Bonjour à tous!
Étant bloquée pour effectuer mon oral de français (classe de 3ème), je viens vers vous en espérant avoir un peu de votre temps..
Je dois, dans un premier temps, trouver un poème qui s'intéresse au monde moderne. Cependant, j'ai quelques difficultés à trouver un poème dit "moderne". En effet, j'ai trouvé le poème Aube de Rimbaud, seulement, les poèmes modernes que nous avions étudié en classe sont écrit en prose, or, Aube n'est pas écrit sous cette forme..
Est-ce un poème moderne tout de même ?
Ensuite, je dois présenter ma recherche à l'oral en respectant le plan suivant :
1) Introduction : présentation du texte, de l'auteur, annonce du plan
2) Lecture du texte
3) a. Un texte poétique : je dois expliquer en quoi ce texte est poétique (forme, rythme, jeu sur les sonorités..)
4) b. Un sujet du monde moderne (caractéristique de ce sujet)
5) Conclusion : Quelles est l'originalité de ce texte ? + mon avis sur ce texte.
Pour ne pas abuser de votre gentillesse ET aussi parce que c'est à moi de faire ce travail et non à vous (ce serait trop facile sinon 😜) j'aimerais, si possible, que vous me dites si Aube est bien un poème moderne malgré qu'il ne soit pas écrit en prose. Si cela n'est pas le cas, je me permet d'ajouter que j'ai effectué des recherches avant de venir sur ce forum et je ne viens pas sans rien avoir cherché, si vous pouviez m'aiguiller sur certains poèmes modernes (j'ai trouvé que Rimbaud, Baudelaire et Verlaine, sont, me semble t-il, des poètes modernes ou du moins l'ont été au cours de leur vie).
En attendant, je l'espère, des réponses m'aidant pour mon sujet,
Je vous remercie d'avoir pris de votre temps pour le lire,
Je vous souhaite à tous une excellente journée,
Cordialement.
NB : Je m'excuse par avance de mes fautes.
On peut considérer "Aube" comme "moderne" par rapport à ce qui précède en poésie mais ce n'est pas vraiment un regard qui s'intéresse au monde moderne.
ta demande reste quand même vague. il y a de la modernité chez Baudelaire, chez Apollinaire, chez Verhaeren et tant d'autres.
Comme tu devras présenter un poème, il faut donc tenir compte de tes goûts, c'est important.
Juste une suggestion mais très subjective :
Monsieur interroge Monsieur
Monsieur, pardonnez-moi
de vous importuner
quel bizarre chapeau
vous avez sur la tête !
-Monsieur vous vous trompez
car je n’ai plus de tête
comment voulez-vous donc
que je porte un chapeau !
- Et quel est cet habit
dont vous êtes vêtu ?
- Monsieur je le regrette
mais je n’ai plus de corps
et n’ayant plus de corps
je ne mets plus d’habit.
- Pourtant lorsque je parle
Monsieur vous répondez
et cela m’encourage
à vous interroger :
-Monsieur quels sont sont ces gens
Que je vois rassemblés
Et qui semblent attendre
Avant d’avancer ?
-Monsieur ce sont des arbres
Dans une plaine immense
Ils ne peuvent pas bouger
Car ils sont attachés.
-Monsieur Monsieur Monsieur
Au-dessus de nos têtes
Quels sont ces yeux nombreux
Qui dans la nuit regardent ?
-Monsieur ce sont des astres
Ils tournent sur eux-mêmes
Et ne regardent rien.
-Monsieur quels sont ces cris
Quelque part on dirait
On dirait que l’on rit
On dirait que l’on pleure
On dirait que l’on souffre ?
-Monsieur ce sont les dents
Les dents de l’océan
Qui mordent les rochers
Sans avoir soif ni faim
Et sans férocité.
- Monsieur quels sont ces actes
ces mouvements de feux
ces déplacements d’air
ces déplacements d’astres
roulements de tambour
roulements de tonnerre
on dirait des armées
qui partent pour la guerre
sans avoir d’ennemi ?
– Monsieur c’est la matière
qui s’enfante elle-même
et se fait des enfants
pour se faire la guerre.
-Monsieur soudain ceci
soudain ceci m’étonne
il n’y a plus personne
pourtant moi je vous parle
et vous, vous m’entendez
puisque vous répondez !
- Monsieur ce sont les choses
qui ne voient ni entendent
mais qui voudraient entendre
et qui voudraient parler.
- Monsieur à travers tout
quelles sont ces images
tantôt en liberté
et tantôt enfermées
cette énorme pensée
où des figures passent
où brillent des couleurs ?
- Monsieur c’était l’espace
et l’espace
se meurt.
Jean Tardieu
LES POEMES CONTAGIEUX
Un mal déplorable affecta la ville. Les poètes étaient nombreux. Leurs poèmes les cernaient, les investissaient, s’installaient et s’imprimaient sur leurs faces. Ils déambulaient avec. Tous les habitants de la ville pouvaient les lire. Intrigués ils les lisaient. C’est alors que s’étendit le mal. Car aussitôt le visage du lecteur muait, devenait comme feuille de parchemin bosselée que noircissaient les mots du poème. La ville fut contaminée. L’ordre perturbé. Le travail ralenti. On s’arrêtait pour lire sur le visage de l’autre quel poème avait surgi. Sans compter son apparence dénaturée. On sévit. On emprisonna les poètes. On déchira leurs poèmes. On les condamna à des travaux harassants qui desséchaient l’inspiration. Alors lentement l’ordre revint dans la ville. Les visages redevinrent des visages sans poèmes. Mais parfois avec quelque poésie.
Guy Levis Mano
extrait de "C'était hier et c'est demain", éd. Seghers, 2004
Intervention
Autrefois, j'avais trop le respect de la nature. Je me mettais devant les
choses
et les paysages et je les laissais faire.
Fini, maintenant "j'interviendrai"
J'étais donc à Honfleur et je m'y ennuyais.
Alors résolument, j'y mis du chameau. Cela ne paraît pas fort indiqué.
N'importe, c'était mon idée. D'ailleurs, je la mis à exécution avec la plus
grande prudence. Je les introduisis d'abord les jours de grande affluence, le
samedi sur la place du Marche'. L'encombrement devint indescriptible et les
touristes disaient : " Ah ! ce que ça pue ! Sont-ils sales les gens d'ici ! "
L'odeur gagna le port et se mit à terrasser celle de la crevette. On sortait
de la foule plein de poussières et de poils d'on ne savait quoi.
Et la nuit, il fallait entendre les coups de pattes des chameaux quand ils
essayaient de franchir les écluses , gong ! gong ! sur le métal et les madriers !
L'envahissement par les chameaux se fit avec suite et sûreté.
On commençait à voir les Honfleurais loucher à chaque instant avec
ce regard soupçonneux spécial aux chameliers, quand ils inspectent
leur caravane pour voir si rien ne manque et si on peut continuer à faire
route ; mais je dus quitter Honfleur le quatrième jour.
J'avais lancé également un train de voyageurs. Il partait à toute allure de
la Grand-Place, et résolument s'avançait sur la mer sans s'inquiéter de la
lourdeur du matériel ; il filait en avant, sauvé par la foi.
Dommage que j'aie dû m'en aller, mais je doute fort que le calme renaisse
tout de suite en cette petite ville de pêcheurs de crevettes et de moules.
Henri Michaux (Mes propriétés)
En fait, dans un premier temps, je dois trouver un poème qui, je cite "s'intéresse au monde moderne", c'est ce que ma professeur nous a dit.
Pour vous indiquer à peu près quel style moderne nous avons étudié en classe à travers les poèmes, on a travaillé sur Les ombelles et Le cageot de Francis Ponge.
Je suis navrée, mais dans les textes fournis par vos soins floreale, aucun ne me plait, j'en suis navrée..
Je crois avoir trouver un poème, c'est Enivrez-vous de Baudelaire, qu'en pensez-vous?
Ne sois surtout pas navrée. 🙂
Un choix poétique est très subjectif.
D'accord 🙂
Je pense être bien partie à présent, si j'ai un quelconque problème je reviens vers vous, en tout cas, je vous remercie vraiment sincèrement!