Versification du poème 61 de Catulle
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Bonjour aux fins latinistes.
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer la versification utilisée dans le poème 61 de Catulle? (Collis o Heliconiei…) Après une demi-heure sur Google, je nage toujours…
Je n'ai pas besoin des détails, seulement de savoir comment s'appellent ce type de strophe et les différents vers qui la composent.
Merci d'avance. 🙂
J-L P.
Ce poème est en strophes de cinq vers (quatre glyconiques et un phérécratéen)
cordialement
Merci. La strophe porte-t-elle un nom?
Selon Grimal (Le lyrisme à Rome PUF, 1978, p.99), cette strophe s'appelle " strophe glyconique".
Un grand merci ! 🙂
Hum! Je reviens à la charge car je n'arrive pas à faire coïncider les vers avec ce que je trouve sur la scansion du vers glyconique. 😞
Quelqu'un serait-il capable de me scander une strophe, par exemple celle-ci :
Jam licet venias, marite :
uxor in thalamo tibi est,
ore floridulo nitens,
alba parthenice velut
luteumve papauer.
Je lui en serais très reconnaissant. 😀
Cette strophe contient bien quatre glyconiques suivis d'un phérécratéen.
Le problème est que les Romains ont modifié la structure et surtout la rythmique du glyconique, qui pouvait du reste avoir de multiples variantes dans la lyrique grecque.
La manière la plus économique d'analyser ce glyconique romain, c'est de considérer qu'il est formé sur la base du phérécratéen avec l'adjonction d'un pied, ce dernier étant la plupart du temps catalectique.
Dans la strophe que tu proposes, on a donc :
vers 1 : trochée + dactyle + trochée + trochée complet (apparemment très rare)
vers 2 - 3 - 4 : trochée + dactyle + trochée + pied catalectique.
On a donc quatre glyconiques dans lesquels la coupe est trihémimère, ce qui désorganise complètement la structure du vers grec, formé de deux côla (donc commençant par deux trochées cf les tragiques).
vers 5 : trochée + dactyle + trochée = phérécratéen pur.
Magnifique, Jacques! Un grand merci.
Je me souvenais (depuis l'agrégation) que ces strophes pouvaient être difficiles, et la subtilité de ton analyse le confirme.
Je crois que je vais dispenser mes élèves d'apprendre à scander ces vers! 😀
Dans la poésie romaine, il y a tout de même moins de variantes métriques que dans la poésie grecque, même chez Horace.
Jean-Luc, si tu veux faire faire un travail facile à tes élèves, donne-leur le poème 4 à scander ! 😀
Voyons voir… Mon édition ne dit pas de quoi il s'agit, mais à vue de nez… vers iambiques?
Eh oui, 27 sénaires iambiques purs. Un peu monotone, comme rythme.
Des p'tits iambes, des p'tits iambes, toujours des p'tits iambes…
Aucun intérêt pédagogique.
Un peu quand même : le jury d'Ulm demande que les candidats sachent scander le distique élégiaque ET le sénaire iambique. 🙂
Oui, c'est normal. Le sénaire iambique avec substitutions peut tendre des pièges, mais chez les Comiques, pas chez Catulle.
Quelle est la différence, s'il y en a une, entre l'hexamètre dactylique et le sénaire iambique ? Je n'ai jamais entendu cette seconde expression - et pourtant, il paraît que je devrais savoir scander ce type de vers !
Ma question est peut-être complètement inepte (cela dit, je n'aurais pas besoin de la poser si je maîtrisais le sujet), j'espère que vous voudrez bien m'en excuser !
Le seul point commun est le nombre de pieds : 6 pour les deux vers.
Mais :
- L'hexamètre dactylique est théoriquement formé de cinq dactyles et d'un spondée ou d'un trochée, la quantité de la dernière syllabe étant indifférente.
Cependant, à la place des dactyles figurent souvent des spondées. Le 5ème est en principe un dactyle.
Principe : -˘˘/-˘˘/-˘˘/-˘˘/-˘˘/-˘ou - -
Ex : Accidit haec fessis etiam fortuna Latinis (Virgile)
dactyle + spondée + dactyle + spondée + dactyle + trochée
Le premier temps est le temps fort, le rythme est donc descendant.
C'est le vers épique par excellence.
- Le sénaire iambique est théoriquement formé de six iambes. Il est rarement pur (sauf dans quelques poèmes de Catulle). Ordinairement, toutes sortes de pieds peuvent se substituer à l'iambe. Le spondée (--), le dactyle (-˘˘) le tribraque (˘˘˘), l'anapeste (˘˘-), etc…
Principe ; ˘-/˘-/˘-/˘-/˘-/˘- ou˘˘
Ex 1 : Opus foret volare sive linteo (Catulle)
six iambes.
Ex 2 : Fictis jocari nos meminerit fabulis (Plaute)
spondée + iambe + spondée + tribraque + spondée + iambe.
C'est le deuxième temps qui est le temps fort, même dans le dactyle, et le troisième dans l'anapeste. On a donc un rythme ascendant.
C'est le vers des Comiques et de Phèdre.
latucancita: outre les pièces de Catulle en sénaires iambiques purs ( c.4; c. 29;c. 52), vous rencontrez un sénaire iambique pur aussi chez Horace, Epodes, 3,1: " Beatus ille qui procul negotiis".
Vous serait-il utile de connaître l'existence du choliambe, appelé aussi scazon: sénaire iambique dans lequel le dernier pied est un spondée, employé assez souvent chez Catulle ( a-e c. 8, 17-18; c. 31,1; c. 37,1)
Jean- Luc Picard: à titre d'information, dans la pièce 61 de Catulle sur laquelle vous vous interrogez , le vers 25 "Nutriunt (h)umore" est chez lui un exemple unique de phérécratéen avec un spondée central.
Cordialement
Les galliambes de la pièce 63 sont amusants à scander… 😜
"Gall, amant de la reine,…" . Oui j'ai honte de ce rapprochement … allez, je coupe… 😐
Merci beaucoup, Jacques et poenulus ! Me voilà bien informée !
A propos de Catulle c.61,191,le glyconique est correct à condition d'admettre la synaphie 😞 , possible dans ce genre de vers, synaphie qui permet l'élision de la voyelle finale du vers 191, sur la voyelle initiale du vers suivant: marit(e) uxor…
… Je vais prendre une aspirine, moi…
cordialement
Je verrai cela. Pour l'instant, je suis dans les plaintes d'Attis, écrites en vers galliambiqués… 😀
Ah oui, c'est toujours dans la même strophe, je n'avais pas le livre avec moi ce matin. Oui, il est possible que le -e de marite soit élidé. Aux vers 46 - 47, le participe amatis est réparti sur deux vers, ce qui suppose une continuité possible d'un vers à l'autre, comme en grec :
Quis deus magis est ama-
tis petendus amantibus ?