Pour chaque texte, déterminez par quel(s) regard(s) est vue la scène.

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis 1S et j'ai un dm sur les personnages de roman ou je ne comprends pas la problématique du corpus, elle me pose problème, je ne vois pas comment différencier les texte. C'est vraiment le néant, en plus je n'aime pas trop le français. J'ai essaye de voir et de comprendre ce qu'était le regard et pour moi c'est le point de vue mais je n'arrive pas à les différenciés les uns des autre à part l'externe de l'interne qui sont à l'opposés.

Est ce que vous pourriez me donnez des pistes de résolution et m'aider à trouver le point de vue de chaque textes ?
Et une dernière chose, pour l'invention, faut-il l'écrire à je ou à il ? Pour moi je devrais l'écrire à je puisque c'est les pensées de Laurent mais j'ai un doute vu que je ne sais pas reconnaître les points de vue :/


1. Pour chaque texte, déterminez par quel(s) regard(s) est vue la scène.

INVENTION
Ces textes se prêteraient vous demandant d’imaginer les pensées du personnage dont le point de vue n’est pas donné comme Laurent dans le texte 4.

TEXTE 1 : LA RENCONTRE DE LA PRINCESSE DE CLEVES ET DE M. DE NEMOURS
Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin
royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença et,
comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de
quelqu’un qui entrait et à qui on faisait place. Mme de Clèves acheva de danser et, pendant qu’elle cherchait
des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre 1,
le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna
et vit un homme qu’elle crut d’abord2 ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelques
sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise
de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait
encore l’air brillant qui était dans sa personne, mais il était difficile de voir Mme de Clèves pour la première
fois sans avoir un grand étonnement.
M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle et qu’elle lui fit la
révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser,
il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus,
et trouvèrent quelque chose de singulier à les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent
quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s’ils n’avaient pas
bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.
« Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n’ai pas d’incertitude, mais comme Mme de Clèves n’a pas
les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre
Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.
— Je crois, dit Mme la Dauphine,
qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.
— Je vous assure, madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine
pas si bien que vous pensez.
— Vous devinez fort bien, répondit Mme la Dauphine, et il y a même quelque chose d’obligeant pour M.
de Nemours à ne vouloir avouer que vous le connaissez sans l’avoir jamais vu. »
Madame DE LAFAYETTE, La Princesse de Clèves, 1ère partie, 1678.

1. De choisir pour cavalier

2. Aussitôt

Texte 2 : La Rencontre de Manon Lescaut et du Chevalier Des Grieux. (Manuel p. 53)
Manon Lescaut est à l’origine le septième tome des Mémoires d’un homme de qualité. Dans ce volume,
le narrateur, « l’homme de qualité » rencontre le chevalier Des Grieux qui lui raconte sa passion fatale pour
une simple courtisane. Il a dix sept ans et vient d’achever ses études à Amiens.
J’avais marqué le temps de mon départ d’Amiens. Hélas ! que je ne le marquais un jour plus tôt !
J’aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui que je devais quitter cette ville,
étant à me promener avec mon ami, qui s’appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d’Arras, et nous le
suivîmes jusqu’à l’hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n’avions pas d’autre motif que la curiosité. Il en
sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s’arrêta seule dans la
cour, pendant qu’un homme d’un âge avancé, qui
paraissait lui servir de conducteur, s’empressait pour faire
tirer son équipage des paniers1. Elle me parut si charmante que moi, qui n’avais jamais pensé à la différence
des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et
la retenue, je me trouvais enflammé tout à coup jusqu’au transport. J’avais le défaut d’être excessivement
timide et facile à déconcerter ; mais loin d’être arrêté alors par cette faiblesse, je m’avançai vers la
maîtresse de mon cœur. Quoiqu’elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître
embarrassée. Je lui demandais ce qui l’amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance.
Elle me répondit ingénument qu’elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L’amour me rendait
déjà si éclairé, depuis un moment qu’il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel
pour mes désirs. Je lui parlai d’une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus
expérimentée que moi. C’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au
plaisir, qui s’était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Je combattis la
cruelle intention de ses parents par toutes les raisons que mon amour naissant et mon éloquence scolastique2
purent me suggérer. Elle n’affecta ni rigueur ni dédain. Elle me dit, après un
moment de silence, qu’elle ne prévoyait que trop qu’elle allait être malheureuse, mais que c’était apparemment la volonté du Ciel, puisqu’il ne lui laissait nul moyen de l’éviter. La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces
paroles, ou plutôt, l’ascendant de ma destinée qui m’entraînait à ma perte, ne me permirent pas de balancer un
moment sur ma réponse. Je l’assurai que, si elle voulait faire quelque fond sur mon honneur et sur la
tendresse infinie qu’elle m’inspirait déjà, j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents, et
pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d’où me venait alors tant de
hardiesse et de facilité à m’exprimer ; mais on ne ferait pas une divinité de l’amour, s’il n’opérait souvent des
prodiges. J’ajoutais mille choses pressantes. Ma belle inconnue savait bien qu’on est point trompeur à mon
âge ; elle me confessa que, si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m’être
redevable de quelque chose de plus cher que la vie. Je lui répétai que j’étais prêt à tout entreprendre, mais,
n’ayant point assez d’expérience pour imaginer tout d’un coup les moyens de la servir, je m’en tenais à cette
assurance générale, qui ne pouvait être d’un grand secours pour elle et pour moi.
Abbé PREVOST, Manon Lescaut, 1731.

1. Sortir ses bagages des paniers qui les transportaient dans le
coche.

2.Règles de rhétorique apprises à l’école.

TEXTE 3 : Rencontre de Charles Bovary et Emma Rouault

Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que
les ivoires de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n'était pas belle, point assez pâle, peut-être, et
un peu sèche aux phalanges ; elle était trop longue aussi, et sans molles inflexions de lignes sur les contours.
Ce qu'elle avait de beau, c'étaient les yeux ; quoiqu'ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et
son regard arrivait franchement à vous avec une hardiesse candide.
Une fois le pansement fait, le médecin fut invité, par M. Rouault lui-même, à prendre un morceau,
avant de partir.
Charles descendit dans la salle, au rez-de-chaussée. Deux couverts, avec des timbales d'argent, y
étaient mis sur une petite table, au pied d'un grand lit à baldaquin revêtu d'une indienne à personnages
représentant des Turcs. On sentait une odeur d'iris et de draps humides qui s'échappait de la haute armoire
en bois de chêne, faisant face à la fenêtre. Par terre, dans les angles, étaient rangés, debout, des sacs de
blé. C'était le trop-plein du grenier proche, où l'on montait par trois marches de pierre. Il y avait, pour
décorer l'appartement, accrochée à un clou, au milieu du mur dont la peinture verte s'écaillait sous le
salpêtre, une tête de Minerve au crayon noir, encadrée
de dorure, et qui portait au bas, écrit en lettres
gothiques « A mon cher papa ».
On parla d'abord du malade, puis du temps qu'il faisait, des grands froids, des loups qui couraient les
champs, la nuit. Mlle Rouault ne s'amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu'elle était chargée
presque à elle seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce
qui découvrait un peu ses lèvres charnues, qu'elle avait coutume de mordillonner à ses moments de silence.
Son cou sortait d'un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun
d'un seul morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de la tête par une raie fine, qui
s'enfonçait légèrement selon la courbe du crâne ; et, laissant voir à peine le bout de l'oreille, ils allaient se
confondre par-derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de
campagne remarqua là pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses. Elle portait, comme un
homme, passé entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d'écaille.
Quand Charles, après être monté dire adieu au père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la
trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient
été renversés par le vent. Elle se retourna.
— Cherchez-vous quelque chose ? demanda-t-elle.
— Ma cravache, s'il vous
plaît, répondit-il.
Et il se mit à fureter sur le lit, derrière les portes, sous les chaises ; elle était tombée à terre, entre
les sacs et la muraille. Mlle Emma l'aperçut ; elle se pencha sur les sacs de blé. Charles, par galanterie, se
précipita, et, comme il allongeait aussi son bras dans le même mouvement, il sentit sa poitrine effleurer le
dos de la jeune fille, courbée sous lui. Elle se redressa toute rouge et le regarda par-dessus l'épaule, en lui
tendant son nerf de bœuf.
FLAUBERT, Madame Bovary, Première partie, Chapitre II, 1857..

1. Coiffure qui consistait à lisser les cheveux en « bandeaux » de part et d’autres du visage avant de les rassembler en chignon.

TEXTE 4: Rencontre de Thérèse et Laurent

Thérèse est mariée à son cousin Camille, homme faible et maladif, depuis trois ans. Elle tient une
mercerie à Paris avec sa belle-mère.
Un jeudi, en revenant de son bureau, Camille amena avec lui un grand gaillard, carré des épaules, qu’il
poussa dans la boutique d’un geste familier.
« Mère, demanda-t-il à Mme Raquin en le lui montrant, reconnais-tu ce monsieur-là ? »
La vieille mercière regarda le grand gaillard, chercha dans ses souvenirs et ne trouva rien. Thérèse
suivait cette scène d’un air placide.
« Comment ! reprit Camille, tu ne reconnais pas Laurent, le petit Laurent, le fils du père Laurent qui a
de si beaux champs de blé du côté de Jeufosse ?… Tu ne te rappelles pas ?… J’allais à l’école avec
lui ; il venait me chercher le matin, en sortant de chez son oncle qui était notre voisin, et tu lui donnais des tartines
de confiture. »
Mme Raquin se souvint brusquement du petit Laurent, qu’elle trouva singulièrement grandi. Il y avait
bien vingt ans qu’elle ne l’avait vu. Elle voulut lui faire oublier son accueil étonné par un flot de souvenirs, par
des cajoleries toutes maternelles. Laurent s’était assis, il souriait paisiblement, il répondait d’une voix claire,
il promenait autour de lui des regards calmes et aisés.
« Figurez-vous, dit Camille, que ce farceur-là est employé à la gare du chemin de fer d’Orléans depuis
dix-huit mois, et que nous ne nous sommes rencontrés et reconnus que ce soir. C’est si vaste, si important,
cette administration ! »
Le jeune homme fit cette remarque, en agrandissant les yeux, en pinçant les lèvres, tout fier d’être
l’humble rouage d’une grosse machine. Il continua en secouant la tête :
« Oh ! mais, lui, il se porte bien, il a étudié, il gagne déjà quinze cents francs… Son père l’a mis au
collège ; il a fait son droit et a appris la peinture. N’est-ce pas, Laurent ?… Tu vas dîner avec nous.
– Je veux bien », répondit carrément Laurent.
Il se débarrassa de son chapeau et s’installa dans la boutique. Mme Raquin courut à ses casseroles.
Thérèse, qui n’avait pas encore prononcé une parole, regardait le nouveau venu. Elle n’avait jamais vu un
homme. Laurent, grand,
fort, le visage frais, l’étonnait. Elle contemplait avec une sorte d’admiration son front
bas, planté d’une rude chevelure noire, ses joues pleines, ses lèvres rouges, sa face régulière, d’une beauté
sanguine. Elle arrêta un instant ses regards sur son cou ; ce cou était large et court, gras et puissant. Puis
elle s’oublia à considérer les grosses mains qu’il tenait étalées sur ses genoux ; les doigts en étaient carrés ;
le poing fermé devait être énorme et aurait pu assommer un bœuf. Laurent était un vrai fils de paysan,
d’allure un peu lourde, le dos bombé, les mouvements lents et précis, l’air tranquille et entêté.
On sentait sous ses vêtements des muscles ronds et développés, tout un corps d’une chair épaisse et
ferme. Et Thérèse l’examinait avec curiosité, allant de ses poings à sa face, éprouvant de petits frissons
lorsque ses yeux rencontraient son cou de taureau.
Émile ZOLA, Thérèse Raquin, chap. V, 1867.

TEXTE 5: La rencontre d’Anne Desbaresdes et de Chauvin
Elle alla droit au comptoir. Seul un homme y était, qui lisait un journal.
— Un verre de vin, demanda-t-elle.
Sa voix tremblait. La patronne s’étonna, puis se ressaisit.
— Et pour l’enfant ?
— Rien.
— C’est là qu’on a crié, je me rappelle, dit l’enfant.
Il se dirigea vers le soleil de la porte, descendit la marche, disparut sur le trottoir.
— Il fait beau, dit la patronne.
Elle vit que cette femme tremblait, évita de la regarder.
— J’avais soif, dit Anne Desbaresdes.
— Les premières chaleurs, c’est pourquoi.
— Et même je vous demanderai un autre verre de vin.
Au tremblement persistant des mains accrochées au verre, la patronne comprit qu’elle n’aurait pas si
vite l’explication qu’elle désirait, que celle-ci viendrait d’elle-même, une fois cet émoi passé.
— Je passais, dit-elle.
— C’est un temps à se promener, dit la patronne.
L’homme avait cessé de lire son journal.
— Justement hier à cette heure-ci, j’étais chez Mademoiselle Giraud.
Le tremblement des mains s’atténua. Le visage prit une contenance presque décente.
— Je vous reconnais.
— C’était un crime, dit l’homme.
Anne Desbaresdes mentit.
— Je vois… Je me le demandais, voyez-vous.
— Parfaitement, dit la patronne. Ce matin, c’était un défilé.
L’enfant passa à cloche-pied sur le trottoir.
— Mademoiselle Giraud donne des leçons à mon petit garçon.
Le vin aidant sans doute, le tremblement de la voix avait lui aussi cessé. Dans les yeux, peu à peu,
afflua un sourire de délivrance.
— Il vous ressemble, dit la patronne.
— On le dit — le sourire se précisa encore.
— Les yeux.
— Je ne sais pas, dit Anne Desbaresdes. Voyez-vous… tout en le promenant, je trouvais que c’était
une occasion que de venir aujourd’hui ici. Ainsi…
— Un crime, oui.
Anne Desbaresdes mentit de nouveau.
— Ah, je l’ignorais, voyez-vous.
Un remorqueur quitta le bassin et démarra dans
le fracas régulier et chaud de ses moteurs. L’enfant
s’immobilisa sur le trottoir, pendant le temps que dura sa manœuvre, puis il se retourna vers sa mère.
— Où ça va ?
Elle l’ignorait, dit-elle. L’enfant repartit. Elle prit le verre vide devant elle, s’aperçut de sa mégarde,
le reposa sur le comptoir et attendit, les yeux baissés. Alors, l’homme se rapprocha.
— Vous permettez.
— C’est que je n’ai pas l’habitude, Monsieur.
Il commanda du vin, fit encore un pas vers elle.
— Ce cri était si fort que vraiment il est bien naturel que l’on cherche à savoir. J’aurais pu
difficilement éviter de le faire, voyez-vous.
Elle but son vin, le troisième verre.
— Ce que je sais, c’est qu’il lui a tiré une balle dans le cœur.
Deux clients entrèrent. Ils reconnurent cette femme au comptoir, s’étonnèrent.
— Et, évidemment on ne peut pas savoir pourquoi ?
Il était clair qu’elle n’avait pas l’habitude du vin, qu’à cette heure-là de la journée autre chose de bien
différent l’occupait en général.
— J’aimerais pouvoir vous le dire, mais je ne sais rien de sûr.
— Peut-être que personne ne le sait ?
— Lui le savait. Il est maintenant devenu fou, enfermé depuis hier soir. Elle, est morte.
L’enfant surgit du dehors et se colla contre sa mère dans un mouvement d’abandon heureux. Elle lui
caressa distraitement les cheveux. L’homme regarda plus attentivement.
— Ils s’aimaient, dit-il.

Marguerite Duras, Moderato Cantabile, chapitre II, 1958
Bonjour,

Il faut te demander si tu as accès à l'intériorité d'un seul personnage : focalisation interne,
de tous les personnages : point de vue omniscient,
d'aucun : focalisation externe.

Que nous proposes-tu ?
Je pense que :
Texte 1 : omniscient
Texte 2 :interne
Texte 3 : omniscient
Texte 4 : externe
Texte 5 : externe
est ce que j'ai tout faux ?
1, 2 sont justes.
3 me paraît privilégier les perceptions de Charles, donc focalisation interne.
4 et 5 ne sont pas des focalisations externes comme ils pourraient le paraître. Chacun des textes contient quelques allusions aux pensées des personnages : Thérèse et sa belle-mère pour le 4, la patronne et Anne pour le 5, donc il s'agit de point de vue omniscient.
Bonjour je souhaite faire l'écrit d'invention pour mon DM de français mais j'ai des doutes sur la personne à choisir si il faut prendre je ou il, je pensais plus a il car le texte a un point de vue omniscient et un narrateur externe. MA consigne est de changé le point de vue en nous demandant d'imaginer les pensées du personnages de Laurent dans le texte suivant.
Pourriez vous me donnez des pistes qui m'aiderais à savoir qu'elle personne de conjugaison choisir ? merci beaucoup d'avance

TEXTE 4: Rencontre de Thérèse et Laurent
Thérèse est mariée à son cousin Camille, homme faible et maladif, depuis trois ans. Elle tient une
mercerie à Paris avec sa belle-mère.
Un jeudi, en revenant de son bureau, Camille amena avec lui un grand gaillard, carré des épaules, qu’il
poussa dans la boutique d’un geste familier.
« Mère, demanda-t-il à Mme Raquin en le lui montrant, reconnais-tu ce monsieur-là ? »
La vieille mercière regarda le grand gaillard, chercha dans ses souvenirs et ne trouva rien. Thérèse
suivait cette scène d’un air placide.
« Comment ! reprit Camille, tu ne reconnais pas Laurent, le petit Laurent, le fils du père Laurent qui a
de si beaux champs de blé du côté de Jeufosse ?… Tu ne te rappelles pas ?… J’allais à l’école avec
lui ; il venait me chercher le matin, en sortant de chez son oncle qui était notre voisin, et tu lui donnais des tartines
de confiture. »
Mme Raquin se souvint brusquement du petit Laurent, qu’elle trouva singulièrement grandi. Il y avait
bien vingt ans qu’elle ne l’avait vu. Elle voulut lui faire oublier son accueil étonné par un flot de souvenirs, par
des cajoleries toutes maternelles. Laurent s’était assis, il souriait paisiblement, il répondait d’une voix claire,
il promenait autour de lui des regards calmes et aisés.
« Figurez-vous, dit Camille, que ce farceur-là est employé à la gare du chemin de fer d’Orléans depuis
dix-huit mois, et que nous ne nous sommes rencontrés et reconnus que ce soir. C’est si vaste, si important,
cette administration ! »
Le jeune homme fit cette remarque, en agrandissant les yeux, en pinçant les lèvres, tout fier d’être
l’humble rouage d’une grosse machine. Il continua en secouant la tête :
« Oh ! mais, lui, il se porte bien, il a étudié, il gagne déjà quinze cents francs… Son père l’a mis au
collège ; il a fait son droit et a appris la peinture. N’est-ce pas, Laurent ?… Tu vas dîner avec nous.
– Je veux bien », répondit carrément Laurent.
Il se débarrassa de son chapeau et s’installa dans la boutique. Mme Raquin courut à ses casseroles.
Thérèse, qui n’avait pas encore prononcé une parole, regardait le nouveau venu. Elle n’avait jamais vu un
homme. Laurent, grand,
fort, le visage frais, l’étonnait. Elle contemplait avec une sorte d’admiration son front
bas, planté d’une rude chevelure noire, ses joues pleines, ses lèvres rouges, sa face régulière, d’une beauté
sanguine. Elle arrêta un instant ses regards sur son cou ; ce cou était large et court, gras et puissant. Puis
elle s’oublia à considérer les grosses mains qu’il tenait étalées sur ses genoux ; les doigts en étaient carrés ;
le poing fermé devait être énorme et aurait pu assommer un bœuf. Laurent était un vrai fils de paysan,
d’allure un peu lourde, le dos bombé, les mouvements lents et précis, l’air tranquille et entêté.
On sentait sous ses vêtements des muscles ronds et développés, tout un corps d’une chair épaisse et
ferme. Et Thérèse l’examinait avec curiosité, allant de ses poings à sa face, éprouvant de petits frissons
lorsque ses yeux rencontraient son cou de taureau.
Émile ZOLA, Thérèse Raquin, chap. V, 1867.
Bonsoir,

Tu peux garder la 3e personne. Il faut simplement reprendre la trame de la scène en y incluant les propos de Laurent et surtout en indiquant ses impressions, pensées, interprétations propres. Comment trouve-t-il la mère de Laurent ? Thérèse ? C'est bien sûr sur ce dernier personnage qu'il faut envisager les émotions de Laurent. Il est sûrement réceptif à l'attrait physique que Thérèse ressent pour lui…
Donc je reprends les dialogues qu'il y a dans le texte et certaines pensées des autres personnages mais en incluant beaucoup plus les pensées les sentiments et les ressentis de Laurent par rapport à la scène et à Thérèse ?

Merci beaucoup de votre aide, sans cette dernière j'aurais été hors sujet complet !
Juste la trame… L'important est de transformer le passage en focalisation interne selon la perception de Laurent. Regarde l'extrait de Flaubert.