Bonjour à tous.
Je suis actuellement en première année de licence d'économie à la Sorbonne.
Je compte me réorienter vers une filière plus littéraire. J'ai déjà beaucoup réfléchi à mon projet professionnel, je pense devenir enseignant (bien que je n'en sois pas certain).
J'aimerais faire une licence de lettre modernes ou une hypokhâgne.
Mon atout est que j'ai toujours eu une certaine aisance avec les matières littéraires : des facilités pour rédiger des dissertations et des commentaires.
La difficulté c'est que je ne suis pas un très bon lecteur, je lis assez peu.
En fait je commence régulièrement des livres que je ne termine jamais. Pourtant j'aime les livres mais je n'arrive pas à me plonger suffisamment dans la lecture.
Est-ce un défaut rédhibitoire pour faire des études littéraires ?
Est-ce un défaut rédhibitoire pour faire des études littéraires ?
Non, le défaut rédhibitoire serait de ne savoir ni lire ni écrire.
Par contre, tu devras souvent te forcer à lire les oeuvres au programme des examens ou concours que tu seras amené à passer.
Peut-être te donnes-tu comme objectif de lire un type de livres qui ne t'intéressent pas.
Y a-t-il des livres que tu lis jusqu'au bout ?
J'ajoute un chose : les études scolaires paraissent importantes quand l'on est jeune mais la vie dure longtemps après les études. Si pendant des décennies on exerce un métier qu'on n'aime pas trop on ne s'épanouit pas. Essaie de t'imaginer dans longtemps. Quel métier te sens-tu bien exercer en 2013 ou 2050 ? Essaie d'imaginer ce que tu te diras en 2030 ou 2050 concernant le choix que tu cherches à faire aujourd'hui.
Je crois (je prends mon exemple personnel) que je me suis bien planté dans le choix de mes études et je me dis parfois que j'aimerais bien pouvoir expliquer certaines choses au jeune gars que j'étais à seize ou dix-huit ans mais c'est impossible. Essaie de dialoguer avec la personne que tu seras dans longtemps. Ça n'est guère plus possible seulement c'est maintenant que tu choisis ton orientation, ce ne sera pas dans trente ans.
J'en ajoute une dernière pour la route : je trouve tout de même que le fait que tu as du mal à finir un livre ne devrait pas t'aider énormément dans des études littéraires.
Il est inutile de suivre des études de lettres si on n'aime pas lire. Cela me parait une évidence. Si quelqu'un disait "je n'aime pas les équations, je n'arrive jamais à en finir une, ça ne m'intéresse pas", personne ne lui conseillerait de s'inscrire en maths.
Le niveau universitaire étant ce qu'il est, on peut obtenir une licence de lettres sans beaucoup lire, c'est vrai. Mais après ? Professeur de français ? Il reste des parents d'élèves qui s'y connaissent, des parents cultivés, qui obtiendront la tête d'un professeur qui n'y connait rien. Les autres carrières seront aussi bouchées.
C'est à dire, les filières littéraires sont, de fait, très sélectives. Les emplois sont tellement rares qu'il faut être parmi les meilleurs pour en tirer quoi que ce soit. S'inscrire sans avoir la motivation, la capacité de travail, le goût, c'est prendre un aller simple pour le chômage à vie. Il vaut mieux s'inscrire en BTS ou dans n'importe quelle autre formation professionnelle.
C'est clairement dit.
Tu devrais chercher un métier où l'on a à écrire des textes intéressants mais qui ne nécessite pas une grande culture littéraire.
Non, je ne pense pas que ce soit rédhibitoire. Je n'ai jamais été une grande lectrice non plus, j'ai beaucoup de mal à me concentrer sur un livre, et je réussis quand même très bien. C'est différent parce que je suis en histoire, mais au début de mes études supérieures je voulais faire des lettres. Pose-toi des questions plus larges: est-ce que tu aimes l'univers littéraire, est-ce que tu as envie de le transmettre à des plus jeunes ? Surtout, est-ce que tu aimes expliquer les textes, réfléchir pour des dissertations ? On dit souvent que ce n'est pas parce qu'on adore lire qu'on réussit en études littéraires, je pense que le contraire peut être vrai aussi. Qu'essayes-tu de lire, des grands classiques, des romans contemporains ? Essaye de toucher un peu à tout pour t'ouvrir à d'autres styles (littérature étrangère…).
Hippocampe a écrit :Tu devrais chercher un métier où l'on a à écrire des textes intéressants mais qui ne nécessite pas une grande culture littéraire.
Le journalisme, la politique, le marketing ? 😀
OK, OK, je sors…
Sinon, oui, si l'on n'aime pas lire, il paraît improbable de se tourner vers l'étude de la littérature.
Déjà que, même en aimant beaucoup lire, il n'est pas évident de suivre de telles études… :/
Pourtant j'aime les livres
L'étudiant n'a pas dit de façon catégorique qu'il n'aimait pas lire.
Il a dit qu'il envisageait le métier d'enseignant.
Il est peut-être encore temps pour lui de se cultiver un peu plus. Mais il est des ouvrages dits incontournables dont on peut parfaitement se passer.
En effet Gabiana, ces réponses sont un peu catégoriques.
La lecture n'est pas forcément innée et il est fréquent de découvrir sur le tard un véritable goût.
La question est: "qu'est-ce qui t'intéresse véritablement dans les études littéraires?"
Est-ce la beauté d'un texte? L'émotion ressentie à la lecture d'une belle page? Le texte littéraire t'aide-t-il à réfléchir sur toi? Sur le monde?
Je crois pour ma part qu'il faut écouter les motifs qui te dirigent vers la littérature et mesurer s'ils sont solides. Si c'est le cas, le goût de lire des oeuvres qui te semblent insupportables te viendra tout naturellement.
"Qu'est-ce qui t'intéresse véritablement dans les études littéraires?"
Est-ce la beauté d'un texte? L'émotion ressentie à la lecture d'une belle page? Le texte littéraire t'aide-t-il à réfléchir sur toi? Sur le monde?"
Ce qui m'intéresse vraiment dans les études littéraires c'est le style, la technicité d'écriture, une manière de manier le langage. Je suis plus intéressé par la forme que le fond.
Oui, c'est surtout la beauté d'un texte qui m'intéresse.
C'est la raison pour laquelle j'aime la poésie, même si le sens m'échappe par moments c'est la beauté du poème qui m'intéresse.
Lorsque je lis des poèmes de Rimbaud j'avoue ne pas tout
comprendre mais peu importe le sens exact c'est le style, la manière d'utiliser les mots que j'apprécie.
C'est un peu la même chose lorsque je lis des textes de Céline : le sens n'est pas toujours évident mais c'est cette manière de "faire délirer" le langage qui me fascine.
Le problème c'est qu'il ne suffit pas d'être passionné par quelques auteurs pour s'engager dans des études littéraires. Si j'ai de l'intérêt à lire Céline ou Rimbaud j'en aurais moins à lire d'autres auteurs.
C'est la raison pour laquelle que j'hésite vraiment à me lancer dans ce type d'étude.
Si c'est la forme qui t'intéresse particulièrement, je me demande si des études littéraires ne pourraient pas éventuellement t'amener à te spécialiser dans un domaine tel que la stylistique par exemple ?
Je serais plutôt d'accord avec PHK. :/
Le goût et la sensibilité ne suffisent pas. Certaines matières ont un contenu technique assez exigeant (le latin, l'ancien français, la stylistique, par exemple).
Surtout, les études littéraires offrent des débouchés variés, mais seulement aux étudiants au moins honorables. Être médiocre et littéraire, c'est au pire le chômage, au mieux enchaîner des jobs alimentaires pratiquement sans rapport avec la littérature, les idées et les arts.
Et les concours d'enseignement ne sont pas une sinécure. L'agrégation, seule voie d'accès pour être convenablement payé, demande un énorme travail pour un résultat très aléatoire. Nettement moins difficile (surtout depuis quelques années, avec la décrue permanente des candidatures), le Capes exige quand même une préparation sérieuse, et débouche sur une carrière très peu lucrative (on commence à 120% du Smic, et on monte lentement).
Bref, réfléchis bien. 🙂