J'ai pour ambition de devenir professeur de français et c'est pourquoi j'ai quelques questions :
Dois-je choisir une licence de lettres classiques ou de lettres modernes ?
Tu as encore le temps d'y penser. Tu peux choisir l'une ou l'autre de ces licences, et passer par la suite un CAPES ou une agrégation de lettres classiques ou de lettres modernes. Tu pourras de la même façon devenir professeur de français.
Si tu as de la chance avec une option de lettres classiques, tu pourras aussi enseigner le latin et le grec.
Apprends-tu actuellement une langue ancienne ? Si c'est n'est pas le cas, il faudra t'y mettre au plus vite pour envisager des études supérieures en lettres classiques.
Quel est le plus intéressant ? Une khâgne ou une licence de lettres ?
Ce sont deux choses différentes. La khâgne est la deuxième année de classe préparatoire littéraire, à l'issue de laquelle on présente des concours. Pour les futurs professeurs, le concours de l'ENS (école normale supérieure). Cela correspond à la deuxième année de la faculté. La licence s'obtient en troisième année de faculté.
L'enseignement en classe préparatoire est un peu le prolongement du lycée à un niveau plus élevé. Il est pluridisciplinaire. (En excluant les matières scientifiques si tu veux devenir professeur de français). Le rythme de travail est soutenu et l'emploi du temps bien rempli.
A la faculté, c'est différent, mais comme je n'en ai pas vraiment l'expérience, pour n'y être allée que très peu, je laisse la parole à quelqu'un d'autre.
Beaucoup d'élèves rejoignent la faculté après la khâgne, car il n'y a pas de place pour tous dans les grandes écoles et les concours sont difficiles.
Sohanelle a écrit :… Cependant, le rythme de la prépa et le stress que cela peut engendrer ne conviennent pas à tout le monde…
Cela dit, si l'on ne peut pas faire face au stress de la prépa, il n'est pas forcément recommandé de devenir enseignant. :/
Cela dit, si l'on ne peut pas faire face au stress de la prépa, il n'est pas forcément recommandé de devenir enseignant.
Oui. Le "stress de la prépa" est beaucoup surestimé, je trouve.
C'est une chose de suivre des cours et de faire des devoirs de façon assidue, comme un bon petit élève, bien encadré, et tout autre autre chose que de se retrouver seul devant une trentaine d'adolescents, qu'il faudra guider, intéresser, et si possible faire progresser tout au cours d'une année scolaire.
Bonjour à tous,
Je suis assez connue je pense sur le site pour ma passion pour les lettres mais aussi pour mon hésitation concernant mon orientation.
Or, le métier de professeur de français m'attire tout particulièrement.
Comme je l'ai précisé plusieurs fois, je ne sais pas du tout si j'ai le mental pour faire ce métier.
D'une part, je suis fragile psychologiquement, et d'autres part je doute de mes capacités à préparer un cours et l'enseigner.
C'est pour quoi je reviens ici…
La licence de lettres modernes' et le master Meef me font vraiment très envie. Mais avant de me lancer (car si je ne fais pas ce master, il n'y a malheureusement aucun débouchés qui m'intéresse. Ni la communication, ni le journalisme, ni les metiers du livre et de l'édition etc. Il n'y a que l'enseignement du français qui m'intéresse), j'aurai vraiment besoin de témoignages sur le métier en lui même s'il vous plaît. C'est très important pour moi!
A vous les professeurs de Français :
Comment est votre quotidien?
Combien d'heures de cours donnez vous par Semaine?
Combien d'heures de travail personnel consacrez vous à la préparation des cours, des corrections des copies etc ?
Est on libre quant à la préparation de ses cours? Il y a je suppose un programme à respecter, mais nous apprend t-on à le réaliser?
Qu enseigne t-on aux Collégiens? Aux lycéens?
J'ai de nombreuses questions car je n'ai jamais mis les pieds dans un collège ou un lycée étant donné que j'ai fait toute ma scolarité par correspondance, je n'ai donc jamais eu de professeur de français.
J'espère vraiment avoir plusieurs témoignage!
Merci beaucoup par avance 🙂
Jean-Luc Picard a écrit :Sohanelle a écrit :… Cependant, le rythme de la prépa et le stress que cela peut engendrer ne conviennent pas à tout le monde…
Cela dit, si l'on ne peut pas faire face au stress de la prépa, il n'est pas forcément recommandé de devenir enseignant. :/
Je suis devenu enseignant sans stress, en faisant pratiquement ce qui me plaisait, à 100 lieues de la prépa.
J'ai de nombreuses questions car je n'ai jamais mis les pieds dans un collège ou un lycée étant donné que j'ai fait toute ma scolarité par correspondance, je n'ai donc jamais eu de professeur de français.
Bonjour miss-lily,
Effectivement, ce n'est pas la première fois que tu t'interroges sur le métier de professeur qui t'attire, et à la fois te fait peur.
Pour ce qui est du prétendu stress de la classe préparatoire, je pense que ce n'est pas ton problème, car il n'existe pas de possibilité de cours de classe préparatoire par correspondance. Nous sommes donc, dans ton cas, hors sujet.
Mais puisque Jacques reprend le sujet, je dois dire que je n'ai aucun souvenir du stress ressenti durant mes trois années de classe préparatoire, mais bien de celui des oraux de l'ENS ou de l'agrégation, et plus encore de celui éprouvé lors de la première heure de cours seule face à des élèves, et par la suite de celui éprouvé à chaque rentrée, et cela durant une grande partie de ma carrière.
Je dois tout de même reconnaître que les élèves et le fait de faire cours m'ont parfois été d'un grand réconfort dans des périodes difficiles.
Cela étant, pour répondre à ta question concernant les heures passées à la préparation d'une heure de cours, c'était variable, cela pouvait aller jusqu'à trois heures pour moi, et bien plus en cas de corrections de copies.
Mais je vais t'envoyer un mail privé, car mon expérience est longue, et je n'ai que trop tendance à étaler ma vie sur ce forum.
Pourquoi le cacher, c'est un métier qui exige de l'énergie, du travail, des compétences, une formation et … de l'enthousiasme. Bien sûr, il y a les préparations, importantes quand on "monte un programme", bien sûr il y a la correction des copies qui mange le temps mais c'est encore autre chose que d'être devant une classe de 35 jeunes gens à intéresser. Il y faut de la pédagogie, de l'empathie, de la voix et du regard. Rien n'est insurmontable mais il vaut mieux être armé.
Mon credo :
Cet homme que nous voulons former, quelles vertus lui donnerons-nous ? Je ne songe pas un instant, comprenez-moi bien, à des cours de morale ou même à des exhortations par lesquelles l'enfant serait encouragé ou remis « dans le droit chemin ». Tout cela est généralement mal supporté et parfaitement inefficace. Mais je crois que l'on peut, à propos de tous les enseignements et de tous les exercices, donner progressivement à l'enfant une certaine attitude intérieure qui serait, pour la lutte qu'il doit affronter, l'arme la plus précieuse.
Le premier élément de cette attitude, la première de ces vertus, c'est le calme. Plus les choses vont vite, plus les gens ont tendance à s'affoler, plus il faut rester calme. Ce n'est pas seulement une question d'élégance, c'est une question de vie ou de mort. Quand on conduit des machines rapides ou que l'on met en jeu de grandes énergies, il importe de rester maître de soi. Les pilotes d'essai doivent avoir des réflexes rapides, mais peu de nerfs. Dans le monde agité et dangereux qui est le nôtre, il faut que nous ayons des enfants calmes. Vous me direz que je commence par soulever la difficulté la plus grande.
…/…
l'imagination
l'esprit d'équipe
l'enthousiasme
le courage
le sens de l'humain
Gaston BERGER (L'homme moderne et son éducation)
Voulez vous que je poste mon message ailleurs, afin que je puisse avoir plusieurs témoignages de professeur de Français ?
J'en ai eu 2 déjà et ça m'aide beaucoup quand même, alors si je peux en avoir d'autre ce serait vraiment super.
Cela m'aidera beaucoup dans la prise de décision ! 🙂
Pourquoi le poster ailleurs ?
Si d'autres professeurs de français veulent te donner leur avis, rien ne les empêche de continuer la présente discussion.
Parce que peut être que mon sujet est mal placé voilà tout !
Non, ton sujet est bien placé, sous le titre Devenir professeur de français, puisque c'est le sujet qui te préoccupe.
Oui, votre sujet est bien placé. Je vous répondrai pour ce qui me concerne.
1° Comment est votre quotidien?
Il est fait de déceptions, de découragement parfois, de passes difficiles avec certains élèves, mais aussi et surtout de moments d'enthousiasme, je dirais même de moments de grâce, quand on a le sentiment de ne plus faire qu'un avec le groupe, quand on oublie que c'était un cours, donc un rendez-vous obligé.
Mon quotidien, c'est moins le souci de ce qu'il faut transmettre (et pas seulement des savoirs savants) que la manière de le transmettre pour permettre une appropriation vraiment personnelle et éviter de "larguer" le tiers de la classe (qui au mieux se contentera de "dormir"). Je pratique presque tout le temps une pédagogie différenciée en plaçant les élèves en îlots : chaque îlot a une tâche bien définie à réaliser pour laquelle je fournis de l'aide, et on fait ensuite la synthèse. Une "carte mentale" peut compléter le cours.
2° Combien d'heures de cours donnez vous par Semaine ? Combien d'heures de travail personnel consacrez vous à la préparation des cours, des corrections des copies etc ?
Cette année 15h30 en classe, 10 à 12 heures à la maison et d'autres heures au collège si je le juge utile (pour préparer des élèves aux oraux, par exemple). C'est peu, mais je ne prépare plus le contenu "encyclopédique" ni même le plan du cours afin de conserver de la souplesse et une possibilité de réagir à l'imprévu (soigner une grosse lacune apparue chez certains élèves, par exemple. J'aime le travail de l'urgentiste). Le travail d'organisation générale s'effectue en amont ; cette année, par exemple, il a fallu se concerter avec d'autres enseignants pour préparer les EPI.
Il y a aussi des heures pour la concertation, les conseils de classe, les réunions parents-professeurs. Tout cela est difficile à quantifier.
3° Est on libre quant à la préparation de ses cours? Il y a je suppose un programme à respecter, mais nous apprend t-on à le réaliser?
Oui, on a une grande liberté de mise en œuvre, toujours dans le cadre des programmes nationaux, dont il faut se pénétrer de l'esprit plus que de la lettre. Même dans l'enseignement privé, il en est ainsi, et c'est une bonne chose.
4° Qu enseigne t-on aux Collégiens? Aux lycéens?
Trop vaste question. Je vous invite à consulter les programmes nationaux sur les sites gouvernementaux (et non les sites syndicalistes).
Le grand principe est qu'il faut faire des têtes bien faites plus que des têtes bien pleines… Il faut aussi gérer la diversité. Enseigner le français, par exemple, ce n'est pas former de futurs professeurs de lettres ! Il faut toujours se demander ce qu'on veut obtenir au-delà de sa matière dans chaque activité quotidienne. On ne fait pas étudier un texte parce qu'il faut le faire, sans se demander à quoi on veut aboutir. Procéder comme autrefois, c'est à coup sûr faire profiter du cours à une minorité et laisser le champ libre à ceux qui ne comprennent pas l'utilité des cours ou sont culturellement à cent lieues de leur contenu.
Pour ce qui est de la méthode, un grand principe m'a toujours guidé : ne pas croire que c'est parce qu'on explique bien, qu'on répète sans cesse et toujours de la même façon, que les savoirs et savoir-faire se transmettent ipso facto de l'enseignant à l'élève. Le cours dialogué ne suffit pas non plus, bien qu'il faille le pratiquer (les moments de grâce que j'évoquais sont liés à lui), il faut faire mettre la MAIN À LA PÂTE à l'élève et se persuader qu'on n'acquiert bien que ce qu'on est allé chercher soi-même. J'étais moi-même rebelle à l'enseignement magistral.
Au lycée, il y a le BAC. Beaucoup d'enseignants se sentent tenus par le temps et par le souci légitime de faire réussir les élèves (la préparation aux examens est une obligation, du reste). Trop peu pratiquent une démarche inductive et se lancent dans la différenciation. Les élèves, dans leur majorité, ne le souhaitent pas non plus. Voilà pourquoi je suis heureux en collège… Mais j'ai la chance d'être dans un établissement plutôt paisible.
Le métier d'enseignant est un métier militant, ne l'oubliez jamais.
Merci, merci infiniment pour votre témoignage et votre réponse très complète 🙂
Ce métier a vraiment l'air d'être un beau métier, bien que difficile.
Moi aussi, je dirai que je préférerai enseigner au sein d'un collège. Notamment au niveau du programme qui me semble intéressant, mais aussi parce que le public est âgé de 10 à 15/16 ans environ.
Merci vraiment beaucoup !!
Mes niveaux préférés sont la 4ème et surtout la 3ème.
Le métier peut être difficile, en effet. Il faut se faire respecter, bien sûr, mais pas à coup de punitions ou de menaces : un élève à qui vous manifestez de la compréhension, qui a confiance en vous et qui voit que vous aimez ce que vous faites, vous respecte automatiquement, ou du moins n'est pas "contre vous". Le plus dur, avec certaines classes, c'est le bavardage généralisé : certains arrivent à parler sans s'en rendre compte, et même aux murs… La biologie y est pour quelque chose, mais tout de même. Par contre, les activités dont je vous ai parlé suppose que les élèves échangent entre eux (en principe à mi-voix). Or certains enseignants ne veulent aucun bruit dans leur classe… Le fait d'être confrontés à des manières de faire très différentes peut constituer une difficulté pour certains élèves.
Mais dans l'ensemble, oui, c'est un métier super. Je n'ai jamais envisagé d'autre profession que celle-là depuis la 3ème.
Et puis le métier n'est pas répétitif… C'est un peu comme au Collège de France, on ne fait jamais deux fois le même cours. 😀 😀
Je "plussoie" 😀
Pour compléter ce que j'ai déjà pu dire à miss-lily, ce sont les premières années qui sont les plus difficiles, surtout en terme de gestion de temps. Pour moi qui suis encore jeune enseignante, c'est 18h de cours + 18h de préparation minimum + le temps de correction qui, quand on a des classes à examen, se compte en dizaines d'heures!
Par exemple j'ai deux classes de 3e cette année donc brevets blancs : 35 élèves par classes donc 70 en tout, trois copies par élève (compréhension de texte + langue + rédaction) -> 20-30 min par élève : cela fait presque 35h de correction. Il vaut mieux en avoir conscience ^^' ce n'est pas le plus palpitant mais cela permet de mettre en place des stratégies pour que les élèves comprennent et progressent.
Et avec ça il faut savoir se garder du temps pour soi, pour sa famille, pour ses proches. Passionnant mais fatigant.
bonjour je souhaiterais que vous me disiez après le collège ou dois je aller pour etre prof de français merci
Bonsoir.
Tu peux déjà parcourir les messages précédents de la présente discussion.
Bonjour je voudrais savoir les différents bac par lesquels je pourrais passer pour devenir professeur de français. Je suis actuellement en 3ème et je me dirige vers ce métier. Du coup voudrais bien avoir les différents bac pour me poser les bonnes questions
Merci d'avance 😉
Tous les bacs généraux sont appropriés. Si possible, si tu ne le fais pas encore, apprends au moins une langue ancienne.
Le plus logique est le bac L, mais tu peux aussi y arriver avec un bac S ou ES. Si tu es sûr de ton choix, va en L.
Enfin d'un autre côté ça n'existera plus 😀