Bonjour tout le monde,
Je suis en 1ere S, et j'ai un sujet de dissertation à rendre pour après les vacances… Le voici :
Le Philosophe allemand Heidegger a formulé la théorie des "mots séparés" pour dire ce qui distingue et ce qui rapprocher la poésie et la philosophie.
Cette théorie suppose que les poètes et les philosophes voisinent sur des sommets que des abîmes séparent.
En vous appuyant sur les textes étudiés en classe et sur vos connaissances personnes, vous direz dans quelle mesure selon vous la poésie touche à la philosophie
Je ne cherche pas à ce que l'on me fasse la dissertation, juste que l'on m'indique, où trouver le texte avec "la théorie des mots séparés", je suppose que je dois m'en inspirer, mais le texte est introuvable… 😞
Je vous remercie d'avance… 🙂
Et votre professeur ne vous a donné aucune explication ? Il n'y a pas de réaction dans la classe ?
A vrai dire, il ne nous à rien donné, et mes autres camarades sont dans le même embarras que moi…
A mon avis, il faut essayer d'établir des liens entre philosophie (vue comme quête d'un savoir transcendant ou immanent) et poésie (quête d'un "ailleurs" dans cette vie ou non), mais aussi des différences (le philosophe s'efforce de rendre compte de sa pensée, de la fonder en raison, le poète vaticine, se fait prophète au risque de mener une quête solitaire). Le point commun est que tous deux utilisent le langage : c'est là un point capital.
Cela dit, je ne suis pas compétent en philo… De toute manière, la connaissance de Heidegger ne me semble pas utile ici.
Une question intéressante serait la suivante : "la poésie donne-t-elle accès à une connaissance ?
c'est déjà super comme point de départ, merci beaucoup, mais alors, pas besoin d'utiliser le texte de monsieur Heidegger?
Non, je viens de lire l'extrait d'un article sur Heidegger, je n'y comprends presque rien.
J'ai complété mon message précédent.
Travaille sur le sujet et soumets-nous tes recherches. Bon courage !
Bonjour,
-Je te renvoie à ce lien que je trouve intéressant =>
La poésie nous conduit là où la philosophie ne peut aller, c’est-à-dire à l’ineffable.https://rogergaraudy.blogspot.fr/2012_02_01_archive.html
-Dans
La République, Platon, je crois bien exclut les poètes. Tu devrais chercher de ce côté-là.
-Dans les premiers chapitres de
la Poétique, Aristote reprend cette idée de Platon que l'imitation est pratiquée par les poètes et serait donc de peu de valeur par rapport à l'idée, mais loin d'exclure le poète de la cité, il finit par glorifier cette imitation. (Ce que je dis là, est très schématique ; il faudrait bien sûr avoir des références sous les yeux.)
-Je pense aussi à ce passage ultra-connu et éminemment poétique (tout autant que philosophique) de Pascal.
Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu'il éloigne sa vue des objets bas qui l'environnent. Qu'il regarde cette éclatante lumière, mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers, que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit et qu'il s'étonne de ce que ce vaste tour lui-même n'est qu'une pointe très délicate à l'égard de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. Mais si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre; elle se lassera plutôt de concevoir, que la nature de fournir. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses. C'est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin, c'est le plus grand caractère sensible de la toute puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée.
Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix. Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ?
Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu'il recherche dans ce qu'il connaît les choses les plus délicates. Qu'un ciron lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ces jambes, du sang dans ces veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ces humeurs, des vapeurs dans ces gouttes; que, divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces en ces conceptions, et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours; il pensera peut-être que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement l'univers visible, mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature, dans l'enceinte de ce raccourci d'atome. Qu'il y voie une infinité d'univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible; dans cette terre, des animaux, et enfin des cirons, dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné; et trouvant encore dans les autres la même chose sans fin et sans repos, qu'il se perde dans ses merveilles, aussi étonnantes dans leur petitesse que les autres par leur étendue; car qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver ?
Qui se considérera de la sorte s'effrayera de soi-même, et, se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles; et je crois que sa curiosité, se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption. Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti.
(Pensées)
Merci Beaucoup 😀 😀 😀 😀 😀 😀
Un petit conseil : documentez-vous aussi sur le Surréalisme, incontournable ici.
Le surréalisme? Quelle rapport avec la poésie et la philosophie?
Si vous n'en voyez pas, laissez cela pour le moment, nous y reviendrons peut-être.
J'étais en train d'y réfléchir, et je me demandais si cette référence ne risquait pas de conduire à un hors-sujet.
Attendons que l'élève soit plus avancé dans sa réflexion. Je ne suis pas sûre que le surréalisme soit incontournable ici.
Bien au contraire !
Je ne suis pas du tout convaincue, mais vous avez sans doute raison cher maître.
Pour ma part, sur un tel sujet, je n'évoquerais même pas le mouvement surréaliste.