Qu’est-ce que l’écriture blanche ?

Littérature

27 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Comment définiriez vous l'écriture blanche ? Quels oeuvres peut on rattacher à ce type d'écriture? Si c'est un homme de Primo Levi en fait-il parti?
Bonjour,

Cette page, https://remue.net/bulletin/TB020223.html ici, devrait répondre à ta question.

A toi de voir ensuite si ce type d'écriture qui renoncerait aux effets peut s'appliquer à Primo Lévi…

Pour ma part, je considèrerais que l'écriture blanche est une utopie et que l'absence d'effet est souvent l'ultime coquetterie (ou habileté) de certains auteurs.

Pour Primo Lévi, nous serions plutôt du côté de l'écriture neutre, dépassionnée des écrivains réalistes… mais ce style résulte d'une volonté et d'une ascèse…
Bonjour,

l'écriture blanche serait à mon avis une écriture qui ne serait pas littéraire, au sens où la littérature est issue d'une subjectivité dont elle porte l'empreinte. Une écriture blanche, c'est une écriture neutre, une écriture au plus près du réel, qui ne laisse pas percevoir d'écran entre elle-même et le réel, une écriture documentaire.

Primo Levi a longtemps refusé que l'on qualifie son oeuvre de roman, car un roman c'est de la fiction, or il nous livre malheureusement un témoignage sur des faits réels. Il opposait ainsi littérature et témoignage.

Cependant peut-on parler d'écriture blanche, purement documentaire, neutre dans ce cas? Levi écrit une oeuvre littéraire, que nous avons plaisir à lire et à interpréter, c'est un écrivain. On ne peut pas dire que Si c'est un homme n'est qu'un documentaire, il y a bien dans l'écriture une approche personnelle: l'écrivain a ordonné, organisé son propos, il nous livre ce qu'il a vécu dans une écriture littéraire. Cette démarche littéraire n'exclut pas pour autant la véracité de ses dires, au contraire elle l'appuie, lui donne plus de force, amène le lecteur à s'interroger, à réellement percevoir l'enfer des camps, grâce au maniement littéraire des mots.

A mon avis l'écriture blanche en littérature est impossible, car toute oeuvre porte la marque de son auteur, toute oeuvre est un écran posé sur le réel qui lui offre une lisibilité, l'écran de la vision personnelle de l'auteur.
Michel Houellebecq, qui en a fait un style
"L'étranger" de Camus, est de l'écriture blanche. Le héros est comme spectateur de ce qui lui arrive, il n'est pas partie prenante. L'émotion est donc fortement annihilée.
C'est Roland Barthes qui parle le premier d'écriture blanche dans Le degré zéro de l'écriture
“Roland Barthes évoquait Albert Camus, Maurice Blanchot et Jean Cayrol. ”
L'écriture de roman noir peut-elle être blanche?
( N'est-ce pas qu'elle est mauvaise?)…..
et celle d'un roman à l'eau de roses 😉
Et que dire de l'écriture "arlequin"? 😂
donc une écriture plutôt rose pastel 🙂
et marguerite duras alors?
l'écriture blanche ne la concerne-t-elle pas également?
Pour moi l'écriture blanche et neutre existe -- bien sûr. Mais cela ne veut pas dire qu'elle est "objective" à 100 pour cent. Le débat n'est pas seulement là-dedans.

L'écrivain le plus emblématique d'une écriture blanche est M. Blanchot je trouve. A lire ses oeuvres, pour s'en imprégner.

Et puis comme un membre l'a cité auparavant, R. Barthes en parle très bien.
Bonjour Aniawanda,
L'écrivain le plus emblématique d'une écriture blanche est M. Blanchot je trouve.
Il portait un nom qui l'y prédestinait… 🙂

Muriel
Ouaf ouaf ouaf…
Et la couleur de sa peau? 🙂
@Muriel
Oui c'est vrai… 😉 je n'avais même pas vu cette subtilité…
Non, l'écriture de roman noir n'est pas blanche ;
En revanche, beaucoup de nègres ont une écriture blanche (je voulais la faire 😀)
Je vois qu'il y en a qui s'amusent. Mais la question n'est pas abordée, et je me demande toujours ce que pourrait bien vouloir dire cette expression dans la bouche de quelqu'un ou sous sa plume.

J'ai cru comprendre qu'on faisait référence à Roland Barthes. Je n'ai jamais vu dans cet auteur qu'un très petit, tout petit monsieur qui faisait l'intéressant, bien que j'aie par ailleurs utilisé son travail "Système de la mode" pour cette raison même, en ce qu'il décrit le mode de vie et le système de pensée d'un très petit, tout petit monsieur qui fait l'intéressant.

Mais, en dehors de cette attribution, la formule "écriture blanche", pourrait se comprendre par elle-même, mais de diverses manières:
- écriture fade, sans relief, déliquescente ou dégoulinante, inspirant le dégoût ?
- écriture neutre, effacée, comme l'écriture administrative, telle qu'on me l'a apprise quand je préparais l'ENA, excluant absolument la métaphore, l'image, voire le sens figuré ?
- écriture agressive, qui vous enveloppe de la blancheur comme si elle vous enveloppait d'un voile pour vous réduire à l'état de fantôme, à la manière de certains psychanalystes. Ex Baudouin titrant "L'échec de Baudelaire" pour nier son triomphe.
- écriture rasante, qui aligne les mots et les phrases, en conservant la rythme, comme un métronome qui se prendrait pour un musicien, écrivant pour ne rien dire.
- autre chose.

Si quelqu'un trouve un sens à cette formule, comment la comprend-il ? Pense-t-il que ledit mode de compréhension a une valeur assez générale pour qu'on puisse dire que la formule a un sens dans la langue française ?
L'écriture blanche : Houellebecq.
Par ailleurs, si on peut plus s'amuser, ce forum sera d'un triste 😞 😞 😞
J'avais cité plus haut "l'Etranger" de Camus, comme exemple d'écriture blanche.
Concrètement, c'est une écriture distanciée, qui évite l'émotion, qui présente des faits. Le héros, Meursault, est désincarné, il assiste à sa vie sans la vivre réellement, en étant spectateur, étranger à lui-même et aux autres.
C'est par son écriture neutre que Camus, en plus de la présentation de son personnage, nous montre son caractère.
Au niveau grammatical, l'écriture blanche est souvent caractérisée par l'utilisation du passé composé.