Conseils de lecture en littérature classique étrangère

Littérature

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et à tous !

Je souhaiterais savoir si vous auriez quelques conseils de littératue étrangère à me donner 🙂

J'ai lu pas mal de littérature classique française comme Stendhal, Flaubert, Hugo, Maupassant, Camus et d'autres, mais j'aimerais me tenter à d'autres littératures et d'autres auteurs 😉

Je recherche :
- De la littérature anglaise (j'ai déjà quelques idées comme Shakespeare ou Orwell mais je ne serais pas contre d'autres conseils) ;
- De la littérature espagnole (là je n'ai aucune idée…) ;
- De la littérature américaine ;
- De la littérature latine ;
- De la littérature grecque.

Pour le moment c'est ce qui m'intéresse en priorité 🙂

Merci d'avance pour toutes vos réponses !
Littérature américaine :
  • Sula de Toni Morrison ;
  • The Grapes of Wrath de Steinbeck
Littérature anglaise :
  • Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë ;
  • Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ;
  • Le Monde perdu de Conan Doyle
Bonne lecture !
Merci beaucoup Embu 😜

Je recherche essentiellement, comme les œuvres que tu m'as conseillé, de la littérature "jeunesse", c'est-à-dire des œuvres que lisent les lycéens car je pense que pour commencer il vaut mieux éviter les récits trop complexes !
Merci beaucoup, j'avais aussi en tête Les Hauts de Hurlevents mais je n'en connaissait pas l'auteure donc c'est parfait !
Bonjour,
Peut-être que Dickens, Twain ou Allan Poe conviendraient.
Cordialement.
@Etoile Polaire

Si tu veux des livres destinés à un public plus jeune, tu peux essayer Michael Grant pour sa série Gone, et pourquoi pas Richard A. Knaak ou Christie Golden pour leurs romans fantastiques, mais là, c'est vraiment hors scolaire.
Merci du conseil 🙂
Embu a écrit :@Etoile Polaire

Si tu veux des livres destinés à un public plus jeune, tu peux essayer Michael Grant pour sa série Gone, et pourquoi pas Richard A. Knaak ou Christie Golden pour leurs romans fantastiques, mais là, c'est vraiment hors scolaire.
Mdr je crois qu'on a écrit au même moment 😀
Je voulais remercier le posteur précédent (excusez moi je n'ai pas la mémoire des pseudos…) et merci de nouveau pour ton conseil Embu, il est vrai que je recherche en priorité du classique culturel donc oui ce qu'on lit au lycée, mais un peu de fantastique j'adore !


Avant de faire cette demande j'avais déjà pas mal d'idées, surtout en littérature anglaise, qu'en pensez-vous ? :
- Roméo et Juliette ;
- Les Hauts de Hurlevent ;
- Sa Majesté des Mouches ;
- Une vie en rouge (il me semble que c'est bien ça le titre du roman de Conan Doyle)
- La Ferme des Animaux
- Une vie en rouge (il me semble que c'est bien ça le titre du roman de Conan Doyle)
Non c'est Etude en rouge (A Study in Scarlet)
En priorité, je conseillerais :

Le Revizor – Nicolas Gogol
Les Âmes mortes – Nicolas Gogol
Odyssée - Homère
Les Voyages de Gulliver - Jonathan Swift
L’île au trésor - Robert Louis Stevenson
Robinson Crusoe - Daniel Defoe
Souvenirs intimes de David Copperfield - Charles Dickens
Les Aventures d’Olivier Twist - Charles Dickens
De grandes espérances - Charles Dickens
Les papiers posthumes du Pickwick-Club - Charles Dickens
Histoire de Tom Jones, enfant trouvé - Henry Fielding
Contes racontés aux enfants – Hans Christian Andersen
Orgueil et préjugés – Jane Austen
Le Cœur et la raison – Jane Austen
L’abbaye de Northanger – Jane Austen
Les Affinités électives - Johann Wolfgang von Goethe
Le Portrait – Nicolas Gogol
Les montagnes hallucinées – Howard Philips Lovecraft (mais aussi L’appel de Chtulhu, Je suis d’ailleurs, La couleur tombée du ciel, Dans l’abîme du temps, Le cauchemar d’Innsmouth…)
Le tour d’écrou - Henri James
Le procès - Franz Kafka
Histoires extraordinaires - Edgar Allan Poe
Ivanhoe – Walter Scott
Dr Jekyll et M. Hyde - Robert Louis Stevenson
L'homme invisible - H.G. Wells
Les Aventures d'Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll (mais aussi De l'autre côté du miroir…)

Plus difficiles et/ou plus longs mais tellement passionnants :

La guerre et la paix - Léon Tolstoï
Anna Karénine – Léon Tolstoï
L’idiot – Fiodor Dostoïevski
Crime et Châtiment – Fiodor Dostoïevski
Les frères Karamazov – Fiodor Dostoïevski
L’adolescent - Fiodor Dostoïevski
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche – Miguel Cervantes
Nouvelles exemplaires – Miguel Cervantes
Journal de l’année de la peste - Daniel Defoe
Wilhelm Meister - Johann Wolfgang von Goethe
Les nouvelles pétersbourgeoises de Nicolas Gogol (La Perspective Nevski - Le Journal d'un fou - Le Nez - La Calèche - Le Manteau)
Le théâtre de Nicolas Gogol (Hyménée - Les Joueurs - Le Révizor)
Le château - Franz Kafka
L’Amérique - Franz Kafka
La course au mouton sauvage - Haruki Murakami
La divine comédie – Dante
Le bruit et la fureur – William Faulkner
Iliade - Homère
Taras Boulba – Nicolas Gogol
Les souffrances du jeune Werther - Johann Wolfgang von Goethe
J'ajouterais quelques auteurs hispanophones: Marquez (Cent ans de solitude, l'amour au temps du choléra), Lorca (La maison de Bernarda Alba, Bodas de sangre, Romancero gitano), Borges (Fictions), Cortazar (Les armes secrètes), Rulfo (El llano en llamas)…et d'autres 🙂
Et tu fais bien, car ma culture hispanophone est très faible :/

Est-ce que L'Alchimiste de Paulo Coelho peut être ajouté à cette liste, bien que l'ouvrage original soit écrit, me semble-t-il, en portugais ?
Et pour l'Italie, Le Désert des Tartares, ou, plus simple, plus accessible et plus amusant, Un cas intéressant de Dino Buzzati (voir la superbe adaptation de Camus) manquent également à cette liste.
Bonjour,

A mon tour de vous livrer quelques conseils de lecture.

En littérature américaine :
Don DeLillo, Bruit de fond et Outremonde
John Dos Passos, Manhattan transfer (un peu compliqué cependant)
William Faulkner, Le bruit et la fureur (très complexe à lire, en tant qu'expérience extrême de ce que la littérature peut être)
Harper Lee, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (celui-là, au contraire, d'une grande facilité de lecture sans pour autant basculer dans la niaiserie)
Sinclair Lewis, Babbitt
John Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles (jubilatoire !)

En littérature hispanophone (principalement sud-américaine), quelques pistes également :

Outre les auteurs déjà cités (Borges, Garcia Marquez, Rulfo …), j'ajouterais :
Carlos Fuentes, La mort d'Artemio Cruz
Juan Carlos Onetti, Le chantier
Mario Vargas Llosa, La fête au bouc ou La ville et les chiens
Roberto Bolano, Les détectives sauvages
Merci à tous pour tous ces précieux conseils 🙂
J'ai de quoi m'occuper un moment maintenant !

Enfin, je suis toujours preneuse si d'autres idées vous viennent 😉

Bonjour!

Je réponds à ce sujet avec six ans de retard, en espérant que cela aidera quelqu’un. Je ne sais pas si les oeuvres que je vais citer sont traduites ou même disponibles en dehors de l’Espagne et du monde hispanophone, mais je les indique au cas où.

Les plus célèbres (ou du moins celles que l’on m’a fait étudier cinq fois au cours de ma scolarité) sont en gras

La Celestina, Fernando de Rojas (à lire en version traduite ou modernisée, même pour un epagnol, c’est compliqué ert assez rébarbatif en édition originale)La Vida es sueño, Calderon de la BarcaEl Buscón, Quevedo (oeuvre picaresque)Rinconete y Cortadillo, Cervantes (idem)La vida de Lazarillo de Tormes (oeuvre picaresque subversive et anonyme du XVIe siècle)El Cantar de Mio Cid (oeuvre anonyme, un grand classique qui a inspiré Corneille pour son Cid, mais qui a été utilisé sous le franquisme comme propagande)El sí de las niñas, Moratín (1801, sorte de l’Ecole des Femmes à l’espagnole, avec une jeune fille sortant du couvent qui doit se marier à un vieil homme mais aimant le neveu de celui-ci, cela finit bien et l’oncle les marie en disant qu’il faut toujours respecter les volontés des jeunes filles pour le mariage)Libro de Buen Amor, Juan Ruiz, Arcipreste de Hita (une fausse autobiographie amoureuse hilarante, parodiant l’amour courtois, écrite manifestement par un archevêque)Don Juan Tenorio, José Zorilla (Don Juan mais repris par un auteur romantique)Evidemment Don Quijote de la Mancha, CervantesFortunata y Jacinta, Benito Perez GaldósMarianela, Benito Perez GaldósEpisodios Nacionales, GaldósRimas, et Leyendas de Bécquer (romantisme tardif, deuxième moitié du XIXe siècle)La Regenta, Alas Clarín (Une sorte de Madame Bovary doublé d’anticléricalisme)Los milagros de Nuestra Señora, Gonzalo de Berceo (littérature religieuse du XIIIe siècle, avec une description des miracles mariaux, dont certains sont assez étonnants (c’est mon avis personnel))Une oeuvre théâtrale de Lope de Vega, comme Fuenteovejuna ou El caballero de OlmedoDes oeuvres poétiques plus courtes: Coplas a la muerte de su padre ,Jorge Manrique (Recuerde el alma dormida, /avive el seso y despierte/ contemplando/como se pasa la vida/como se viene la muerte, /tan callando[…]) https://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/obra-completa--0/html/ff6c9480-82b1-11df-acc7-002185ce6064_5.html#I_56_ (le lien pour lire cette oeuvre du XVe siècle en ligne gratuitement, en version originale)La cancion del pirata José de EsproncedaLos santos inocentes, Miguel Delibes (je n’ai rien compris jusqu’au cinquième chapitre (sur cinq), il faut savoir qu’il n’y a pas de point sauf entre les chapitres, il s’agit de cinq phrases immenses, construites d’une façon assez déroutante; le livre parle des conditions de vie des agriculteurs sans terre dans les grandes propriétés terriennes de l’Extrémadure ou de l’Andalousie sous le franquisme)Campos de Castilla, Machado (un recueil de poèmes du début du XXe siècle, typique de la Generación del 98)

A cette liste se rajoutent évidemment les oeuvres de Lorca, mentionnées plus haut, des auteurs d’Amérique latine (je ne suis pas compétente sur ce point), de Juan Ramón Jiménez, Camilo José Cela, la poésie des auteurs de la generación del 27 et les autres oeuvres de la Generación del 98, El Romancero viejo (le principal de la poésie médiévale espagnole:https://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/romancero-viejo--0/html/, avec les Cantigas de amigo galiciennes et les Jarcas hispano-arabes), etc…

J’espère que cette liste (un peu longue je vous l’accorde) servira à ceux qui cherchent les classiques de la littérature espagnole. Bon courage pour ceux qui s’y attaqueront!

Pour répondre à ton interrogation sur la disponibilité en français des œuvres espagnoles que tu cites, je peux au moins répondre pour quelques unes :La Vie de Lazare de Tormes (Anonyme), Le Gueux ou la vie de Guzman d’Alfarache (Mateo Alemán) et La Vie de l’aventurier Don Pablos de Segovie (Francisco de Quevedo) sont regroupés dans le volume Pléiade intitulé « Romans picaresques espagnols » et à ce titre sont probablement (ou ont probablement été) disponibles dans une édition de poche du même éditeur (typiquement la collection Folio chez Gallimard).Don Quichotte et les Nouvelles exemplaires de Miguel de Cervantès sont disponibles dans la même collection dans des traductions de Jean Cassou, César Oudin et François de Rosset pour l’édition originale en un volume. Au début des années 2000 ces œuvres ont été éditées en deux volumes dans des traductions de Claude Allaigre, Jean Canavaggio, Michel Moner et Jean-Marc Pelorson. Je ne sais pas si tu connais ces traductions, mais si c’est le cas, je serais très intéressé par ton avis.Le même éditeur propose un volume de « Théâtre espagnol du XVIe siècle » qui comprend des pièces de Fernando de Rojas, Gil Vicente, Juan del Encina, Lucas Fernández, Bartolomé de Torres Naharro, Lope de Rueda, Juan de la Cueva, Juan de Timoned, Lupercio Léonardo de Argensola, José de Valdivielso, Augustín de Rojas Villandrando et Miguel de Cervantès.On trouve aussi un « Théâtre espagnol du XVIIe siècle » en deux volumes, avec des pièces de Lope Félix de Vega Carpio, Guillén de Castro y Bellvis (Les Enfances du Cid), Antonio Mira de Amescua, Luis Vélez de Guevara, Juan Ruiz de Alarcón y Mendoza, Tirso de Molina, Antonio Hurtado de Mendoza, Luis Quiñones de Benavente, Pedro Calderón de la Barca, Francisco de Rojas Zorrilla ou encore Agustín Moreto y Cavana.Il existe également dans cette même collection un volume consacrée à la poésie intitulé « Anthologie bilingue de la poésie espagnole», qui présente des œuvres de Rafael Alberti, Vicente Aleixandre, Gustavo Adolfo Bécquer, Luis Cernuda, Miguel de Cervantès, Antonio Colinas, Federico García Lorca, Luis de Gongóra, Jorge Guillen, Yehuda Halevi, Miguel Hernández, Fernando de Herrera, Juan Ramon Jimenez, Jean de La Croix, Garcilaso de La Vega, Luis de León, Lope de Vega, Antonio Machado, Inigo Lopez de Mendoza, Blas de Otero, Francisco de Quevedo y Villegas, Juan Ruiz, Jaime Siles, Thérèse d’Avila, Miguel de Unamuno, José Angel Valente et Gil Vicente. Les œuvres de Federico Garcia Lorca sont éditées en Pléiade en deux tomes. Plus spécialisé, on trouve un volume paru en 2012 qui propose de œuvres de Saint-Jean de la Croix et Thérèse d’Avila.

Bonjour Freddy Lombard, merci pour votre réponse.

Vous avez dit: "Je ne sais pas si tu connais ces traductions, mais si c’est le cas, je serais très intéressé par ton avis." Je crains ne pouvoir vous être d’aucune utilité pour ces traductions, je n’ai lu les œuvres que j’ai cité qu’en espagnol, parfois même en ancien castillan (El Cantar de Mio Cid, entre autres). J’aurais beaucoup aimé pouvoir vous aider au sujet des traductions, mais je n’en lirais probablement jamais, étant bilingue, car, à mon avis, une traduction, aussi bonne soit-elle, n’arrive jamais à rendre le style de l’auteur.

Bon, alors ça aura au moins permis de signaler qu’il existe des versions françaises d’une partie des œuvres que tu as citées et dont tu te demandais si elles étaient traduites et disponibles.

Pour ma part, dans cette liste je n’ai lu pour l’instant que le volume des Romans picaresques espagnols et celui consacré à Cervantes (qui fait désormais l’objet de deux tomes dans la nouvelle édition).

J’ai beaucoup aimé les romans picaresques qui m’ont donné l’impression de voyager dans l’Espagne du XVIe siècle, ainsi que les Nouvelles exemplaires. Quant à Don Quichotte, je ne fais pas preuve d’une grande originalité en le plaçant dans mon panthéon littéraire et en le considérant comme l’un des chefs d’œuvres de la littérature universelle. Dans la liste des « Cents meilleurs livres de tous les temps » établie en 2002 par cent écrivains issus de cinquante-quatre pays différents, Don Quichotte était implicitement cité comme le meilleur de tous !

En première, mon professeur d’espagnol nous avait dit que pour la littérature, c’était très simple, il y avait Cervantes d’un côté et par ailleurs les autres, et qu’il n’y avait pas photo. Je n’ai pas la compétence pour juger en l’espèce, je m’intéresse seulement à l’idée. Est-ce que vous seriez d’accord sur l’idée, Freddy ?

Pour garder la métaphore sportive, il y aurait des littératures dans lesquelles il existe un auteur qui a "plié le match", par exemple Shakespeare, ou Dante : personne ne fera quelque chose de compétitif, la question est réglée. Quand l’auteur date du 16ème siècle voire du Moyen Age (pour Dante), ça doit être frustrant de se dire que, quoi qu’on fasse, on sera en-dessous du niveau, parce que ce qu’il y avait à dire a été dit, et que ça l’a été dans des termes qui sont indépassables. On ne refera pas "to be or not to be", on ne le dira pas mieux, c’est plié.

Nous n’avons pas cela, dans les classiques français. Racine, c’est merveilleux, mais Corneille n’est pas mal non plus. Hugo, d’accord, mais on peut préférer Baudelaire (pour la poésie). Il n’y a pas de plieur de match.

Même chose dans la littérature allemande : on peut citer le nom de Goethe, par exemple, mais personne ne croit qu’il a plié la question d’écrire en allemand. Il doit sa renommée d’ailleurs à des considérations non littéraires (je ne précise pas pour l’instant : il y a des éléments légitimes et aussi du pas très sérieux), j’ai rencontré de nombreux germanistes qui n’aiment pas Goethe, les Allemands préfèrent souvent Hölderlin etc. Faust est une oeuvre cardinale, bien sûr, mais ça n’a pas l’autorité de faire voir qu’après cela, il n’y a plus qu’à se taire.

Bonjour Jocrisse,

Je n’ai pas suffisamment de culture littéraire étrangère pour affirmer que Miguel Cervantes est le plus grand auteur espagnol. Jusqu’au XIXe siècle il semble néanmoins que ce soit le cas.

Concernant les autres littératures du monde, pour n’évoquer que celles que je connais un petit peu, il est certain que Dickens survole la littérature anglaise du XIXe siècle : bien que d’autres auteurs aient écrit de grands livres, il me semble que leur œuvre est moins considérable (Emily, Anne et Charlotte Brontë, Robert-Louis Stevenson, Henri James, Jane Austen, ou George Eliot pour rester dans la même période).

Pour l’Allemagne, Johann Wolfgang von Goethe est en effet l’auteur qui a probablement le plus marqué son siècle.

En ce qui concerne la Russie du XIXe siècle, je trouve bien difficile de départager Léon Tolstoï, Anton Tchékhov, Nicolas Gogol, M.-E. Saltykov Chtchédrine, Ivan Tourguéniev, Nicolas Leskov et Alexandre Pouchkine : il faut le génie de Fiodor Dostoïevski pour trancher !

Je n’entrerai pas ici dans la littérature française qui mérite un développement important.

En revanche, je ne crois pas que l’on puisse dire que :

« quoi qu’on fasse, on sera en-dessous du niveau, parce que ce qu’il y avait à dire a été dit, et que ça l’a été dans des termes qui sont indépassables ».

Il est certain que certains écrivains et leurs œuvres sont immortels mais il faut laisser la chance à ceux qui suivent de chercher de nouvelles pistes, de créer de nouvelles formes, voire d’inventer une nouvelle langue.C’est ce qu’ont fait Céline en France, Boulgakov en Russie, Kafka en Allemagne ou encore Faulkner aux États-Unis (bien que je n’apprécie pas du tout les romans de cet auteur, il faut lui reconnaître son inventivité).

Il y a des considérations extra-littéraires dans les jugements des contemporains comme de la postérité. Faulkner souffre sans doute de son "incorrection" politique : c’est l’image du Sud (américain) arriéré, réac, esclavagiste et raciste, et pauvre, qui fait mauvais genre. Le genre glauque, pour le dire d’un mot. Dans son cas, j’afficherais la même prudence que toi, faute de compétence pour juger de sa valeur en anglais. Touchant à Goethe, il a écrit quelques oeuvres mythiques (Faust, au premier rang), mais il est très côté surtout en tant que bonhomme, grand seigneur, homme politique, etc. Un peu comme Hugo, c’est sa gloire qui impressionne d’abord, gloire dont la littérature n’est qu’un aspect parmi d’autres.

Je reprends la discussion sur les classiques espagnols pour signaler que La vida de Lazarillo de Tormes existe en édition bilingue dans la collection Garnier Flammarion. Cette traduction est conseillée sur une liste de lecture pour la spécialité espagnol en Hypokhâgne dans un grand lycée parisien, ce qui me semble être un gage de qualité (je l’espère du moins).