Bonjour ! 🙂
J'ai un commentaire de texte à faire pour la rentrée:
J'ai un commentaire de texte à faire pour la rentrée:
Contemple le troupeau qui passe devant toi en broutant. Il ne sait pas ce qu'était hier ni ce qu'estJ'ai compris les enjeux du texte, les idées principales, mais je ne vois pas avec quel texte l'opposer dans la partie critique de commentaire, car nous n'avons pas vraiment étudié cette thématique en classe. Si vous connaissez des textes dont la thèse est différente, je suis preneuse, car je sèche un peu… Merci ! 😀
aujourd'hui : il court de-ci de-là, mange, se repose et se remet à courir, et ainsi du matin au soir, jour
pour jour, quel que soit son plaisir ou son déplaisir. Attaché au piquet du moment il n'en témoigne ni
mélancolie ni ennui. L'homme s'attriste de voir pareille chose, parce qu'il se rengorge devant la bête et
qu'il est pourtant jaloux du bonheur de celle-ci. Car c'est là ce qu'il veut : n'éprouver, comme la bête, ni
dégoût ni souffrance, et pourtant il le veut autrement, parce qu'il ne peut pas vouloir comme la bête. Il
arriva peut-être un jour à l'homme de demander à la bête : « Pourquoi ne me parles-tu pas de ton
bonheur et pourquoi ne fais-tu que me regarder ? » Et la bête voulut répondre et dire : « Cela vient de
ce que j'oublie chaque fois ce que j'ai l'intention de répondre. » Or, tandis qu'elle préparait cette
réponse, elle l'avait déjà oubliée et elle se tut, en sorte que l'homme s'en étonna.
Mais il s'étonna aussi de lui-même, parce qu'il ne pouvait pas apprendre à oublier et qu'il restait sans
cesse accroché au passé. Quoi qu'il fasse, qu'il s'en aille courir au loin, qu'il hâte le pas, toujours la
chaîne court avec lui. C'est une merveille : le moment est là en un clin d'œil, en un clin d'œil il
disparaît. Avant c'est le néant, après c'est le néant, mais le moment revient pour troubler le repos du
moment à venir. Sans cesse une page se détache du rouleau du temps, elle s'abat, va flotter au loin,
pour revenir, poussée sur les genoux de l'homme. Alors l'homme dit : « Je me souviens. » Et il imite
l'animal qui oublie aussitôt et qui voit chaque moment mourir véritablement, retourner à la nuit et
s'éteindre à jamais. C'est ainsi que l'animal vit d'une façon non historique : car il se réduit dans le
temps, semblable à un nombre, sans qu'il reste une fraction bizarre. Il ne sait pas simuler, il ne cache
rien et apparaît toujours pareil à lui-même, sa sincérité est donc involontaire. L'homme, par contre,
s'arc-boute contre le poids toujours plus lourd du passé. Ce poids l'accable ou l'incline sur le côté, il
alourdit son pas, tel un invisible et obscur fardeau



