Je dois faire une lecture analytique du texte discours contre fortune de Ronsard
Je veux aucunefois abandonner ce monde,et je voulais savoir quel était l'effet procuré par les nombreuses allitérations en L de la seconde partie du poème. Le poème étant divisé en 2 parties:
Et hazarder ma vie aux fortunes de l’onde,
Pour arriver au bord auquel Villegaignon
Sous le pole Antarctique a semé vostre nom ;
Mais chetif que je suis, pour courir la marine
Par vagues et par vents, la fortune maline
Ne m’abandonneroit, et le mordant esmoy
Dessus la poupe assis viendroit avecques moy.
Docte Villegaignon, tu fais une grand’ faute
De vouloir rendre fine une gent si peu caute,
Comme ton Amerique, où le peuple incognu
Erre innocentement tout farouche et tout nu,
D’habits tout aussi nu qu’il est nu de malice,
Qui ne cognoist les noms de vertu ny de vice,
De senat ny de Roy ; qui vit à son plaisir,
Porté de l’appetit de son premier desir,
Et qui n’a dedans l’âme ainsi que nous emprainte
La frayeur de la loy qui nous fait vivre en crainte ;
Mais suivant sa nature et seul maistre de soy,
Soy-mesmes est sa loy, son senat et son Roy ;
Qui de coutres trenchans la terre n’importune,
Laquelle comme l’air à chacun est commune,
Et comme l’eau d’un fleuve, est commun tout leur bien,
Sans procez engendrer de ce mot tien et mien.
Pour ce, laisse-les là ; ne romps plus (je te prie)
Le tranquille repos de leur premiere vie ;
Laisse-les, je te pri’, si pitié te remord,
Ne les tourmente plus et t’enfuy de leur bord.
Las ! si tu leur apprens à limiter la terre,
Pour agrandir leurs champs ils se feront la guerre,
Les procez auront lieu, l’amitié defaudra,
Et l’aspre ambition tourmenter les viendra,
Comme elle fait icy nous autres pauvres hommes,
Qui par trop de raison trop miserables sommes.
Ils vivent maintenant en leur âge doré.
Or pour avoir rendu leur âge d’or ferré
En les faisant trop fins, quand ils auront l’usage
De cognoistre le mal, ils viendront au rivage
Où ton camp est assis, et en te maudissant
Iront avec le feu ta faute punissant,
Abominant le jour que ta voile premiere
Blanchit sur le sablon de leur rive estrangere.
Pour ce laisse-les là, et n’attache à leur col
Le joug de servitude, ainçois le dur licol
Qui les estrangleroit, sous l’audace cruelle
D’un tyran, ou d’un juge, ou d’une loy nouvelle.
Vivez, heureuse gent, sans peine et sans souci,
Vivez joyeusement ; je voudrais vivre ainsi !
v1 à 20: éloge des brésiliens
v21 a fin: mise en garde des dangers de la colonisation des peuples brésiliens
merci de vos réponses 🙂



