers et l'oiseau dont la voix n'a plus rien de tendre. Pourriez vous m'aider? Merci
François Marie Arouet, dit VOLTAIRE
1694 - 1778

A Mme Lullin

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu'au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n'a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n'obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j'essaie encor ma voix
Au moment même qu'elle expire.

"Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante."

Mais quand on sent qu'on va passer,
Quand l'âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu'il a fait en santé.
Quel mortel s'est jamais flatté
D'un rendez-vous à l'agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S'en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu'elle fut belle,
Et qu'elle a vécu pour l'amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.
Un poème comme une dédicace. Ne dit-on pas "chanter les louanges de quelqu'un" ,
La poésie qui joue avec les sonorités, les rimes et le rythme est un art qui se veut aussi musique. Voltaire veut encore, malgré l'âge, "jouer de sa lyre", autre métaphore du poète. ( Voir Orphée)
Merci, ca va m'aider maintenant c'est beaucoup plus clair.
Je cherche aussi un poeme du Moyen Age et un du XVIIeme siecle, pour le moment apres de longues recherches je comprend qu'il faut faire un lien avec les troubadours ou les poemes mis en musique/chantes mais rien ne semble convenir? Pourriez-vous m'aider? Merci.
D' Anne jouant de l'épinette

Lorsque je vois en ordre la brunette,
Jeune, en bon point, de la ligne des dieux.
Et que sa voix, ses doigts, et l'épinette
Mènent un bruit doux et mélodieux,
J'ai du plaisir, et d'oreilles et d'yeux,
Plus que les saints en leur gloire immortelle ;
Et autant qu'eux je deviens glorieux.
Dès que je pense être un peu aimé d'elle.

Clément Marot (1496-1544)
Extrait

Quand cet homme fameux dont la Lyre et la voix
Attiraient après lui les Rochers et les Bois,
Suspendaient pour un temps le cours de la Nature,
Arrêtaient les Ruisseaux, empêchaient leur murmure,
Domptaient les Animaux d'un air impérieux,
Assûraient les craintifs, calmaient les furieux,
Et par une merveille inconnue à la Terre
Faisaient naître la paix où fut toujours la guerre.
Quand, dis-je, cet Amant eut accusé la mort,
Injurié les Cieux, les Astres et le Sort,
Et dit sur l'accident du trépas de sa femme
Tantôt avec louange, et tantôt avec blâme,
Tout ce que dans l'excès d'un semblable malheur
Lui purent inspirer l'amour et la douleur,
Il dressa le tombeau de sa chère Eurydice
Dessus un grand Rocher pendant en précipice,
Pour y passer sa vie et s'y plaindre toujours
Du cours infortuné de ses tristes amours.
Il ne prit avec lui que sa Lyre fidèle
Pour employer le temps à se plaindre avec elle :
Mais ce rare instrument qu'il sut si bien toucher,
De nouveaux ornements embellit son Rocher ;
Car le son merveilleux de ses cordes divines
Obligea les forêts d'enlever leurs racines,
Pour venir honorer de leur ombrage frais
Ce mortel si savant à faire des regrets.
A ses premiers accords on vit soudain paraître
Le Noyer, le Cormier, le Tilleul, et le Hêtre,
Le Chêne qui jadis couronnait le Vainqueur
D'une juste pitié s'y fendit jusqu'au coeur.
Le Cèdre impérieux y vint baisser la tête
Suivi du vert Laurier qui brave la tempête.
Le Palmier s'y pressa pour lui faire la Cour,
Cet exemple parfait de constance et d'amour,
Le Tremble y vint couvert de sa feuille timide,
Le Cyprès y parut en verte Pyramide :
Le Peuplier qui du Pô rend les bords honorés,
Le Coudre déceleur des trésors enterrés,
L'Arbre qu'aime Vénus, celui qu'aime Diane,
L'Erable, le Sapin, le Tamarin, le Plane,
Le Cycomore noir, le Saule pâlissant,
Le Bouleau chevelu, l'Aubépin fleurissant,
L'Abricotier qui porte une moisson sucrée,
La plante pacifique à Pallas consacrée ;
L'arbre délicieux qui produit les Pavis,
Le Grenadier chargé de ses tendres rubis :
Le Figuier, le Mûrier, dont le fruit agréable
Fut coloré de sang par un sort déplorable.
L'Oranger qui son fruit de sa fleur accompagne,
L'Encens, le Violier, et le Jasmin d'Espagne,
Attirés par le son de ses charmants accords,
Furent de la partie et ne firent qu'un Corps,
Tout alentour d'Orphée en ordre se rangèrent,
Et de son infortune ensemble s'affligèrent,
Se mettant en devoir d'adoucir ses ennuis
En lui venant offrir ou des fleurs ou des fruits.

Tristan l'Hermite La Lyre 1641
Merci beaucoup.