Du Bellay, Les Regrets, sonnets 35 à 38

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je dois réaliser un commentaire linéaire des sonnets 35, 36, 37, 38. Je vois le cheminement emprunté ici par Du Bellay. Je cherche simplement à récupérer quelques références souterraines qui peuplent peut-être certains vers (on sait en effet que Du Bellay aimait faire foisonner son texte de références à des auteurs antiques, contemporains voire à lui-même).

Voici les quelques pistes que j'ai déjà trouvées…

Sonnet 35 :
La nef qui longuement a voyagé, Dillier,
Dedans le sein du port à la fin on la serre :
Et le bœuf, qui longtemps a renversé la terre,
Le bouvier à la fin lui ôte le collier :

Le vieux cheval se voit à la fin délier,
Pour ne perdre l’haleine ou quelque honte acquerre :
Et pour se reposer du travail de la guerre,
Se retire à la fin le vieillard chevalier :

Mais moi, qui jusqu’ici n’ai prouvé que la peine,
La peine et le malheur d’une espérance vaine,
La douleur, le souci, les regrets, les ennuis,

Je vieillis peu à peu sur l’onde ausonienne,
Et si n’espère point, quelque bien qui m’advienne,
De sortir jamais hors des travaux où je suis.
Pour l'influence épistolaire :
- les Tristes, les Pontiques, les Héroïdes d'Ovide
- Du Bellay et sa Défense de la langue française (l'épître acceptable doit être élégiaque).

L'image du port :
- Je cherche encore une éventuelle référence…

- Répétition de "à la fin" : une référence ?

- Parodie des Amours de Cassandre de Ronsard ?

- Les images abondantes des quatrains réfèrent à Properce, Elégies, II, XXV.

- Figures remarquables : comparaisons, inversions, parallélismes…

Sonnet 36
Depuis que j’ai laissé mon naturel séjour
Pour venir où le Tibre aux flots tortus ondoie,
Le ciel a vu trois fois par son oblique voie
Recommencer son cours la grand lampe du jour.

Mais j’ai si grand désir de me voir de retour
Que ces trois ans me sont plus qu’un siège de Troie,
Tant me tarde, Morel, que Paris je revoie,
Et tant le ciel pour moi fait lentement son tour.

Il fait son tour si lent, et me semble si morne,
Si morne et si pesant, que le froid Capricorne
Ne m’accourcit les jours, ni le Cancre les nuits.

Voilà, mon cher Morel, combien le temps me dure
Loin de France et de toi, et comment la nature
Fait toute chose longue avecques mes ennuis.
- Référence pour l'expression du Tibre ?

- Les premiers vers réfèrent aux Tristes, V, X

- Morel était-il bien un mécène de Du Bellay ?

- Origines de la référence au Cancer et au Capricorne ? de l'expression "la grande lampe du jour" ?

- Figures remarquables : hyperbole, style bas, marques épistolaires, marques de modalisation…

Sonnet 37
C’était ores, c’était qu’à moi je devais vivre,
Sans vouloir être plus que cela que je suis,
Et qu’heureux je devais de ce peu que je puis
Vivre content du bien de la plume et du livre.

Mais il n’a plu aux dieux me permettre de suivre
Ma jeune liberté, ni faire que depuis
Je vécusse aussi franc de travaux et d’ennuis,
Comme d’ambition j’étais franc et délivre.

Il ne leur a pas plu qu’en ma vieille saison
Je susse quel bien c’est de vivre en sa maison,
De vivre entre les siens sans crainte et sans envie :

Il leur a plu (hélas) qu’à ce bord étranger
Je visse ma franchise en prison se changer,
Et la fleur de mes ans en l’hiver de ma vie.
- Thème du mépris de la Fortune vis-à-vis de Du Bellay : aussi dans l'épître à d'Avanson et dans le sonnet 56.

- Présence d'un lamento pathétique : quelle serait la référence la plus directe ?

- Une référence pour le premier vers ? "c'était ores…"

- Commentaire du sonnet 36 ?

- Référence aux Adages d'Erasme : un homme sage doit rester dans sa maison au cours de ses vieux jours.

- Figures remarquables : imparfait de distanciation, opposition sur le champ lexical du temps.

Sonnet 38
Ô qu’heureux est celui qui peut passer son âge
Entre pareils à soi ! et qui sans fiction,
Sans crainte, sans envie et sans ambition,
Règne paisiblement en son pauvre ménage !

Le misérable soin d’acquérir davantage
Ne tyrannise point sa libre affection,
Et son plus grand désir, désir sans passion,
Ne s’étend plus avant que son propre héritage.

Il ne s’empêche point des affaires d’autrui,
Son principal espoir ne dépend que de lui,
Il est sa cour, son roi, sa faveur et son maître.

Il ne mange son bien en pays étranger,
Il ne met pour autrui sa personne en danger,
Et plus riche qu’il est ne voudrait jamais être.
- Interjection du début qui fait référence à la poésie pétrarquiste ?

- Reprise de vers de Claudien ? (le vieillard… si vous avez une bonne traduction de ce passage je suis preneuse).

- Poursuite de la réponse amorcée au sonnet 37 mais avec passage de la 1PS à la 3PS.

- Référence à la vie menée par Ovide en exil ?

- Marques du lyrisme.


N'hésitez pas à me faire part de toutes vos remarques.
J'ai beaucoup de mal à analyser les poèmes au point de vue rythmique et rimé. Vos avis à ce sujet seront aussi les bienvenus.

Merci à vous.
Pour le sonnet 36 et "les origines de la référence au Cancer et au Capricorne, de l'expression "la grande lampe du jour" => références astrologiques ("science" non encore bannie de la Sorbonne). Donc le Soleil et les signes du Capricorne (hiver) et du Cancer (été).
Ok, merci, j'avais bien compris que la lampe du jour désignait le soleil, mais je me demandais si cette expression renvoyait au poème d'un de ses prédécesseurs ou contemporains ?

Autre petite question. Comment s'appelle la figure de style qui fait se répéter deux fois le même mot sur deux vers se suivant ?
Mais moi, qui jusqu’ici n’ai prouvé que la peine,
La peine et le malheur d’une espérance vaine,
Merci.