Bonjour,
J'aimerais bien savoir si le plan que j'ai créé en entrainement qui porte sur le sujet du bac de français de 2005 est "bien".
Le texte était Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) "Réponse à un acte d'accusation" de Victor Hugo :
Nous étudierons l'engagement de cette poésie puis la réflexion de l'écriture du manifeste de Hugo.
Voici mon plan :
I) Une poésie engagée
1) Message contre la hiérarchie des mots
-arguments mis en place par Hugo : ouverture sur les classes sociales.
2) La personnification des mots
-Classes sociales (vers 1→ 5 mots sénateurs et vers 5→ 20 mots roturiers). Place bien plus impotante pour la bourgeoisie que pour le peuple qui est même désigné en second plan ("Les autres").
-"sans perruque"… Nombreux effets stylistiques à relever et commenter.
3) Argumentation appuyée sur les poètes et auteurs (Racine, Voltaire…), reprises antiques (Aristote).
II) Une Révolution cependant stylisée
1) Une écriture poétique structurée
-rimes suivies, 40 alexandrins, césures et hémistiches. Rien à voir avec le style plus moderne qui se sépare complétement des contraintes stylistiques.
La révolution survient au 20e vers et sépare le poème en deux parties (temps du passé et temps du présent). "Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi".
2) Registre Epique et Parodique, Style visuel
La révolution est baignée d'héroïsme, anaphore du pronom personnel "je". Le parodique donne un aspect léger au texte : contradiction entre ces deux genres.
Reprises des formes géométriques ("compas", "alexandrins carrés") : caractérisation des poèmes anciens. De plus opposition entre le noir et le blanc.
Conclusion :
Né 13 ans après la Révolution Française, "ce siècle avait deux ans", Hugo a su participer à la Révolution des normes classiques à une époque ou la littérature se transforamait. Son oeuvre engagée reste un manifeste exemplaire aux changements stylistiques oppérés à cette époque. La poésie en prose apparaitra quelques années, aux alentours de 1910, avec l'apparition de la Modernité.
Que penser de ce plan ? J'ai l'impression que le fond et la forme sont trop séparés même si la forme est un élément de commentaire essentiel.
Peut-on réellement parler de manifeste ?
En vous remerciant d'avance,
Jonny66 (qui s'entraîne pour son Bac)
J'aimerais bien savoir si le plan que j'ai créé en entrainement qui porte sur le sujet du bac de français de 2005 est "bien".
Le texte était Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) "Réponse à un acte d'accusation" de Victor Hugo :
Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation »INRO : En 1856, Hugo écrit Les Contemplations. Ce texte engagé met en avant une Révolution stylistique dont Hugo sera un actant. Comment Hugo dénonce-t-il les normes classiques dans son texte ?
Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
Les Méropes1, ayant le décorum pour loi,
Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi;
Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3,
Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
Populace du style au fond de l'ombre éparse;
Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas4 leur chef
Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
N'exprimant que la vie abjecte et familière,
Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
Racine regardait ces marauds de travers;
Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
Et sur l'Académie, aïeule et douairière5,
Cachant sous ses jupons les tropes8 effarés,
Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l'encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote6,
Frémirent ; je montai sur la borne Aristote7,
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces8,
N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ? 1. Personnages de tragédies.
2. L'absence de la lettre "s" est volontaire.
3. Inquiétants.
4. Vaugelas : auteur des Remarques sur la langue française (1647). Il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
5. L'Académie Française, garante des règles; "Douairière" : vieille femme..
6. Figures de style.
7. Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
8. Peuples considérés ici comme barbares.
Nous étudierons l'engagement de cette poésie puis la réflexion de l'écriture du manifeste de Hugo.
Voici mon plan :
I) Une poésie engagée
1) Message contre la hiérarchie des mots
-arguments mis en place par Hugo : ouverture sur les classes sociales.
2) La personnification des mots
-Classes sociales (vers 1→ 5 mots sénateurs et vers 5→ 20 mots roturiers). Place bien plus impotante pour la bourgeoisie que pour le peuple qui est même désigné en second plan ("Les autres").
-"sans perruque"… Nombreux effets stylistiques à relever et commenter.
3) Argumentation appuyée sur les poètes et auteurs (Racine, Voltaire…), reprises antiques (Aristote).
II) Une Révolution cependant stylisée
1) Une écriture poétique structurée
-rimes suivies, 40 alexandrins, césures et hémistiches. Rien à voir avec le style plus moderne qui se sépare complétement des contraintes stylistiques.
La révolution survient au 20e vers et sépare le poème en deux parties (temps du passé et temps du présent). "Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi".
2) Registre Epique et Parodique, Style visuel
La révolution est baignée d'héroïsme, anaphore du pronom personnel "je". Le parodique donne un aspect léger au texte : contradiction entre ces deux genres.
Reprises des formes géométriques ("compas", "alexandrins carrés") : caractérisation des poèmes anciens. De plus opposition entre le noir et le blanc.
Conclusion :
Né 13 ans après la Révolution Française, "ce siècle avait deux ans", Hugo a su participer à la Révolution des normes classiques à une époque ou la littérature se transforamait. Son oeuvre engagée reste un manifeste exemplaire aux changements stylistiques oppérés à cette époque. La poésie en prose apparaitra quelques années, aux alentours de 1910, avec l'apparition de la Modernité.
Que penser de ce plan ? J'ai l'impression que le fond et la forme sont trop séparés même si la forme est un élément de commentaire essentiel.
Peut-on réellement parler de manifeste ?
En vous remerciant d'avance,
Jonny66 (qui s'entraîne pour son Bac)



