Bonsoir à tous !
Navrée de ressortir les "vieux dossiers" (la notion de vieillesse est relative à chacun, mais bon vous m'aurez comprise… 🙂 ), mais je viens de m'apercevoir de la réponse de Lavanda et, de peur qu'elle n'interprète mon silence comme de l'indifférence ou de l'impolitesse, je m'empresse de répondre, avec deux semaines de retard…
Etre capable de citer la Bible comme accroche montre déjà une bonne culture littéraire ^^
Ou peut être vu comme de la provocation 😀
La littérature aurait plutôt dû occuper toute une partie. Ce plan aurait peut-être convenu pour une dissertation de Bac, mais pour le Concours Général c'est assez médiocre. --'
Ton plan est assez personnel, il est basé majoritairement, me semble t-il, sur l'analyse de la citation. Ne sois pas péjorative comme cela ! Le concours général est avant tout une affaire de courage, de témérité, de virtuosité, surtout dans le style d'après ce que j'ai compris. Si tu t'es investi(e) stylistiquement parlant, tu n'as pas à être pessimiste à ce point ! (même si seulement 0.1% des candidats déjà triés sur le volet par leur professeur sont récompensés… au maximum… 🙄 ).
Je serais curieuse de connaître vos plans et problématiques
Voici ce que j'ai fait : (ceci est un copié-collé depuis un message que j'ai envoyé à plusieurs professeurs du forum…. Ah… que c'est mal d'être flemmarde 😂 )
Comme dit précédemment, en intro, j'ai amorcé par la citation "In principio erat Verbum", que j'ai attribué à St Paul alors qu'elle est de la main de St Jean… 😐 Beaucoup de blabla pour déboucher sur le style et l'analyse du sujet.
Je suis donc parvenue à cette problématique, très pédante mais qui je crois ne veut pas dire grand-chose :
La quintessence du style est-elle son apparente inexistance ?
Plan détaillé :
I. Le style "doit passer inaperçu"1- Plaisir de la lecture provient en partie de la fluidité du style.
Lecteur doit être porté par l'ensemble du texte sans butter à chaque mot/phrase sur le travail stylistique
Ex : - Les descriptions impressionnistes des étoffes, Au bonheur des Dames, Zola : on ne s'arrête pas sur chaque "coup de pinceau" de l'écrivain
- Même chose pour les clairs obscurs dans La Condition Humaine de Malraux
2- La condition de l'écrivain est de travailler dans l'ombre, de cacher son travail
De là il tire à la fois souffrance et satisfaction.
Ex : "Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé" Nerval, El desdichado.
L'artiste incarne solitude et mystère, il atteint sa condition en masquant son art
3- L'idéal stylistique est à l'origine divin, et doit donc être insaisissable
Comme les dieux que les Hommes ne peuvent voir, le style doit être invisible, transparent, pour tendre vers son essence
Ex : L'Etranger, Camus = Factuel -> Le travail stylistique est tel que le lecteur ne peut le sentir -> Un idéal dans la littérature moderne.
(Quelle bêtise. Il fallait ici citer Flaubert !!!)
II. Y-a t-il un intérêt à montrer le style ?1- Une sorte de complicité avec le lecteur
Le lecteur aime à reconnaître le style d'un auteur, à les différencier. "Le livre d'un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui" Delacroix. Donc l'auteur doit satisfaire le lecteur sur ce point pour ennoblir son œuvre
Ex : Ironie de Stendhal, Le Rouge et Le Noir -> Le lecteur reconnaît son style et est même pris à partie : il jubile
2- L'idéal de l'écrivain : relever les défis stylistiques propres à son époque et souligner ses conceptions esthétiques
Ex : Chateaubriand, Atala : Relève le défi de la démesure et de l'épanchement = Montre son appartenance au Romantisme
3- L'opacité des mots ("vitres dépolies") révèle la beauté de l'écriture
Les mots doivent avoir une consistance ostensible = illustre la richesse de l'écriture
Ex : - Hypotypose : les mots sont des images : Hugo, Les Djinns
"Murs, ville
Et port,
Asile
De mort
[…]
- Musicalité des mots : Les sanglots longs, Verlaine avec les diérèses
III. "La valeur de la prose", ne serait ce pas le fond ?1- L'essence de l'écriture = analyse du cœur humain
Sentiments au cœur de l'écriture : "Ah : Frappe toi le cœur, c'est là qu'est le génie" Musset
L'auteur doit analyser les émotions : Daphnis et Cholé, Longus : Ἐδόκει δὲ τῇ Χλόῃ θεωμένῃ καλὸς ὁ Δάφνις, ὅτι δὲ μὴ πρότερον αὐτῇ καλὸς ἐδόκει, τὸ λουτρὸν ἐνόμιζε τοῦ κάλλους αἴτιον.
2- "Tout art est une imitation de la nature", Sénèque
Mission de la littérature = révéler la complexité du monde
Ex : Bel-Ami, Maupassant = Le Paris changeant du XIXe
Le sixième Jour, Chédid : Décrit l'atmosphère du Caire au XXe siècle, là est ce pourquoi elle a pris la plume !
3- L'écrivain a pour mission de renseigner l'Homme sur l'Homme
Révèle la condition de l'être, qu'il parvient à saisir -> ce "qu'il choisi de dire"
Ex : La Matrone d'Ephèse, Pétrone : Carpe Diem / Leçon de vie donnée : Vis tu reviviscere! Vis discusso muliebri errore! Quam diu licuerit, lucis commodis frui!
Soleils Couchants, Hugo : Condition éphémère de l'Homme dévoilée ici VS cycle éternel de la nature
Conclusion… Pas d'ouverture ! J'ai simplement fini sur ceci : Ainsi, il semble finalement que l'idéal de l'écrivain est la recherche d'un équilibre parfait entre fond et forme, ces "lutteurs éternels", ces "frères implacables" !
Voilà voilà… Et je crois avoir mal orthographié les Djinns… Le tout en 6 heures sur 9-10 pages. Bref, une expérience plaisante, bien que je sois quasi certaine de ne pas être récompensée…
J'ai eu des retours de plusieurs membres bienveillants du forum via mp (Jean-Luc et floreale principalement, Jehan et Jacques ont également pris le temps de me répondre… bref j'ai été redirigée et suis passée entre plusieurs mains expertes 😀 ) et ils m'ont donné plusieurs clés de compréhension du sujet et même les plans et axes de réflexion qu'ils auraient suivis, j'attends leur accord pour les poster et les partager publiquement 🙂
Merci d'avoir répondu en tout cas !
Cordialement 🙂