Les didascalies influencent-elles les émotions du lecteur ?

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, bonsoir, je m'appelle Théophile je suis en 1 ère S et pour ma première dissertation j'ai comme sujet " Les didascalies influencent elles les émotions du lecteur ? ". Sujet qui ne m'inspire pas particulièrement, en cherchant un peu par ci par là, en regardant le site, j'ai tenté de trouver des idées mais c'est qu'un début :

-Définir le terme didascalie, son étymologie dans l'intro
-La didascalie pousse à l'imaginaire, on se sent comme devant la vraie pièce de théâtre, on imagine les décors, ou encore les costumes des personnages
-Elle permet de fixer les intentions du dramaturge
-Elle a un rôle de description de l'esprit du personnage, on comprend mieux les personnages grâce aux didascalies ( vexé, énervé, pleurant )

Voilà, c'est pas grand chose je vous l'accorde, mais je dois avouer que le français et moi ça fait deux, merci de votre aide, c'est mon premier post sur ce forum, j'ai peut être oublié quelque chose, auquel cas je m'en excuse ! 😀
Oui c'est un bon début.
En fait tu n'as pas perçu le véritable intérêt du sujet.
Le texte théâtral n'est pas un texte comme les autres.
Il n'est pas fait pour être lu mais joué.
Les didascalies ne s'adressent pas directement au lecteur, à moins que ce lecteur soit le metteur en scène ou l'acteur.
Si l'on se contente d'un théâtre lu, faute de mieux, alors les didascalies ont leur importance, mais bien moindre que le texte lui-même…
Tu noteras d'ailleurs que certaines pièces n'en comportent quasiment pas…
Tu as déjà ta première partie :
Les didascalies suscitent l'imagination du lecteur d'une pièce de théâtre.
Mais
C'est le jeu des acteurs, la mise en scène donc la lecture et les choix du metteur en scène qui suscitent l'émotion qui sera partagée en public.
C'est vrai que le sujet m'inspire pas des masses, jean Luc je ne vois pas quelle pièce de théâtre que j'aurai lu ne comportait pas de didascalies, d'ailleurs en regardant une de tes réponses d'il y a plusieurs années, tu proposais comme problématique :"le théâtre doit il être vu ou lu ?"
Par exemple les tragédies de Racine. Marivaux est très économe aussi. Ces auteurs préfèrent confier au langage le soin de véhiculer le jeu scénique et la traduction des émotions.
A l'inverse, on peut trouver une surabondance d'indications scéniques comme dans Oh les beaux jours de Beckett. Le lecteur alors risque d'être submergé par le flot de didascalies.
ACTE PREMIER



Etendue d'herbe brûlée s'enflant au centre en petit mamelon. Pentes douces à gauche et à droite et côté avant-scène. Derrière, une chute plus abrupte au niveau de la scène. Maximum de simplicité et de symétrie.
Lumière aveuglante.
Une toile de fond en trompe-l'oeil très pompier représente la fuite et la rencontre au loin d'un ciel sans nuages et d'une plaine dénudée.
Enterrée jusqu'au-dessus de la taille dans le mamelon, au centre précis de celui-ci, WINNIE. La cinquantaine, de beaux restes, blonde de préférence, grassouillette, bras et épaules nus, corsage très décolleté, poitrine plantureuse, collier de perles. Elle dort, les bras sur le mamelon, la tête sur les bras. A côté d'elle, à sa gauche, un grand sac noir, genre cabas, et à sa droite une ombrelle à manche rentrant (et rentré) dont on ne voit que la poignée en bec-de-cane.
A sa droite et derrière elle, allongé par terre, endormi, caché par le mamelon, WILLIE.
Un temps long. Une sonnerie perçante se déclenche, cinq secondes, s'arrête. Winnie ne bouge pas. Sonnerie plus perçante, trois secondes. Winnie se réveille. La sonnerie s'arrête. Elle lève la tête, regarde devant elle. Un temps long. Elle se redresse, pose les mains à plat sur le mamelon, rejette la tête en arrière et fixe le zénith. Un temps long.



WINNIE. - (Fixant le zénith.) Encore une journée divine. (Un temps. Elle ramène la tête à la verticale, regarde devant elle. Un temps. Elle joint les mains, les lève devant sa poitrine, ferme les yeux. Une prière inaudible remue ses lèvres, cinq secondes. Les lèvres s'immobilisent, les mains restent jointes. Bas.) Jésus-Christ Amen. (Les yeux s'ouvrent, les mains se disjoignent, reprennent leur place sur le mamelon. Un temps. Elle joint de nouveau les mains, les lève de nouveau devant sa poitrine. Une arrière-prière inaudible remue de nouveau ses lèvres, trois secondes. Bas.) Siècle des siècles Amen. (Les yeux s'ouvrent, les mains se disjoignent, reprennent leur place sur le mamelon. Un temps.) Commence, Winnie, (Un temps.) Commence ta journée, Winnie. (Un temps. Elle se tourne vers le sac, farfouille dedans sans le déplacer, en sort une brosse à dents, farfouille de nouveau, sort un tube de dentifrice aplati, revient de face, dévisse le capuchon du tube, dépose le capuchon sur le mamelon, exprime non sans mal un peu de pâte sur la brosse, garde le tube dans une main et se brosse les dents de l'autre. Elle se détourne pudiquement, en se renversant en arrière et à sa droite, pour cracher derrière le mamelon. Elle a ainsi Willie sous les yeux. Elle crache, puis se renverse un peu plus.) Hou-ou ! (Un temps. Plus fort,) Hou-ou ! (Un temps. Elle a un tendre sourire tout en revenant de face. Elle dépose la brosse.) Pauvre Willie - (elle examine le tube, fin du sourire) - plus pour longtemps - (elle cherche le capuchon) - enfin - (elle ramasse le capuchon) – rien à faire - (elle revisse le capuchon) - petit malheur - (elle dépose le tube) - encore un - (elle se tourne vers le sac) - sans remède (elle farfouille dans le sac) - aucun remède (elle sort une petite glace, revient de face) hé oui - (elle s'inspecte les dents dans la glace) - pauvre cher Willie - (elle éprouve avec le pouce ses incisives supérieures, voix indistincte) - bon sang ! - (elle soulève la lèvre supérieure afin d'inspecter les gencives, de même) - bon Dieu ! - (elle tire sur un coin de la bouche, bouche ouverte, de même) - enfin - (l’autre coin, de même) - pas pis - (elle abandonne l'inspection, voix normale) - pas mieux, pas pis - (elle dépose la glace) - pas de changement - (elle s'essuie les doigts sur l'herbe) - pas de douleur - (elle cherche la brosse à dents) - presque pas (elle ramasse la brosse) - ça qui est merveilleux - (elle examine le manche de la brosse) - rien de tel (elle examine le manche, lit) - pure … quoi - (un temps) - quoi ? - […]
Le théâtre est fait pour être vu. Je pense que l'on peut s'entendre sur ce point.
Et lorsqu'on le voit, naturellement, on n'a pas connaissance des didascalies, sauf évidemment si on a lu la pièce auparavant. Ceux qui en ont connaissance et doivent théoriquement en tenir compte, ce sont les acteurs.
Les didascalies lorsqu'on assiste à une pièce de théâtre, on ne les perçoit qu'à travers l'interprétation, les jeux de scène, la lumière, le décor.
Je ne crois pas que lorsqu'on lit une pièce de théâtre, les didascalies stimulent énormément l'imagination, du moins cela reste négligeable au regard du texte lui-même .
Sauf peut-être pour les didascalies qui plantent un décor, décrivent une atmosphère.
Disons qu'il faudrait rester sur le sujet, et ne pas dévier sur la représentation et si le théâtre doit être vu
Ou alors peut être me trompe je ?
Je ne crois pas que lorsqu'on lit une pièce de théâtre, les didascalies stimulent énormément l'imagination, du moins cela reste négligeable au regard du texte lui-même .
Sauf peut-être pour les didascalies qui plantent un décor, décrivent une atmosphère…