Bonjour à vous, je doit réaliser une anthologie poétique et j'ai donc choisi le thème de la monstruosité. Je bloque dans la recherche de poèmes.
Les chants de Maldoror et la divine comédie de Dante me paraissent comme étant de bonnes pistes mais je ne sais pas si je peux les placer dans mon anthologie, les ouvrages étant conséquent.
Certains poèmes de Baudelaire pourraient également rentrer dans le thème.
J'ai fait des recherches mais très peu de poèmes colle à mon thème, je voulais donc savoir si vous pouviez me fournir quelques pistes sur certains poètes (ma culture poétique n'étant pas très développée). Par monstruosité, j'aimerais surtout m’intéresser à la dimension psychologique et non physique, même si j'hésite à parler du côté mi-animal, mi-homme, comme le minotaure.
Voila,voila.
Merci à vous.
Salutations.
Chacun sa chimère
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.
Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir; sous la coupole spleenétique' du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
Charles Baudelaire
- La Géante Baudelaire
- Le Monstre de Baudelaire (Les Epaves)
- Bon conseil aux amants de Victor Hugo
- L'Hydre que je nourris, épouvante de tous de Népomucène Lemercier
- Le Lobe à monstre in Epreuves, Exorcismes, Henri MICHAUX
- Double-tête de Henri Michaux
- Le Visqueux de René Barbier né en 1939 :
Le Visqueux avait pris le tournant trop vite,
sur l’horizon il m’attendait à coup sûr.
Je creusai avec mes ongles pour l’éviter.
Je m’enfonçai toujours plus profondément dans la graisse du sol.
Après le gel et ses secousses vint une chaleur épouvantable,
mais je tins bon et j’avançai (je m’échappai plutôt).
Le Visqueux était loin maintenant,
derrière le bracelet des incendies traversés
et la petite foules du froid qui avait failli m’emporter dans son asile merveilleux.
Malgré les ombres fortes qui m’entouraient et la sauvagerie de leurs chiens liquides,
j’ignorais la peur, j’étais bien.
C’est alors qu’au plus obscur devant moi, déchirant le ballon rouge du sommeil, poulpe ou dieu peut-être, le Visqueux m’enveloppa dans son ventre.
- Golem la bête rouge de Jean Cazeneuve
LE POULPE
Jetant son encre vers les cieux, Suçant le sang de ce qu'il aime Et le trouvant délicieux, Ce monstre inhumain, c'est moi-même.
Guillaume Apollinaire
Le Crapaud de Corbière
Des extraits de Phèdre ou de Britannicus
Lautréamont Chant premier, 5 in Chants de Maldoror
Le Fou de Rollinat
Il y a également la thématique de la ville monstrueuse. En prose bien souvent (avec Zola par exemple) mais aussi en vers ici
https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques//lesgrandsclassiques/poemes/joachim_du_bellay/celle_qui_de_son_chef_les_etoiles_passait.html
Il s'agit de Rome.
Ok ok, merci pour toutes ces pistes, je me met au boulot !
Bonjour à vous,
Je ne sais pas si le poème du Golem de Jean Cazeneuve est le bon:
Golem la Bête rouge
Naquit avec l’humanité
Depuis nul ne l’a vu
Mais son odeur inquiète
Le titre est semblable mais sur le site, on m'indique qu'il a été écrit par René Barbier, puis je avoir quelques précisions ? Merci.
Salutations.
Erreur de ma part. C'est toi qui as eu raison de vérifier. Barbier avait fait précéder son Golem d'une citation de Cazeneuve.
Bon courage.
Ok, Merci de ta réponse !