Compréhension d’une citation de Paul Clavier

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je passe bientôt les TPE et j'ai cité dans mon travail (qui porte sur la xénogreffe - je travaille avec deux filles en 1ère S 🙂 ) la citation suivante :
La vie la plus obscure peut rayonner d’humanité quand elle passe du moi au nous. Quelle que soit notre capacité de transformer l’organisme vivant, de le manipuler, de l’éliminer quand il est considéré comme gênant, inutile, voire nuisible, la vie reste un don irremplaçable. On a beau se convaincre que, dans certains cas, une vie ne vaut rien, il n’en reste pas moins, comme l’écrivait André Malraux, que rien ne vaut une vie.

Paul Clavier
Or, après en avoir discuté avec un professeur, je me suis rendu compte que la citation n'était peut être pas très claire. J'ai bien peur que l'examinateur me demande d'éclaircir cette citation, ainsi j'aimerais bien connaître vos avis et interprétations. Étant donné que nous travaillons sur la xénotransplantation et que c'est transgresser l'éthique, nous avons bien préparé l'oral et comptons nous situer dans le futur, lorsque la xénogreffe serait chose courante (référence au film Mr.Nobody 😀 ).

Mon interprétation de la citation serait plutôt : sommes-nous prêts à aller aussi loin ? On cherche toujours à prolonger la vie mais ne devons-nous pas plutôt apprendre à l'apprécier et à la vivre pleinement ? Devrons-nous pour vivre plus longtemps, subir les mutations et les diktats imposés par la science au risque de perdre notre bien le plus précieux : notre humanité ?

Bref, j'aimerais bien connaître vos avis et lire des interprétations différentes. Merci !

Tamara
Janvier 2013.
Le contexte :
Nul n’est irrémédiablement seul.

En un sens, notre vie est bien la nôtre, mais elle ne nous appartient pas totalement. Pourquoi ? Indépendamment de toute croyance religieuse, nous pouvons reconnaître que nous la devons à quelqu’un. Du fait que nous vivons, nous pouvons nous dire que nous devons la vie à quelqu’un. Nous avons le devoir de respecter la vie reçue et celle des autres. Aussi dramatiques que soient les circonstances dans lesquelles nous venons au monde, cet événement de notre conception et de notre naissance a une identité, un visage, un nom. C’est toi, c’est moi, c’est nous.

Parachutée dans la communauté humaine, même écrasée par la violence ou le désespoir, chaque vie est une chance à saisir. Nul n’est irrémédiablement seul au monde. Qui sait si sa vie, qu’il trouve sans valeur, n’aura pas du prix aux yeux d’autrui ? Qui sait si ceux qui l’entourent, le soignent, tentent de le réconforter, ne donnent pas à cette vie une valeur inestimable ?

La vie la plus obscure peut rayonner d’humanité quand elle passe du moi au nous.

La vie la plus obscure peut rayonner d’humanité quand elle passe du moi au nous. Quelle que soit notre capacité de transformer l’organisme vivant, de le manipuler, de l’éliminer quand il est considéré comme gênant, inutile, voire nuisible, la vie reste un don irremplaçable. On a beau se convaincre que, dans certains cas, une vie ne vaut rien, il n’en reste pas moins, comme l’écrivait André Malraux, que rien ne vaut une vie.
Je retire de cette citation deux pistes fondamentales :
- la vie est transcendante, elle est reçue donc elle ne nous appartient pas,
- la vie doit s'apprécier non seulement en fonction de la personne (elle n'est pas une manifestation anonyme mais s'incarne ans un moi qui a conscience de lui) mais aussi dans son inscription dans un ensemble plus vaste qui est la communauté humaine (mon destin n'est plus individuel, je le partage avec des semblables, eux-mêmes des personnes irréductibles).
Votre exposé ouvre sur des questions éthiques concernant la manipulaltion du vivant, particulièrement ardues lorsqu'il s'agit de l'être humain.
Il pose en particulier la légitimité d'un mécano humain, la cannibalisation du corps, la promotion du don d'organes, la question de l'intégrité et de la finalité du corps humain, des limites imposées par la nature….Qui a droit de vivre ? qui ne l'a pas ?
La citation dénonce implicitement l'eugénisme.
Il pose en particulier la légitimité d'un mécano humain, la cannibalisation du corps, la promotion du don d'organes, la question de l'intégrité et de la finalité du corps humain, des limites imposées par la nature….Qui a droit de vivre ? qui ne l'a pas ?
La citation dénonce implicitement l'eugénisme.
Peut-être même, au-delà, dénonce-t-elle "le suicide assisté", car, dans cette configuration, l'individu lui-même n'aurait pas la liberté de décider de sa mort.
Ce qui apporterait un bémol à la thèse évoquée.
Merci beaucoup ! 🙂