Du classicisme de l’enseignement de français en 1re L

La filière littéraire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir bonsoir,

Révisions révisions. J'ai emprunté un de ces livres de révision espérant pouvoir approfondir mes connaissances et avoir le maximum d'armes pour ma dissertation - sûrement - de demain. J'ai vite abandonné, voyant que c'était tellement superficiel, tellement connu, tellement évident. En bref, leurs cours ne m'ont rien apporté (tant mieux, me direz-vous : ma prof et moi avons fait du bon travail).

Déçu, je me suis reporté sur leurs base de textes, de citations, et d'auteurs, espérant - j espère toujours - agrandir, encore une fois, ma palette de connaissance. Et là, j'ai été atterré : tous les auteurs cités, toutes les oeuvres remarquées, toutes les citations proposées sont des … je vais dire des lieux communs. Racine, Phèdre ; Victor Hugo, Ruy Blas ; Voltaire, Candide ; Baudelaire-Rimbaud ; "Va je ne te hais point" et autres "obscure clarté" …
Et le pire, c'est que ce bouquin se dit adapté aux 1eres L.

Je ne remet pas en cause le fait d'enseigner des "classiques". Je suis le premier à les aimer et à travailler dessus. Mais quelle superficialité ! Quel manque d'approfondissement, d'esprit d'aventure, d'interêt ! Se limiter à dire que La Fontaine critique dans ses apologues la société de son temps, que Voltaire est pour la liberté contre l'obscurantisme, que Victor Hugo a écrit la Preface de Cromwell et a fait vaincre le romantisme, c'est désespérément ennuyant pour quelqu'un qui a choisit sa filière par goût et qui s'y intéresse. Je ne sais si c'est ma classe ou si c'est le cas autre part, mais nous avons l'impression que nous n'avons rien appris cette année à part l'académisme d'une dissertation. Tout simplement parce que nous aimons la littérature et que nous avons un minimum d'investissement personnel.
Nous voulons étudier à fond la fatalité de Racine, la mise en espace de Molière, la conception du monde de Baudelaire ou de Ionesco ! Nous voulons ouvrir sur d'autres auteurs, nous les faire appréhender avec décontraction et élargir notre culture et leur compréhension : nous demandons Euripide, Diderot, Nerval, Verlaine, Mallarmé, Dostoievsky, Camus, Koltès !

Au lieu de cela on nous rabâche des lieux communs … "les programmes", "la culture de base" … Mais nous sommes en 1ere L, nous l'avons choisie consciencieusement, la base est déjà construire, nous demandons à y construire DESSUS ! Nous ne voulons pas d'une décadence littéraire qui amenera inevitablement à, d'un côté, une littérature considérée comme élitiste seulement parce que, d'un autre côté, il y aura une culture populaire pour cerveaux atrophiés ! Comment se fais-ce que la seule différence entre l"étude du français en 1ere L et en 1ere S ne se fasse que sur deux misérables objets d'études en plus ?

Arrêtons de présenter les plus grands auteurs comme des lieux communs, des ritournelles, des sempiternelles rondes closes et enfantines !

Comment redonner à la filière littéraire la place qu'elle devrait avoir, et ne plus la considérer comme "poubelle" ?
Bonjour,

je vois Jacquemort que ta classe doit avoir un très bon niveau, malheureusement ce n'est pas le cas partout…Moi en 1ere L je n'avais aucune idée de ce qu'était une dissertation, de ce qu'était la réflexion littéraire. Je n'ai jamais étudié Baudelaire, Hugo, et nombre d'incontournables. Tout ça parce que la prof que j'ai eu en 1ere et en Terminale se limitait aux "lieux communs" comme tu dis, et se refusait à corriger des copies trop longues ou compliquées (elle a refusé une fois un devoir qui faisait deux copies doubles et demi parce que c'était trop long…). Les devoirs que je faisais au lycée c'était: relevez les didascalies, les indications de temps, le nombre des personnages et quelques devoirs d'invention…J'étais à des millions de km de la littérature mais ça je ne m'en suis aperçue qu'après.

Et je crois que c'est comme ça dans la majorité des lycées. 😞
Et bien pas dans le mien …
Je trouve ça vraiment choquant qu'une prof refuse de corriger une copie car celle-ci est trop longue, c'est quand même un comble quand on nous demande de développer, argumenter et de ne pas tomber dans le superficiel !
Ensuite, pour ma part (je suis une ex seconde passant en 1è L), cette année, nous avons étudié les principes de la dissertation, du commentaire, de l'écriture d'invention, des lectures analytiques et de l'oral. Je pense donc qu'on a fait le tour de ce qu'il faut savoir en seconde et l'année prochaine, je vais partir sur de bonnes bases. Cela est principalement dû à ma prof qui a été excellente, elle m'a vraiment fait aimer la littérature (que j'aimais déjà mais d'autant plus cette année).
Pour ma part, je ne trouve pas cela absurde de refuser une copie parce qu'on la juge trop longue. Bon deux copies et demi, effectivement, ça me semble correct, de là à la refuser…

Mais un professeur peut estimer, à juste titre, que le travail d'un élève n'est pas d'écrire des pages et des pages histoire de montrer qu'il a bossé, ou, en risquant de diluer son sujet. Une bonne dissertation doit concentrer l'essentiel, être rédigée clairement et être bien construite.

Un de mes professeurs de l'année passée exigeait des dissertations longues de moins de 3 copies doubles, justement parce que cela nous obligeait à nous recentrer absolument sur le sujet et à ne pas nous éparpiller ou à rajouter des remarques superflues. Bien sûr, il n'a pas refusé les copies de ceux qui étaient passés outre cette règle. Seulement, ce ne sont pas ceux qui en ont fait le plus qui ont récolté les meilleures notes…

A part cela, j'étais dans le même cas qu'Ondine; c'est-à-dire que je n'ais pas étudié tant de grands classiques que cela au lycée. D'ailleurs, il aura fallu attendre cette année pour que je découvre qu'il existait un mouvement appelé le Parnasse… La dissertation, je ne l'aie travaillée qu'en Terminale, à cause du Bac. Donc mes bases furent, et sont toujours, un peu fragiles. C'est pourquoi la "culture de base", j'aurai aimé y avoir accès plus tôt. Et j'aurai aimé également que la filière L soit prise plus au sérieux, et exige plus des élèves que le fait qu'ils sachent que Hugo a écrit Les Contemplations
Ah, un sujet intéressant…

Bon, faut déjà savoir qu'on est tributaire des programmes… Ce qui est déjà un sacré carcan…

Le but de la 1èreL est, avant tout, de donner une culture littéraire et culturelle globale solide à l'élève… Alors, oui, le sonnet en x de Mallarmé, le Nouveau Roman, la littérature médiévale, etc, tout ça passe à la trappe et attend le bachelier à la Fac…

On peut être frustré, c'est vrai mais un élève de L doit aussi faire preuve de curiosité et enrichir par lui-même les bases qu'on lui donne…

Pour l'idée selon laquelle la 1èreL est toujours choisie, je sors mon joker… J'avais une 1èreL l'an dernier - que des filles - avec des élèves n'aimant pas lire… Cherchez l'erreur…

Séb
Comment un élève préparant le Bac peut-il trouver le temps d' "enrichir par lui-même les bases qu'on lui donne" ? à cause du programme auquel on doit se tenir et qui est un carcan ? ça ne m'étonne guère avec des jeunes gens qui choisissent une filière littéraire alors qu'ils n'aiment pas lire ! Mais où va donc l'école ?!!!
Comment un élève préparant le Bac peut-il trouver le temps d' "enrichir par lui-même les bases qu'on lui donne" ?
Je pense que la préparation au Bac n'est pas lourde au point de ne laisser aucun temps libre. Un élève de 1ère L, S, ES, STG, etc.. peut parfaitement lire des romans, nouvelles, journaux…
S'intéresser de plus près à tel auteur qui l'enthousiasme en lisant une "bio" de lui et pourquoi un ouvrage critique de l'oeuvre?
J'ai une soeur qui a fait L parce qu'elle voulait avoir le Bac ( pour faire une filière professionelle ensuite qui demande ce diplôme comme condition sine qua non), elle n'aimait pas spécialement lire et cela ne l'a pas empêchée de dévorer Diderot, de s'ouvrir dans la foulée par curiosité à des auteurs "hors programme" alors qu'elle était jusqu'alors plutôt branchée Harry Poter et StarAc!
Si les professeurs sont tenus au carcan du programme, ce n'est pas le cas des élèves qui peuvent aller voir ailleurs.
Bonjour à tous ,

Je suis pour ma part entièrement d'accord avec Loreena : se préparer au bac n'empêche absolument pas les élèves de s'enrichir par eux mêmes : que faites vous de la lecture, l'un des aspects les plus essentiels de l'apprentissage ?
Par ailleurs, il me semble que les cours de littérature, même conformes au programme scolaire, ne sont pas incompatibles avec un élargissement culturel : les recherches nécessaires à la dissertation, la découverte d'un auteur particulier, les extraits lus en classe, le hasard qui conduit inévitablement d'une oeuvre à l'autre, en raison d'une "littérature en perpétuelle transfusion" (l'expression est de Borgès il me semble ?) ou de la littérature à un art différent comme le cinéma, la peinture ou la mise en scène sont autant de prétextes à l'éveil de la curiosité, de la soif de savoir, au besoin de comprendre … Comprendre d'ailleurs … N'est ce pas un des objectifs les plus importants de l'école ? Parce que je pense, en effet, qu'il y a différentes façons de lire, et que les études littéraires m'ont justement apporté les ressources nécessaires pour percevoir les oeuvres différemment, pour les relire en les redécouvrant avec un tout autre regard !
Après une année de première littéraire, j'ai l'impression d'avoir grandi, ma curiosité s'est exacerbée, et les études ont considérablement participé à mon épanouissement. C'est pour toutes ces raisons là que je ne pense pas que les programmes scolaires soient dépassés. J'ai rarement eu cette impression "d'accomplissement" à la fin d'une année scolaire, cette sensation d'avoir ENFIN vraiment appris par moi même.
Peut être ai-je eu une chance immense d'avoir pu profiter de cours passionnants, d'un(e) professeur(e) passionnée (excusez moi j'ai encore du mal à mettre ce nom au féminin … ça sonne moins bien) qui a pris le temps de nous apporter tous les documents nécessaires pour approfondir nos connaissance même si le temps l'a souvent empêchée de les commenter avec nous.
C'est pour cela que j'ai choisi cette filière et c'est aussi pour cela que je ne le regrette pas !
Evidemment que nous avons été cherché ailleurs ce que les cours de français n'ont pu nous fournir. Nous sommes une classe d'une grande curiosité, et nous ne nous sommes pas contentés de lire les bouquins imposés par notre professeure. Encore heureux.
Mais approfondir une oeuvre est très difficile quand nous sommes autodidacte ! Nous n'avons pas l'envie, ni la competence (pas encore) de nous bouffer cent pages de texte théorique expliquant une oeuvre. Nous aurions préféré en discuter avec notre prof, qu'elle nous fasse un cours complet dessus, et que l'on puisse voir les richesses entières d'une oeuvre, non plus un petit tronçon. Nous lui avons demandé, elle nous a repondu "le programme" …

D'autre part, j'aurais voulu parler aussi de ce que j'ai l'impression d'être des "lieux communs de l'enseignement de français en 1ere L" : j'ai comparé ma liste de textes pour l'oral avec plusieurs amis, et combien grand était mon etonnement en voyant que près de la moitié étaient les mêmes … Et en voyant leurs cours, les mêmes références, les mêmes citations, les mêmes reflexions … J'ai donc la désagreable impression que le prof n'est qu'un repetiteur de ce qu'impose le Saint Programme et ne peut faire decouvrir l'exotisme à ses élèves :/