La cible principale est / sont

Langue française

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Jehan a écrit :Et qu'en penses-tu, personnellement ?
Ce qui est écrit en gras (c'est moi qui ai graissé) au bas de cette réponse (cf. § 242 du Bon usage, 15e éd.).
Quand l’extension (§ 203) du syntagme sujet et celle du syntagme attribut sont identiques ou présentées comme telles, ces deux termes peuvent permuter sans que le sens de la phrase soit transformé : Paris est la capitale de la France → La capitale de la France est Paris.

Les grammairiens se sont demandé si le premier syntagme est sujet ou attribut dans la seconde phrase et dans des phrases comme les suivantes :
Son seul attrait était une chevelure blonde, épaisse et crêpelée, qui lui tombait jusqu’aux talons (Vidalie, Bijoutiers du clair de lune, i). — L’important n’est pas la valeur de la femme (Proust, cf. § 196, c, 2°). — La pire de toutes les duperies où puisse mener la connaissance des femmes est de n’aimer jamais, de peur d’être trompé ( Stendhal, Journal, 11 févr. 1805). — La vérité est que je m’en félicitais trop longuement ( Boylesve, Meilleur ami, p. 191).

Ceux qui définissent le sujet comme le point de départ de l’énoncé considèrent que le premier syntagme est toujours le sujet : voir notamment Warnant, dans le Fr. mod., janv. 1963, pp. 1-12. — Mais d’autres grammairiens estiment que Paris, une chevelure blonde…, n’aimer jamais, que je m’en félicitais trop longuement sont sujets, quel que soit l’ordre des éléments. G. et R. Le Bidois (§§ 1280, 1280bis) ont mis en avant des raisons logiques d’une application malaisée, comme le montre N. Ruwet ( Introd. à la gramm. générative, pp. 327-329), lequel se fonde plutôt sur la transformation au moyen de la formule de mise en relief C’est … qui (mettant en évidence le sujet, tandis que C’est … que met en évidence d’autres termes) : C’est Paris qui est la capitale de la France (et non *C’est la capitale de la France qui est Paris). On pourrait aussi poser les questions Qu’est-ce qui ? Qui est-ce qui ? conformément à ce qui a été dit au § 230 : Qu’est-ce qui est la capitale de la France ? C’est Paris (et non *Qu’est-ce qui est Paris ?). — De même, dans Benoît XVI est le pape actuellement régnant, il est possible de remplacer Benoît XVI par le pronom personnel sujet il : Il est le pape actuellement régnant ; si les termes sont inversés (Le pape actuellement régnant est Benoît XVI), le remplacement du premier terme par il est irréalisable : *Il est Benoît XVI. Comp. aussi, avec un attribut du complément d’objet direct : On considère Paris comme la capitale de la France, et non *On considère la capitale de la France comme Paris.+
Ces observations montrent que les syntagmes comme la capitale de la France sont mis en tête de la phrase, non en tant que sujets, mais en tant que thèmes (§ 229), et qu’ils restent alors des attributs.
Je suis sidérée de voir tant d'encre gaspillée pour en arriver à de telle conclusions.
Si l'on dit : La capitale de la France est Paris. La capitale de la France est sujet.
Si l'on choisit plutôt : Paris est la capitale de la France. Paris est sujet du verbe.
Est-il besoin d'en dire plus ?
N'est-ce pas ainsi que le français fonctionne, et pourquoi compliquer les choses quand, pour une fois, elles sont simples ?
Gabiana message 38 a écrit :La cible principale, ce sont les Indiens.
je ne vois pas que ce soit plus évident.
Ecrire La cible principale, c'est les Indiens. ne me poserait aucun problème, car c'est renvoie clairement à la cible principale .

Quoi qu'il en soit, pour la phrase qui nous concerne, après tant de messages je n'ai toujours pas compris s'il convient d'écrire :
Ma première surprise fut les câbles.
et
Les câbles furent ma première surprise.

c'est ce que la méthode BDL (c'est …qui) semble confirmer.
Ce sont les câbles qui furent ma première surprise. Ok
C'est ma première surprise qui fut les câbles. Là, je pète un câble que ce soit avec fut ou furent.
Pour en revenir au message 38, désolé de vous contrarier Gabiana, mais Ma première surprise, ce fut les câbles. ne froisse pas mes chastes oreilles, alors que Ma première surprise, ce furent les câbles. me ferait presque apprécier d'être sourd.
Cela dit, je ne suis peut-être pas le Mozart du siècle.
Paulang, est-ce que, en dehors même du contexte particulier que nous étudions, vous avez pour habitude d'accorder c'est, ce fut au pluriel ce sont, ce furent ?
Ecrivez-vous spontanément
Ce fut les plus belles années de ma vie ou Ce furent les plus belles années de ma vie
Ma jeunesse, ce fut les plus belles années de ma vie ou Ma jeunesse, ce furent les plus belles années de ma vie
C'est des responsabilités que d'être parent ou Ce sont des responsabilités que d'être parent
Être parent, c'est beaucoup de responsabilités ou Être parent, ce sont beaucoup de responsabilités
Non, tu n'es pas le Mozart du siècle. 😜
Les câbles furent ma première surprise est correct.
D'ailleurs, sans trahir les secrets du siècle, Paulang a sûrement dépassé largement l'âge de Mozart à sa mort. Il vaut mieux se poser la question : est-il le Fontenelle de ce siècle ? 😉
Oh, Lamaneur ! Je n'aurais pas osé. Je pensais que Paulang était un jeune étudiant en grammaire. 😉
Mais c'est toi qui as raison, chère Gabiana ! Ne sommes-nous pas tous d'éternels étudiants ?
Mais bien sûr ! Ce matin même je viens d'apprendre grâce à Jehan le verbe rancer.
Mon âge n'est pas un secret d'état. Bientôt 70 balais au compteur, et quand bien même je voudrais les oublier, mes articulations se chargent chaque jour de me les rappeler.
Cela étant, on est jeune tant que le désir d'apprendre ou de s'améliorer demeure.

Gabiana, j'ai bien dit message 26 que Les câbles furent ma première surprise me convenait et le confirme dans mon dernier message en appliquant la méthode BDL.
Par contre, je maintiens qu’en ajoutant le petit ce :
Ma première surprise, ce fut les câbles. ne froisse nullement les oreilles du Mozart, alors que
Ma première surprise, ce furent les câbles. me ferait apprécier la surdité de Beethoven.

Lamaneur, il est des phrases ou la personne (singulier ou pluriel) du verbe semble évidente. C’est le cas des phrases que vous citez. D’autres, tel que la phrase en question, le sont beaucoup moins. En tout cas pour moi.
Au demeurant, si c’est si évident, qu’avons nous besoin de consacrer trois pages à la question.

Sur la présence du ce , je lis dans mon petit livre d’orthographe (Michel Barlow).
Accord du verbe dans l’expression c’est qui…
On s’en souvient l’usage est d’accorder le verbe être avec le sujet réel représenté par ce.
C’est lui, ce sont eux.
N.B Les tolérances de 1976 autorisent c’est eux –en partant probablement du principe qu’il faut faire confiance au rôle de représentant de ce (lequel, du reste, n’est pas accordé en personne). Personne ne dit ce suis moi, ce sommes nous !
Pour les nuls, il aurait pu rappeler ce qu'est le sujet réel ici.
Ma première surprise, ce fut les câbles. ne froisse nullement les oreilles du Mozart, alors que
Ma première surprise, ce furent les câbles. me ferait apprécier la surdité de Beethoven.
Eh bien, je ne peux te dire le contraire si c'est ton ressenti, mais bon…à ce compte, ne serait-ce pas Mozart qui devient sourd ?