Plaute, Amphitryon - Nunc cujus jussu venio, et quamobrem venerim, dicam…

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Lorsque je lisais le prologue de l'Amphitryon de Plaute, je suis tombé sur cette phrase, qui m'a vraiment confondu (vers 17-19) :

Nunc cujus jussu venio, et quamobrem venerim,
Dicam : simulque ipse eloquar nomen meum :
Jovis jussu venio : nomen Mercurii est mihi.


C'est que je ne comprends pas pourquoi, dans deux tournures identiques, on a employé deux modes verbaux différents ? Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider là-dessus ?

Merci d'avance!
Bonjour, le subjonctif (ici= venerim) dans l'interrogation indirecte est "relativement récent". A un stade de la langue plus ancien, l'indicatif est souvent utilisé. Plaute emploie parfois les deux modes, c'est le cas ici: "venerim"= subj./ "venio"= indicatif.

Cordialement
marcosoliveirahelena a écrit :Nunc cujus jussu venio, et quamobrem venerim,
Dicam : simulque ipse eloquar nomen meum :
Jovis jussu venio : nomen Mercurii est mihi.


C'est que je ne comprends pas pourquoi, dans deux tournures identiques, on a employé deux modes verbaux différents ?
La conjonction et unit-elle deux propositions interrogatives indirectes (Nunc cujus jussu venio et quamobrem venerim), comme le pense poenulus, ou une proposition indépendante (Nunc cujus jussu venio) et une principale (dicam) ?
Ce serait une construction bien étrange : *"Sur l'ordre de qui je viens ? et je dirai pour quoi je suis venu".
Considérer cujus comme relatif de liaison n'est pas possible ?

Je viens maintenant sur son ordre, et je dirai pour quelle raison je suis venu : …
Non, je ne crois pas, étant donné le contexte.
On trouve souvent une liberté d'alternance du subjonctif et de l'indicatif chez Plaute. (souvent après nescio quid, ou nescio an)
Une traduction trouvée à la page https://books.google.fr/books?id=eJATAAAAQAAJ&pg=PA372&lpg=PA372&dq=Nunc+cujus+jussu+venio,+et+quamobrem+venerim&source=bl&ots=BIklwFUleV&sig=hrRXDGULh8vblZQmkSgpCrVJqOI&hl=fr&sa=X&ei=94FdVdCgAsL2Uv_zgcgH&ved=0CDkQ6AEwAw#v=onepage&q=Nunc%20cujus%20jussu%20venio%2C%20et%20quamobrem%20venerim&f=false (page 372] confirme vos points de vue.

Il semble alors que, d'après la traduction, "nunc" se rapporte à "dicam", c'est-à-dire qu'un adverbe indiquant le temps présent se rapporte à un verbe au futur : Plaute n'est pas un auteur pour débutants latinistes !
Surtout, il n'écrit pas le latin classique que nous enseignons à nos élèves. 🙂
Voir mon message (n°2). 🙂 N'oublions pas non plus que ce n'est pas la traduction qui confirme le texte latin mais le contraire! En fait " nunc" " se rencontre parfois avec le passé ( Cicéron par ex) ou le futur ( Ici Plaute) "pour mettre la chose immédiatement sous les yeux".
Cordialement
Attention à ce qu'on peut trouver dans les (très) vieilles traduction publiée sur le Net. Dans le cas présent, il n'y a évidemment aucun doute. Comment en effet, cujus pourrait-il être un relatif de liaison alors que l'identité du référent (Juppiter) est précisément ce que Mercure va révéler…
Mais bien sûr, mieux vaut ne pas écrire une telle phrase en thème !
Attention à ce qu'on peut trouver dans les (très) vieilles traduction publiée sur le Net.
Que peut-on reprocher aux traductions (ou aux traducteurs) d'autrefois ?
Peut-être de s'éloigner du texte…
Oui, elles sont globalement justes, mais souvent infidèles à la lettre du texte. Je suis en train de traduire Callimaque, j'en sais quelque chose.
Un peu comme la collection Budé….
Non : on ne peut comparer les traductions anciennes et les traductions - ou retraductions - plus récentes de la collection.
Pour autant que je me souvienne, dans la collection Budé, les traducteurs suivaient de près le texte.
Maintenant, je n'ai pas l'intégralité de la collection en tête.
Non, les vieilles traductions sont élégantes, très "littéraires" mais s'éloignent souvent du sens littéral. Cela dépend bien sûr des auteurs. Croyez-moi, je connais la collection (cf mon "avatar")
Je te crois.
J'ai bien connu la collection, mais ça, c'était avant.
Je ne pensais pas que mon intervention allait susciter des réactions! Mes mots " UN PEU comme la collection Budé" voulaient exprimer un constat, sans plus, constat que chacun peut faire devant quelle que traduction que ce soit. Je ne nie pas son utilité, pour l'avoir consultée et la consulter encore à ce jour, tant en latin qu'en grec et loin de moi la volonté ridicule, aussi suffisante qu'insuffisante de la déprécier. Je me souviens simplement du R. P. Testard (il a édité dans Budé le De Officiis) nous dire avec son honnêteté légendaire que - si ce ne sont ses termes propres, c'est son avis- "la collection présentait parfois, à ses yeux, des parcelles de traductions farfelues voire erronées." J'ai sous les yeux une lettre que Mme Amat m'a envoyée en février 2000 ( Mme Amat est l'auteur de l'ouvrage sur " Les Elégies à Mécène" aussi dans Budé; je peux me tromper mais cet ouvrage a été (ré?) édité après l'incendie.) lettre dans laquelle elle regrette " (avoir) eu affaire à un imprimeur excécrable…". Lorsque nous avons étudié Bacchylide en dernière année à l'université notre professeur de Grec a "expliqué" son choix par ces mots: " Il n'est pas repris chez Budé". Humour cynique bien entendu. Nous nous sommes contentés de " la Teubner"… Cela dit il n'y a pas de "traductions" parfaites, il faut se contenter dans le meilleur des cas de " belles Infidèles", ce que Budé propose très bien.

Cordialement
Ces traductions, bien que peu fidèles à votre sens, restent d'un grand secours pour le piètre latiniste (j'en suis un). Une première lecture de l'ouvrage entier (en français) permet de s'imprégner de son esprit, et surtout, de savoir où l'on va. Rien n'est plus déroutant que d'attaquer une version sortie d'on ne sait où, comme en proposent les manuels scolaires. Un gros intérêt de ces traductions est de pointer les contre-sens que l'on aurait pu faire. Un autre est de conduire à la réflexion. Dans la phrase rapportée par marcosoliveirahelena , j'avais lié "nunc" à "venio". C'est en lisant "Mais il est temps de vous apprendre pourquoi…" dans la traduction trouvée sur internet (lien ci-dessus) , que je me suis aperçu que cet adverbe modifiait le verbe "dicam". Chose que je n'aurais jamais découverte tout seul. Un adverbe signifiant "maintenant" ne pouvait, dans ma tête, se rapporter à un verbe au futur, surtout que tout près de lui se trouvait un verbe au présent…, c'était pour moi clair comme de l'eau de roche ! La traduction du mot "nunc" par "il est temps de" ne saute pas aux yeux, mais elle conduit à réfléchir. Et n'est-ce pas plus formateur que de donner une traduction toute mâchée ?