On pourrait peut-être, pour pousser la comparaison aussi loin qu’elle peut aller, comparer la description que fait Thucydide au commencement du Livre huitième, de l’effet que causa à Athènes la nouvelle de la défaite entière de l’armée des Athéniens, par ceux de Syracuse ; à l’effet que fit à Rome, la nouvelle de la bataille de Cannes. La peinture que fait Tite-Live de la consternation où se trouva le peuple Romain après cette défaite, n’est pas tout à fait si circonstanciée, que celle de Thucydide : mais il ya de plus grandes expressions : il parait moins de fermeté dans le peuple d’Athènes, que dans le peuple Romain, qui est soutenu du Sénat et des Chefs de la République ; et tout bien considéré, le génie de l’Historien Latin parait en cet endroit bien supérieur sur le génie de l’Historien Grec. (P. Rapin, Comparaison de Thucydide et de Tite-Live)Est-ce que quelqu'un d'entre vous identifie le passage de Tite-Live auquel l'auteur fait référence ? J'ai la curiosité de le lire, afin de juger si elle est, en fait, si pleine de "grandes expressions"…
René Rapin, Comparaison de Thucydide et de Tite-Live
3 réponses
Nunquam salua urbe tantum pauoris tumultusque intra moenia Romana fuit. Itaque succumbam oneri neque adgrediar narrare quae edissertando minora uero faciam.etc.
XXII, 54
La première phrase promet quelque-chose… "Nunquam salua urbe tantum pauoris tumultusque intra moenia Romana fuit." Quel début impérial, et moi qui détestais Tite-Live !
Les lettres grecques, ce fut mon professeur de physique-chimie qui me les aura apprises pour la première fois 🙂 . En effet, je ne sais point lire le grec ancien. Et pourtant, j'ai ressenti un désir incontrôlable (qui relevait plus du besoin que de la volonté) de lire, du moins, quelques passages de Thucydide, après tout ce que j'en ai lu. Alors, j'ai tenté de m'attacher le plus possible à l'original, en lisant une traduction latine (en outre, pourriez-vous me dire si vous la trouvez fidèle au texte grecque ?). En voici l'extrait :
Pourriez-vous me suggérer quelques passages importantes de l'ouvrage, pour que j'en cherche la traduction latine ? D'ailleurs, vous parait-il productif qu'on lise des traduction latines du texte grec au lieu de traductions modernes ? En plus, jugez vous que cet exercice renforce l'idée d'une culture antique bilingue ? Est-ce un exercice à pratiquer en classe ? Quels avantages ou désavantages…
Les lettres grecques, ce fut mon professeur de physique-chimie qui me les aura apprises pour la première fois 🙂 . En effet, je ne sais point lire le grec ancien. Et pourtant, j'ai ressenti un désir incontrôlable (qui relevait plus du besoin que de la volonté) de lire, du moins, quelques passages de Thucydide, après tout ce que j'en ai lu. Alors, j'ai tenté de m'attacher le plus possible à l'original, en lisant une traduction latine (en outre, pourriez-vous me dire si vous la trouvez fidèle au texte grecque ?). En voici l'extrait :
Athenas autem postquam hic nuncius allatus est diu quidem fidem non habebant ne praecipuis quidem militibus, qui ex ipso certamine euaserant, et rem compertam nuntiabant, certe quidem non sic funditus omnia euersa credentes; sed postquam cognouerunt, infensi erant oratoribus, qui cum ceteris studiose egerant, ut susciperetur expeditio, quasi eam non ipsi decreuissent, atque irascebantur etiam ariolis et uatibus, et quotquot tunc eos rebus diuinis in spem erexerant, fore ut caperent Siciliam.Je me suis débrouillé avec toute une sorte de tournures méconnues (ago ut…, est ut…, spes + prop. inf., etc.). Cependant, il y a quelques mots dont le sens m'a échappé ; c'est pourquoi, je les ai mis en gras. D'autres doutes :
(Thucydide, Histoire de la Guerre du Pélopponèse, VIII, 1, 1, traduction latine de Friedrich Haase, 1840)
- Le sujet des verbes à la 3ème personne du pluriel est-il Athenienses ?
- Y a-t-il une raison qui explique la superabondance d'adversatives : autem, quidem ?
- nuncius = nuntius ?
- Qui est ce cum ceteris ?
- Quelle est la fonction syntaxique de rebus diuinis : complément circonstanciel de cause ou de moyen ? Je penche plutôt vers le premier…
- L'usage fréquent le participes est-il un pont vers le texte grec ? C'est un calque de traduction ?
Pourriez-vous me suggérer quelques passages importantes de l'ouvrage, pour que j'en cherche la traduction latine ? D'ailleurs, vous parait-il productif qu'on lise des traduction latines du texte grec au lieu de traductions modernes ? En plus, jugez vous que cet exercice renforce l'idée d'une culture antique bilingue ? Est-ce un exercice à pratiquer en classe ? Quels avantages ou désavantages…



