Bonjour tout le monde !
Je suis en 1e L . J'ai une dissertation à rendre pour la rentrée en littérature. Le sujet:
" Il vaut mieux écrire du rire que des larmes, car le rire est le propre de l'homme." nous confie Rabelais.
En quoi Gargantua est-il l'illustration même de ce vers tiré du dizain liminaire ?
Attention à bien traiter le sujet à la lumière du prologue.
Je ne sais pas par quel bout l'attraper… Auriez-vous des pistes pour le plan ?
Merci d'avance.
Peux-tu donner les limites de l'extrait à commenter ?
Qu'entendez-vous par les limites ?
Floreale a cru que tu parlais d'un commentaire composé.
Le sujet t'invite à étudier les différents aspects du rire dans Gargantua. Il n'invite pas à un plan dialectique car a priori tu dois juste illustrer l'affirmation. Tu devras choisir un plan thématique ou analytique pour analyser la présence du rire et son rôle (le rire lié au plaisir du langage, le grotesque, le rire porteur d'une réflexion humaniste, etc.)
Merci pour les pistes ! Je vais pouvoir m'y mettre ! 😀
En effet, j'avais cru qu'il te fallait faire un commentaire. Cela dit, remettre la citation dans son contexte peut être éclairant.
Dizain liminaire et prologue de l’auteur.
Aux Lecteurs
Amis lecteurs, qui lisez ce livre,
Défaites-vous de toute passion,
Et, en le lisant, ne vous scandalisez pas :
Il ne contient ni mal ni infection.
Il est vrai qu’ici vous n’apprendrez
Que peu de perfection, sinon sur le rire ;
Mon coeur ne peut choisir aucun autre sujet,
Quand je vois le deuil qui vous mine et consume
Il vaut mieux écrire du rire que des larmes,
Parce que le rire est le propre de l’homme.
VIVEZ JOYEUX
Prologue de l’auteur
Buveurs très illustres, et vous, vérolés très précieux — car c'est à vous, non aux autres, que je dédie mes
écrits —, Alcibiade, dans un dialogue de Platon intitulé Le Banquet, faisant l'éloge de son précepteur Socrate,
sans conteste le prince des philosophes, déclare entre autres choses qu'il est semblable aux Silènes. Les
Silènes étaient jadis de petites boîtes, comme celles que nous voyons à présent dans les boutiques des
apothicaires, sur lesquelles étaient peintes des figures drôles et frivoles : harpies, satyres, oisons bridés, lièvres
cornus, canes bâtées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures contrefaites à plaisir pour inciter les gens à
rire (comme le fut Silène, maître du bon Bacchus). Mais à l'intérieur on conservait les drogues fines, comme le
baume, l'ambre gris, l'amome, la civette, les pierreries et autres choses de prix. Alcibiade disait que Socrate leur
était semblable, parce qu'à le voir du dehors et à l'évaluer par l'aspect extérieur, vous n'en auriez pas donné une
pelure d'oignon, tant il était laid de corps et d'un maintien ridicule, le nez pointu, le regard d'un taureau, le visage
d'un fou, le comportement simple, les vêtements d'un paysan, de condition modeste, malheureux avec les
femmes, inapte à toute fonction dans l'État ; et toujours riant, trinquant avec chacun, toujours se moquant,
toujours cachant son divin savoir. Mais, en ouvrant cette boîte, vous y auriez trouvé une céleste et inappréciable
drogue : une intelligence plus qu'humaine, une force d'âme merveilleuse, un courage invincible, une sobriété
sans égale, une égalité d'âme sans faille, une assurance parfaite, un détachement incroyable à l'égard de tout ce
pour quoi les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.
À quoi tend, à votre avis, ce prélude et coup d'essai ? C'est que vous, mes bons disciples, et quelques autres
fous oisifs, en lisant les joyeux titres de quelques livres de notre invention, comme Gargantua, Pantagruel,
Fessepinte, La Dignité des braguettes, Des pois au lard avec commentaire, etc., vous pensez trop facilement qu'on n'y traite que de moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l'enseigne extérieure (c'est le titre)
est, sans chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut pas considérer
si légèrement les oeuvres des hommes ../…
Pour la dissertation, vaut-il mieux un plan en 2 parties, ou 3 ? Parce que je ne trouve que 2 parties: I- le rire libérateur et II- le rire humaniste
mais j'ai peur que ça fasse trop court…
Pourquoi pas . Mais quelle sera ta problématique et tout va dépendre du contenu de ces deux parties.
On doit retrouver les deux faces d'une même médaille :
… vous pensez trop facilement qu'on n'y traite que de moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l'enseigne extérieure (c'est le titre) est, sans chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut pas considérer si légèrement les oeuvres des hommes ../…
Le rire propre de l'homme
Ce que cache le rire. Au-delà du rire
Ma problématique: A la lumière du prologue, en quoi peut-on dire que Gargantua est l'illustration même de cette citation ?
(sous-entendu: "Il vaut mieux écrire du rire que des larmes/Parce que le rie est le propre de l'homme)
Pour mes deux parties:
I- le rire libérateur
« Mon cœur ne peux choisir aucun autre sujet / Quand je vois le deuil qui vous mine et consume »
II- le rire ''instructif''/ humaniste
Apologue
« Les matières ici traitées ne sont pas si folâtres que le titre le prétendait » (page 37)
En fait j'ai juste essayer de placer les citations du prologue qui me semblaient importantes en parties, mais bon…
La structure est cohérente mais la problématique n'est qu'une question à peine reformulée.
Oui, la problématique me pose toujours problème, donc je me contente de reformuler le sujet… 🙄