Devenir professeur de français

La filière littéraire

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Le plus logique est le bac L…
Pas forcément, si l'on n'a pas envie de rétrécir trop tôt le champ de ses apprentissages.
Quand même un professeur de français ne recommande plus la filière L à un élève qui veut devenir prof de français, je me dis qu'il est temps de supprimer ces séries du bac qui ne signifient plus grand-chose.
C’est-à-dire que, pour ma part, après m’être orientée d’abord en L (c’était en seconde à mon époque), je m’y suis tellement ennuyée et le niveau général était si mauvais dans cette classe, que j’ai préféré changer de section, tout en gardant mes options latin et grec.
(Je reconnais que c’est un cas particulier, mais je dois avouer que mon expérience ultérieure de professeur ne m’a pas tellement détrompée ; on dira que je suis mal tombée. 😉 )
La filière littéraire du lycée est décriée depuis longtemps, et c'était le cas même à mon époque, à la fin des années 70. Il n'empêche que c'était le parcours naturel d'une majorité écrasante d'élèves désireux de s'orienter par la suite vers le professorat (mais pas seulement). Les classes d'hypokhâgne étaient composées essentiellement d'élèves issus de la filière A (ancêtre de la L), et dans les établissements les plus prestigieux, il me semble avoir lu quelque part qu'on frôlait les 100%.

Bien sûr, on trouvait un peu de tout dans ces classes de L, y compris de bons élèves, justement. Je suis moi-même un ancien bachelier littéraire issu d'un lycée moyen de province et peux ainsi témoigner de mon expérience qui est un peu plus nuancée. Ma classe n'était certes pas d'un top niveau, notamment compare à celle de la filière C considérée comme la meilleure, mais son niveau était dans l'ensemble correct et incontestablement supérieur aux C en lettres. Après mon bac littéraire, je suis entré à Sciences-Po Paris, j'ai également obtenu un diplôme en droit et un master en finance. Comme quoi le bac littéraire n'était pas une voie sans issue. Une fille de ma classe de L a obtenu par la suite son diplôme de pharmacienne. Mais comme l'élève de C ou D qui s'orientait par la suite vers des études littéraires, son cas était sans aucun doute loin d'être une généralité.

Les filières valent surtout par les élèves qu'on y envoie. A force d'orienter les élèves en fonction de leur capacité et non de leur goût, on a dénaturé toutes les filières. Ainsi, on a dénaturé la filière S qui n'est plus vraiment une filière scientifique. Les professeurs de sciences à l'université et des classes préparatoires ont tiré récemment la sonnette d'alarme sur la baisse considérable de son niveau scientifique. Lorsque, sous le couvert d'une plus grande flexibilité, l'on conseille à un élève d'aller en S pour se lancer dans des études de lettres ensuite, ça n'arrange pas la filière S, et encore moins la L. J'y vois personellement le résultat de cette structure mentale française, héritée de la monarchie, de créer une hiérarchie en toute chose, même lorsque celle-ci n'est pas nécessaire, voire contre-productive, en arrière plan des grands principes républicains de liberté, égalité, fraternité. Et il est à craindre de voir ce besoin de hiérarchiser se reconstituer peu à peu, en filigrane, dans la nouvelle mouture du bac.
J'ai vécu l'expérience inverse par rapport à Laoshi, sans doute à la même époque (lointaine). J'étais en S dans une bonne classe et j'ai bifurqué en L pendant la terminale. La différence de niveau (y compris dans les matières littéraires) et de dynamisme m'a surprise à l'époque. Aujourd'hui j'ai la chance de travailler dans un établissement où les classes de L sont d'un (très) bon niveau. Pas tous les ans mais fréquemment. C'est vraiment très rassurant. Ceci dit j'interroge les 1èresL d'autres établissements et je corrige les copies de terminale L et effectivement je suis souvent déçue par rapport à mes élèves. Mais il me semble que de plus en plus souvent de très bons élèves au profil littéraire parviennent à faire accepter aux familles l'orientation en L.
Scipione,
J’ai bien précisé qu’il s’agissait d’un cas particulier, surtout à mon époque (la même que le tienne, je suppose).
En khâgne, où j’etais la seule venant de C, j’ai côtoyé d’excellents littéraires qui avaient passé le bac A, et dont l’une a intégré l’ENS à 18 ans.
Je crois que c’est plus tard que la réputation des L s’est dégradée et qu’y sont allés, non les élèves bons en lettres mais ceux mauvais en mathématiques. Et là encore, je me garderai de généraliser.
Il y a encore de « vrais » littéraires.
Ce n'était pas tout à fait mon cas. 🙂
Je me permets de m'incruster un peu dans cette discussion ô combien intéressante, pour partager mon expérience d'élève en terminale cette année.

Je compte aller en hypokhâgne l'année prochaine… et je suis actuellement en S. Ceci dit, je suis dans une section spéciale, la section internationale, où en plus des matières de ta filière ( que ce soit S, ES ou L ) il y a 7h de littérature et 4h d'histoire en anglais. Les coefficients sont tels que en réalité, la matière qui va peser le plus dans mon bac, c'est la littérature, avec un coefficient 9 ( il y a un écrit et un oral ). Ensuite, avec un coefficient de 8, il y a la svt, qui est ma spé, puis pour un coefficient de 7, les maths et l'histoire. Enfin, dans les gros coefficients, il y a la physique-chimie à 6.
Tout ça pour dire que même si je suis en S, j'estime passer en réalité un bac très général. Ce type de sections est vraiment très intéressant, car cela offre une ouverture d'esprit, une culture incroyable, et en réalité le rythme est tel que nous sommes quasiment comme en prépa…

Cependant, la raison pour laquelle je suis allée en S n'est pas parce que je voulais garder un bac très général ou quoique ce soit ( à l'époque, je n'avais même pas conscience de la répartition des coefficients en section internationale ! ) mais parce que je voulais faire PACES. Lorsque j'ai réalisé que cette voie n'était pas pour moi, j'ai hésité à demander à changer de filière et à aller en L. Tout le monde me l'a alors déconseillé, arguant que si jamais je changeais encore d'avis un bac S m'ouvrirait toutes les portes, que cela permettait d'acquérir une bonne méthode de travail et une rigueur scientifique… Finalement, je suis effectivement restée en S. Même si je ne le regrette pas, je constate tout de même que cette filière, la voie royale aux yeux de la plupart, est largement privilégiée par rapport aux autres. Les bons élèves doivent aller en S, c'est quasiment une obligation. Et le fait que ce soit considéré comme ouvrant toutes les portes fait que certains parents forcent leurs enfants à y aller. C'est le cas de deux filles de ma classe, qui voulaient aller en L… qui comptent faire des études dans la communication et dans le droit… et qui se retrouvent en S avec un dossier plombé parce qu'elles n'arrivent pas à dépasser les 8 de moyenne en maths…
Je trouve qu'aujourd'hui tout cela ne veut plus rien dire et n'a plus de sens. Les filières semblent n'être plus qu'un outil de tri des bons ou mauvais élèves, et ceux qui osent défier l'ordre établi sont immédiatement décriés.
Il paraît que le ministère veut réformer tout ça… ma petite soeur entre en seconde l'année prochaine, elle va faire partie de l'année test, je me demande bien ce que ça va donner.
Bonjour/Bonsoir,

Je viens vers vous car je me trouve aujourd'hui dans une impasse.

Voilà, depuis mes 16 piges, je rêve de devenir prof de français. J'ai une soif d'apprendre débordante et j'aime faire apprendre des choses aux autres.
J'ai autant un esprit logique que critique mais le second m'intéresse bien plus que le premier.

Le problème c'est qu'à l'époque, les profs de mon lycée m'avaient clairement affirmés que je n'étais pas fait pour ça. Je suis donc parti en filière STG (avant la réforme STMG ahah), puis j'ai effectué 2 années en BTS informatique, seul BTS que proposait mon lycée. J'ai loupé mon BTS, faute de motivation. Je me suis orienté vers une fac d'Arts Plastiques totalement au hasard où j'ai tenu 2 mois. Je suis maintenant en 2eme année de BTS MUC, j'ai 23ans, bientôt 24, et j'ai toujours ce petit rêve qui me trotte dans la tête depuis mon adolescence.

Seulement voilà, je n'ai plus la motivation de recommencer des études après ce BTS (que je compte avoir pour le coup). J'ai de bonnes moyennes dans celui-ci (1er de ma classe avec + de 14.5 de moyenne générale avec 16.75 en culture générale et 17.5 en anglais) et de bonnes appréciations. J'aimerais donc savoir si il y a des licences qui me permettraient ensuite de devenir pourquoi pas prof de Français ? Ou avez vous d'autres idées pour que j'atteigne mon but ?

Merci d'avoir lu ce long pavé et d'avoir écouté ma petite histoire !
En espérant trouver la petite lumière qui me sauverait de la monotonie des calculs de gestion !
Bonjour Guts, je ne comprends pas bien ta question. Bien sûr qu'il y a des licences qui te permettraient de devenir prof de français mais cela signifierait repartir en première année, de plus en concurrence avec des jeunes de 18 ans qui sortent tout juste de bac général. ET contrairement au BTS il faut plus de deux ans, donc même si tout se passait très bien tu ne travaillerais pas avant 28 ou 29 ans environ. Sans compter qu'en sortant de bac technologique c'est toujours beaucoup plus difficile dans ce type de filière. Ou alors tu trouves un travail avec ton BTS MUC et tu fais en parallèle des études de lettres par correspondance. Mais c'est loin d'être évident en bossant à côté…
Bonjour à tous,
J’ai 45 ans, sans emploi et je souhaite devenir prof de français. Ma fille est en 5ème et l’envie ne cesse de grandir. Seulement voilà, les études sont lointaines, j’ai arrêté en cours de maîtrise conditionnelle de philosophie et je me souviens avoir fait avant cela un ou deux ans de lettres modernes. Puis la vie…
bref je parcours le net pour glaner quelques informations mais, plus je cherche et plus je me perds…
J’aimerais des conseils avisés. A ce moment précis, à part préparer le capes troisième concours, je ne vois pas d’autres possibilités. La reprise d’études éventuellement, mais par où commencer ?
Mille mercis d’avance !
Le CAPES (ou l'agrégation) est un pré-requis pour être prof, il va donc falloir y passer. S'il y a un troisième concours au CAPES c'est une bonne opportunité, sinon tu as une licence, donc contacte une fac pas loin de chez toi et demande une entrée en master MEEF. Bonne chance.
Merci d’avoir pris le temps de me répondre. J’ai déjà épluché les sites universitaires. J’en ai trouvé à distance, je suis loin de tout. En attendant la rentrée , je fais une demande de suppléance, histoire d’être confrontée à la réalité du terrain.
Bonjour,
Commencer par une suppléance est une bonne chose, beaucoup de candidats au concours se font une idée un peu fantasmée du métier.
La question est la suivante : souhaitez-vous suivre une formation ou préparer le concours en candidat libre ? (il faudrait vérifier qu'une maîtrise suffit pour s'inscrire au concours)
Je crains que ma volonté seule ne suffise pas pour passer le concours. Je pense qu’une formation s’impose. Je suis un peu perdue d’ailleurs, tout a tellement changé, ne serait-ce qu’en lettres modernes… enfin malheureusement l’ancien français est toujours d’actualité. Je ne comprends pas non plus la logique des ESPE, et le concours en M1 mais bon c’est un autre débat.
J’essaie de composer avec ce que j’ai, et c’est bien peu : des études de philosophie lointaines, un isolement géographique, la possibilité de me former à distance.
L'ancien français représente bien peu de points au concours mais il est bon d'avoir quelques notions de traduction et de lexicologie.
Si vous avez une compte FB il existe un groupe "capes lettres 2019" sur lequel vous trouverez pas mal de ressources et d'informations venant de candidats libres ou en formation
Merci, oui je connais ce groupe mais, c’est difficile de ce sont, pour la plupart, des candidats au CAPES de cette année.
Bonjour Voline,

Pour suivre le cursus "normal", il faut effectivement avoir une licence pour ensuite accéder au master MEEF lettres modernes. En M1, on suit des cours à la fac et à l'ESPE.
A la fac, on s'occupe du côté disciplinaire et universitaire de notre domaine (passionnant!!). Ce qui implique des partiels, des dossiers, des dissertations, des concours blancs et les cours évidemment. On se rend également à L'ESPE, qui, ce n'est pas toujours très explicite, nous prépare à la fois pour la partie didactique du concours et nous prépare à l'enseignement: préparation de séquences, quelques stages en établissement (cela dépend des académies peut-être), des examens, des dossiers à rendre. La qualité des ESPE est loin d'être uniforme.
Vers avril, les écrits du CAPES, puis juin les oraux. Ils se déroulent à Poitiers.

L'année suivante en m2, on est stagiaire (9h) dans un établissement (collège ou lycée) et étudiant: on passe des partiels et surtout, on prépare un mémoire. A la fin de l'année, il faut avoir validé les partiels, le mémoire et être titularisé. C'est une année très très dense…

Travailler à distance est effectivement possible: je l'ai fait durant quelques mois durant mon congé maternité en début de M2.
Cependant, comme cela fait longtemps que vous n'avez pas été sur les bancs de la fac, il serait peut-être bien de prévoir de se déplacer quelques jours par semaine pour se remettre dans le bain, faire connaissance avec d'autres étudiants: cela permet d'avoir des informations, de partager des cours, de partager du travail (exemple: nous faisions des fiches et nous les partagions), et de se sentir moins seul face au travail à fournir.


Vous avez raison de commencer par des suppléances. N'hésitez pas à regarder sur Weblettres (il faut s'incrire) pour parcourir des séquences d'enseignement, cela vous donnera une idée de ce qu'il faut préparer en amont.

Voilà, j'espère vous avoir un peu aidée.

Bonne journée.