Bonjour,
J'aimerais connaître la nuance sémantique à établir entre les adjectifs contraignant et coercitif. Ce sont des synonymes mais sont-ils parfaitement commutatifs?
Merci de votre aide
Bonsoir.
Il me semble que contraignant est plus général et qualifie une situation de fait.
Tandis que coercitif rajoute une notion de pouvoir, qualifiant ce qui a le pouvoir légal de contraindre.
En effet, l’impôt est une contrainte à laquelle beaucoup veulent se soustraire, la coercition sont les pénalités de retard et le tribunal.
En gros la coercition sont les moyens mis en œuvre pour vous contraindre à remplir vos obligations. Enfin je crois.
Merci pour ta réponse!
En fait, je m’interroge sur la traduction correcte à donner à l'expression anglaise "coercive offer", soit une proposition ayant un tel pouvoir contraignant/coercitif que la personne ne peut la refuser. Ex: un milliardaire offre à une mère sans le sous de payer pour l'opération de son fils extrêmement malade et ce, en échange de services sexuels. Selon la définition que tu donnes j'aurais tendance à dire que ce sont des offres contraignantes, mais si je me fie à l’étymologie des mots je demeure confuse.
Coercitif vient du latin coercere: contenir, réprimer, renfermer
Contraignant vient du latin constringere: enchaîner
Une offre contraignante serait alors une offre qui lie l'offrant, alors qu'une offre coercitive serait une offre qui implique une réduction du caractère volontaire de l'acceptation?
je pense que votre post vaut pour les deux intervenants.
Je rappelle qu'on ne parle pas d'offre coercitive mais plutôt de moyens coercitifs (souvent pluriel).
Je pense, mais je peux me tromper, que selon l'usage établi ce mot prend généralement, si ce n'est toujours, le sens de réprimer.
Coercive offer => en utilisant la force ou les menaces pour obliger quelqu'un à faire quelque chose : en utilisant la coercition.
Dans cette définition
obliger représente la
contrainte (l'obligation de faire) et
la force ou la menace, la
coercition. C'est ainsi que je le comprends.
Dans votre exemple on parlera plutôt de pression/harcèlement moral qui se solde par un chantage. C'est non seulement immoral, c'est surtout illégal et réprimé. En effet, s'il y a bien contrainte, il me semble difficile de parler de coercition qui, elle, vient à postériori dans le domaine légal (Voir mon exemple des impôts.). Ici rien de tel, la maman doit d'abord satisfaire le triste sire (c'est sa contrainte.), et ensuite rien ne garantie que ce dernier remplira sa part du marché puisqu'il n'y a pas contrat écrit. Et pour cause, avec un tel contrat le pouvoir changerait de camp. Je ne vois pas de coercition puisqu'il n'y a ni menace ni utilisation de la force.
Dans le monde de la prostitution il en va tout autrement. La fille fait le trottoir (sa contrainte) et si elle n'obtempère pas elle prend une volée de bois vert (la coercition) pour la ramener "assagie et consentante" sur le droit chemin, à savoir: son trottoir. 😞
ROMEO31 s'il passe par là me corrigera si je me trompe (chose très possible) et vous parlera plus savamment de ces notions.
Attendre d'autres avis plus autorisés.
L'existence même des offres coercitives/contraignantes est en effet controversée. Je partage l'avis du philosophe Joel Feinberg qui reconnaît l'existence d'offres qui sont de nature à réduire le caractère volontaire de l'acceptation. Un exemple peut-être plus parlant:
Un condamné à mort se voit offrir une modification de sa peine en échange de sa participation à une étude clinique dangereuse. Il s'agit d'une offre parce que l'offrant ne laisse pas planer la menace d'un mal plus grand que celui auquel était déjà condamné le prévenu (ce n'est donc pas une menace au sens strict). Mais il s'agit aussi de coercition parce que l'offrant modifie les options du condamné de façon à ce qu'il n'ait d'autre choix que d'accepter l'offre. Certains sont contre ce raisonnement et affirment qu'une offre véritable n'est jamais contraignante/coercitive.
Ce que tu décris comme des coercive offers constituent des menaces en bonne et due forme, à mon avis.
Désolée pour tout ce charabia, on s'éloigne du sujet linguistique 🙂
La notion que je veux décrire étant elle-même complexe je crois que le vocable choisi est moins important que l'explication qui suivra. Cependant, l'expression offres contraignantes semble déjà renvoyer à un concept juridique différent de celui que je veux nommer(selon Google). Donc, je crois que la traduction la plus exacte de coercive offers soit offres coercitives.
Merci pour ta réflexion paulang 🙂
Désolé, je ne suis pas un philosophe, mais alors pas du tout. Le propre de ces messieurs étant de n'être d'accord sur rien, je me garderai de prendre position dans leur débat.
Je persiste néanmoins, jusqu'à plus ample informé, à penser que dans le cas qui nous occupe il n'y a pas coercition mais une contrainte forte, très forte ; sans doute aussi forte que celle du condamné que vous évoquez.
Qui dit offre dit choix. Ce peut-être un choix contraignant, douloureux, mais il est bien présent.
Pour moi choix et coercition sont antinomique. Avec l'impôt, pas de choix : on paie et on discute ensuite. Pour la prostitué soumise à un proxénète, pas de choix si ce n'est celui de mourir pour échapper à sa condition.
Peut-être ce sujet avait-il sa place dans une autre rubrique que "Langue française.".
Attendons d'autres avis. Il doit bien se trouver un philosophe ici.
Ajout : la coercition est le moyen de contraindre. Il n'y a donc contrainte que parce qu'il y a coercition.
Ainsi compris, la coercition serait un fait, la contrainte, un ressenti
En relisant mes réponses pour y découvrir les fautes de français éventuelles je me suis surtout rendu compte de ce qui est peut-être une contradiction entre ces deux parties de ce dernier message.
"il n'y a pas coercition mais une contrainte forte, très forte…" et "il n'y a donc contrainte que parce qu'il y a coercition."
Il faut que j'y réfléchisse à tête reposée.
Alors Roméo nous vous attendons. Pourtant vous nous avez rendu une petite visite aujourd'hui.
Désolé ! Je vais répondre quand même, à toutes fins utiles. 😞
S'agissant des sens de ces deux mots dans le langage juridique :
1. Contraignant(e)
a) Qui exerce une contrainte effective (soit de pur fait, soit de fait et de droit) = qui s'impose par la force (légitime ou non).
Ex. : Action contraignante, circonstances contraignantes.
b) Sens abstrait : juridiquement obligatoire = doté de force obligatoire.
Ex. : Règle/loi contraignante, usage contraignant, accord contraignant.
2. Coercitif(ve)
a) Qui concerne la contrainte étatique exercée sur les biens d'un individu (ex. : saisie) ou sa personne (par ex. : emprisonnement) comportant l'emploi de la force au service du droit pour l'exécution d'une obligation).
b) Sens large : qui concerne un moyen de pression destiné à obtenir l'exécution d'une obligation.
Ex. : astreinte (= condamnation pécuniaire par jour de retard mis à l'exécution de la condamnation judiciaire principale).
c) Entre Etats, qui a trait a une mesure d'intervention ou de pression, notamment d'ordre économique, destinée à infléchir la volonté des gouvernants de l'autre.
Ex. : embargo, blocus.