Fonction de "Pierre" dans "Je m’appelle Pierre"

Langue française

114 réponses · Page 2 / 6

Un verbe copule particulier, puisque :
- le nom qui le suit ne peut être pronominalisé. Ex Il s'appelle Maldoror : *Il se l'appelle,
- il ne peut être suivi d'un adjectif. Ex *Il s'appelle méchant.
Cela dit, je n'ai rien à proposer.
Spalding a écrit :Mais dans la phrase : "Pendant deux ans, elle s'est appelée Marie", avec quoi est accordé appelée ?
Ne peut-on considérer que s'appeler peut avoir deux sens ?

"Jacques, pour notre jeu, je t'appelle Sitting Bull, Anne, je t'appelle Sitting Cow, Spalding, je t'appelle Geronimo et moi, je m'appelle Cochise."
Appeler désigne ici une action, s'appeler est sa forme pronominale

"Je m'appelle Pierre."
Pas d'action ici. Nous avons un verbe d'état. S'appeler a un sens différent et c'est un verbe essentiellement pronominal. Comme dans
"Pendant deux ans, elle s'est appelée Marie".
Marie s'accorde donc avec elle.
Hippocampe a écrit :
Spalding a écrit :

Mais dans la phrase : "Pendant deux ans, elle s'est appelée Marie", avec quoi est accordé appelée ?
Ce n'est pas Spalding qui demande ça, c'est également Jacques… 😉

Et bien sûr que "s'appeler" est un verbe essentiellement pronominal, personne ici ne le conteste.
Ce que Spalding remet en cause dans ses messages précédents, ce n'est pas l'accord de son participe, c'est le fait que ce soit un verbe d'état suivi d'un nom attribut du sujet ("Pierre") comme le considèrent la plupart des grammaires.
Je n'ai pas dû bien suivre…
Apparemment non… Tu n'as qu'à relire ! 🙂
En fait :
- ou on fait une analyse diachronique, et en cas "se" est COD d'appeler, même s'il a un sens passif (et non essentiellement pronominal), et "Marie" peut être considéré comme un attribut de ce COD ;
- ou on raisonne synchroniquement (tendance de la grammaire moderne), on fait de "se" un simple marqueur dépourvu de fonction et on assimile "Elle s'est appelée Marie" à "Elle est devenue Annie au bout de deux années".
Et quelle que soit l'analyse du "se", "Marie" resterait donc bien attribut.
Oui. Par contre en russe, on peut mettre "Marie" à l'instrumental, ce qui en ferait un complément de moyen. En russe classique, on dit : "On l'appelle [du nom de] Marie". Mais couramment, on a… le nominatif, assez difficile à justifier 🙂 !
Jehan a écrit :Un adjectif attribut du sujet suivant la copule "être" peut également commuter avec "ainsi".
Pierre est serviable... > Pierre est ainsi. Valeur adverbiale également, devrait en déduire Spalding.
Devrait-on pour autant dénier à l'adjectif la fonction d'attribut du sujet ?

Spalding considérant par ailleurs que le participe passé conjugué avec "avoir" devrait rester invariable du fait de la nature adverbiale qu'il lui octroie, s'il est conséquent, ne devrait-il pas également préconiser la même invariabilité pour l'adjectif attribut suivant la copule "être" ? Alors qu'il préconise le maintien de l'accord pour le participe conjugué avec "être"…
Je pense qu'il ne faut pas pousser trop loin la méthode analogique ! En effet, il faudrait alors établir qui doit s'aligner sur qui. Si l'on établit par exemple une analogie entre "serviables" et "ainsi" dans "Ils sont serviables" et "Ils sont ainsi", on pourrait alors dire que "serviables" possède une valeur adverbiale et devrait rester invariable (singulier). Mais aussi que "ainsi" possède une valeur adjectivale et devrait ici se mettre au pluriel (ainsis) !

Dans la phrase en question, l'adverbe "ainsi" doit être associé au verbe, pas au sujet comme éventuellement l'adjectif. En effet, "ainsi" suppose implicitement "faits" dans "Ils sont ainsi". On dira alors "Ils sont ainsi faits". L'adverbe "ainsi" se rapporte bien ici au participe passé (verbe) "faits". Je ne discuterai pas son invariabilité !

Puisque Jehan fait allusion à mon essai sur le participe passé (www ci-contre), je me permets aussi de signaler que le présent sujet ne le concerne pas du tout. Merci de ne pas tout mélanger : on ne s'y retrouvera plus ! 🙄

Hippocampe a écrit :Ne peut-on mettre tout le monde d'accord en disant que "Pierre" est un attribut du sujet, en se basant sur le principe énoncé par Spalding (verbe pouvant être remplacé par "être" plus un adverbe) :

Je m'appelle Pierre = Je suis nominalement Pierre.
Cette formulation est inhabituelle. Je reconnais ne pas y avoir pensé. Dans ce cas, "m'appelle" est bien un verbe d'état et "Pierre" l'attribut du sujet "Je".

Cela dit, il n'est pas non plus interdit de voir un pronominal passif. Cela me parait d'ailleurs plus naturel : "Je m'appelle Pierre" (voix passive) = "Je suis appelé Pierre [par untel]" (voix passive) = "On m'appelle Pierre" (voix active).

Dans "On m'appelle Pierre", "Pierre" semble bien l'attribut du COD "me" (m').

On peut par contre hésiter pour les deux phrases à la voix passive. Faire de "Pierre" l'attribut du sujet ne me parait défendable que dans une phrase à la voix neutre (ni active ni passive). Personnellement, j'ai tendance à considérer que "Pierre" joue alors le rôle d'un complément adverbial, comme un nom peut être aussi sujet, attribut, COD, COI, CA…

Pour dénouer ce problème, il faut en fait considérer la phrase passive (mais non pronominale) "Je suis appelé Pierre [par untel]". Quel est pour vous le rôle grammatical (fonction syntaxique) de "Pierre" dans cette phrase ? 🆒
Puisque Jehan fait allusion à mon essai sur le participe passé (www ci-contre), je me permets aussi de signaler que le présent sujet ne le concerne pas du tout. Merci de ne pas tout mélanger : on ne s'y retrouvera plus ! 🙄
Tu n'as qu'à commencer toi-même… Pour ta part, tu ne rates pas une occasion d'y faire allusion, même quand cela n'a pas de rapport direct avec le sujet.
Ici, j'ai fait le rapprochement entre la "valeur adverbiale" que tu parviens à trouver dans le participe passé conjugué avec avoir et la "valeur adverbiale" que tu parviens à trouver dans un attribut.
Ce n'était donc pas tout à fait hors sujet.
Pour dénouer ce problème, il faut en fait considérer la phrase passive (mais non pronominale) "Je suis appelé Pierre [par untel]". Quel est pour vous le rôle grammatical (fonction syntaxique) de "Pierre" dans cette phrase ? 🆒
Tu as lu plus haut ce qu'en pense Wilmet ? Il pencherait pour l'apposition. (message 14)
Et moi, pour attribut du sujet : quelqu'un attribue l'identité "Pierre" au sujet "Je"…
Et sur ce Pierre je construirai ma grammaire.
Bonsoir,

Dans "Je m'appelle Pierre", "Pierre" est attribut du sujet "Je". En effet, la relation "attribut du sujet" est une relation de qualité ou d'identité qui se fait par l'intermédiaire de verbes d'état ou de verbes comme "s'appeler", "se nommer" (cf. , par ex., le Bescherelle des difficultés de Claude Kannas - agrégé de grammaire ; grammaire Aidenet).
C'est bien l'avis de la majorité des intervenants de ce fil.
Spalding lui-même, assez peu d'accord au départ, a fini par concéder que "s'appeler" pouvait être un verbe copule…
Spalding a écrit :Puisque Jehan fait allusion à mon essai sur le participe passé (www ci-contre), je me permets aussi de signaler que le présent sujet ne le concerne pas du tout. Merci de ne pas tout mélanger : on ne s'y retrouvera plus ! 🙄
Jehan a écrit :Tu n'as qu'à commencer toi-même… Pour ta part, tu ne rates pas une occasion d'y faire allusion, même quand cela n'a pas de rapport direct avec le sujet. Ici, j'ai fait le rapprochement entre la "valeur adverbiale" que tu parviens à trouver dans le participe passé conjugué avec avoir et la "valeur adverbiale" que tu parviens à trouver dans un attribut. Ce n'était donc pas tout à fait hors sujet.
C'est à toi de le démontrer ! Je ne me réfère à mon essai que lorsque le sujet s'y prête. Dans l'essai en question, je ne donne en effet pas une valeur attributive (adjectivale) au participe passé avec l'auxiliaire Avoir, mais adverbiale. Les fonctions attributive et adverbiale sont pour moi incompatibles.

De même, si "Pierre" est un attribut dans les phrases en question, il ne peut pas jouer le rôle d'un complément adverbial. Mais encore faut-il le démontrer !


Spalding a écrit :Pour dénouer ce problème, il faut en fait considérer la phrase passive (mais non pronominale) "Je suis appelé Pierre [par untel]". Quel est pour vous le rôle grammatical (fonction syntaxique) de "Pierre" dans cette phrase ? 🆒
Jehan a écrit :Tu as lu plus haut ce qu'en pense Wilmet ? Il pencherait pour l'apposition (message 14). Et moi, pour attribut du sujet : quelqu'un attribue l'identité "Pierre" au sujet "Je"…
Je dois dire que l'interprétation de Wilmet m'échappe par sa subtilité ! Une apposition est une composante superflue, équivalant à une parenthèse. Je comprendrais Wilmet si "appelé" avait ici le sens de "interpelé". Effectivement, "Pierre" ne serait pas alors indispensable et pourrait être considéré comme une apposition. Remarquez toutefois qu'une composante superflue n'est pas forcément une apposition, ainsi avec les compléments non essentiels : "J'y vais chaque semaine".

Mais "appelé" a ici le sens d'être désigné par un nom. "Pierre" est alors tout à fait essentiel dans "Je suis appelé Pierre [par untel]", et ne peut être considéré comme une apposition.


Quant à la fonction attributive que tu attribues à "Pierre", elle n'est pas non plus convaincante avec une phrase à la voix passive, impliquant une action subie par le sujet. L'action doit être bien sûr prise ici au sens générique, n'impliquant pas des éclats de voix ! L'attribut d'un sujet nécessite forcément la voix neutre, pas active ni passive. Il peut s'agir du verbe Être : "Pierre est un homme" ; d'un verbe d'état (Être avec adverbe ou locution adverbiale) : "Pierre devient un homme" = "Pierre est de plus en plus un homme" ; du verbe Avoir : "Pierre a raison".

S'agissant de "Je m'appelle Pierre", on pourrait à la rigueur faire la transposition en "Je suis nominalement Pierre", bien qu'elle soit peu naturelle. Il s'agit plus vraisemblablement pour moi d'un pronominal passif. Mais en tout cas, on ne peut transposer "Je suis appelé Pierre [par untel]" en "Je suis nominalement Pierre [par untel]" ! Idem si l'on rajoutait un complément d'agent explicite : "Je suis appelé Pierre par cet homme" ne deviendra pas "Je suis nominalement Pierre par cet homme" !

On pourrait sinon penser utiliser "pour" au lieu de "par", mais le sens n'est plus alors le même. Dans "Je suis appelé Pierre par cet homme", il me désigne ainsi. Dans "Je suis appelé Pierre pour cet homme", il pense que les gens me désignent ainsi, mais ne le fait pas forcément lui-même ! Et "Je suis appelé Pierre par les gens [untel]" n'équivaut pas non plus à "Je suis appelé Pierre pour les gens [untel]".


Dans ces conditions, je ne vois pas d'autre solution que de faire de "Pierre" un complément adverbial dans ces phrases passives, en tout cas pas une apposition ni un attribut. Je dois dire que cela ne me satisfait pas entièrement, mais la perfection n'existe pas !

Pour conclure, vos réponses ne sont pas convaincantes pour moi, mais je ne vous demande pas d'adopter mon point de vue. On ne peut de toute façon pas résoudre toutes les questions à la satisfaction générale ! 🙄
Qu'est-ce qui cloche si on dit ce qu'on dit plusieurs plus haut, à savoir que s'appeler est essentiellement pronominal et que Pierre est l'attribut du sujet ?
Je dis simplement que "Je m'appelle Pierre" ne commute pas naturellement en "Je suis nominalement Pierre". Il s'agit plus vraisemblablement d'un pronominal passif : "Je m'appelle Pierre" = "Je suis appelé Pierre [par untel]". Et cette dernière phrase ne commute manifestement pas avec "Je suis nominalement Pierre [par untel]" ! Dans ces conditions, la fonction attributive de "Pierre" n'est pas vraiment évidente.

Il reste donc à établir la fonction grammaticale de "Pierre" dans ces deux phrases passives. C'est l'objet de mon précédent message, si vous avez bien remarqué… 😉
Il me semble que dans les situations habituelles (pour une situation inhabituelle, voir mon exemple du jeu aux indiens, plus haut), la signification de "je m'appelle Pierre" est "mon nom est Pierre" et non "je suis appelé Pierre par Untel".
Rabâchons : je répète que si l'on définit l'attribut en général comme désignant une qualité, une identité, un statut ou une définition que l'on attribue par l'intermédiaire d'un verbe (actif, passif ou d'état) je vois mal comment écarter catégoriquement cette fonction, dans le cas qui nous préoccupe.
Hippocampe a écrit :Il me semble que dans les situations habituelles (pour une situation inhabituelle, voir mon exemple du jeu aux Indiens plus haut), la signification de "Je m'appelle Pierre" est "Mon nom est Pierre" et non "Je suis appelé Pierre [par untel]".
Là, tu changes le sujet et le verbe, ce qui fait beaucoup ! Par contre, "Je m'appelle Pierre" commute naturellement en "Je suis appelé Pierre [par untel]". Le sujet et le verbe ne changent pas alors, et nous sommes toujours à la voix passive, pas neutre comme dans ton exemple.

Si tu veux, les significations de "Je m'appelle Pierre" et "Je suis appelé Pierre [par untel]" sont les mêmes que pour "Mon nom est Pierre" ou "On m'appelle Pierre". Mais les points de vue diffèrent. De même, "Pierre embrasse Marie" (voix active) ne se confond pas avec "Marie est embrassée par Pierre" (voix passive) ! Dans le premier cas, "Pierre" est sujet et au centre de l'attention ; dans le second cas, complément d'agent et à l'arrière-plan.

Sur ce, je vous quitte. Bonne nuit à tous ! La nuit porte conseil… 😉
Hippocampe a écrit :Il me semble que dans les situations habituelles (pour une situation inhabituelle, voir mon exemple du jeu aux indiens, plus haut), la signification de "je m'appelle Pierre" est "mon nom est Pierre" et non "je suis appelé Pierre par Untel".
Je voulais dire ainsi que "je m'appelle Pierre" indique une de mes caractéristiques, "m'appelle" est un verbe d'état.
Ne te fatigue pas !
Si Spalding ne perçoit pas, ou ne veut pas l'admettre, que s'appeler n'a pas le même sens que être appelé, nous n'y pouvons rien.