Anthologie poétique sur le thème de la vieillesse

Entraide scolaire

25 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois faire une anthologie poétique sur le thème de la vieillesse et je dois trouver un poème par siècle (du 16ème au 20ème siècle) j'ai déjà Quand vous serez bien vieille. de Ronsard et À la marquise. de Corneille mais je ne trouve rien pour le 18ème siècle 😞 et je n'ai pas encore vraiment cherché pour le 19ème et 20ème siècle (donc au passage si vous en connaissez quelque uns).

Merci !
La saison de l'usage d'Agrippa d'Aubigné
Booz endormi de Victor Hugo
La mort et le bûcheron de La Fontaine
Les petites vieilles de Baudelaire
Les vieux de Jacques Brel
La vie sera élucidée (extrait)
À quarante ans je te retrouve rongeant ton frein, tu fondes sur la sympathie, il y a un cerne noir à toute chose, tu déshabilles du regard, tu convoites, tu prémédites, tu disposes tes chances, tu te profiles, tu places ton sourire tes phrases tes bouquets tes collets tes canapés, tu estimes, tu escomptes, tu commerces, tu carbures à prix d’argent, tu te pousses dans les milieux tu médis du tiers et du quart ou fais du plat selon le rang, tu arroses, tu gobichonnes, tu prends du ventre, tu prends des mesures, tu prends médecine, tu te mets au vert, tu récupères, tu remets ça, tu enrobes et te lisses le cheveu, tu ne veux pas avoir l’air, tu opères comme en glissant, tu serpentes, tu attaques, par le faible, tu escarmouches à petits coups de champagne, tu endors les chagrins, tu tamises les lampes, tu officies sous le manteau de la nuit… mais se réveiller : la grisaille la routine les manigances lea vacheries… comme tu voudrais un jeu neuf ! que s’il te l’était donné, tu laverais les sons, ressourcerais les images, procéderais à la toilette des Muses des Grâces des bonnes fées, or tu dissèques, tu calcules, tu cogites, tu épilogues, tu fais silence.

À soixante ans tu dates, tu radotes, tu perds la main l’ouïe tes dents, le cœur te faut, les jambes te flageolent, tu tombes en faiblesse, encore un peu et tu retombes dans une enfance touchée à mort.

[ Henri Pichette, Les Épiphanies, 1948. ]
et de Michel Houellebecq :
Incapable de nostalgie
J’envie le calme des vieillards
La petite mort dans leurs regards,
Leur air en deçà de la vie.

Incapable de m’imposer
J’envie la soif des conquérants
La simplicité des enfants,
La façon qu’ils ont de pleurer.

Mon corps tendu jusqu’au délire
Attend comme un embrasement
Un devenir, un claquement ;
La nuit je m’exerce à mourir.
ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !

Corneille, le Cid
La vieillesse de Sully Prudhomme
Merci beaucoup !

Pour le 19ème siècle j'ai choisis La vieillesse de Sully Prudhomme mais je n'ai toujours rien trouver pour le 18ème 😞
A Mme du Châtelet

” Si vous voulez que j’aime encore,
…/…
Voltaire

A Monsieur le Chevalier de Boufflers



Croyez qu’un vieillard cacochyme,
Chargé de soixante et douze ans,
Doit mettre, s’il a quelque sens,
Son âme et son corps au régime.
Dieu fit la douce Illusion
Pour les heureux fous du bel âge ;
Pour les vieux fous l’ambition,
Et la retraite pour le sage.
Vous me direz qu’Anacréon,
Que Chaulieu même, et Saint-Aulaire,
Tiraient encor quelque chanson
De leur cervelle octogénaire.

Mais ces exemples sont trompeurs ;
Et quand les derniers jours d’automne
Laissent éclore quelques fleurs,
On ne leur voit point les couleurs
Et l’éclat que le printemps donne :
Les bergères et les pasteurs
N’en forment point une couronne.
La Parque, de ses vilains doigts,
Marquait d’un sept avec un trois
La tête froide et peu pensante
De Fleury, qui donna les lois
A notre France languissante.
Il porta le sceptre des rois,
Et le garda jusqu’à nonante.
Régner est un amusement
Pour un vieillard triste et pesant,
De toute autre chose incapable ;
Mais vieux bel esprit, vieux amant,
Vieux chanteur, est insupportable.

C’est à vous, ô jeune Boufflers,
A vous, dont notre Suisse admire
Le crayon, la prose, et les vers,
Et les petits contes pour rire ;
C’est à vous de chanter Thémire,
Et de briller dans un festin,
Animé du triple délire
Des vers, de l’amour, et du vin.

Voltaire (François Marie Arouet)
Encore merci !

Mais j'ai une question: Les vieux de Jacques Brel, c'est une chanson, non ? Peut-elle être considérée comme un poème ?
Oui, c'est une chanson.
En tant que professeur, j'aurais accepté … 🙂 mais … je ne suis pas ton professeur.
Je vois, merci d'avoir répondu ! Je vais continuer de chercher pour le 20ème siècle. Sinon, j'ai trouvé un poème de Rémy Belleau, puis-je l'intégrer à mon anthologie ou est-il hors-sujet ?

Voici le poème:
Douce et belle bouchelette.
Ainsi, ma douce guerrière
Mon cœur, mon tout, ma lumière,
Vivons ensemble, vivons
Et suivons

Les doux sentiers de la jeunesse :
Aussi bien une vieillesse
Nous menace sur le port,
Qui, toute courbe et tremblante,
Nous entraîne chancelante
La maladie et la mort.
Pour le XX° tu as celui de Michel Houellebecq.

Cela dit, il faut choisir des poèmes qui te parlent plutôt que d'être obsédé(e) par le siècle. Il faudra dans la préface justifier tes choix donc tes goûts.
Je sais, mais c'est une consigne de mon professeur (six poèmes du XVIème au XXème siècle, un pour chaque siècle et pour le sixième, le siècle est "libre").
Comme tu as l'embarras du choix, choisis des poèmes qui te plaisent. Une anthologie , c'est un choix personnel.
Les poèmes sur ce thème sont quand même nombreux.
Voici un poème de Voltaire.

A Mme Lullin

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu’au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?
Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.
Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n’a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.
Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n’obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j’essaie encor ma voix
Au moment même qu’elle expire.
“Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante.”
Mais quand on sent qu’on va passer,
Quand l’âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?
Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu’il a fait en santé.
Quel mortel s’est jamais flatté
D’un rendez-vous à l’agonie ?
Délie elle-même, à son tour,
S’en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu’elle fut belle,
Et qu’elle a vécu pour l’amour.
Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?… Dieu le sait, ma chère.
Voltaire
Merci Gabiana !
Bonjour, je suis élève en 1ere S et je dois faire une anthologie poétique. J'ai choisi le thème de la vieillesse et comme poème :
-Stances de Pierre Ronsard
-La mort et le bûcheron de Jean de la Fontaine
-Booze endormi de Victor Hugo
-Colloque sentimental de Verlaine
-Petites Vieilles, première partie, de Baudelaire

Je dois rédiger une préface justifiant le sujet et mes choix mais je ne sais pas quoi dire…

Quelqu'un pourrait-il m'aider svp ?
Stances de Pierre Ronsard
-La mort et le bûcheron de Jean de la Fontaine
-Booz endormi de Victor Hugo
-Colloque sentimental de Verlaine
-Petites Vieilles, première partie, de Baudelaire
L'énigme du Sphinx a été fatale à plus d'un voyageur. Oedipe choisit d'affronter le Sphinx, qui lui posa cette énigme : "Quel est l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ?" Il répondit "l'homme", enfant il marche sur ses pieds et ses mains, adulte il se tient debout et âgé, il s'aide d'une canne." C'est montrer la vieillesse comme, une étape. Les poètes qui ont chanté la vie, qui on t évoqué la mort se sont aussi emparés du thème de la vieillesse. cependant ce thème universel est abordé de bien des manières. On peut sourire aux stances de Ronsard qui raille la vieillesse de celle qui regrettera un jour de n'avoir pas écouté le poète. On peut aussi rester mélancolique devant les ombres qui cheminent dans le poème Colloque sentimental de Verlaine ….

J'ajouterais à ta sélection :
A quarante ans je te retrouve rongeant ton frein, tu fondes sur la sympathie, il y a un cerne noir à toute chose, tu déshabilles du regard, tu convoites, tu prémédites, tu disposes tes chances, tu te profiles, tu places ton sourire tes phrases tes bouquets tes collets tes canapés, tu estimes, tu escomptes, tu commerces, tu carbures à prix d'argent, tu te pousses dans les milieux, tu médis du tiers et du quart ou fais du plat selon le rang, tu arroses, tu gobichonnes, tu prends du ventre, tu prends des mesures, tu prends médecine, tu te mets au vert, tu récupères, tu remets ça, tu enrobes et te lisses le cheveu, tu ne veux pas avoir l'air, tu opères comme en glissant, tu serpentes, tu attaques par le faible, tu escarmouches à petits coups de champagne, tu endors les chagrins, tu tamises les lampes, tu officies sous le manteau de la nuit… mais se réveiller : la grisaille la routine les manigances la vacherie… comme tu voudrais un jeu neuf! que s'il te l'était donné, tu laverais les sons, ressourcerais les images, procéderais à la toilette des Muses des Grâces des bonnes fées, or tu dissèques, tu calcules, tu cogites, tu épilogues, tu fais silence.

A soixante ans tu dates, tu radotes, tu perds la main l'ouïe tes dents, le coeur te faut, les jambes te flageolent, tu tombes en faiblesse, encore un peu et tu retombes dans une enfance touchée à mort.

Henri Pichette (Epiphanies)
Le monde entier est un théâtre, et les hommes et les femmes ne sont que des acteurs ; ils ont leurs entrées et
leurs sorties. Un homme, dans le cours de sa vie, joue différents rôles ; et les actes de la pièce sont les sept
âges. Dans le premier, c'est l'enfant, vagissant, bavant dans les bras de sa nourrice. Ensuite l'écolier, toujours
en pleurs, avec son frais visage du matin et son petit sac, rampe, comme le limaçon, à contrecoeur jusqu'à
l'école. Puis vient l'amoureux, qui soupire comme une fournaise et chante une ballade plaintive qu'il a adressée
au sourcil de sa maîtresse. Puis le soldat, prodigue de jurements étranges et barbu comme le léopard, jaloux
sur le point d'honneur, emporté, toujours prêt à se quereller, cherchant la renommée, cette bulle de savon,
jusque dans la bouche du canon. Après lui, c'est le juge au ventre arrondi, garni d'un bon chapon, l'oeil sévère,
la barbe taillée d'une forme grave; il abonde en vieilles sentences, en maximes vulgaires ; et c'est ainsi qu'il
joue son rôle. Le sixième âge offre un maigre Pantalon en pantoufles, avec des lunettes sur le nez et une poche
de côté : les bas bien conservés de sa jeunesse se trouvent maintenant beaucoup trop vastes pour sa jambe
ratatinée ; sa voix, jadis forte et mâle, revient au fausset de l'enfance, et ne fait plus que siffler d'un ton aigre et
grêle. Enfin le septième et dernier âge vient unir cette histoire pleine d'étranges événements ; c'est la seconde
enfance, état d'oubli profond où l'homme se trouve sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien.

Shakespeare Comme il vous plaira
Merci beaucoup pour ton aide ! Je n'ai besoin que de 5 poèmes malheureusement… Ce qui me pose problème, c'est de justifier mes choix car j'ai choisi ce thème un peu par hasard ainsi que les poèmes qui composent mon anthologie…
Ta préface doit annoncer le thème, présenter ta sélection, justifier tes choix et … donner envie de lire au lecteur.

Choisir au hasard quand on a le choix, c'est prendre un risque et procéder à l'envers.
Voici ma préface :

Cette anthologie traite de la vieillesse. J’ai choisi la vieillesse comme thème car j’étais en vacances chez mes grands parents et je me suis questionnée sur la manière dont ils vivaient leur vieillesse. En effet, la vieillesse a toujours été un thème fascinant les poètes. Elle fut considérée comme une étape importante de la vie d’un homme depuis l’Antiquité où Œdipe répondit à l’énigme du sphinx en citant la vieillesse comme étape de la vie (« l’Homme a trois pattes le soir, lorsqu’il est vieux et marche avec une canne »). Elle n’a depuis cessé d’inspirer les poètes de différentes manières. La vieillesse peut être considérée comme une étape nécessaire de la vie, permettant d’acquérir la sagesse qu’ont les vieux hommes ; elle peut aussi être vu comme néfaste, altérant le physique et la raison. Cette anthologie diachronique est composée de cinq poèmes ; « Stances », de Pierre de Ronsard est issue du recueil Derniers vers qui fut écrit en 1586. Dans ce poème, Ronsard décrit la vieillesse comme étape de la vie et fait l’éloge de la jeunesse qu’il juge partir trop vite. Jean de la Fontaine a écrit « La mort et le bûcheron »,tiré des Fables de la Fontaine en 1668. Ce poème nous indique que l’Homme préfère la vieillesse et la souffrance à la mort.. Victor Hugo a écrit « Booz endormi », issu du recueil La légende des siècles, qui fut publiée entre 1855 et 1876. Ce poème nous présente un vieillard rendu sage et grand avec l’âge. En 1869, Paul Verlaine écrivit Fêtes galantes, dont est tiré le poème « Colloque sentimental », parlant de la perdition de l’amour avec la vieillesse. Guy de Maupassant écrivit en 1880 Des vers, dont est issu « L’aïeul », un poème parlant des souvenirs d’un homme sur le point de mourir



Qu'en pensez vous ?
A mon avis, La mort et le bûcheron ne traite pas de la vieillesse.
Il est pauvre, il est épuisé, il est tenté par le suicide, mais il n'est pas vieux.
Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Je pensais que ses vers montraient qu'il était vieux
Oui, tout est relatif, nous sommes au XVIIème siècle (il est aussi question de ses enfants…), mais ce n'est pas le thème essentiel de la fable.
"Plutôt souffrir que mourir
C'est la devise des hommes."