À travers la littérature médiévale

Littérature

128 réponses · Page 7 / 7

Oui, il a eu sa vogue quand le structuralisme battait son plein.

A seesaw :

Si vous avez le temps, voici la fin de Philomena à traduire. La dernière partie n'est pas facile.

Philomena et sa sœur Progné ont fait payer très cher à Thereus le viol est la mutilation de Philomena : celui-ci vient de réaliser qu'on lui avait donné son fils Itys en festin ; il devient fou de colère…
Tout boute jus et tout espent,
Et voit une espee qui pent
A la paroi, si la court prendre.
Celes n'i osent plus atendre,
Ains s'en fuient et cil les chace,
Et de l'ocirre les manace.
Si com ses mautalens le porte,
Jusqu'a l'issue d'une porte
Les a chacies et menees.
La, si com plot aus destinees,
Avint une si grant merveille
C'onques n'oïstes sa pareille,
Quar Thereus devint oisiaus
Ors et despis, petis et viaus.
De son poing li chei l'espee
Et il devint hupe coupee,
Pour le pechié et pour la honte
Qu'il avoit fet de la pucele.
Progné devint une arondele,
Et Philomena rousseignos.
Encore qui creroit son los,
Seroient a honte trestuit
Li desloial mort et destruit,
Et li felon et li parjure,
Et cil qui de joie n'ont cure,
Et tuit cil qui font mesprison
Et felonnie et traïson
Vers pucele sage et cortoise,
Quar tant lor grieve et tant lor poise
Que quant il vient au prin d'esté,
Que tout l'iver avons passé,
Pour les mauvés qu'ele tant het
Chante au plus doucement qu'el set
Par le boschaige : "Oci ! Oci !"


Philomena, in Chrétien de Troyes, œuvres complètes,
éd. Gallimard (coll. de la Pléiade).
Question 1.
Faites une remarque de métrique commune aux vers 2, 5 et 8.

Question 2.
Dégagez les références à l'univers médiéval présentes dans ce passage.
@""#p538927 Mais avant de faire un plan, notez pêle-mêle toutes les remarques que vous suggèrera une analyse attentive des deux textes ; trouvez ensuite une problématique à l'appui de ces notes, mais en prenant aussi le recul nécessaire, sans quoi vous resterez trop près de votre travail, et élaborez finalement un "plan" qui soit l'image d'une "pensée qui progresse sans rupture ni redite" (P. Lecoq, I.G., président de mon jury d'agrégation en 1986, hélas décédé en 2016).

Ce que je dis là vaut pour les deux dissertations que vous aurez à faire : l'une en littérature française, l'autre en littérature comparée.

Pour la correction de l'Enéide :

En tenant de tels propos, Énée cherchait à apaiser son âme bouillonnante
Plutôt « cette âme », à cause de l'ambiguïté.

aux regards farouches et de lui tirait des larmes.
Orth. !
Elle, la tête tournée, gardait ses yeux fixés sur le sol,
Un point-virgule ou un point.

elle n’exprime pas plus d’émotion sur son visage, bien que le dialogue soit entamé,
Je dirais plutôt « dès le début de ces paroles ».

Que si c’était un dur caillou ou un roc marpésien.
A la fin, elle se lève vivement et, pleine d'un sentiment hostile, s'enfuit
dans un bois ombreux, où son ancien époux, Sychée,
répond par de tendres soins et partage son ardeur.
Pourquoi pas « amour » ?

Et Enée, tout aussi frappé par ce cruel malheur
L’accompagne longuement de ses larmes et prend pitié à la voir s’éloigner.


Pour la correction du Roman d'Enéas :

Quand Didon l'entendit tenir* de tels propos
Et oui, c'était bien le verbe oïr, qui signifie suivant le contexte « entendre » et « entendre dire ».
Pourquoi pas « l’entendit parler ainsi » ?

elle ne put plus le regarder
parce qu’elle lui était très hostile.
Elle s’est enfuie dans un bois
Oui. enz = « à l’intérieur de » et en est une particule modale ; en… foïe équivaut pratiquement à une tmèse.

où demeurait Sychée son époux,
qui sur son amour, avait une plus grande légitimité.
A cause de la foi qu'elle lui avait manquée
inc. !

quand elle s’était engagée avec lui,
Construction des deux vers mal saisie : « parce qu’elle avait manqué à la parole qu’elle lui avait donnée ».

elle n’osait pas se tourner vers lui,
ni n’osait le regarder dans les yeux,
ni ne s’approchait près de lui :
Un seul « ni » suffit en FM, le dernier.

En raison de sa trahison, elle était pleine de honte.
Le Troyen continua sa marche,
il ne tarda nullement
avant d'arriver sur le champ où demeuraient
ceux qui moururent au combat.
Difficile de rendre le mot « champ », qui en AF désigne tout terrain dégagé. Laissons le mot (cf. champs Élysées).

Bonjour Yvain, Hérodote et autres,

J’ai été absent quelques jours du forum mais je n’ai pas chômé, j’ai juste pris plus de recul et de temps pour continuer à traduire le latin (lire des articles sur les apports de l’antiquité au Moyen-Âge etc) et j’ai l’impression d’avoir progressé ces derniers jours (je posterai plus tard ma traduction de la première lettre des "Héroïdes" dans le forum "langues anciennes").

Par contre, je vais être obligé de poster un nouveau message car je découvre la nouvelle interface or d’une part je n’aurai pas assez de place pour tout écrire (désolé du travail que je donne aux intendants de ce forum), d’autre part, je n’arrive pas à supprimer ce message.

Vraiment désolé!!!!

Je ne savais pas que la taille des messages était limitée.

Re,Je vais donc d’abord corriger les deux textes en cours avant de passer avec grand plaisir au texte que vous me proposer de travailler.Pour la correction de l’Enéide :En tenant de tels propos, Énée cherchait à apaiser cette âme bouillonnanteaux regards farouches et de lui tirer des larmes.Elle, la tête tournée, gardait ses yeux fixés sur le sol.Dès le début de ses paroles, elle n’exprime pas plus d’émotion sur son visage,Que si c’était un dur caillou ou un roc marpésien.A la fin, elle se lève vivement et, pleine d’un sentiment hostile, s’enfuitdans un bois ombreux, où son ancien époux, Sychée,répond par de tendres soins et partage son amour.Et Enée, tout aussi frappé par ce cruel malheurL’accompagne longuement de ses larmes et prend pitié à la voir s’éloigner.Pour la correction du Roman d’Enéas :Quand Didon l’entendit ^parler ainsielle ne put plus le regarderparce qu’elle lui était très hostile.Elle s’est enfuie dans un boisoù demeurait Sychée son époux,qui sur son amour, avait une plus grande légitimité.Comme elle avait manqué à son engagement pris envers luile jour où elle s’était fiancée avec luielle n’osait pas se tourner vers lui,n’osait le regarder dans les yeux,ni ne s’approchait près de lui :En raison de sa trahison, elle était pleine de honte.Le Troyen continua sa marche,il ne tarda nullementavant d’arriver sur le champ où demeuraientceux qui moururent au combat.

En tenant de tels propos, Énée cherchait à apaiser cette âme bouillonnante

Le début peut être allégé.

aux regards farouches et de lui tirer des larmes.

Elle, la tête tournée, gardait ses yeux fixés sur le sol.

Dès le début de ses paroles, elle n’exprime pas plus d’émotion sur son visage,

Pas de virgule à la fin du vers.

Que si c’était un dur caillou ou un roc marpésien.

« pierre » serait mieux que « caillou », et « la roche de Marpessos » serait plus poétique ».

A la fin, elle se lève vivement et, pleine d’un sentiment hostile, s’enfuit

Je dirais : « elle se ressaisit vivement ».

dans un bois ombreux, où son ancien époux, Sychée,

répond par de tendres soins et partage son amour.

Vous oubliez curis, qui est le complément de respondet.

Et Enée, tout aussi frappé par ce cruel malheur

Plutôt que « malheur », je préférerais « infortune », plus général et plus poétique.

L’accompagne longuement de ses larmes et prend pitié à la voir s’éloigner.

 

Pour la correction du Roman d’Enéas :

Quand Didon l’entendit parler ainsi

elle ne put plus le regarder

parce qu’elle lui était très hostile.

Elle s’est enfuie dans un bois

où demeurait Sychée son époux,

qui sur son amour, avait une plus grande légitimité.

Pas de virgule.

Comme elle avait manqué à son engagement pris envers lui

le jour où elle s’était fiancée avec lui

Que traduisez-vous par « le jour où » ? Je ne suis pas sûr que foy n’ait pas de nouveau été pris pour fois. En fait, votre second vers est quasiment rajouté.

elle n’osait pas se tourner vers lui,

n’osait le regarder dans les yeux,

ni ne s’approchait près de lui :

En raison de sa trahison, elle était pleine de honte.

Le Troyen continua sa marche,

il ne tarda nullement

avant d’arriver sur le champ où demeuraient

ceux qui moururent au combat.

En parlant ainsi, Énée cherchait à apaiser cette âme bouillonnante

aux regards farouches et de lui tirer des larmes.

Elle, la tête tournée, gardait ses yeux fixés sur le sol.

Dès le début de ses paroles, elle n’exprime pas plus d’émotion sur son visage

Que si c’était une pierre dure ou la roche de Marpessos.

A la fin, elle se ressaisit vivement et, pleine d’un sentiment hostile, s’enfuit

dans un bois ombreux, où son ancien époux, Sychée,

répond par de tendres soins et partage son amour.

Vous oubliez curis, qui est le complément de respondet. (c’est vous-même qui m’avait proposé la traduction "tendres soins" pour curis)

Et Enée, tout aussi frappé par cette cruelle infortune

L’accompagne longuement de ses larmes et prend pitié à la voir s’éloigner.

 

Pour la correction du Roman d’Enéas :

Quand Didon l’entendit parler ainsi

elle ne put plus le regarder

parce qu’elle lui était très hostile.

Elle s’est enfuie dans un bois

où demeurait Sychée son époux,

qui sur son amour avait une plus grande légitimité.

Comme elle avait manqué envers lui

à la parole qu’elle avait donnée à leur fiançaille

elle n’osait pas se tourner vers lui,

n’osait le regarder dans les yeux,

ni ne s’approchait près de lui :

En raison de sa trahison, elle était pleine de honte.

Le Troyen continua sa marche,

il ne tarda nullement

avant d’arriver sur le champ où demeuraient

ceux qui moururent au combat.

En parlant ainsi, Énée cherchait à apaiser cette âme bouillonnante

aux regards farouches et de lui tirer des larmes.

Elle, la tête tournée, gardait ses yeux fixés sur le sol.

Dès le début de ses paroles, elle n’exprime pas plus d’émotion sur son visage

Que si c’était une pierre dure ou la roche de Marpessos.

A la fin, elle se ressaisit vivement et, pleine d’un sentiment hostile, s’enfuit

dans un bois ombreux, où son ancien époux, Sychée,

répond par de tendres soins et partage son amour.

Vous oubliez curis, qui est le complément de respondet. (c’est vous-même qui m’avait proposé la traduction "tendres soins" pour curis)

"Répond à ses tendres soins et partage son amour" (curis est complément de respondet (datif)).

Et Enée, tout aussi frappé par cette cruelle infortune

L’accompagne longuement de ses larmes et prend pitié à la voir s’éloigner.

Quand Didon l’entendit parler ainsi

elle ne put plus le regarder

parce qu’elle lui était très hostile.

Elle s’est enfuie dans un bois

où demeurait Sychée son époux,

qui sur son amour avait une plus grande légitimité.

Comme elle avait manqué envers lui

à la parole qu’elle avait donnée à leur fiançaille

"Comme elle avait manqué à la parole qu’elle lui avait donnée", tout simplement. Le premier li, "éthique", est difficile à traduire sans lourdeur. Je ne sais pas ce que vous traduisiez par "fiançailles"

elle n’osait pas se tourner vers lui,

n’osait le regarder dans les yeux,

ni ne s’approchait près de lui :

En raison de sa trahison, elle était pleine de honte.

Le Troyen continua sa marche,

il ne tarda nullement

avant d’arriver sur le champ où demeuraient

ceux qui moururent au combat.