Deleuze, Francis Bacon : Logique de la sensation - C’est une erreur de croire que le peintre est…

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir, je suis en terminale s et j'ai une explication de texte en philo étant vraiment mauvais en philo je vient ici solliciter votre aide svp !

Le Texte :
DELEUZE - Francis Bacon. Logique de la sensation.

C’est une erreur de croire que le peintre est devant une surface blanche. La croyance figurative découle de cette erreur : en effet, si le peintre était devant une surface blanche, il pourrait y reproduire un objet extérieur fonctionnant comme modèle. Mais il n’en est pas ainsi. Le peintre a beaucoup de choses dans la tête, ou autour de lui, ou dans l’atelier. Or tout ce qu’il a dans la tête ou autour de lui est déjà dans la toile, plus ou moins virtuellement, plus ou moins actuellement, avant qu’il commence son travail. Tout cela est présent sur la toile, à titre d’images, actuelles ou virtuelles. Si bien que le peintre n’a pas à remplir une surface blanche, il aurait plutôt à vider, désencombrer, nettoyer. Il ne peint donc pas pour reproduire sur la toile un objet fonctionnant comme modèle, il peint sur des images déjà là, pour produire une toile dont le fonctionnement va renverser les rapports du modèle et de la copie. Bref, ce qu’il faut définir, ce sont toutes ces “ données ” qui sont sur la toile avant que le travail du peintre commence. Et parmi ces données, lesquelles sont un obstacle, lesquelles une aide, ou même les effets d’un travail préparatoire.

En premier lieu, il y a des données figuratives. La figuration existe, c’est un fait, elle est même préalable à la peinture. Nous sommes assiégés de photos qui sont des illustrations, de journaux qui sont des narrations, d’images-cinéma, d’images-télé. Il y a des clichés psychiques autant que physiques, perceptions toutes faites, souvenirs, fantasmes. Il y a là une expérience très importante pour le peintre : toute une catégorie de choses qu’on peut appeler “ clichés ” occupe déjà la toile, avant le commencement. C’est dramatique. Il semble que Cézanne ait effectivement traversé au plus haut point cette expérience dramatique : il y a toujours déjà des clichés sur la toile, et si le peintre se contente de transformer le cliché, de le déformer ou de le malmener, de le triturer dans tous les sens, c’est encore une réaction trop intellectuelle, trop abstraite, qui laisse le cliché renaître de ses cendres, qui laisse encore le peintre dans l’élément du cliché, ou qui ne lui donne pas d’autre consolation que la parodie.

Éditions de la différence, 1996, p. 57.

Si vous pouvez m'aidez juste à sortir la thèse et les grandes étapes du texte sa m'aiderait fortement !

Je n'arrive pas a comprendre le texte pour moi la thèse est qu'il y a une sorte de déterminisme artistique.
Le peintre ne part pas du Rien. Il doit plutôt vider le Trop pour trouver son originalité.
Merci beaucoup j'étais vraiment loin !

Et pour les étapes du texte comment ce texte est-il présenté svp parce que je ne vois vraiment pas !
En espérant que ce texte va t'éclairer :

https://www.uqtr.ca/AE/Vol_9/nihil/beaul.htm
Je ne comprend pas ce qu'il veut dire par croyance figurative et la phrase il peint sur des images déja là, pour produire une toile dont le fonctionnement va renverser les rapports du modèle et de la copie.

Ainsi que le terme clichés qui m'est flou svp.
Le tête d'un artiste est déjà pleine de ce qu'il a vu, admiré. La toile, avant de la peindre, il l'a imaginée …
D'accord merci et pour le terme croyance figurative ?
Bonjour,
Je dois faire une explication de texte sur ce texte aussi, et j'ai enormément de mal. Pourriez vous me donnez des pistes ?
Pourrais tu me donner les thèmes que tu as trouver ? Et ta problèmatique ? Je suis partie sur l'idée des éléments qui constituent une oeuvre, les "données". Mais c'est très flou pour moi, j'ai beaucoup de mal, et reprendre la philo après deux ans c'est assez difficile…
Merci d'avance pour votre aide !
En tant que cliché, je comprends plutôt perception que le peintre a de la réalité et qu''il reproduit malgré lui, car il est pétri d'images dont il est nécessairement empreint. Tu peux faire un parallèle avec l'écrivain qui n'écrit jamais à partir de rien mais puise toujours son imagination dans ce qu'on peut appeler une" bibliothèque virtuelle ". Ainsi, une problématique possible serait : en quoi la prouesse du peintre moderne serait de se détacher d'un déterminisme visuel , lequel pose un sceau indéfectible sur la production picturale de l'artiste ?

Attention à l'auteur du texte : c'est un peintre moderne qui n'a pas la même conception de la peinture que ces ancêtres qui s'attachaient à représenter fidèlement la réalité ( regarder ses tableaux sur ggole image) et jamais à s'en distancier.
Merci beaucoup ! Ta réponse m'éclaire !! Ce texte est très complexe, et très riche, mais une fois compris, il est agréable à étudier !
J'ai une autre question, je ne suis pas encore arrivée à l'étude de la deuxième partie, mais je ne comprend pas la phrase : "Nous sommes assiégés de photos qui sont des illustrations, de journaux qui sont des narrations, d'images-cinéma, d'images-télé." Je pense que c'est une phrase clé dans ce deuxième paragraphe, mais je ne la comprend pas bien, je ne vois pas comment l'expliquer et faire le lien avec le reste. Aurais-tu une idée ?
Merci d'avance !