La cible principale est / sont
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Bonjour.
Voici l'avis de Grevisse :
[lien invalide]
En conséquence, les accords normaux et usuels seraient :
La base est les citoyens.
Le troisième point est les ventes de maisons.
Plus littérairement et plus rarement, on pourrait aussi accorder :
La base sont les citoyens.
Le troisième point sont les ventes de maisons.
Nous revenons au cas "La cible principale est les juifs". J'avais donné une explication assez longue (message 8). Dans les deux phrases de Sebasti, les sujets sont "les citoyens" et "les ventes de maisons". En effet, leurs contenus sémantiques dépassent de loin leurs fonctions respectives de "base" et de "troisième point".
Il serait donc logique d'accorder les verbes aux sujets :
La base sont les citoyens.
Le troisième point sont les ventes de maisons.
Mais si l'on a mis "La base" et "Le troisième point" en tête de phrase, c'est pour attirer l'attention sur eux, en faire des thèmes. Il est donc encore plus logique d'accorder les verbes avec ces deux attributs, pour ne pas contrarier l'effet recherché :
La base est les citoyens.
Le troisième point est les ventes de maisons.
Je considère que ces tournures sont stylistiquement inélégantes.
La base est les citoyens. >>> La base est constituée par les citoyens.
Le troisième point est les ventes de maisons. >>> Le troisième point (inscrit à l'ordre du jour ?) concerne les ventes de maisons.
Bonjour !
C'est le premier message que je poste ici, j'espère le faire dans les règles de l'art.
J'ai tenté de trouver la réponse à ma question dans les pages du forum, en vain. Il faut dire que je manque de mots-clés pour décrire mon interrogation…
Je ne parviens pas à trouver l'accord correct dans cette phrase : "Sa première surprise fut/furent (?) les câbles."
La phrase est très précise mais je rencontre le problème à chaque fois que cette structure (sorte de sujet double, avant et après le verbe) se met sur mon chemin.
Qu'en dites-vous ?
Merci d'avance pour vos lumières !
L.
Bonjour.
Ce qui suit le verbe "être" n'est pas un second sujet, mais un attribut du sujet, même si sujet et attribut du sujet peuvent ici être intervertis.
L'accord usuel (voir messages 3 et 4 de cette discussion) est l'accord en nombre du verbe être avec le sujet, donc :
Sa première surprise fut les câbles.
Cependant, chez certains classiques, on trouve parfois l'accord en nombre du verbe avec l'attribut qui suit (Sa première surprise furent les câbles ). Mais cela me semble moins naturel.
Et si l'on inverse les termes, que devient le verbe de la phrase ?
Ceci je pense : les câbles furent sa première surprise.
Si tel est le cas, que dit donc de différent cette tournure pour justifier ce traitement différent.
Il me semble que "les câbles" constitue le sujet dans cette phrase, "Sa première surprise" un attribut correspondant à une fonction. De même, nous avions établi que dans "La cible principale est les juifs", le sujet est "les juifs", tandis que l'attribut est "La cible principale" (fonction ici).
S'agissant du contenu sémantique, "les câbles" ne se définissent pas seulement par le fait qu'ils furent "Sa première surprise". Ils peuvent aussi être gros, usés, etc. Par contre, "Sa première surprise" ne renvoie qu'au syntagme "les câbles". Il ne s'agit d'ailleurs pas en l'occurrence d'une définition, mais d'une application. Sa première surprise concerne les câbles, comme la cible principale concerne les juifs. Mais les câbles ne concernent pas sa première surprise, comme les juifs ne concernent pas la cible principale !
Par conséquent, "les câbles" possède un contenu sémantique potentiellement supérieur à "Sa première surprise", constitue donc le sujet : voir mon message 8, assez long.
Le verbe s'accordant normalement avec le sujet, on devrait donc écrire "Sa première surprise furent les câbles".
Mais si l'on a mis en premier "Sa première surprise", c'est pour attirer l'attention sur cet attribut, en faire le thème de la phrase. Accorder le verbe avec "les câbles" annulerait donc partiellement l'effet recherché. Par conséquent, il vaut mieux accorder le verbe avec l'attribut : "Sa première surprise fut les câbles." 😉
Paulang,
Si comme moi, tu as du mal à saisir la notion de "contenu sémantique potentiellement supérieur de Spalding, pour mettre le sujet en évidence, utilise la formule " C’est… qui " ou pose la question " Qu’est-ce qui ? "
"Ce sont les câbles qui furent sa première surprise. "
"Qu'est-ce qui fut sa première surprise ? Les câbles" (L'inverse n'a aucun sens.)
Le sujet est donc les câbles dans les deux cas.
On peut inverser sujet et attribut sans changer le sens de la phrase.
Le verbe s’accorde généralement avec l’élément qui le précède, qu’il soit sujet ou attribut antéposé.
Mais il est possible d'accorder le verbe avec l'élément qui le suit lorsqu'il est
clairement le sujet.
A approfondir avec
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=4462Les formules "Qu'est-ce qui ?" et "C'est … qui" ne donnent pas toujours des résultats probants. Considérons ainsi "La capitale de la France est Paris". On pourrait dire alors "Qu'est-ce qui est Paris ?", suivi de "C'est la capitale de la France qui est Paris" (pas la capitale de l'Italie). La capitale de la France devient ici le sujet, pas Paris !
C'est pourquoi je préfère ma méthode (message 8). Une fois bien comprise, elle donne des résultats garantis ! 😉
Parce que vous trouvez que "Qu'est-ce qui est Paris ?" est correct ?
Tout à fait ! Deux capitales sont en lice pour être Paris : la capitale de la France et la capitale de l'Italie. On demande : "Qu'est-ce qui est Paris, la capitale de la France ou la capitale de l'Italie ?"
La réponse est alors : "C'est la capitale de la France qui est Paris, pas la capitale de l'Italie." Dans "La capitale de la France est Paris", le sujet est donc "La capitale de la France", pas "Paris" !
Par contre, avec ma méthode (message 8), le sujet est bien Paris. En effet, Paris ne se définit pas seulement par sa fonction de capitale. Elle est située à une certaine latitude et longitude, possède certains monuments (pas d'autres), a été prise par les Allemands en 1940, a plus de deux millions d'habitants, a pour maire (ou mairesse) Anne Hidalgo, etc. Par contre, la capitale de la France ne renvoie qu'à Paris, pas à Rome ou Tokyo !
Paris possède donc un contenu sémantique supérieur à la capitale de la France. C'est donc bien le sujet de la phrase "La capitale de la France est Paris" ! 😉
Si je suis le BDL,
Sa première surprise fut les câbles.
je peux, en effet, dire "ce sont les câbles qui furent sa première surprise." alors que je ne peux dire "c'est sa première surprise qui fut les câbles."
Par ailleurs, si l'on pronominalise comme suggéré, je dirais
ils (les câbles) furent sa première surprise, mais je peux également dire elle (Sa première surprise) fut les câbles.
Conclusion : je ne sais que penser.
On pourrait tout à fait dire "C'est sa première surprise qui fut les câbles, pas sa première vision ou sa première pensée" ! 😉
Bonsoir,
Le problème, c'est que certains grammairiens définissent le sujet comme le point de départ de l’énoncé et considèrent donc que le premier syntagme est toujours le sujet.
Paris est la capitale de la France. Pour eux, le sujet est "Paris".
La capitale de la France est Paris. Toujours pour ces grammairiens, le sujet est "la capitale de la France"…
Et qu'en penses-tu, personnellement ?
"Paris est la capitale de la France" possède exactement le même sens que "La capitale de la France est Paris" pour tous les gens. Si "Paris" ou "La capitale de la France" est placé en tête de la phrase, c'est uniquement pour attirer l'attention sur lui, en faire le thème de la phrase (pas le sujet).
De même, on pourrait lire par exemple : "Surprenantes sont vos paroles !" Cela n'implique pas que le sujet est "Surprenantes" ! 🙄
paulang a écrit :Si je suis le BDL,
Sa première surprise fut les câbles.
je peux, en effet, dire "ce sont les câbles qui furent sa première surprise." alors que je ne peux dire "c'est sa première surprise qui fut les câbles."
Par ailleurs, si l'on pronominalise comme suggéré, je dirais
ils (les câbles) furent sa première surprise, mais je peux également dire elle (Sa première surprise) fut les câbles.
Conclusion : je ne sais que penser.
Je n'ai pas parlé de la pronominalisation parce qu'effectivement le critère n'est pas toujours pertinent.
Le plus simple me parait être la tournure emphatique par " c'est… qui " qui ne peut s'appliquer qu'au sujet. Avec un autre élément de la proposition elle se ferait par " c'est… que ".
Comment les grammairiens de Roméo31 l'expliquent-ils ?
La cible principale est me gêne tout autant que la cible sont, bien que je ne puisse expliquer pourquoi, et en l'absence de toute référence grammaticale.
Personnellement, je n'écrirais ni l'un ni l'autre, mais j'adopterais la solution préconisée, il y a des siècles maintenant par Jehan :
La cible principale, ce sont les Indiens.
C'est une bonne alternative pour éviter le rapprochement direct entre un sujet au singulier et un verbe au pluriel.
On peut même carrément supprimer le verbe :
Les Indiens, voilà la cible principale !
Oui, carrément ! Soyons fous ! 😀