Bonjour !
Je suis actuellement étudiant en L3 de Lettres Modernes et je dois préparer une leçon sur la tante Léonie.
J'ai su repéré les points importants de ce personnage :
La dévote. (figure christique : sa maison est bâtie dans la rue du Saint Esprit ; ses "vertèbres" (les pointes de l'armature de ses faux cheveux ?) qui forment une couronne d'épines; la statuette de la Vierge placée à son chevet; la dégustation de la madeleine dominicale avec le jeune marcel est-elle une forme de simulacre de communion ? La madeleine étant l'hostie.); Elle vit également recluse comme une nonne.
=> Préfiguration de La Prisonnière
La neurasthénique. (La neurasthénique semble indissociable de la dévote ("On trouvait des livres de messe et des ordonnances de médicaments, tout ce qu'il fallait pour suivre de son lit les offices et son régime"); incommodée par peu de choses (une gorgée d'eau de Vichy); elle voit la maladie partout ( "Comment, Françoise, encore des asperges ! mais c'est une vraie maladie d'asperges que vous avez cette année") une hypocondrie latente ("Ma tante pouvait lui dire vingt fois en une minute : "C'est la fin, ma pauvre Eulalie".); d'un point de vue extérieur, elle a l'air d'une folle (perruque mal arrangée, elle soliloque devant le portrait de son mari)
Son "petit traintrain." Elle ne sort jamais de ses habitudes, (les visites du dimanche, le déjeuner avancé d'une heure le samedi à cause des courses de Françoise; L'habitude nous permet de moins souffrir (ici de son état de santé mais aussi de la perte de son mari) mais elle a un défaut : elle nous empêche de changer; Léonie a aussi des habitudes alimentaires (la madeleine qu'elle offre à Marcel, elle tient aussi à sa purée.) Cependant, même si son état est faible et l'empêche de changer (comme le nénuphar : "je la retrouvais de promenade en promenade dans la même situation, faisant penser à certains neurasthéniques.") elle peut être en proie à des pulsions féroces lorsqu'elle souhaite par exemple voir sa maison ravagée par un incendie et s'imagine en unique survivante, sortie de sa morne existence.
Ses relations ambigües avec Françoise et Eulalie. (Eulalie procure du plaisir à Léonie lors de ses visites, l'attente d'Eulalie ressemble à des préliminaires amoureux : "Etat agréable d'abord mais bien vite douloureux" , "Trop prolongée cette volupté d'attendre tournait au supplice"; Si Eulalie arrive en retard, Léonie peut s'évanouir; Elle possède une ascendance sur la tante; Françoise, elle, veut faire le vide autour de sa maîtresse, elle est la gardienne du sanctuaire, elle règne sans partage ("Pendant les quinze jours que dura la maladie de ma tante, Françoise […] ne laissa personne lui donner aucun soin.")
=> Préfiguration de Sodome et Gomorrhe; sadisme; ("Un sentiment que nous avions pris pour de la haine et qui était de la vénération et de l'amour") Léonie soupçonne aussi Françoise de la voler et lui fait des scènes. Conception de l'amour proustien ?
Elle possède l'émotion artistique (Elle transforme en événement, et sans y assister, les péripéties de son voisinage; Elle comprend que lire ce n'est pas que passer son temps à s'amuser; C'est elle qui lui apprend à contempler les bottes d'asperges; Elle accorde une grande importance à ses sens, elle analyse la moindre de ses sensations; Elle lit les légendes des assiettes ("Ma tante s'amusait à lire la légende de celle qu'on lui servait ce jour-là : […] Ali-Baba et les quarante voleurs." | "quand nous étions encore assis devant les assiettes des Milles et une Nuits"))
Le voyeurisme (elle observe tout depuis sa chambre qui lui sert d'observatoire sur le microcosme social de Combray; Françoise et Eulalie sont ses émissaires et elles lui rapportent les informations fraîches de la journée.
La transmigration (ou métempsycose; Les traits dus à l'hérédité du sang se retrouvent chez Marcel; Comme sa tante, il est sujet à l'anxiété nerveuse (il souffre d'insomnie), comme elle, il parle aux objets inanimés (au clocher d'une église pour lui, à un portrait d'un défunt pour elle); À la fin du long récit, dans Le Temps Retrouvé, il réincarne sa tante, il lui ressemble de plus en plus, il reste couché et invente des comédies pour surprendre ses proches en flagrant délit de tromperie ("Ce qui me faisait si souvent rester couché, c'était un être mais un être plus puissant sur moi […] c'était ma tante Léonie.")
=> Ainsi, même si la tante Léonie apparaît uniquement dans Combray II, elle reste tout de même présente tout au fil du récit dans le corps de Marcel.
J'ai aussi fait part de ces idées à mon professeur, il m'a répondu, que pour mon plan, il fallait partir de tout ce qui séparait le narrateur de sa tante pour terminer par leur entente profonde. Il m'a également dit de m'attarder sur le charme, les rites et le ridicule de la bourgeoisie de campagne.
Même si je vois ce qui peut rapprocher la tante Léonie de Marcel, j'ai plus de difficulté à voir ce qui les sépare… Mis à part la différence d'âge et la possibilité pour Marcel de se mouvoir contrairement à sa tante.
Je suis actuellement étudiant en L3 de Lettres Modernes et je dois préparer une leçon sur la tante Léonie.
J'ai su repéré les points importants de ce personnage :
La dévote. (figure christique : sa maison est bâtie dans la rue du Saint Esprit ; ses "vertèbres" (les pointes de l'armature de ses faux cheveux ?) qui forment une couronne d'épines; la statuette de la Vierge placée à son chevet; la dégustation de la madeleine dominicale avec le jeune marcel est-elle une forme de simulacre de communion ? La madeleine étant l'hostie.); Elle vit également recluse comme une nonne.
=> Préfiguration de La Prisonnière
La neurasthénique. (La neurasthénique semble indissociable de la dévote ("On trouvait des livres de messe et des ordonnances de médicaments, tout ce qu'il fallait pour suivre de son lit les offices et son régime"); incommodée par peu de choses (une gorgée d'eau de Vichy); elle voit la maladie partout ( "Comment, Françoise, encore des asperges ! mais c'est une vraie maladie d'asperges que vous avez cette année") une hypocondrie latente ("Ma tante pouvait lui dire vingt fois en une minute : "C'est la fin, ma pauvre Eulalie".); d'un point de vue extérieur, elle a l'air d'une folle (perruque mal arrangée, elle soliloque devant le portrait de son mari)
Son "petit traintrain." Elle ne sort jamais de ses habitudes, (les visites du dimanche, le déjeuner avancé d'une heure le samedi à cause des courses de Françoise; L'habitude nous permet de moins souffrir (ici de son état de santé mais aussi de la perte de son mari) mais elle a un défaut : elle nous empêche de changer; Léonie a aussi des habitudes alimentaires (la madeleine qu'elle offre à Marcel, elle tient aussi à sa purée.) Cependant, même si son état est faible et l'empêche de changer (comme le nénuphar : "je la retrouvais de promenade en promenade dans la même situation, faisant penser à certains neurasthéniques.") elle peut être en proie à des pulsions féroces lorsqu'elle souhaite par exemple voir sa maison ravagée par un incendie et s'imagine en unique survivante, sortie de sa morne existence.
Ses relations ambigües avec Françoise et Eulalie. (Eulalie procure du plaisir à Léonie lors de ses visites, l'attente d'Eulalie ressemble à des préliminaires amoureux : "Etat agréable d'abord mais bien vite douloureux" , "Trop prolongée cette volupté d'attendre tournait au supplice"; Si Eulalie arrive en retard, Léonie peut s'évanouir; Elle possède une ascendance sur la tante; Françoise, elle, veut faire le vide autour de sa maîtresse, elle est la gardienne du sanctuaire, elle règne sans partage ("Pendant les quinze jours que dura la maladie de ma tante, Françoise […] ne laissa personne lui donner aucun soin.")
=> Préfiguration de Sodome et Gomorrhe; sadisme; ("Un sentiment que nous avions pris pour de la haine et qui était de la vénération et de l'amour") Léonie soupçonne aussi Françoise de la voler et lui fait des scènes. Conception de l'amour proustien ?
Elle possède l'émotion artistique (Elle transforme en événement, et sans y assister, les péripéties de son voisinage; Elle comprend que lire ce n'est pas que passer son temps à s'amuser; C'est elle qui lui apprend à contempler les bottes d'asperges; Elle accorde une grande importance à ses sens, elle analyse la moindre de ses sensations; Elle lit les légendes des assiettes ("Ma tante s'amusait à lire la légende de celle qu'on lui servait ce jour-là : […] Ali-Baba et les quarante voleurs." | "quand nous étions encore assis devant les assiettes des Milles et une Nuits"))
Le voyeurisme (elle observe tout depuis sa chambre qui lui sert d'observatoire sur le microcosme social de Combray; Françoise et Eulalie sont ses émissaires et elles lui rapportent les informations fraîches de la journée.
La transmigration (ou métempsycose; Les traits dus à l'hérédité du sang se retrouvent chez Marcel; Comme sa tante, il est sujet à l'anxiété nerveuse (il souffre d'insomnie), comme elle, il parle aux objets inanimés (au clocher d'une église pour lui, à un portrait d'un défunt pour elle); À la fin du long récit, dans Le Temps Retrouvé, il réincarne sa tante, il lui ressemble de plus en plus, il reste couché et invente des comédies pour surprendre ses proches en flagrant délit de tromperie ("Ce qui me faisait si souvent rester couché, c'était un être mais un être plus puissant sur moi […] c'était ma tante Léonie.")
=> Ainsi, même si la tante Léonie apparaît uniquement dans Combray II, elle reste tout de même présente tout au fil du récit dans le corps de Marcel.
J'ai aussi fait part de ces idées à mon professeur, il m'a répondu, que pour mon plan, il fallait partir de tout ce qui séparait le narrateur de sa tante pour terminer par leur entente profonde. Il m'a également dit de m'attarder sur le charme, les rites et le ridicule de la bourgeoisie de campagne.
Même si je vois ce qui peut rapprocher la tante Léonie de Marcel, j'ai plus de difficulté à voir ce qui les sépare… Mis à part la différence d'âge et la possibilité pour Marcel de se mouvoir contrairement à sa tante.



